Hugo Chavez au Venezuela et sa révolution (News & letters, 2003)

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Article de Marcos Colome paru dans News & letters, N° d’octobre 2003. Marcos a depuis quitté News & letters et milite au Parti socialiste mondial américain (WSP-US, parti compagnon du SPGB).

Il y a un certain nombre d’années la philosophe marxiste-humaniste Raya Dunayevskaya écrivait: « Une idée qui ne vise pas la libération ou la liberté ne peut pas être appelée une idée ». C’est vrai dans le cas du Venezuela et de la «révolution» que le président Hugo Chavez est tente actuellement de mettre en œuvre.

Sur la base de la vieille idéologie anti-colonialiste de Simon Bolivar, «libérateur» de l’Amérique du Sud et centrale, Chavez a tenté de mener une révolution qu’il appelle la révolution bolivarienne. Mais cela n’a rien à voir avec une révolution cherchant à établir une nouvelle société fondée sur de nouveaux rapports humains.

Le gouvernement du Venezuela a stoppé la vente de pétrole brut vers la République dominicaine et a rappelé son ambassadeur. Selon le gouvernement vénézuélien, un coup d’État contre Chavez était prévu en République dominicaine par l’ex-président vénézuélien Carlos Andrés Pérez, un chrétien démocrate-social. Perez vit en République Dominicaine depuis plusieurs années et a investi dans les journaux, les banques et les hôtels d’importantes sommes d’argent  qu’il a volé aux travailleurs du Venezuela quand il était président.

Le président dominicain Hipolito Mejia soutient Perez. Le gouvernement Chavez a tenté d’extrader Perez afin qu’il puisse être mis en accusation pour actes criminels, mais jusqu’à présent cela est resté en vain.

Dans le même temps, la République dominicaine a importé du pétrole du Venezuela par le biais d’un accord semblable à celui mis en place avec Cuba et d’autres pays d’Amérique latine. Le président de la République dominicaine a donc joué  sur les deux tableaux d’une manière très hypocrite.

CHAVEZ ET LA GAUCHE

De nombreux groupes de la gauche dominicaine ont été critiques envers la Révolution bolivarienne de Chavez. Beaucoup d’autres ont des portraits de Chavez, se référant à lui comme le Vladimir Lénine de l’Amérique latine qui va libérer tout le continent de l’impérialisme yankee.

L’anti-yankisme de Chavez ne constitue pas une position véritablement anti-impérialiste. Si l’Union soviétique étaient encore là à proposer ses services à la Gauche, il se serait  tourné vers l’impérialisme soviétique, de la même façon qu’il s’est tourné vers l’impérialisme chinois. Les autocrates du capitalisme d’État cubain ont également exprimé leur appui total à Chavez parce que le Venezuela est leur principal fournisseur de pétrole brut depuis la chute de l’URSS. En échange, Cuba a fourni le Venezuela en aide technique et médicale ainsi qu’en renseignements militaires.

Même le Parti communiste du Venezuela soutient le projet bolivarien, ce sont de vieux staliniens purs et durs qui ont également collaboré avec les gouvernements précédents du Venezuela.  Les trotskistes considèrent le gouvernement du Venezuela comme une étape vers le socialisme.

C’est une grosse erreur de dépeindre Chavez comme un socialiste et un libérateur. Il n’y a ni sens de libération ni fondement philosophique à cette «révolution» pour «libérer les ouvriers » et les paysans. La vieille conception visant le transfert de la propriété privée à l’État a fourni la preuve que des biens nationalisés ne constituent pas le socialisme, mais qu’il s’agit juste d’une autre forme d’exploitation, le capitalisme d’État.

L’OPPOSITION

L’opposition à Chavez a provoqué de grands dommages à l’économie vénézuélienne par des boycotts, grèves et complots, et son gouvernement n’a pas été en mesure de  mener à bien les réformes agraires qu’il avait promis aux paysans. Les conditions de travail pour les travailleurs des villes ne se sont pas davantage pas améliorées, malgré l’exportation permanente de pétrole vers de nombreux pays.

Depuis que le Venezuela est le quatrième exportateur mondial de pétrole, le rêve des capitalistes des États-Unis a été de le contrôler et de faire de l’Amérique latine son  arrière-cour. C’est la principale raison pour laquelle les États-Unis ne veulent pas d’un président «nationaliste»  au pouvoir dans quelque pays d’Amérique latine que ce soit.

Les marxistes authentiques ne doivent pas adopter la position des maoïstes du Venezuela – qui ont soutenu une tentative de coup d’État l’an dernier contre Chavez,  tentative approuvée par les États-Unis. Les maoïstes ont soutenu de la même manière le gouvernement de Pinochet au Chili dans les années 1970, au motif que Pinochet était contre l’URSS.

L’Église catholique est elle aussi adversaire de Chavez, parce qu’elle ne peut plus obtenir comme avant influence et richesse du peuple vénézuélien. La présidence de Carlos Andrés Pérez était le paradis sur terre pour le Vatican et l’Église catholique.

Seules les actions autonomes et autochtones des populations d’Amérique centrale et du Sud et des Caraïbes peuvent les libérer et mettre un terme aux révolutions inachevées. Les luttes basées sur une philosophie de la libération ne peuvent établir une société de travailleurs librement associés ni de nouvelles relations humaines.

Marcos, Los Angeles

Voir aussi:

Une Réponse to “Hugo Chavez au Venezuela et sa révolution (News & letters, 2003)”

  1. Neues aus den Archiven der radikalen (und nicht so radikalen) Linken « Entdinglichung Says:

    […] La Bataille socialiste Marxisme et crise économiquePrésentation de la revue AufhebenHugo Chavez au Venezuela et sa révolution (News & letters, 2003) […]

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