L’Internationale de l’Enseignement (Bouët, 1922)

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Article de Louis Bouët paru dans l’Humanité du 29 juin 1922.

L’idée d’une Internationale de l’Enseignement fut exprimée par Marthe Bigot, dès 1919, au Congrès de Tours de la Fédération des syndicats d’institutrices et d’instituteurs elle se faisait jour, à peu près à la même époque, en Italie et en Allemagne mais elle ne prit corps que l’année suivante, au Congrès Fédéral de Bordeaux, où la militante Abigaille Zanetta apporta l’adhésion et les suggestions du syndicat italien.

L’Internationale de l’Enseignement réunit les groupes nationaux d’éducateurs ou, à défaut, les éducateurs isolés qui acceptent les principes suivants:

Lutte de classes pour l’émancipation des travailleurs

Lutte contre l’esprit de haine et de guerre

Création d’une école rationnelle.

Ainsi l’Internationale de l’Enseignement veut contribuer à l’édification d’une société meilleure et travailler, au sein du monde ouvrier, à l’élaboration de l’avenir.

« Elle se propose de créer des relations actives entre les éducateurs des différentes nations par des échanges de correspondance, des voyages d’études, des congrès, des échanges d’enfants pendant les vacances, la pratique de la langue internationale, et, dès que possible, par l’édition d’un bulletin international et celle d’ouvrages de littérature pédagogique et de littérature enfantine ». Elle unira, par-dessus les frontières, les instituteurs et professeurs émancipés du monde et les aidera principalement à « dégager de l’incohérence des procédés de l’école de classe actuelle une méthode rationnelle et humaine d’éducation ».

Les débuts de l’I.E. ont été difficiles. On a déjà de la peine à grouper les universitaires d’un même pays. Mais elle se développe peu à peu; l’élan paraît enfin donné.

A ce jour, l’I.E., dont le bureau provisoire est en France, comprend les organisation suivantes :

Allemagne: Freie Lehrergewerkschaft.

Espagne: Associacion générale de Maestros.

France: Fédération des syndicats de l’Enseignement.

Hollande: Union des instituteurs communistes hollandais.

Italie: Sindacato Magistrale Italiano.

Luxembourg: Syndicat des instituteurs.

On peut espérer qu’en son congrès de septembre prochain, la Centrale du personnel enseignant socialiste de Belgique votera son adhésion. L’I.E. s’efforce de se mettre en relations constantes avec les syndicats de Bulgarie et de Russie. Est-il nécessaire d’ajouter que la jonction avec le « Syndicat des travailleurs de l’enseignement et de la Culture socialiste » de la Russie des Soviets nous tient particulièrement à cœur ?

Un groupe assez important d’instituteurs et de professeurs hongrois réfugiés à Vienne (Autriche) à cause des persécutions atroces du régime Horthy, adhérait à l’I. E.; il est actuellement obligé de se disperser, les conditions de la vie étant trop dures dans la malheureuse Autriche; mais chacun des membres sera adhérent isolé et propagandiste convaincu.

En Autriche, en Roumanie, en Tchécoslovaquie, en Finlande, en Suède, et jusqu’au Japon, l’I.E. possède des adhérents isolés qu’elle aide, dans la mesure de ses moyens, à mener le bon combat et à fonder des groupes. Des syndicats sont en formation dans la Roumanie et en Tchécoslovaquie.

Le premier Congrès de l’I. E. se tiendra cette année au mois d’août; le lieu et la date exacte seront fixés par un referendum actuellement en cours. Il réunira des militants qui pourront parler au nom des fédérations qu’ils représenteront, car dans chaque groupement national on discute dès maintenant les questions inscrites à l’ordre du jour : action internationale pour l’amélioration de la situation du personnel enseignant, pour la rénovation de l’enseignement historique, trop souvent conçu comme un instrument de domination par la classe capitaliste, pour la lutte contre l’éducation de haine qu’on donne actuellement dans la plupart des écoles.

Le monde ouvrier tout entier, écrit le camarade Boutreux, secrétaire du Bureau international, qui a bien voulu me documenter sur l’I.E., doit s’intéresser à cette action hardie et neuve, qui contient en germe la régénération de toute l’éducation de nos enfants, éducation actuellement néfaste, dirigée par la classe au pouvoir dans un sens absolument opposé aux intérêts et à l’idéal du prolétariat mondial, mais qui sera demain la source féconde d’où sortiront des générations d’hommes libres.

Je ne saurais donner de meilleure conclusion à cet article.

Louis Bouët.

N.-B. Adresser toutes communications concernant l’I. E. au secrétaire général provisoire:

L. BOUTREUX. au Fief-Sauvin par Beaupréau (Maine-et-Loire). (Correspondance en ido et langues nationales)

ou au secrétaire-adjoint:

M. BOUBOU, 96, rue Saint-Marceau, Orléans (Loiret). (Correspondance en espéranto).

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Une Réponse to “L’Internationale de l’Enseignement (Bouët, 1922)”

  1. Le Congrès et le travail de la Fédération unitaire de l’enseignement (Dommanget, 1926) « La Bataille socialiste Says:

    […] notre fédération qui à tenu l’Internationale des travailleurs de l’Enseignement sur les fonts baptismaux, c’est elle qui en a guidé les premiers pas, c’est un de ses […]

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