Conférence de solidarité avec les travailleurs irakiens (Londres, 2006)

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Conférence internationale de solidarité avec les  travailleur-e-s en Irak. Londres, 1er Juillet 2006. (Cette traduction ne saurait servir de référence en matière de minutes de cette conférence, se reporter au texte en anglais: Conference for Solidarity with Iraqi Workers external-link)

Présents:
Iraq Union Solidarity : Pauline Bradley, Becky Crocker, David Broder, Paul Hampton, Karen Johnson
Solidarité Irak : Nico Dessaux, Céline Pauvros, Pascal Descamps
Parti communiste-ouvrier d’Irak : Houzan Mahmoud, Nadia Mahmood, Surma Hamid, Dashty Jamal
Parti communiste-ouvrier hekmatiste d’Iran : Javad Aslani
Alliance for Workers’ Liberty : Martin Thomas
Pagine Marxiste (Italie) : Roberto Luzzi
Non affiliés : Daryo, Bayan Karimi.

Salutations reçues de USLAW, AusIraq, et de militants en Pologne, ainsi qu’un message de Naftana, le groupe de soutien au Royaume-Uni pour la Fédération irakienne des syndicats du pétrole.

La situation en Irak


Introduction de Nadia Mahmood:  Depuis la mise en place du gouvernement al-Maliki, il y a eu une importante montée de la violence. Elle a touché les secteurs  qui ne l’étaient pas auparavant. Par exemple, 100 travailleurs ont été enlevés dans le centre de l’Irak et beaucoup ont été tués. A l’école universitaire d’ingénieurs à Bagdad, 50 étudiants ont été enlevés et leur sort  reste inconnu. Ces enlèvements sont effectués pour des raisons sectaires.
Le plan de sécurité d’Al-Maliki a commencé par une vague de répression dans les zones sunnites. Les sunnites sont remontés contre. Ce plan de la sécurité n’a pas créé davantage de sécurité, mais plutôt le contraire.
Ensuite, il y a eu la mort d’al-Zarqaoui. Bien sûr, on peut s’en féliciter, mais elle a été suivie d’une nouvelle vague d’attaques par les groupes sunnites.
Le gouvernement al-Maliki a annoncé une initiative  de réconciliation nationale. Mais ni les groupes sunnites, ni les groupes chiites ne l’acceptent. Nous croyons que le gouvernement est en lui-même source de violence et de conflits. Nous avons vu les milices chiites attaquer des villages sunnites, et ce avec le soutien des États-Unis.  Il n’y a pas de véritable gouvernement en Irak, personne ne contrôle la situation. A Bassorah, récemment, il y a eu des combats entre groupes chiites. Al-Maliki est allé à Bassorah et a annoncé un couvre-feu. Les groupes chiites ont répondu avec 27 explosions dans les rues le jour même.
Le conflit s’enlise plus profondément que jamais. Ce n’est pas seulement entre  Kurdes et Arabes, ou entre sunnites et chiites, mais c’est aussi maintenant entre les groupes chiites.  A Bassorah, par exemple, les groupes chiites locaux refusent de reconnaître l’autorité du gouvernement central. Il y a un effondrement général vers une féodalité des seigneurs de guerre.  Ainsi, par exemple, si un groupe chiite armé  quelconque contrôle l’hôpital dans une ville, il va décider qui peut y entrer. Il y a un effondrement général de la société irakienne. Nous nous dirigeons vers une situation où chaque ville est contrôlée par ses propres milices.
Le Congrès des Libertés en Irak (IFC) représente un espoir pour le peuple irakien de sortir de cette situation. Un certain nombre de syndicats ont récemment adhéré. Il a mis en place des Maisons du Peuple dans de nombreux secteurs. Certains agriculteurs de la zone frontalière près de Bassorah ont établi leur propre groupe IFC et ont pris en main la police du secteur.
Les USA et le Royaume-Uni ont leurs troupes en Irak, et les islamistes de même. Nous avons besoin de nous battre sur le même plan – la lutte armée.  La question de constituer des forces de sécurité de proximité est primordiale. Je demande à tous de soutenir le Congrès des Libertés en Irak et d’y adhérer.

Martin Thomas:
La protestation sociale croissante au Kurdistan irakien peut-elle devenir une base pour que la classe travailleuse reprenne confiance dans tout  l’Irak? Qu’y rencontre -t-on comme protestations contre les coupures de rations alimentaires?

