Introduction au communisme-ouvrier (Modarresi, 2006)

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Traduction de la transcription d’une intervention prononcée en anglais par Koorosh Modarresi, dirigeant du Parti communiste-ouvrier d’Iran – Hekmatiste lors d’une réunion à Lille  les 11 et 12 novembre 2006. Publié dans la revue KOMONIST.

Merci de m’avoir invité.

Le sujet dont je veux vous parler aujourd’hui est le communisme-ouvrier. Il est toujours difficile de parler d’un sujet dans un court laps de temps. C’est comme si on était invité à parler du communisme en une heure ou en une heure et demie. Le communisme-ouvrier est synonyme de communisme, ni plus ni moins. Nous avons dû utiliser le mot communisme-ouvrier parce que nous voulions distinguer notre communisme d’autres mouvements, d’autres idéologies et d’autres systèmes de pensées qui se font appeler communisme.

Comme je l’ai dit, cette discussion sera brève. Pour plus de détails je vous renvoie aux travaux de Marx et Engels,  surtout à l’Idéologie allemande. Je vais utiliser les concepts qui ont d’abord été développée par Marx et Engels dans cet ouvrage de clarification. Je vais aussi  me référer à l’œuvre de Mansoor Hekmat, dont je crains qu’il n’y ait pas beaucoup de traductions en français. Une partie de son œuvre est disponible en anglais, consultable sur internet (www. hekmat-archive.com), tout spécialement 3 textes disponibles en anglais: 1- The experience of the workers revolution in the soviet union; 2- Our Diferences [depuis traduit en français, NdT]; et 3- The Fundamental Characterises of Worker-communism [depuis traduit en français, NdT].

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Quand on parle de communisme-ouvrier, on peut le décrire de deux façons. D’abord la façon dont il s’est développé et comment il se construit; sa perspective historique, à quelles questions il devait répondre et comment il se définit lui-même. Dans une autre sens, on peut décrire le communisme-ouvrier comme un système. Il est en effet un système. Nous pouvons parler de ses fondements philosophiques et économiques, ses méthodes et ses critiques de la société capitaliste et ainsi de suite.

Permettez-moi de commencer par le premier aspect.  Je suis sûr que vous savez tous que les grands courants philosophiques, les mouvements sociaux et politiques et les idées ont été essentiellement influencés par des événements sociaux ou des révolutions. Le développement de ces idées et systèmes ne sont pas un processus académique abstrait. Le vecteur de bonnes idées ce sont les événements sociaux qui entraîne les questionnements à sa suite.

Par exemple Hegel est profondément influencé par la révolution française, Marx est exprime l’expérience des événements autour des révolutions de 1848.  Avec l’Idéologie allemande et le Manifeste en place, les idées fondamentales du marxisme sont là dès 1848. Après cela Marx et Engels commencent à bâtir dessus. Hegel et Marx projettent tous deux leur point de vue à la lumière des données des grands événements sociaux, c’est-à-dire des révolutions.

Prenez par exemple Lénine. S’il n’y avait pas eu la révolution d’Octobre Lénine aurait été oublié et serait sans doute moins connu que Rosa Luxemburg. Lénine n’était pas très connu avant la révolution d’Octobre. Peu de gens avaient entendu parler de lui.  Trotsky était mieux connu que  lui. Le lien étroit entre les révolutions et un système de pensée ou un mouvement politique donnés est ici la question clé.

Ainsi, sans rien connaître de la révolution française et des révolutions de 1848 on ne comprends pas très bien ce que dit Marx dans des ouvrages comme Le Dix-Huit Brumaire de Louis Bonaparte.

De la même façon, pour mieux comprendre les textes du communisme-ouvrier dont nous parlons, nous devons connaître le contexte dans lequel ces idées ont été formulées.

Le communisme-ouvrier a été formulé sous l’influence de deux événements majeurs. Événements qui ont soulevé de nombreuses questions essentielles dans nos esprits; posé de nombreux dilemmes et contradictions entre notre pratique et notre théorie. Nous avons été confrontés à d’énormes défis et problèmes à résoudre.

Ces deux expériences sont tout d’abord la révolution iranienne de 1979 ou plutôt sa défaite au début des années 80 et deuxièmement l’effondrement du bloc de l’Est à la fin des années 1980 et au début des années 90.

