La confession de Karl Marx (Riazanov)

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Une brochure Spartacus de 1969 désormais consultable et téléchargeable en ligne sur Gallica, le site de la BNF: ici. On s’en étonne un peu puisque la brochure est toujours dans le commerce, elle peut être commandée pour 3 euros frais de port compris ici.

Le texte de Riazanov est suivi de « Karl Marx » (F. Engels, 1878), « A la mémoire des combattants de juin » (K. Marx, 1848), « Les révolutions de 1848 et le prolétariat » (K. Marx, 1856) et « Arrêts et progrès du marxisme » (R. Luxemburg, 1903).

Extrait:

Marx évitait les effusions sentimentales, même dans les lettres à ses proches et à ses amis. Mais aimer comme il aimait sa femme et ses enfants, aimer avec autant de dévouement est malaisé. Il survécut à grand peine à la mort de sa femme. La mort prématurée de sa fille aînée, Jenny Longuet, lui porta un coup dont il ne se releva plus. Or, même dans ses lettres à Jenny qui, parmi ses filles, était sa camarade et sa collaboratrice, qui avait traversé avec lui sa période la plus difficile de leur existence à Londres, Marx reste réservé. Ses lettres respirent toutes l’affection et une tendresse attentionnée, nous y voyons Marx – souvent dans les lettres des dernières années – s’attacher à entretenir chez sa fille la bonne humeur, chercher à l’égayer, mais nous n’y trouvons que très rarement une phrase sentimentale. Il en est de même dans ses lettres à Engels, auquel pourtant il ne cachait rien. Il y traite des affaires courantes et de théorie, il y est extrêmement avare d’effusions. Mais que de souffrance dans les lignes suivantes écrites à Engels d’Alger (le 1° mars 1882) où l’on avait envoyé Marx après la mort de sa femme pour l’arracher à l’oppression du milieu londonien:

« Tu sais que peu de gens supportent aussi mal que moi toute manifestation exagérée de sentiments. Mais je te mentirai si je tentais de nier que mes pensées sont presque entièrement absorbées par le souvenir de ma femme. N’ai-je pas passé avec elle la meilleure partie de ma vie? »

Cette aversion pour l’expression exagérée des sentiments et pour toutes les effusions rend difficile la connaissance du monde intérieur de Marx, de ses sympathies, de ses antipathies. Et s’il se permet parfois des diversions autobiographiques, comme dans sa Critique de l’économie politique ou dans le pamphlet Herr Vogt, ce n’est que dans la stricte mesure où les intérêts en cause l’exigent et où ces diversion peuvent servir à définir ses vues théoriques. On croirait qu’il veut dire: « Jugez-moi d’après mes œuvres, et non d’après ce que je puis vous raconter de moi même ».

Voir aussi:

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Une Réponse to “La confession de Karl Marx (Riazanov)”

  1. Neues aus den Archiven der radikalen (und nicht so radikalen) Linken « Entdinglichung Says:

    […] sur Mansoor Hekmat (2002) * K. Sorin: A propos du pouvoir soviétique (1918) * David Rjazanow: La confession de Karl Marx (19??, Auszug) * Salomon Schwarz: Lénine et le mouvement syndical (1935, Auszug) * Henry Jacoby: […]

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