Nadia: La situation au Kurdistan est différente. Ces derniers mois, nous y voyons une hausse  de la protestation sociale. Les populations sont mécontentes de l’UPK et du PDK, qui leur a promis des progrès quand ils sont arrivés au pouvoir. Aujourd’hui, ils voient la fraude et la corruption. C’est différent du sud, où il n’y a pas de gouvernement, où il y a la guerre sectaire, etc. Nous devons bâtir sur ces manifestations de protestation sociale au Kurdistan irakien. Les rations alimentaires? Elles ont été supprimées il y a quelque temps.  Maintenant le nouveau gouvernement parle de privatisation. Les gens sont en colère à ce sujet. Mais organiser des manifestations est difficile lorsque les gens sont si inquiets pour leur sécurité. Tout le monde se dit que chaque fois qu’on quitte sa maison, on ne sait pas si on y reviendra vivant. C’est accablant. Nous n’avons pas pu organiser de  1° Mai dans les rues, parce des gens auraient été tués. Nous visons différents secteurs de travailleurs.  Ils se joignent à l’IFC. Nous devons construire là-dessus.

Javad Aslani: Beaucoup de professionnels irakiens ont fui vers la Jordanie. Ils n’aiment pas le sectarisme religieux.

Nadia Mahmood: Au début les gens se sont tournés vers les islamistes comme prestataires de services, de sécurité, et ainsi de suite. Aujourd’hui, ils voient les différents groupes d’islamistes montés les uns contre les autres. Le ministère du pétrole dit que 600.000 barils de pétrole partent chaque jour vers le du sud de l’Irak sans qu’on sache où vont les recettes. Il y a des sommes énormes qui vont dans les milices sectaires. De grandes  sommes disparaissent des contrats de reconstruction. De nombreux universitaires et professeurs se font tuer, beaucoup d’autres ont fui. Les travailleurs qui ont été enlevés ont pu l’être parce qu’ils n’étaient pas armés. Les gens ont besoin d’être armés pour se défendre.

Pauline Bradley: L’IFC contrôle-t-il certaines zones? Comment souhaitez-vous obtenir des armes pour armer les travailleurs? Quelle est l’attitude des autres syndicats, l’IFOU et l’IWF?

Nadia Mahmood: L’IFC met en place des Maisons du Peuple. Mais avons-nous le contrôle de secteurs spécifiques? Pas encore. Où se procurer des armes?  On peut en acheter en Irak, mais à un prix…  Les syndicats? Beaucoup ont rejoint l’IFC. Tous estiment qu’ils ont besoin d’être armés. L’IWF a suivi le Parti communiste d’Irak, qui est proche du gouvernement. Individuellement, des membres de l’IWF ont rejoint l’IFC.

Surma Hamid: Beaucoup de gens ont rejoint l’IFC pour rétablir le pouvoir du peuple. Mais de nombreux militants de gauche ne soutiendront pas l’IFC, parce qu’ils disent qu’il n’est pas basé sur les travailleurs et les syndicats. Mais les syndicats et les travailleurs sont dans l’IFC. Et maintenant, les travailleurs constatent qu’ils ont besoin d’être armés pour se défendre. Qu’a fait l’IFC sur les enlèvements?

Nadia Mahmood:  La violence est partout – au-delà de ce que vous pouvez imaginer. A moins de former  ses propres milices, pas moyen de s’en protéger. Nous ne pouvions sauver les travailleurs enlevés. Ce que nous pouvons faire, c’est aider les gens à s’armer pour prévenir d’autres enlèvements et meurtres à venir [1].

Pascal Descamps: Y a t-il des groupes de travailleurs armés en Irak? Y a t-il des quartiers où ils peuvent protéger la population locale?

Nadia Mahmood: Le Parti communiste-ouvrier d’Irak a demandé à tous les travailleurs de s’armer et de rejoindre l’IFC. Notre objectif est de construire une force armée prolétarienne autour de l’IFC. Mais c’est un appel politique,  non un plan précis.  Autour des Maisons du Peuple, nous pouvons un peu protéger les zones locales en deux ou trois endroits. A Iskandiriya ,  Zafaraniya et Hussaynia, autour de Bagdad.

Roberto Luzzi:  Qu’est-ce exactement l’IFC? Il ne peut pas simplement être un mouvement de défense des travailleurs contre la violence. Si vous armer les travailleurs, vous vous retrouvez dans d’autres batailles. Qui contrôle politiquement les groupes armés?  Y a t-il d’autres forces politiques dans l’IFC à part le PCO?

Nadia Mahmood: Le PCO est le seul parti politique dans l’IFC. Les points de vue du PCO sur l’occupation et la sécurité, etc, sont les mêmes que ceux de l’IFC. L’IFC comprend aussi de nombreuses personnes venant d’horizons différents.  Développer les milices? Nous devons commencer par renforcer certains secteurs. Est-ce que les autres forces tenteront de désarmer nos milices? Oui.  Nous devons y être préparés.

Yanar Mohammed (en liaison depuis Bagdad): La situation économique est très mauvaise – les prix ont augmenté – il y a une augmentation de la traite des femmes.  L’OWFI mène une campagne contre la traite et l’enlèvement de femmes. Une autre campagne  est en cours contre la violence faite aux femmes dans les prisons. L’OWFI continue d’abriter des femmes fuyant la violence et les crimes d’honneur. Elles veulent un soutien moral et financier. Un grand nombre de meurtres de femmes sont commis par les milices islamistes, l’Armée du Mahdi et autres.