La révolution iranienne de 1979 a été très  particulière en ce sens que ce fut une révolution qui s’est produite dans une société capitaliste. L’Iran n’était pas une société «semi-féodale», il n’était pas une société coloniale ou arriérée, il était un capitalisme moderne et industriel. L’Iran était une société  «mature» avec un système capitaliste. Il était probablement le pays le plus industrialisés de la région. La révolution s’est produite dans un pays qui avait déjà eu deux révolutions bourgeoises – révolutions démocratiques au début du 20ème siècle. Ni la Turquie ni les pays arabes n’ont eu ce genre de révolution. Nasser en Égypte, Atatürk en Turquie, et tous les autres dirigeants des pays du Moyen-Orient sont issus de coups d’état ou  de luttes anti-coloniales.

La Révolution de 1979 a également été particulière parce que c’était une révolution urbaine dans laquelle la classe ouvrière a été le principal acteur. Ce n’était pas le cas dans les révolutions cubaines ou nicaraguayenne. La révolution iranienne a été un événement rare. Ce fut une expérience rare et précieuse pour nous les communistes.

En 1997, l’épine dorsale du régime iranien s’est  rompue quand les travailleurs du pétrole ont cessé le travail et que les gens sont sortis dans les rues avec des slogans comme «Nos travailleurs du pétrole sont nos ardents leaders » , et ce n’était pas le slogan que d’une seule fraction de la population. Tel était le slogan de probablement un million de personnes qui  manifestaient dans les rues. Et pourtant, nous avons été vaincus. La classe ouvrière a été défaite.

Je crois que c’est Lénine qui a dit que l’expérience d’une journée dans la période révolutionnaire est équivalente à 1000 journées de la vie ordinaire. Ce fut le cas pour nous. La seule différence que nous pourrions avoir des militants de notre génération vivant dans une autre partie du monde c’est que nous avons vécu cette expérience, nous avons participé à un soulèvement, nous avons participé à l’organisation des travailleurs, nous avons tenté de prendre le pouvoir politique et, malheureusement, nous avons été vaincus par la plus obscure force politique, c’est à dire l’islam politique.

C’est difficile à imaginer, mais au cours d’une période qui a duré un an ou un an et demi  les questions suivantes se sont trouvées placées devant la classe ouvrière et les groupes et organisations communistes:

Quelle est la relation entre les principales classes dans l’arène politique?  Comment distinguer  les intérêts capitalistes des intérêts classe ouvrière? Par exemple, la République islamique est arrivé au pouvoir avec le mot d’ordre de nationalisation « de toutes les industries», nous avons dû éclaircir l’idée d’une bourgeoisie nationale progressiste et si cela existait vraiment. Et on engageait les discussions  dans les rues et les usines et pas seulement en termes théoriques et d’analyse politique.

Je vais vous donner un exemple. Il y avait une grève dans une usine proche de Téhéran. Nous étions une bande de jeunes et d’étudiants qui soutenions les travailleurs de cette usine.  Les gardiens de la révolution rôdaient autour pour écarter les travailleurs. Le propriétaire de l’usine qui prétendait être de gauche a commencé à alpaguer les travailleurs. Il s’est tourné vers les travailleurs et a dit quelque chose du genre  » Regardez comme l’Iran est un pays sous influence de l’impérialisme et je suis un bourgeois national, anti-impérialiste et progressiste, à ce stade de la révolution. Retournez s’il vous plait au boulot et laissez-moi faire mon job.” On n’a pas besoin d’avoir lu Marx pour comprendre que ce qu’il disait  c’était de la merde. Un bourgeois est un bourgeois, un point c’est tout. C’est un exemple du genre de situations que nous vivions. Un autre exemple: au début de la révolution iranienne les travailleurs ont mis en place des conseils ou soviets  sur de nombreux lieux de travail et se battaient pour de meilleurs salaires, des pensions, des allocations de chômage et autres demandes similaires. Le conseil des travailleurs  d’une compagnie appelée « générale », une filiale de la General Electric, avait organisé un sit-in dans l’usine. Je crois qu’ils protestaient au sujet d’une indemnité de chômage. Dans le même temps dans le voisinage de la General Electric un groupe de personnes s’étaient affronté avec les forces de sécurité et  ça ressemblait à un soulèvement contre le régime mis en place. Grâce à nos contacts parmi les travailleurs de la General Electric nous leur avons demandé de sortir et de rejoindre l’insurrection, de nous défendre et nous battre pour nos droits. Nous avons été attaqués par les organisateurs du sit-in et accusés d’être des agents de la bourgeoisie qui voulaient briser leur action en disant quelque chose avec pour effet «le chaos avec un soulèvement, alors que nous voulons nos prestations de chômage».

