Être femme et rester mère (Kollontaï, 1922)

by

Article paru dans Clarté N°32 du 1er mars 1923, le chapeau indiquant qu’il date de plusieurs mois.

Dans ses recherches pour établir de nouvelles formes de l’économie publique et privée, la République des Soviets devait commettre inévitablement nombre d’erreurs qui l’obligèrent fréquemment à modifier sa ligne de conduite. Mais dans le domaine de l’éducation sociale et de la protection de la maternité, la République prolétarienne s’est engagée d’emblée dans la bonne voie. Et c’est précisément dans le domaine des mœurs et des idées que s’opère, à l’heure actuelle, la plus vaste et la plus profonde révolution. Insolubles dans la société bourgeoise, les problèmes de ce genre trouvent une solution simple et naturelle sous un régime où la propriété privée est abolie et où toute la politique est inspirée par le désir de favoriser l’essor de l’économie nationale.

Institut pour la protection de la maternité et de l'enfance

Le rôle social de la femme

La Russie des Soviets a abordé la question de la protection de la maternité en s’inspirant de l’idée que la tâche primordiale de la République ouvrière, c’était de développer les forces productrices du pays, de relever et d’accroître sa production. L’accomplissement de cette œuvre exigeait en premier lieu qu’on pût libérer de tout travail improductif le plus de main-d’œuvre possible, et assurer, en second lieu, à la République ouvrière un inépuisable appoint de nouvelles forces ouvrières.

Dès qu’on se place à ce point de vue, la question de l’affranchissement de la femme du fardeau de la maternité se solutionne d’elle-même. L’Etat prolétarien proclame un principe entièrement nouveau: que les soins à donner aux enfants ne sont pas une tâche familiale, mais une tâche sociale, gouvernementale même. La maternité doit être protégée non seulement dans l’intérêt de la femme, mais aussi dans l’intérêt des problèmes d’économie nationale qui se posent dans la période de transition qui conduit au régime prolétarien. Il faut épargner les forces que la femme consacre à d’infimes travaux, pour les utiliser plus rationnellement dans l’intérêt de la collectivité. De même, la santé de la femme doit être protégée pour assurer à la République ouvrière de robustes générations de travailleurs.

Dans l’Etat bourgeois, le problème de la maternité ne peut pas être posé de la sorte. Les antagonismes de classe, le manque d’unité entre les intérêts des économies domestiques individuelles et ceux de l’économie nationale, s’y opposent. Dans la république prolétarienne, par contre, où l’économie domestique individuelle se fond dans l’économie nationale et où les classes se nivellent, et disparaissent, une semblable solution de la question de la maternité est dictée impérieusement par les nécessités de la vie même. La République prolétarienne voit, avant tout, dans la femme une force ouvrière, une unité de travail vivant; elle considère les fonctions de la maternité comme une tâche évidemment très importante, mais complémentaire, non plus familiale, mais sociale.

« Notre politique de protection de la maternité et de l’enfance, comme le dit fort justement la camarade Lebedeff, est inspirée par le fait que nous avons toujours en vue la femme dans le processus de travail ».

Or, pour donner la possibilité à la femme de prendre part à la production, sans toutefois faire violence à sa nature et sans la détacher de la maternité, une deuxième mesure s’imposait: la délivrer de tous les soucis inhérents à la maternité, en charger la collectivité et reconnaître, ce faisant, que l’éducation des enfants sort des cadres de la famille et devient un devoir social à la charge exclusive de l’Etat.

Désormais, la maternité est envisagée sous un angle nouveau: le gouvernement des Soviets la considère comme une obligation sociale. Partant de ce principe, il a élaboré toute une série de mesures destinées à soulager la femme du fardeau de la maternité, pour le mettre à la charge de l’Etat. C’est ainsi que par l’organe de l’Office de la protection de la Maternité et de l’Enfance et du Commissariat de l’Instruction publique, le gouvernement des Soviets se charge des soins de la maternité, du secours matériel à donner aux enfants, et de l’organisation régulière de leur éducation sociale.

