Venezuela : révolution ou spectacle ?

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Livre à paraître le 1er mars prochain, en français chez Spartacus et en anglais chez See Sharp Press.

Malgré les déconvenues qu’il a causées depuis un siècle, et malgré les crimes qui ont été commis en son nom, le socialisme continue à susciter l’espoir d’une vie meilleure, dans une société libre et égalitaire. Aussi, quand dans un pays riche en pétrole comme l’est le Venezuela, un gouvernement, fort de victoires électorales successives, annonce qu’il s’engage sur le chemin du socialisme, d’un socialisme nouveau, il s’attire à travers le monde le soutien enthousiaste d’une partie de la gauche.

Mais un discours véhément contre l’Empire états-unien, la haine que lui témoignent certains de ses adversaires, des ventes de pétrole à bon marché à des régimes amis, des expropriations d’entreprises locales ou étrangères suffisent-ils pour justifier cet enthousiasme ?

Rafael Uzcátegui, militant libertaire vénézuélien, contributeur de longue date à El Libertario, le périodique anarchiste de Caracas, et responsable du service d’enquête de PROVEA, une organisation vénézuélienne de défense des droits de l’homme, ne le pense pas. Au sujet de ce que ses dirigeants appellent le « processus bolivarien », il nous dit : « Deux interprétations grossières de ce processus se font concurrence sur la scène mondiale : d’un côté, on affirme que le gouvernement de Caracas a engagé une série de transformations radicales qui déboucheront sur le « socialisme du XXIe siècle », une trajectoire qui s’oppose aux politiques et aux valeurs de l’impérialisme capitaliste ; de l’autre, au contraire, on assure que le président Chávez est un dictateur qui instaure par la force le communisme au Venezuela.
Toutes deux, comme nous essaierons de le démontrer, sont fausses. »

Dans ce livre, sous une forme ramassée, on trouvera bien des éléments – sur la vie quotidienne, sur les relations entre le gouvernement et les organisations et mouvements sociaux – permettant de replacer les politiques menées par le régime vénézuélien dans leur double contexte, celui de l’histoire du Venezuela et celui de la mondialisation économique contemporaine. On y trouvera aussi à coup sûr des éclairages sur les conditions d’une transformation sociale radicale dans notre propre pays.

Préface d’Octavio Alberola

Sommaire : Très bref aperçu du Venezuela avec carte – Préface d’Octavio Alberola – Introduction – Première partie : La vie quotidienne au Venezuela bolivarien – Deuxième partie : « L’excrément du diable » – Troisième partie : La politique bolivarienne – Conclusion – Postface.

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7 Réponses to “Venezuela : révolution ou spectacle ?”

  1. Tweets that mention Venezuela : révolution ou spectacle ? « La Bataille socialiste -- Topsy.com Says:

    […] This post was mentioned on Twitter by Mark Manning, Bataille socialiste. Bataille socialiste said: Venezuela : révolution ou spectacle ?: Livre à paraître le 1er mars prochain, en français chez Spartacus et en a… http://bit.ly/htzxuo […]

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  2. arcfir Says:

    A ceux qui se feraient encore des illusions sur Chavez :

    http://opinion.eluniversal.com/2011/02/26/chavez-manifesto-su-apoyo-al-gobierno-de-gadafi.shtml

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  3. 21st Century Chavism « La Bataille socialiste Says:

    […] Century Chavism Par lucien Note de lecture de l’édition anglaise du livre de Rafael Uzcátegui à paraître dans le Socialist standard de juin 2011. Nous rappelons que […]

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  4. lucien Says:

    Jean-Michel Kay : Rafael Uzcategui, militant libertaire venezuelien, a voulu écrire ce livre parce qu’il s’est rendu compte qu’au fil des années s’était constitué dans la gauche internationale un courant qui défend le régime de Chavez, en le présentant comme la voie du socialisme du XXIe siècle. Mais pour la population qui vit au Venezuela, c’est un autre écho. Et il nous a semblé important, à Spartacus, de faire paraître ce livre, même si habituellement nous publions plutôt des ouvrages historiques. Il faut rappeler que les éditions Spartacus, fondées dans les années 1930 par René Lefeuvre, ont dénoncé le stalinisme qui à l’époque était présenté comme l’avenir radieux. Aujourd’hui, une partie de la gauche française soutient que ce qui se fait au Venezuela est un modèle. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons décidé de publier l’ouvrage de Rafael Uzcategui.