Nous avons également été confrontés à des atteintes à la liberté, à tous les aspects de la liberté. Attaques sur la liberté d’expression, attaques sur les femmes et l’imposition du voile.  Et quand nous nous sommes tournés vers les travailleurs du pétrole pour faire quelque chose à ce propos ils nous rétorquèrent toutes les définitions classiques des luttes de la classe ouvrière, à savoir que les luttes économiques. Les luttes pour défendre la liberté n’avait rien à voir avec leurs luttes et ils ont laissé les femmes, la moitié de la population et la moitié de la classe ouvrière, seules dans la rue. Et quand le gouvernement la supprimé la liberté de parole personne n’a rien fait.

Cette courte période révolutionnaire posa la question du lien entre les revendications économiques et politiques de la classe ouvrière. Et pour trouver des réponses, nous avons dû revenir à Marx et  relire des centaines de pages de Marx et de Lénine pour trouver une réponse à ces questions. Nous devions trouver une réponse, car notre vie quotidienne en dépendait.

Je ne sais pas si êtes-vous familier avec la guerre Iran-Irak. L’Irak a attaqué l’Iran en 1980 et la guerre a éclaté. Encore une fois nous avons été confrontés à la question de ce qu’il fallait faire. Fallait-il défendre la « patrie » ? Fallait-il prendre les armes contre le régime islamique et se ranger du côté de l’Irak? Et si nous ne faisons rien? Le régime a commencé à mobiliser l’ensemble du pays dans la guerre et a commencé à supprimer tous les aspects de la vie sociale dans ce pays. La question qui se présentait à cette époque n’était pas seulement celle d’une prise de position. C’était de savoir quoi faire parce que les avions nous bombardaient et on nous envoyait sur le front: nous avons dû faire quelque chose, pas seulement dire quelque chose. Nous avons dû organiser un mouvement et élever une bannière. Nous étions sous les bombardements et étions ramassés dans les rues et envoyés au front. Voici quelques-unes des questions les plus simples. Nous avons été confrontés à des milliers de questions tous les jours et nous avons eu à décider quoi faire.

Le Kurdistan, région à l’ouest de l’Iran,  était pour des raisons historiques en dehors du contrôle du gouvernement central. Dans cette région des groupes semi-gauchistes et semi-nationalistes des groupes jouissaient d’une meilleure influence. Le régime islamique a attaqué et supprimé les libertés du Kurdistan pour y exercer son autorité. Il y a eu quelques développements intéressants dans cette situation. Il n’y avait d’organisation ou de parti communiste. Il y avait cette organisation semi-gauchiste appelée Komala qui se disait marxiste, mais c’était surtout une sorte d’organisation maoïste et il y avait le parti nationaliste traditionnel, le Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (KDP). Et lorsque le régime a attaqué le Kurdistan  la première question qui s’est posé à nous à Téhéran (j’étais à Téhéran à l’époque) était: que devons-nous faire? Fallait-il soutenir le mouvement contre le régime islamique qui était organisé par cette sorte de gauchistes ou par le mouvement nationaliste?  Que devions-nous faire? Nous ne voulions pas dire par là ce qui était juste ou faux; nous étions là, soit à  prendre les armes, soit  à partir.

Certains ont décidé de prendre les armes et certains sont partis. C’est comme ça. Et certains groupes politiques en Iran ont appuyé le mouvement qui a résisté à la République islamique ou ont pris parti pour la République islamique sous prétexte que le régime était anti-impérialiste.