Rapports des groupes de solidarité

David Broder donne un rapport pour l’Iraq Union Solidarity. David Broder rapporté d’Irak solidarité de l’Union. Dans la gauche britannique, beaucoup de gens sont opposés à Bush, mais n’ont pas de programme  qui aille au-delà, et s’alignent ainsi derrière la résistance islamique. Nous diffuser des informations sur l’existence d’une gauche ouvrière irakienne , et expliquons que le conflit n’est pas réductible à Islam contre Occident. À l’heure actuelle nous faisons la promotion de deux DVD – un la visite de syndicalistes irakiens syndicalistes aux États-Unis, et un DVD japonais sur le Congrès des Libertés en Irak. Nous organisons des réunions mensuelles à Londres. Nous collectons des fonds. Par exemple, nous avons fait des souscriptions lors de manifestations anti-guerre. Nous avons remis l’argent collecté au TUC Iraq Appeal. Mais nous sommes aussi en correspondance avec le TUC (Trade Union Congress, direction syndicale) au sujet de leur Appel et nous ne sommes pas satisfaits de leur réponse sur où va l’argent. Nous voulons que le TUC mette en œuvre la politique décidée à son congrès il y a deux ans.

Pauline Bradley (Iraq Union Solidarity) indique qu’elle a récemment déménagé en Écosse. Il y a eu une réunion à Glasgow avec Hassan Jumaa, et une liste de contacts, entre les mains du Parti socialiste écossais (SSP). Pauline a rencontré des personnes de premier plan du SSP qui s’avèrent intéressées à développer une activité syndicale de solidarité envers l’Irak en Écosse. Malheureusement, le SSP est actuellement en crise, et il n’y a pas eu beaucoup de réponses depuis.

Nico Dessaux donne un rapport pour Solidarité Irak. Nous avons créé Solidarité Irak en novembre 2003. Ce n’était pas une initiative d’une organisation politique ou d’un syndicat, mais d’individus. Nous pensions qu’il y avait un problème avec le soutien de certains à gauche pour les islamistes et la résistance baasiste – le même que pour les talibans en Afghanistan. Nous avons nous nous sommes mis en rapport avec l’Union des chômeurs d’Irak.  Nous avons fourni beaucoup de travail, mais avons aussi dû faire face à beaucoup de difficultés. Le principal problème en France n’est pas l’ « ‘islamo-gauchisme». Il n’est pas aussi fort qu’en Grande-Bretagne. Le principal problème, c’est l’indifférence aux problèmes spécifiques à la classe ouvrière à l’étranger – une attitude qui se contente d’être «contre la guerre» sans regarder ce que  font les victimes de la guerre . Nous soutenons que, pour être efficace « contre la guerre » il faut soutenir les forces progressistes en Irak. Un autre problème c’est le problème de à qui faire confiance. Les organisations de gauche en France ont une longue tradition de solidarité avec les mouvements d’autres pays, mais ils ont aussi développé une méfiance pour avoir soutenu des mouvements qui se sont révélés ne pas être ce qu’ils prétendaient être. Pour percer nous avons besoin d’informations concrètes, pas seulement d’appels généraux. En outre, des informations spécifiques, par exemple, pour les enseignants en France des infos sur la situation des enseignants en Irak. Nous avons besoin que les camarades en Irak que nous donnent des informations spécifiques, et la possibilité d’ouvrir des liens directs entre syndicats à l’Ouest et syndicats en Irak. Il y a un écart entre ce que nous pouvons présenter sur le site web Solidarité Irak et la réalité en Irak. Nous avons besoin que des camarades en Irak signalent ce que  font les forces américaines et ainsi de suite – qu’on puisse étoffer les autres sources d’infos de gauche. Par exemple, les syndicats Sud en France sympathisent avec l’IFC, mais demandent toujours des informations plus spécifiques.

Becky Crocker transmet un message de Ewa Jasiewicz, de Naftana, un groupe créé en soutien à la Fédération irakienne des syndicats du pétrole. Leur principal objectif a été contre la privatisation des ressources pétrolières. Ils ont  eu  des articles dans diverses revues syndicales, et ont amené Hassan Jumaa pour parler à Marxism 2006 (rencontre annuelle).

