Procès de 7 étudiants à Toulouse le 24 juin

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Dans le cadre de l’important mouvement universitaire et étudiant de janvier à juin 2009, l’Université du Mirail à Toulouse fut l’une des plus mobilisées, regroupant des centaines d’étudiants (jusqu’à 2500 personnes) dans des AG régulières et lors d’actions collectives qu’elles avaient décidé de mener. Sept étudiants connus pour leur engagement parmi un grand nombre d’autres ont été convoqués par la police le 5 mars dernier et passent en procès le 24 juin devant le Tribunal de Grande Instance sur plainte de l’Université pour vols, tentatives de vol ou dégradations. Ils risquent de lourdes peines financières (plusieurs centaines de milliers d’Euros) et une interdiction de travailler dans le secteur social ou l’éducation. Ceci s’inscrit dans la montée de la criminalisation des mouvements sociaux attentatoire à l’exercice des libertés syndicales ou collectives fondamentales qu’Emancipation dénonce fermement. Cela vise à interdire toute expression autonome des revendications et à intimider celles et ceux qui les défendent. La lutte des étudiants pour défendre leur conception d’une université démocratique ne saurait être pénalisée en aucune façon. ÉMANCIPATION reprend à son compte la demande votée lors du CEVU (Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire)…) du 7 mai 2010 de « retrait des poursuites engagées ».

ÉMANCIPATION, le 13 juin 2010
Contact : er@emancipation.fr

Appel à solidarité avec les 7 étudiant-e-s inclupé-e-s du mirail

L’an dernier, un mouvement social massif avait lieu sur toutes les universités de France. Sur la faculté de Toulouse le Mirail se déroulèrent : plus de 4 mois de grève, des Assemblées Générales jusqu’à plus de 2500 personnes, beaucoup de manifestations et d’actions. Il s’agit d’une lutte historique par sa longueur, sa massification et sa dureté.

Plus encore que lors des grèves précédentes où elle était déjà présente, la répression a connu en 2009 une amplification inquiétante. Répression policière sur nos camarades lors des manifestations et des actions (coups de matraque, jets de bombes lacrymogènes, tirs de flash-ball, arrestations arbitraires…) mais également répression de la part des directions universitaires, qui n’hésitent plus à envoyer les forces de l’ordre sur les campus dans le but de casser la grève.

Par exemple, à la demande du président, à l’université du Mirail 20 fourgons de CRS étaient postés aux abords de la fac pendant une bonne semaine, et des cordons de CRS étaient chargés de « protéger » la reprise des activités pédagogiques.

Devant l’efficacité des méthodes policières, l’administration ne s’est pas arrêtée là. En effet, elle n’a pas hésité à donner à la police une liste de noms et de numéros de téléphone d’étudiant-e-s ayant participé au mouvement, de prétendues preuves et des témoignages mensongers. S’en est suivi une série de convocations au commissariat durant l’été 2009, pour les motifs suivants : « vol de denrées alimentaires et de papeterie», « tentative de vol d’électroménager », « destruction de biens publics », « coups dans les testicules ». Des motifs aussi farfelus que fantaisistes dont le seul but est d’incriminer des acteurs et actrices visibles de la lutte sociale.

Le 5 mars dernier, c’est-à-dire 1 an après les faits, 7 personnes ont été reconvoqué-e-s au commissariat de police pour leur signifier leur mise en examen. Il y aura donc un procès le 24 juin prochain à 8h30 au Tribunal de Grande Instance de Toulouse, contre des étudiant-e-s dont le seul crime est d’avoir osé lutter. Ces 7 personnes encourent des centaines de milliers d’euros de réparations, d’amendes et de dommages et intérêts. Ils encourent également des refus d’inscription à l’université, des interdictions de travailler dans le social et l’éducation, des peines avec sursis, et des travaux d’intérêt général.

Cette attitude se place dans un cadre plus général de répression nationale contre toutes celles et tous ceux qui luttent aujourd’hui. Partout l’arsenal répressif se répand et se durcit, que ce soit sur le secteur du travail (Continental, Molex, Freescale…) ou tout autre secteur de lutte (quartiers populaires, prisons, hôpitaux, éducation…). La faculté du Mirail en est un exemple : pendant que les universités sont bradées à la première entreprise venue, on n’oublie pas de faire payer ceux et celles qui n’ont pas renoncé à une université critique et populaire.

Face à cette logique, seule notre solidarité peut faire face. Ainsi, nous appelons tous ceux et celles (syndicats, organisations politiques, associations, autonomes…) qui luttent contre l’engrenage répressif à nous soutenir de quelque manière que ce soit : soutiens financiers, soutiens politiques, événements médiatiques, rassemblement le jour du procès…

Patronat, Présidence d’université, Police : une même logique, la chasse à ceux qui luttent.
Nous appelons à un rassemblement le 24 juin à 8h devant le Tribunal de Grande Instance de Toulouse pour témoigner de notre solidarité.

Leur méthode : en incriminer un pour en terroriser cent.

Face à la répression, la solidarité est notre arme.

Comité de soutien au inculpé-e-s du Mirail

( inculpees.du.mirail@gmail.com )

Nous appelons à un rassemblement le 24 juin à 8h

devant le Tribunal de Grande Instance de Toulouse

pour témoigner de notre solidarité.

Une AG à Toulouse le Mirail en mai 2009

Télécharger les autocollants de soutien en A4 : ici


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