Lénine et le mouvement syndical (Salomon Schwarz)

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Une brochure Spartacus de 1973 désormais consultable et téléchargeable en ligne sur Gallica, le site de la BNF: ici. Préface de Raymond Guilloré. La première édition de ce livre était parue aux Éditions « Nouveau Prométhée» en 1935.

Notice de la page 4: Salomon Schwarz, actif à la fois dans le mouvement social-démocrate et syndical russe dès la Révolution de 1905, a été plusieurs fois arrêté et déporté sous le tsarisme. Après la Révolution de février 1917, il appartenait au parti menchevique qui soutenait le gouvernement de coalition formé par tous les partis démocratiques et il occupait un poste important au ministère du travail. Après le coup d’État bolchevique, il continue à militer dans le parti menchevique dont il préside l’organisation de Moscou. En 1921 il est arrêté par la Tchéka et l’année suivante il est expulsé de la Russie soviétique avec quelques dirigeants mencheviques. Depuis lors il vit en exil et appartient au noyau dirigeant qui publie « Le Messager socialiste ». Ce noyau se fixe en Allemagne jusqu’à l’arrivée de Hitler puis à Paris jusqu’en 1940. Ensuite à New York. Il vit aujourd’hui en Israël. Il a publié plusieurs ouvrages, en 1951, Les Juifs en Union soviétique, non traduit en français, puis en 1956, Les ouvriers en Union soviétique, publié chez Rivière.

B.L.

Extrait de la préface:

Cet ouvrage paru en France il y a plus de trente ans n’a rien perdu de son actualité. La question qu’il traite est pourtant aussi vieille que le mouvement ouvrier lui-même, au moins depuis que coexistent des syndicats ouvriers, fédérés et confédérés, et des partis socialistes dits ouvriers. C’est la question des rapports entre ces deux formes d’organisation qui, toutes les deux, se donnent pour but la transformation de la société.

Rien n’indique que ce débat, qui a souvent tourné au conflit, soit au moment d’être dépassé. L’expérience ouvrière de tous les pays, et plus particulièrement celle de France, n’a pas cessé de l’alimenter, entre les deux guerres mondiales et davantage peut-être depuis la seconde. Ce qu’on peut appeler la question syndicale reste au cœur du mouvement ouvrier d’aujourd’hui. On la retrouve, plus aiguë que jamais, dans les affrontements actuels autour des scissions syndicales, du pluralisme ou de l’unité des syndicats, de l’intégration des syndicats dans la société industrielle contemporaine, de l’opposition réelle ou prétendue entre conseils ouvriers et syndicats.

En appeler là-dessus à Lénine qui ne fut jamais ni syndiqué ni syndicaliste, se justifie pourtant, et doublement: en cette année 1970, on célèbre le centenaire de celui dont le nom, la parole et l’action sont liés à la plus grande révolution du 20° siècle. Ensuite, sa doctrine sur ce point, bien qu’ayant connu les fluctuations que savait s’imposer cet « opportuniste » révolutionnaire, n’en a pas moins gardé un trait dominant. Cette doctrine, devenue pour ses successeurs parole d’évangile, a profondément influencé le mouvement syndical international et dirige la pratique, dans les syndicats, de ceux qu’on appelle encore « les communistes », bien que le fossé soit devenu énorme entre le mot et ce qu’il avait toujours signifié, jusqu’à Lénine y compris.

La position syndicale de Lénine dépendait cependant, et ne pouvait pas ne pas dépendre, de la situation politique et sociale de la Russie, avant 1917 et après 1917. Cette brochure nous le démontrera encore. Nous retrouvons ici la vieille discussion sur ce qu’il y a de spécifiquement russe dans le léninisme (cette part dont l’extension dogmatique s’est révélée finalement contre-révolutionnaire) et ce qu’il y a d’universel.

Dans les premières années de ce siècle, la question syndicale ne pouvait se poser en Russie comme elle se posait déjà dans les pays industriels avancés (…)

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Une Réponse to “Lénine et le mouvement syndical (Salomon Schwarz)”

  1. Neues aus den Archiven der radikalen (und nicht so radikalen) Linken « Entdinglichung Says:

    […] soviétique (1918) * David Rjazanow: La confession de Karl Marx (19??, Auszug) * Salomon Schwarz: Lénine et le mouvement syndical (1935, Auszug) * Henry Jacoby: Avant-propos à ‘Révolution et socialisme’ de Rühle (1970) * […]

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