Martin Thomas: Dans la tournée aux États-Unis des syndicalistes irakiens en 2005, parrainée par USLAW, Hassan Jumaa de l’IFOU disait qu’il ne voulait accepter aucune déclaration appelant à la laïcité. Pourquoi ce revirement après avoir rejoint l’IFC ?  Toujours en 2005 les travailleurs du pétrole du Sud ont fait grève pour soutenir le gouverneur provincial de Bassorah afin que davantage de recettes de l’industrie pétrolière aillent au Sud plutôt que d’aller à Bagdad. Bien que cette demande soit compréhensible étant donné l’abandon et la répression du Sud sous le régime de Saddam, il amène des travailleurs à se laisser être utilisés comme supplétifs de poids dans des conflits au sein de la classe dirigeante. Est-ce que l’IFOU s’écarte de cette approche?

Nadia Mahmood: Les travailleurs n’ont pas le contrôle de l’industrie pétrolière. Hassan Jumaa a rejoint l’IFC, et a déclaré que l’Union soutiendra l’IFC. Notre objectif est que les travailleurs contrôlent. Oui, je pense que les travailleurs du pétrole du Sud ont été utilisés dans des combats entre factions chiites. Pourquoi Hassan Jumaa a t-il changé d’avis? Il a vu la guerre sectaire en Irak et a réagi contre elle. Vous pouvez  entendre quelques islamistes reprendre maintenant le mot d’ordre de la laïcité, en réponse à la guerre sectaire.

Pascal Descamps donne un rapport pour Solidarité Irak Besançon. Nous avons démarré en  2005 avec une réunion parrainée par trois syndicats, SUD, CNT, et FSU. Nous avons  mis en place deux types d’activités. La première: diffuser des informations sur les travailleurs, les femmes, et la gauche en Irak. Nous distribuons un bulletin intitulé «L’Autre Irak » – « contre l’occupation impérialiste, contre la réaction islamiste,  solidarité avec luttes ouvrières et féministes en Irak ». La  CNT et la FSU travaillent dans Solidarité Irak Besançon  et nous aident à publier L’Autre Irak.  Nous avons besoin d’informations concrètes sur les organisations en Irak.

Javad Aslani: Il y a un gros problème conceptuel avec une attitude de soutien «anti-impérialiste » contre tout ce qui va à l’encontre des États-Unis et de la Grande-Bretagne – comme la posture disant: «Blair out» sans préciser. Les gens disent «Bush out» sans dire ce qui le remplacera, comme cela n’avait pas d’importance que les islamistes prennent le pouvoir. Nous devons comprendre que la situation en Irak ne concerne pas seulement l’Irak.  Le monde est transformé par cette guerre.  Si Bush gagne, le monde deviendra un enfer.  Nous ne pouvons pas répondre à cette question en disant: «Vive la résistance ». Les communistes doivent  voir la guerre en Irak comme leur guerre. Ils doivent s’engager pour une alternative positive. Nous devons soutenir l’IFC. Nous sommes ici pour changer le monde, pas seulement observer ce qui s’y passe.

Dashty Jamal: Je tiens à remercier Iraq Union Solidarity et Solidarité Irak. Le TUC n’a pas apporté son soutien. La plupart des syndicats n’ont même pas répondu à nos lettres. Même après avoir invité le leader de la FWCUI Falah Alwan à une conférence en février 2005, le TUC ,dans une récente correspondance, refuse de reconnaître  la FWCUI comme un groupement  qu’il peut soutenir financièrement. Et Stop the War Coalition a essayé de leur faire barrage. Le SWP ne veut pas nous permettre d’être présent sur les manifestations. En France, nous avons été voir la CGT, mais ils ne nous ont pas donné  de réponse positive.  L’IFC est un projet de la classe ouvrière.

Houzan Mahmoud: Nico se déclare préoccupé par le manque d’information. Mais en Irak, vous n’avez pas une situation stable, bien établie, et des groupes comme FWCUI ont de  très faibles ressources pour produire des documents d’information. Un syndicat en Irak ce n’est pas la même chose qu’en Grande-Bretagne. Par ailleurs, les gens à l’Ouest s’attendent à  retrouver des normes occidentales en Irak, par exemple il n’y a pas d’accès au téléphone – les gens n’en ont pas.

Pauline Bradley: L’IUS peut faire davantage pour argumenter à gauche. L’IUS a un certain nombre de sections syndicales affiliées. À l’avenir, nous pourrions être en mesure d’avoir une conférence avec les délégués syndicaux.  Nous devrions être plus insistants au sein des syndicats.

Le Congrès des libertés en Irak


Houzan Mahmoud: Je tiens à souligner l’importance que revêt le fait de soutenir le Congrès des libertés en Irak (Iraq Freedom Congress, IFC). En Irak, il y a une situation difficile non seulement pour les travailleurs et les femmes, mais pour la société dans son ensemble. Avoir des organisations de travailleurs et de femmes c’est très bien, mais ce n’est pas assez pour se débarrasser de l’occupation et des islamistes. L’IFC est un parapluie pour tout ceux qui s’opposent à la fois à l’occupation et aux milices islamistes. Certains disent qu’il n’est pas basé sur la classe ouvrière. Mais il l’est. De nombreux syndicats ont adhéré à l’IFC. L’IFC veut simplement restaurer la société civile et une vie normale. Pourquoi l’IFOU, précédemment opposée à la laïcité, a -t-elle rejoint l’IFC? C’est la situation politique qui les y a poussés. Ils connaissent la menace des milices sectaires. Certaines régions de l’Irak sont désormais sous le contrôle de mini-Talibans. Il s’agit de plus qu’une question syndicale. Les syndicats ne peuvent pas gérer ça, sauf en travaillant par le biais de l’IFC à mettre en place des milices.