« Délivrer la femme du fardeau de la maternité pour ne lui en laisser que les joies », tel est le principe dont s’inspire le gouvernement des Soviets pour solutionner le problème de la maternité. Il va de soi que ce principe est encore loin d’être réalisé. En réalité, nous restons fort en-deçà de nos intentions. Dans l’édification des nouvelles formes de vie pour la femme affranchie des charges familiales, nous nous heurtons toujours aux mêmes obstacles: notre pauvreté, notre faiblesse économique. Mais les fondements sont jetés; les jalons sont posés tout le long de la route qui mène vers l’avenir; il ne reste plus qu’à la suivre résolument.

La République prolétarienne ne se borne pas à assurer une aide pécuniaire à la mère, elle s’efforce surtout de transformer les conditions de vie pour donner à la femme la possibilité de combiner les travaux du dehors et ses fonctions de mère. En même temps, elle protège l’enfant en l’entourant de tous les soins nécessaires pour faire de lui un digne artisan de la République ouvrière.

L’art d’être mère

Mais il est évident que la tâche essentielle des Soviets sera de délivrer la travailleuse des soins physiques qu’elle doit donner à l’enfant. La maternité ne consiste aucunement pour la mère à changer elle-même les langes de l’enfant, à le laver, à être rivée à son berceau. Le devoir social de la mère est, avant tout, de donner naissance à des enfants sains et viables. A cet effet, l’Etat prolétarien doit placer la femme enceinte dans les meilleures conditions possibles. De son côté, la femme doit observer tous les soins hygiéniques qui lui sont prescrits au moment de sa grossesse en se souvenant qu’à ce moment, elle cesse de s’appartenir, qu’elle est au service de la collectivité, qu’elle « fabrique » avec sa chair et son sang une nouvelle unité de travail, un nouveau membre de la République prolétarienne. Le deuxième devoir de la mère est de nourrir elle-même son enfant. Ce n’est qu’après avoir nourri l’enfant de son propre lait que la mère, membre de la collectivité ouvrière, a le droit de dire que son devoir social envers son enfant est rempli. Quant aux autres soins, la collectivité peut s’en charger. L’instinct de la maternité est très fort et il est évident que l’on ne doit pas chercher à l’étouffer. Mais pourquoi limiter cet instinct de la femme à n’aimer et à ne se soucier que de son enfant ? Pourquoi ne pas donner à cet instinct si précieux pour l’humanité laborieuse, la possibilité de s’épanouir et d’atteindre son maximum de grandeur en accordant à tous ces frêles petits êtres, sans distinction de mères, les soins et les chaudes caresses maternelles ?

La devise des ouvrières de la République prolétarienne: « Sois la mère non seulement de ton enfant, mais de tous les enfants ouvriers et paysans », doit amener les travailleuses à envisager la maternité à la lumière de ce nouveau principe. Est-il admissible, par exemple, qu’une mère, à plus forte raison une mère communiste, puisse refuser son sein à un enfant étranger s’étiolant faute de lait, sous prétexte que ce n’est pas le sien ? L’humanité future, après s’être assimilé les sentiments et les principes communistes, s’étonnera de cet acte égoïste et anti-social comme nous nous étonnons aujourd’hui qu’une sauvage, pleine d’amour pour son enfant, a mangé gaiement l’enfant d’une femme étrangère à sa tribu.

De même est-il admissible qu’une mère refuse de nourrir son enfant pour s’épargner les soins qu’il exige ? Et pourtant il est incontestable que le nombre des enfants abandonnés s’accroît en Russie avec une intolérable rapidité. Ce symptôme tient, évidemment, à ce que le problème de la maternité n’a pas encore reçu, chez nous, sa complète solution. Dans cette pénible période de transition, des centaines de milliers de femmes sont courbées sous un double joug: les travaux du dehors et les soins de la maternité. Nous n’avons pas assez de crèches, pas assez de maisons de maternité: les secours pécuniers ne parviennent pas à rattraper la hausse des prix. Et c’est pourquoi l’ouvrière et l’employée de bureau redoutent le fardeau de la maternité et que les mères se voient contraintes d’abandonner leurs enfants à l’Etat. Mais cet accroissement du nombre des enfants abandonnés est aussi la preuve que les femmes de la République prolétarienne ne sont pas [n’ont pas ? ] assez suffisamment assimilé le sentiment du devoir et qu’elles n’ont pas encore assez compris que la maternité n’est pas une affaire privée, mais une obligation sociale.