    Le pétrole…

    Jean-Michel Kay : C’est le premier pays exportateur de pétrole, qui a été découvert au XIXe siècle. Il servait alors essentiellement à faire la cuisine. À partir des années 1920, l’exploitation a été industrialisée sans qu’elle profite vraiment à la population d’ailleurs. Mais les paysans pauvres ont immigré vers les villes où la vie était moins difficile grâce aux revenus du pétrole. En 1960, après l’indépendance, le pays est à l’initiative de la création de l’OPEP et au moment du choc pétrolier, dans les années 1970, le Venezuela est dans une situation bien différente de celles des autres pays d’Amérique latine où règnent des dictatures militaires. Le pays est dans une expansion de type socio-démocrate et la paix sociale est achetée par les revenus de l’exportation du pétrole. On construit des écoles, des logements sociaux, on met en place un système de santé, tout cela avec une compagnie pétrolière nationale. Mais ce régime n’a pas tenu avec l’effondrement du cours du pétrole.

    À la fin des années 1990, les élites des anciens partis politiques sont déconsidérées et ce lieutenant colonel, Chavez, est présenté aux élections présidentielles. Et là, on retrouve autour de Chavez, les partis de gauche venezueliens, notamment le parti communiste, des marxistes, des anciens des guerillas des années 1960. Il est élu président de la république, le discours étant « Il faut redonner la souveraineté au peuple ». Mais il n’y avait pas de base populaire ni de mouvements sociaux constitués qui appuyait ce mouvement qui était uniquement électoral. C’est pourquoi, il y a eu toute une démarche de constitutionalisation canalisant l’enthousiasme populaire et un discours nourri par les théories de la gauche marxisante, la lutte de classes, l’anti impérialisme…

    Mais pour revenir au titre de Rafael Uzcategui, Venezuela : Révolution ou spectacle ?, depuis douze ans, on ne peut pas dire qu’il y a eu une révolution au Venezuela.

    Aujourd’hui ?

    Charles Reeve : Il y a trois ans, je suis allé au Venezuela où j’ai rencontré Rafael. Cela a du changer depuis, mais ce que l’on peut dire c’est que l’État est revenu à un type d’interventionnisme social, par définition qui vient du haut vers le bas. Cette montée au pouvoir des chavistes n’est pas le résultat n’est pas le résultat d’un mouvement social comme cela a été le cas en Bolivie, mais c’est le résultat d’une restructuration de la classe politique étatique autour de Chavez qui est un homme des militaires. Il y a cependant une chose importante, ce sont les émeutes de 1989 avec le recours au FMI et un programme d’austérité. C’est toujours la même chose, on est en plein dedans. Et là-dessus le gouvernement social-démocrate, avec à sa tête Carlos Andrés Pérez, ami de Mitterrand, met en place une augmentation des prix et notamment des transports. Ce sont les émeutes de Caracas, pendant plusieurs jours, réprimées par l’armée à laquelle appartenait Chavez et qui a fait un millier de morts. Deux ou trois ans après, Chavez fait deux tentatives de prises de pouvoir qui ont échoué. Et c’est à la suite de cela qu’il est élu en 1998.

    Aujourd’hui, il y a à la fois l’écroulement du vieux système d’aide sociale et l’apparition du nouveaux gérés par les associations chavistes. Mais la dégradation vient de l’inflation, qui est l’une des plus hautes, et même de la dégradation du système chaviste. Car le pays est extrêmement endetté auprès de banques internationales et de puissances comme la Chine. Le gouvernement vend actuellement son sous-sol aux Chinois en échange de prêts. Toute une détérioration de la situation se fait actuellement.

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  5. lucien Says:

    Samedi 18 juin, rencontre à 16 h 30 autour du livre Venezuela : révolution ou spectacle ? (Spartacus), de Rafael Uzcátegui, critique anarchiste du gouvernement bolivarien. A la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris (M° Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire).

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  6. lucien Says:

    Étonnant: une critique plutôt favorable du livre de Rafael Uzcategui dans l’Huma d’hier !

    http://www.humanite.fr/tribunes/avancees-et-limites-du-processus-bolivarien-479872

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