David Broder: Ce n’est pas vrai que le seul rôle des syndicats est de traiter les questions économiques dans les usines. Le mouvement ouvrier est la seule force capable d’aborder correctement les grandes questions sociales.  Pourquoi mettre en place un front populaire pour y faire face?

Javad Aslani: Nous devons mettre des revendications politiques à l’ordre du jour, sinon allons vers la catastrophe annoncée. L’IFC peut offrir une alternative qui peut mobiliser les gens.

Surma Hamid: Nous n’avons aucune illusion sur le rôle de la classe ouvrière dans une société en mutation. Mais en Irak, il n’y a pas de société. De nombreux syndicats ont rejoint l’IFC car il n’y a pas de sécurité. L’IFC se développe très rapidement.

Nadia Mahmood: Si les travailleurs et les syndicats en Irak estiment que l’IFC est leur alternative, pourquoi les travailleurs au Royaume-Uni ne le verraient-ils pas de la même façon?

Martin Thomas: La démocratie et la laïcité ne peuvent être obtenue en les séparant des batailles sociales de la classe ouvrière, sur les rations alimentaires, les services publics, l’emploi, les salaires, dans lesquelles les travailleurs peuvent être unis et voir  des solutions laïque s plutôt que mystiques à leurs problèmes. L’IFC dit qu’il veut devenir le gouvernement. Mais il n’a pas de programme social: son programme est la partie démocratique et laïque du programme du PCO sans les parties pro-ouvrière et communiste de celui-ci. Donc, que ferait un gouvernement IFC sur les questions sociales? Comment pourrait-il survivre en tant que gouvernement, sans programme social? La recherche d’un front uni des organisations ouvrières sur les questions sociales et démocratiques serait une meilleure approche que celle de l’IFC.

Paul Hampton: Nous convenons qu’il faut une alternative politique. Nous soutenons les milices ouvrières. Mais regardez l’expérience de l’ANC en Afrique du Sud. On y avait une société en dissolution. Les travailleurs se sont mobilisés derrière l’ANC sur la base de poser les questions politiques en premier, et les questions sociales à un stade ultérieur. C’était  une erreur. En Afrique du Sud un parti des travailleurs était la réponse, et nous pensons qu’en Irak c’est la même chose. Nous devons mener ce débat.

Pauline Bradley: Vous pouvez tester une organisation en la présentant aux élections. Pourquoi l’IFC ne participe t-il pas aux élections? Qu’avez-vous fait pour vous lier aux fédérations syndicales qui ne sont pas dans l’IFC?

Dario: Les gens qui veulent bien soutenir l’IFC sont des révolutionnaires, pas des gens comme le TUC.  Si vous demandez au TUC de soutenir une organisation qui veut prendre le pouvoir et dont les membres fondateurs sont  communistes, ça ne lui semblera pas sympathique. La construction d’un mouvement révolutionnaire en Irak nécessite de viser un autre public que pour la construction d’une solidarité syndicale avec les syndicats en Irak. Nous devons construire un mouvement de solidarité syndicale large, sans trop le lier à un seul groupe politique.

Activités à venir

Martin Thomas propose:
1. 1. Préparer un budget, puis lancer un appel dans le mouvement syndical pour lever des fonds afin d’organiser une tournée en Grande-Bretagne et en France avec un représentant de la FWCUI et si possible aussi un représentant de l’IFOU, l’année prochaine. L’IWF devraient également être invitée à envoyer des intervenants qui participeraient aux réunions lors de cette tournée.
2. 2. Réaliser une campagne de collecte de fonds au sein du mouvement syndical européen en faveur du mouvement ouvrier irakien, le produit étant reversé aux grandes fédérations syndicales irakiennes via le Fonds de solidarité d’USLAW.
3. 3.  Noter que, selon le TUC, les £ 40,000 collectés jusqu’à présent par le TUC Iraq Appeal a servi essentiellement à l’organisation de conférences et choses de ce genre à Amman – très peu directement aux syndicats en Irak – afin de mener une campagne dans mouvement ouvrier britannique demandant que le TUC Iraq Appeal alloue dorénavant des fonds à un soutien direct aux syndicats à l’intérieur de l’Irak.
4. 4. Faire campagne pour l’abrogation du décret 8750 du gouvernement irakien.
5. 5.  Organiser des manifestations devant les ambassades des États-Unis dans  le plus de villes possible – Londres, Paris, Varsovie, Sydney, etc – le  8 août 2006 ou aux alentours, date du premier anniversaire du décret 8750, en solidarité avec les organisations de travailleurs et de femmes en Irak.
6. 6. Noter l’existence parmi nous de points de vues différents quant à l’évaluation politique du Congrès des libertés en Irak Congrès, mais n’empêchant pas notre solidarité avec les principales organisations derrière l’IFC: FWCUI, IFOU, OWFI, UUI, WCPI – à la fois contre l’occupation anglo-américaine et les milices sectaires en Irak.