Les véritables devoirs de la mère vis-à-vis de son enfant

Nous avons déjà indiqué qu’il n’est nullement nécessaire que la mère garde constamment son enfant auprès d’elle, pour se consacrer à son éducation physique et morale. Une exacte compréhension des devoirs de la mère envers son enfant consiste à placer celui-ci dans les conditions les plus favorables à une croissance saine et normale. Toute mère consciente de la grandeur de sa tâche, se rend compte que l’éducation sociale fait plus pour le développement de son enfant que ne pourrait le faire tout son amour.

Quelle est, en régime bourgeois, la classe dont les enfants sont les mieux portant ? Il est évident que ce sont ceux de la classe privilégiée et nullement de la classe pauvre. La raison ? me direz-vous. Vous croyez peut-être que les mères bourgeoises se consacrent entièrement à l’éducation de leurs enfants ? Rien de semblable. Les mamans bourgeoises confient volontiers leurs enfants aux bons soins des nourrices ou des gouvernantes. Ce n’est que dans les familles déshéritées que les mères supportent la lourde charge de la maternité, et c’est alors que, le plus souvent, les enfants sont abandonnés à tous les hasards et à l’éducation de la rue. Dans la classe ouvrière, et de façon générale dans les couches pauvres de la population des pays bourgeois, les enfants vivent auprès des mères et la mort prélève sur eux un lourd tribut.

Dans les couches privilégiées de la société bourgeoise où une plus grande importance est donnée à l’éducation des enfants – éducation bourgeoise bien entendu – les parents confient leurs enfants aux mains expertes de nourrices, de médecins et de professeurs d’hygiène. Des personnes rétribuées se chargent de se substituer à la mère pour donner à l’enfant les soins et l’éducation nécessaires. Dès lors, les mères n’ont plus qu’une obligation naturelle et intransmissible: donner naissance à l’enfant.

Les enfants doivent être élevés collectivement

La République ouvrière n’arrache nullement l’enfant à la mère, comme ont voulu le faire croire les journaux des pays bourgeois en décrivant les « horreurs » du « régime bolchevique ». Elle s’efforce, au contraire, de créer des institutions susceptibles de donner à toutes les mères sans distinctions, la possibilité d’éduquer leurs enfants dans des conditions saines, normales et heureuses. Plutôt que de voir la mère abandonner son enfant à la première nourrice venue, la République ouvrière veut que chaque mère ouvrière ou paysanne puisse vaquer d’un cœur tranquille à ses occupations en sachant son enfant en sûreté à la crèche, à l’asile ou à la maison de l’Enfance.

Dans la vivifiante atmosphère de ces établissements d’éducation sociale, les enfants au-dessous de 16 ans reçoivent, sous la surveillance d’instituteurs et de médecins et sous le contrôle des mères (dans les crèches, les mères sont soumises à un tour de garde obligatoire) une éducation morale et physique digne de former l’homme nouveau. Dans l’ambiance des maisons de l’Enfance, des asiles, des écoles, nos petits bonhommes s’imprègnent des sentiments et des mœurs qui doivent animer les futurs artisans du communisme. L’homme qui aura été élevé dans les écoles de la République prolétarienne sera infiniment mieux adapté aux conditions de la communauté ouvrière que l’homme qui aura grandi dans l’étroite atmosphère des coutumes égoïstes de la famille.

Prenez nos petits gars qui, dans les premières années de la révolution, ont eu la chance d’entrer dans nos asiles et dans nos maisons d’enfance. Ils ne ressemblent nullement à ces enfants élevés et choyés par des mamans individualistes. L’esprit collectiviste est en eux enraciné et leurs pensées sont toujours empreintes du souci de la communauté. Laissez-moi vous citer un exemple de ce qui se passe dans une maison d’enfance ? Une fillette nouvellement arrivée refuse de faire ce que fait le groupe dont elle fait partie. Aussitôt, notre groupe de l’entourer pour la persuader. Est-il possible de refuser d’aller en promenade quand tout notre « groupe » y va ? Peut-on ne pas nettoyer le local, alors que c’est le tour de notre « groupe » ? Peut-on faire du bruit quand notre « groupe » travaille ? Loin de se développer, le sentiment de la propriété s’éteint chez ces enfants. « Le mien et le tien n’existent pas chez nous ». « ce qui est à l’un est à l’autre », déclare sentencieusement un petit bonhomme de quatre ans. Par contre, le respect de tout ce qui appartient au « groupe » est la règle intangible de la vie de ces petits gars. Et si, parfois, il s’en trouve un pour détériorer ce qui appartient à « tous », il s’attire aussitôt des représailles collectives.