Je me souviens avoir discuté de cela avec un de mes amis à Téhéran, qui était du côté du gouvernement iranien et disait que le gouvernement iranien était une force anti-impérialiste et  que nous devrions le soutenir. Il m’avait renvoyé à Lénine et à ce qu’il avait dit au sujet de l’anti-impérialisme, m’avait renvoyé aussi à Staline et à Mao (il était maoïste). Je ne croyais  déjà pas au maoïsme à l’époque, ça ne m’a jamais attiré. Mais Marx et Lénine m’intéressaient. C’est ce que j’ai dit. Si Marx avait dit qu’il fallait  soutenir Khomeini  alors je n’aurai pas été marxiste. Si Lénine avait dit que nous aurions dû soutenir Khomeini alors je ne serais pas léniniste. Je me présente avec mes propres valeurs.

Ce que je veux dire, c’est que dans une période révolutionnaire, vous devez être clair avec vous-même. Il y a trente ans nous avons eu à traiter et à discuter certaines des questions essentielles de la lutte des classes qui s’imposaient.

Une autre observation intéressante sur cette période a été la situation au Kurdistan.Au début il n’était pas sous le contrôle du gouvernement central. Une période d’ouverture et de relative liberté exista pendant environ six mois. Au cours de cette période le travail au sein du mouvement syndical et l’organisation des travailleurs était libre. Les syndicalistes ont commencé à organiser les travailleurs. Dans la ville de Sanandaj, la capitale de la province du Kurdistan, un grand syndicat avait été mis en place par les groupes de gauche qui travaillent dans les zones urbaines. Ce syndicat organisa de fréquentes manifestations de rues, avec un grand nombre de travailleurs marchant dans les rues revendiquant de l’emploi et des allocations de chômage, demandant de meilleures conditions de travail et des choses comme ça. Komala, l’organisation de gauche maoïste qui a été active dans la région n’a rien à voir avec ce syndicat et ses activités. Lorsque le régime islamique a attaqué le Kurdistan tous les travailleurs ont quitté leurs syndicats et ont pris les armes , rejoignant soit les partis nationalistes soit Komala. Cette situation mis en suspend la question de savoir si dans la période révolutionnaire le plus important est l’ordre du jour politique ou juste le travail pour une sorte d’organisation syndicale. Pourquoi un type d’organisation syndicale s’enclenche-t-il et se décompose-t-il totalement et pourquoi les organisations politiques se développent-elles? Ces groupes gauchistes qui avaient organisé ces syndicats avaient leurs propres forces armées, mais personne ne les a rejoint. La raison en est que, dans l’arène politique, ils ne sont pas une force crédible. Ils ne sont pas le genre de forces que les gens pourraient dire « je vais les rejoindre et nous pouvons faire quelque chose ».

Du point de vue théorique, cette période a été celle où un courant de pensée marxiste, marxiste orthodoxe en quelque sorte, est entré en scène dans la gauche iranienne, un courant principalement représenté par Mansoor Hekmat. Il s’est appelé lui-même « marxisme révolutionnaire » et était basé sur deux idées fondamentales. L’une était qu’il n’y avait pas de bourgeoisie progressiste et que la classe bourgeoise, qu’elle soit nationale ou internationale, avait toujours un intérêt commun à  écraser la classe ouvrière: tous ont intérêt à la dictature ou au despotisme parce qu’il leur assure une main-d’œuvre marché. Ils ont besoin de cette garantie et profitent de la situation. Il n’est donc d’envies de liberté de la bourgeoisie démocratique dans ce pays.

L’autre idée est que l’Iran était une société capitaliste et que la classe ouvrière doit former son parti politique propre parti politique de l’Iran, et que pour celui-ci le côté politique de la lutte de classe en Iran est  aussi important que les revendications économiques. La classe ouvrière doit activement entrer dans l’arène politique par le biais de son propre parti.