Roberto Luzzi: Notre groupe en Italie s’est formé en opposition à la participation italienne à l’invasion de l’Irak. Nous nous sommes séparés de Lotta Comunista parce qu’ils ne dénonçaient pas l’engagement italien. Nous constatons que la majeure partie de la gauche italienne soutient la résistance irakienne comme le seul moyen pratique d’être contre l’impérialisme. Nous disons que la résistance irakienne est une force réactionnaire et que nous sommes avec les travailleurs. Il y a une troisième force en Irak. Nous souhaitons des liens avec les travailleurs irakiens.  Ainsi, cette initiative est très importante pour nous. Je suis d’accord avec les doutes exprimés sur le Congrès des libertés en Irak. Mais nous voulons participer à la liaison internationale.

Nadia Mahmood: Je pense que le soutien à l’IFC est la tâche la plus importante – le moyen de changer les choses sur le terrain non seulement par les travailleurs et les organisations de femmes, mais par une série d’organisations se réunissant. Nous voulons lancer une chaîne de télévision satellite de l’IFC. Samir Adil a publié un appel à tous les épris de liberté pour recueillir 1 million de dollars pour l’IFC.

Nico Dessaux: Sur le point 1 nous ne sommes pas d’accord avec l’invitation de l’IWF. Ce serait comme inviter les syndicats étatiques officiels de Chine. Le point 2, c’est la même chose que ce que nous avons fait auparavant. Le point 3, sur le TUC, est un problème uniquement britannique. Le point 4, sur le décret 8750: oui, nous faisons campagne contre lui, mais comment? Point 5: Manifestations? Oui, si nous pouvions obtenir des milliers de personnes. Mais nous ne sommes pas forts. Avoir des manifestations serait montrer combien nous sommes faibles. Point 6: Solidarité Irak n’a pas de problème avec l’IFC.

Dashty Jamal: Je suis en désaccord avec certains points. «Soutenir le mouvement ouvrier»? Ça veut dire quoi? L’IFTU/ IWF ne représente pas la classe ouvrière en Irak. L’IFC est un projet de la classe ouvrière. Le Parti communiste-ouvrier milite pour une république socialiste et un État des travailleurs. Mais nous sommes dans un scénario noir en Irak. Nous devrions voter pour soutenir la FWCUI, l’OWFI, et l’IFC.

Pascal Descamps:  À Besançon, nous avons soutenu la FWCUI, mais pas l’IWF.

Javad Aslani: Les propositions manquent d’ambition. Nous devrions laisser tomber les points 4 et 5. Mieux vaut une journée nationale de solidarité avec le mouvement ouvrier irakien.  Au point 6 nous devrions inviter les gens à rejoindre l’IFC.

Houzan Mahmoud: Le TUC a levé £ 40 000, mais n’a pas donné un sou à la FWCUI. Pourquoi? Une tournée de conférences en Grande-Bretagne serait importante. Je suis en désaccord avec le point 6. Sur l’organisation de rassemblements, je suis d’accord avec Nico. Ce serait une démonstration de faiblesse. Il est préférable d’organiser un séminaire ou une conférence où l’on peut débattre de l’attitude  pro-résistance de gens comme Tariq Ali ou Tony Benn. Sur l’IFC,on  doit être en place les adhésions individuelles.

Martin Thomas: Le point 1 propose un tournée comme celle organisée par USLAW de syndicalistes irakiens aux États-Unis en 2005, qu’on croyait positive. Cela inclut l’IFTU / IWF. La FWCUI participe aussi avec l’IFTU / IWF au Comité mixte des organisations syndicales irakiennes mis en place lors d’une réunion parrainée par la CISL à Amman en 2006. Il serait illogique et destructeur de rejeter l’IFTU/IWF d’une tournée de conférences.

Décision sur les divers points: les points 5 et 6 sont abandonnés, les points 2 et 3 sont adoptés.

Point 1?  La première phrase est adoptée. Et la dernière phrase? Acceptée aussi.

Donc, les points 1, 2 et 3 sont adoptés, avec l’ajout (proposé par Houzan Mahmoud) que nous devrions aussi inviter un conférencier de l’OWFI, et l’addition (proposée par Dashty Jamal) de «y compris FWCUI » à la fin du point 3.