Kollontaï avec des enfants à Kiev (1919)

Le régime des filles-mères

Mais retournons à nos mères. En vue de protéger la femme en tant que mère, la République prolétarienne a organisé, partout où le besoin s’en faisait sentir, des maisons de la maternité. En 1921, on comptait en Russie 135 maisons de ce genre. Celles-ci offrent un asile à la fille-mère dans la période la plus difficile de sa vie et permettent aux femmes mariées, dans les derniers mois de la grosses et dans les premiers mois de la naissance de l’enfant, de s’isoler du ménage et de tous les soins qu’il nécessite pour rétablir complètement leur santé et pour veiller sur leur enfant dans la période critique des premiers jours de celui-ci. Par la suite, la présence de la mère n’est déjà plus si importante. Mais, au cours des premières semaines qui suivent la naissance, une sorte de lien physiologique semble exister entre la mère et l’enfant, qui rend indispensable la présence de la mère auprès du nourrisson.

Le malheur est que les ressources de la Russie, notre pauvreté, notre désorganisation nous empêchent de multiplier les 135 maisons de la maternité sur tout le territoire de la Russie. C’est ainsi que dans les campagnes nous ne disposons pas de maisons de ce genre et que, jusqu’à présent, notre aide aux paysannes-mères est demeurée très faible. Tout ce que l’on a pu faire pour elles a été d’organiser des crèches pour la durée de l’été. Cela permet aux paysannes-mères de vaquer aux travaux des champs sans préjudice pour l’enfant.

Au cours de l’année 1921, 689 crèches de ce genre ont été organisées et 32.180 enfants y ont été hébergés.

A l’usage des ouvrières-mères, des crèches ont été organisées dans les usines, dans les institutions gouvernementales et dans les quartiers ouvriers des villes. Et point n’est besoin de souligner le soulagement qu’elles apportent à la femme laborieuse.

Outre les crèches, existent les maisons de l’enfance où orphelins et enfants abandonnés sont élevés jusqu’à l’âge de trois ans.

De plus, les mères peuvent envoyer leurs enfants aux institutions suivantes: les jardins d’enfants, pour les enfants de trois à sept ans; les foyers d’enfants, pour les enfants des écoles; les clubs d’enfants, les communes d’enfants et les colonies de travail enfantines. Au nombre des établissements d’éducation sociale, dont le but est de soulager les parents des soins à donner à l’enfant pour en charger l’État, il faut compter également les cantines gratuites à l’usage des écoliers et autres enfants dont l’initiative appartient à la camarade Vera Boncht Bruevitch, morte depuis à son poste de combat. Comme vous le savez, ces cantines nous ont été tout particulièrement précieuses au cours des pénibles années d’âpre guerre civile et nombreux sont les enfants d’ouvriers qui ont été sauvés par elles de l’épuisement et de la mort. Là ne s’arrêtent pas les soucis de l’État pour l’enfant. Il lui assure encore gratuitement du lait, fournit des vêtements et des chaussures aux plus nécessiteux et accorde aux enfants en bas âge un supplément de denrées alimentaires.

Vera Mikhailovna Velichkina ép. Bonch-Bruevich (1868-1918)

Mais ce n’est là qu’une partie de la tâche que s’est assignée la République prolétarienne. Elle vise encore à créer pour la femme des conditions d’existence individuelle telles, qu’elle n’aura plus besoin de se cramponner à un mari souvent désagréable pour la seule raison qu’elle ne sait où aller, elle et ses enfants. Ainsi, la fille-mère n’aura plus à craindre de succomber, faute d’un asile où reposer sa tête.

