1° Mai: Message du PCOI aux travailleuses et travailleurs de France

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Texte de l’intervention de militants du Parti Communiste-Ouvrier d’Iran pour les rassemblements et manifestations du 1er Mai 2010 en France :

Cher(e)s camarades,

Il y a un an, jour pour jour, le 1er mai 2009, le régime de la République Islamique exécutait, à l’aube, la jeune Delara Darabi, condamnée à mort quand elle n’avait que 17 ans, pour terrifier les ouvriers iraniens. Pourtant, plus de 2.000 travailleurs se sont rassemblés Parc Laleh à Téhéran, les forces de répression sont intervenues et plus de 150 militants ouvriers ont été arrêtés.

Depuis, et à partir du mois de juin, le peuple d’Iran est descendu en masse dans les rues, a affronté les forces de répression, et a fait entendre ce cri dans le monde entier : il faut en finir avec la République Islamique ! Il faut en finir avec 30 années de crimes, d’exécutions, de répressions, de misère et d’apartheid sexiste !

Dans un pays où le salaire minimum n’est qu’à un tiers du seuil officiel de pauvreté, dans un pays où des millions de travailleurs ne sont pas payés depuis des mois, dans un pays où 80% des travailleurs subissent des contrats précaires, où ni le droit d’organisation ni le droit de grève ne sont reconnus, où des militants ouvriers sont condamnés à la prison, au fouet ou même à la peine de mort, aucune autre classe n’a autant intérêt à la révolution et à renverser le régime que la classe ouvrière. Et aucune autre classe, bien sûr, n’a une telle puissance pour le faire !

Depuis les manifestations de masse de ces derniers mois, certaines avec un caractère clairement insurrectionnelles comme lors de l’Achoura, le régime sait qu’il risque de vivre ses derniers jours. Pour tenter de survivre, il a multiplié les procès-spectacles, les arrestations arbitraires, les viols et les tortures en prison, et même les condamnations à mort et les exécutions de manifestants. A la veille du 1er Mai, les intimidations contre des militants ouvriers se sont multipliés.

Et pourtant, malgré la terreur, aujourd’hui, 1er mai 2010, les ouvriers d’Iran descendent dans les rues à Téhéran, Sanandaj et dans d’autres villes du pays. S’il est encore trop tôt pour faire un bilan précis des mobilisations du 1er Mai en Iran, en cette année 2010 comme en 2009, dix organisations ouvrières iraniennes ont publié une liste de revendications. On y trouve des revendications économiques comme l’arrêt des licenciements, la fin des contrats précaires, une retraite décente, l’abolition du travail des enfants ou la hausse des salaires, mais aussi des revendications politiques comme l’abolition de la peine de mort, la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques, la pleine égalité entre les femmes et les hommes et la fin des discriminations contre les travailleurs immigrés, en particulier les réfugiés afghans.

Cher(e)s camarades, travailleuses et travailleurs de France,

Si ces revendications sont élaborées en Iran, elles dépassent bien sûr les frontières iraniennes. Ce sont des revendications qui touchent le coeur de tous les ouvriers du monde, qui parlent à toutes celles et à tous ceux qui souffrent de l’ordre capitaliste actuel. En renversant la République Islamique et son apartheid sexiste, la classe ouvrière d’Iran apportera un point d’appui considérable pour toutes les femmes qui, d’Algérie au Pakistan, souffrent du fanatisme religieux. Et, en brisant un des régimes capitalistes les plus répressifs du monde, la classe ouvrière d’Iran montrera aux travailleuses et aux travailleurs du monde entier que le pire n’est pas une fatalité, que l’oppression peut être brisée et que l’on peut construire un monde meilleur, humain, où chacune et chacun pourra profiter des formidables richesses matérielles, sociales et culturelles qu’offre le 21ème siècle.

Mais ce que nous savons déjà, c’est qu’à la fin de cette journée, bien des camarades militants ouvriers d’Iran finiront en prison, et seront ensuite condamnés. La classe ouvrière d’Iran dans son combat a besoin de la solidarité du mouvement ouvrier international. Informez-vous de ce qui se passe en Iran, participez aux campagnes pour la libération des prisonniers politiques et contre la répression, faites connaître autour de vous les revendications et la situation des travailleurs d’Iran. Et une des revendications immédiates et urgentes des travailleurs d’Iran à la communauté internationale c’est que la République Islamique et ses organes répressifs dans les usines doivent être exclus de l’Organisation Internationale du Travail.

Vive le 1er Mai !
Vive la Solidarité Internationale des Travailleurs !



Une Réponse to “1° Mai: Message du PCOI aux travailleuses et travailleurs de France”

  1. lucien Says:

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