(Récapitulatif)

1. 1. Préparer un budget, puis lancer un appel dans le mouvement syndical pour des fonds afin d’organiser une tournée en Grande-Bretagne et en France avec un représentant de la FWCUI et si possible également de l’OWFI et des représentants de l’IFOU, dans le courant de l’année prochaine. L’IWF devrait être invitée à envoyer des intervenants pour participer aux réunions sur cette tournée.
2. 2. Mener une campagne de collecte de fonds au sein du mouvement syndical européen en faveur du mouvement ouvrier irakien, le produit  étant acheminées vers les grandes fédérations syndicales irakiennes via le Fonds de solidarité de USLAW (Iraqi Labor Solidarity Fund).
3. 3.  Noter que, selon le TUC, les £ 40,000 collectés jusqu’à présent par le TUC  Iraq Appeal a servi essentiellement à l’organisation de conférences et choses semblables à Amman – très peu directement aux syndicats en l’Irak – afin de mener une campagne dans mouvement ouvrier britannique demandant que le TUC Iraq Appeal alloue dorénavant des fonds directement aux syndicats à l’intérieur de l’Irak, y compris la FWCUI.

Céline a déclaré que Solidarité Irak ne prenait pas part au vote.

Paul Hampton a noté que toutes les idées sont acceptées sous réserve de ratification par les organisations participantes.

Message d’Irak

Houzan Mahmoud lit un message d’Ara Khajador, l’un des fondateurs du syndicat du pétrole irakien en 1958, et ses expériences avec la solidarité internationale quand il a été emprisonné en 1948. Elle signale également des messages de USLAW et AusIraq.

Iran

Javad Aslani engage une discussion. Le scandale actuel relatif au programme nucléaire de l’Iran n’est pas sans rappeler les «armes de destruction massive » en l’Irak avant 2003.  Comme à l’époque, le vrai problème n’est pas là. Nous ne devons pas être pris par le discours de la «communauté internationale». Les institutions internationales sont largement contrôlés par les États-Unis. Vers la fin du mois de mai il y a eu une série de manifestations dans la région turcophone d’Iran, d’un caractère réactionnaire. Les États-Unis attisent ce genre de rivalités ethniques en parrainant un « Congrès des peuples opprimés de l’Iran ». Les États-Unis tentent de tirer sur le régime iranien, et en même temps le soutiennent contre toute alternative progressiste. Il y a eu de récentes manifestations de femmes en Iran. Il y a un large soutien potentiel pour l’égalité des femmes en Iran.
Au Kurdistan iranien le Parti communiste-ouvrier hekmatiste d’Iran  a lancé l’idée de Gardes de la Liberté. Ça a été très populaire auprès des jeunes. Les Gardes de la liberté promeuvent atmosphère ouverte et progressive, où ils sont en force.  Et la politique dans la région nécessite d’être armés pour être efficace.
Les problèmes économiques perdurent. Le chômage est élevé chez les jeunes, l’économie est basée sur l’exportation de pétrole et importe presque tout le reste. L’Iran a également le plus haut niveau de l’abus de drogues au monde. Il y a 2,7 millions de toxicomanes enregistrés. La toxicomanie est un problème majeur même pour les enfants dans les 11 ou 12 ans.

Bayan Karimi met en doute la description  comme réactionnaire du soulèvement turcophone. C’était en réaction à des propos dans la presse décrivant les turcophones comme des ânes. Gardes de la liberté? Je ne suis pas sûr. Le Kurdistan a longtemps été fortement militarisé. Pourquoi ne pas aller à Téhéran et y avoir une Garde de  la liberté là-bas?

Pascal Descamps: Une information sur la manifestation de femmes du 12 Juin?

Martin Thomas: Les invasions par les États-Unis de l’Afghanistan et de l’Irak  ont été  effectuées par une administration américaine imbue de confiance en sa capacité de remodeler militairement le monde – et en conséquence, ont beaucoup renforcé le régime iranien. Le bras de fer actuel entre les USA et l’Iran vient de la crainte des États-Unis face à ce renforcement qui, en fait, est principalement le résultat de sa politique 27 ans de refus des relations diplomatiques avec Téhéran.

Javad Aslani: Il n’est pas question que le régime iranien soit raciste contre les minorités, y compris la turcophone. Mais soudainement, à cause d’une blague raciste dans la page pour enfants d’un journal, il y a un gros soulèvement, et les revendications ne portent pas sur des droits égaux ou contre le régime, mais contre «les Arméniens, les Russes, et les Perses ». Nous n’avons pas besoin de prendre parti dans ce conflit. Le soulèvement a été alimentée par l’ingérence des gouvernements turcs et azerbaïdjanais et par les États-Unis. Nous ne voulons pas voir une répétition de ce qui s’est passé en Yougoslavie.