Le marxisme révolutionnaire a commencé à critiquer la gauche iranienne en place. Le marxisme révolutionnaire a alors considéré que le populisme était la tendance dominante au sein de l’extrême-gauche iranienne et a commencé à critiquer non seulement ses fondements théoriques, mais ses réponses aux questions que j’ai mentionnées tout à l’heure. Le marxisme révolutionnaire, tout en critiquant les réponses de la gauche traditionnelle , a commencé à formuler ses propres réponses à ces questions. Un groupe dirigé par Mansoor Hekmat, l' »Union des militants communistes » (UCM), conduisait ces luttes et comme en période révolutionnaire tout va vite, ce groupe a polarisé les arguments à gauche. Les organisations gauchistes et communistes très rapidement polarisées et l’ensemble se sont divisés en deux sections, l’une s’appelait elle-même Marxisme révolutionnaire et  était avec l’UCM et l’autre a été dissoute sous la pression du régime islamique comme « Peykar », « Razmandeghan » et bien d’autres qui ont enduré des scissions, se sont désintégré ou ont complètement disparu.

À la fin de ce processus en 1983, le Parti communiste d’Iran a été fondée. Dès le début, il a été une force majeure dans la politique iranienne. J’ai eu l’honneur d’être un membre de son congrès fondateur. Komala l’organisation de gauche au Kurdistan que j’ai mentionné plus tôt rejoignit le parti dès le début. La plupart des organisations de gauche ou des militants de gauche, et des communistes hors du Kurdistan aussi,  se sont affilié à ce parti. Le Parti communiste a aussitôt commencé à s’organiser dans différents domaines. Par exemple, au moment où la guerre est arrivée au Kurdistan et où nous avons organisé une vaste campagne militaire et la lutte armée contre la République islamique au Kurdistan. Dès le début nous avons essayé de travailler et de nous organiser au sein de la classe ouvrière, à la fois au Kurdistan, à Téhéran et dans le reste de l’Iran. Nous avons organisé des manifestations et mis en place des organisations très actives au sein du mouvement ouvrier en ces moments sombres et désespérés. Par exemple, quelques années après la formation du Parti communiste, nous avons organisé des rassemblements de masse les Premier Mai à Sanandaj et organisé différentes sortes d’organisations locales et de coopératives à Téhéran et autres endroits.

Nous nous sommes démenés dans différents types de problèmes. Nous avons été attaqués par le Parti nationaliste kurde, Parti démocratique du Kurdistan d’Iran, et nous avons été entraînés dans la lutte pour deux ans. C’est le genre de problèmes que nous avons rencontrés à l’époque.

Comme je l’ai mentionné plus tôt, avec tous nos efforts, à partir début des années 80, il était clair que la révolution a été vaincue par la force politique la plus obscure, c’est à dire l’islam politique. Il est évident que nous avons dû nous demander pourquoi cela s’était produit.

En 1987, la République islamique a intensifié sa campagne militaire au Kurdistan et nous avons dû nous retirer complètement du Kurdistan. Nos forces armées ont été chassés du Kurdistan vers l’Irak et le Kurdistan a été entièrement occupé par la République islamique. Et à Téhéran notre organisation a été supprimée. Beaucoup de nos militants ont été exécutés et la plupart des organisations de gauche et de la classe ouvrière ont été complètement démantelées, supprimées et la plupart de leurs militants ont été tués par le régime.

A cette époque, il était très clair pour nous, surtout pour Hekmat , que c’était la fin du bloc de l’Est. Il avait écrit à ce sujet depuis plusieurs années  et avait  annoncé que le mur tomberait. Et il a dit, à juste titre, que, bien que nous n’ayons jamais approuvé de l’Union soviétique, bien que nous n’ayons jamais  reconnu l’Union soviétique et la Chine comme étant des sociétés communistes ou socialistes, que même en ayant toujours été des critiques du bloc de l’Est , la chute du mur nous atteindrait néanmoins, dans toutes les dimensions de l’égalitarisme, y compris le socialisme. Il a dit « , puis pour chaque personne restant marxiste, vous aurez mille ex-marxistes. » Et c’est ce qui s’est produit.

(La partie restante de ce discours sera publiée dans le prochain numéro de KOMONIST)

Traduit par S.J.

Une Réponse to “Introduction au communisme-ouvrier (Modarresi, 2006)”

  1. Neues aus den Archiven der radikalen (und nicht so radikalen) Linken « Entdinglichung Says:

    […] socialism (1938) * Serge Bricianer: A propos de l’autogestion (1968, Auszug) * Koorosh Modarresi: Introduction au communisme-ouvrier […]

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