Bayan Karimi: Nous devons néanmoins soutenir le droit de l’Azerbaïdjan à l’autodétermination.

Javad Aslani: Mais le mouvement n’a pas demandé l’autodétermination de l’Azerbaïdjan. Gardes de la Liberté? Nous les avons lancé au Kurdistan iranien plutôt qu’à Téhéran, parce que nous sommes plus forts au Kurdistan et pas assez forts à Téhéran. Mouvement du 12 Juin mouvement? Deux leaders ont été arrêtés.  Un a fui l’Iran. D’autres sont en prison sur de plus petites charges. Les travailleurs des bus? Leur leader est toujours en prison et se voit refuser un traitement médical. Environ 120 conducteurs ont été suspendus de leur emploi.
Les protestations des étudiants sont montées en flèche. Deux leaders sont en prison. Il y a un fort mouvement pour obtenir leur libération.

Roberto Luzzi: Je n’en sais pas assez pour dire grand chose sur la question des droits des azéri en Iran, mais la question kurde doit être considéré comme un tout, pas seulement comme une question irakienne, iranienne ou turque. À propos du conflit international autour de l’Iran: ce n’est pas seulement une lutte entre les USA et le régime iranien. Il s’agit d’une lutte internationale dans laquelle les Européens et les Japonais sont en compétition avec les États-Unis. L’Italie est le principal partenaire commercial de l’Iran.  L’Allemagne a aussi de nombreux intérêts en Iran aussi. Ils sont en rivalités d’influence en Iran et dans la région. Nous devons prendre en compte tout cela, mais nous ne pouvons conclure en soutenant le régime iranien. Ici aussi, nous devrions parler d’un troisième camp, un camp de classe, à la fois contre les États-Unis et le régime iranien. En Italie, si nous nous étions contentés de nous opposer aux États-Unis, on aurait pu se retrouver implicitement à soutenir les intérêts capitalistes italiens.

***

Lettre d’invitation à la conférence

Cher ami,

Solidarité avec les mouvements de femmes et de travailleurs irakiens
Conférence le 1° Juillet 2006, Londres

Vous êtes invités à la conférence de « solidarité avec les travailleurs irakiens », le samedi 1er Juillet, de 13h30 à 17h30 au Resource Centre, 356 Holloway Road, London N7 (salle de séminaire).

Le but de cette conférence est de mettre réunir les groupes qui en Europe sont en campagne en faveur des mouvements de femmes et de travailleurs en Irak, combattant pour une
politique égalitaire et laïque à la fois contre l’occupation anglo-américaine et les milices sectaires. Elle est ouverte à tous les groupes qui partagent ces principes de base et ces priorités.

Nous pouvons échanger des informations sur nos campagnes, discuter des développements en Irak et établir des points d’accord et de compréhension mutuelle, discuter d’éventuelles initiatives et campagnes internationales..

L’ordre du jour provisoire est:

1. 1. Rapports sur la situation en Irak, par des militants récemment rentrés d’Irak.

2. 2. Rapports sur l’activité des campagnes représentées à la réunion, incluant IUS et Solidarité Irak.

3. 3. Présentation du Congrès des libertés en Irak et discussion à son sujet.

4. 4. Discussion sur le suivi des activités,et possibilité d’une nouvelle et plus large conférence pour une date ultérieure.

5. 5. Échanges de vues sur la situation en Iran et activités de solidarité avec les mouvements de femmes et de travailleurs en Iran, à la fois contre la menace de guerre des États-Unis et contre le régime islamique.

Vous pouvez être intéressé de savoir qu’aussitôt après la Conférence et au même Resource Centre, à 18h30, le célèbre écrivain américain Greg Palast parlera de son nouveau livre  « Mad House », évoquant les grand business et la guerre en Irak, partie du programme de l’université d’été de l’Alliance for Workers’ Liberty ce même week-end des 1 et 2 Juillet.

Amicalement,

David Broder, pour Iraq Union Solidarity
Nicolas Dessaux, pour Solidarité Irak
Houzan Mahmoud, pour l’organisation à l’étranger du Parti communiste-ouvrier d’Irak
Martin Thomas, pour l’Alliance for Workers’ Liberty

Le Resource Center sur Holloway Rd, lieu de la conférence

Note de la BS:

[1] C’est ce que feront les forces de sécurité de l’IFC à Bagdad dès novembre 2006(cf. ici)

Voir aussi:

Une Réponse to “Conférence de solidarité avec les travailleurs irakiens (Londres, 2006)”

  1. Neues aus den Archiven der radikalen (und nicht so radikalen) Linken « Entdinglichung Says:

    […] Bataille socialiste Conférence de solidarité avec les travailleurs irakiens (Londres, 2006)Comment ils sont devenus socialistes: Interview de Jean Zyromski (1931)Mansoor Hekmat, marxiste […]

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