Ce n’est ni par philantropie, ni par avilissante bienfaisance que les ouvriers et les paysans cherchent à soulager la femme du fardeau de la maternité, mais parce qu’elle est leur compagnon de travail dans l’organisation de la société nouvelle. Supportant au même titre que l’homme les durs travaux du relèvement économique du pays, participant à la guerre civile, la femme, aux heures les plus difficiles de sa vie, quand elle dote la société d’un nouveau membre, est en droit d’exiger de la République prolétarienne que la collectivité se soucie de celui qui sera plus tard un citoyen.

A l’heure actuelle, les Services de l’éducation sociale et de la protection de la maternité disposent, en Russie, de 524 établissements et, malgré tout, cela ne suffit pas. La période de dictature met la femme dans des conditions particulièrement pénible: les vieilles formes de vie sont bouleversées, les nouvelles ne sont qu’en voie de formation.

L’avortement légal

Il ne me reste plus qu’à dire quelques mots d’une question étroitement liée au problème de la maternité: je veux parler de l’attitude de la Russie des Soviets vis-à-vis de l’avortement. Par la loi du 20 novembre 1920, la République prolétarienne a reconnu la légalité de l’avortement. Quelles sont les raisons qui ont motivé cette attitude ? Nous savons que la Russie ne souffre pas de ce que sa main-d’œuvre reste inemployée, mais plutôt de ce que celle-ci lui fait défaut. La Russie est un pays relativement peu peuplé. La main-d’œuvre y est rigoureusement comptée. Dès ors, comment se fait-il que l’avortement soit légal ?

Le prolétariat, dans sa politique, méprise l’hypocrisie. L’avortement, qui est un fait intimement lié au problème de la maternité, découle de la situation précaire de la femme (nous ne parlerons pas de la classe bourgeoise où l’avortement est motivé par d’autres raisons, notamment par le désir d’éviter le « démembrement de l’héritage », par la crainte pour les femmes menant une vie de luxe de supporter les douleurs de l’enfantement, de s’enlaidir et de perdre quelques mois de leur jeunesse).

L’avortement existe et fleurit dans tous les pays sans qu’aucune loi ou autres mesures pénales ne puissent le faire disparaître. On y trouve toujours moyen de contourner la loi. Or, les avortements clandestins altèrent la santé de la femme, en font pour longtemps ne charge pour l’État prolétarien et diminuent la quantité de main-d’œuvre. L’avortement effectué dans des conditions chirurgicales normales est infiniment moins nuisible et dangereux. La femme peut presque aussitôt après se remettre au travail. Le gouvernement des Soviets – comprenant que l’avortement ne cessera que le jour où la Russie possèdera un vaste réseau d’établissements d’éducation sociale et de protection de la maternité et surtout lorsque la femme se pénétrera de cette idée que donner naissance à un enfant, c’est accomplir un devoir social, – autorise ouvertement l’avortement.

La tâche de la Russie prolétarienne est de donner un large développement à l’œuvre de protection de la maternité, de fortifier dans la femme le robuste instinct de la maternité, de faire en sorte que la mère puisse combiner ses fonctions de mère avec son travail pour la collectivité. C’est de cette manière que la République prolétarienne a abordé la solution de ce problème qui se pose encore dans toute son ampleur devant les femmes des pays bourgeois.

Dans les pays bourgeois, la femme gémit sous un double joug: les travaux du dehors et les fonctions de la maternité et cela dans les pénibles conditions économiques, engendrées par la ruine universelle. Dans la Russie laborieuse, l’ouvrière et la paysanne, en aidant le parti communiste à poser les nouvelles bases de l’économie, sapent les vieilles conditions d’existence qui asservissaient la femme.

Dès que la femme deviendra, du point de vue de l’économie nationale, une unité de travail indispensable, on ara trouvé la clé des questions complexes et embrouillées de son existence. Dans la société bourgeoise, où la vie de famille complète le système d’économie capitaliste, où la propriété crée la stabilité des étroites formes familiales, il n’est aucune issue pour la femme qui travaille.

L’affranchissement des femmes ne s’accomplira qu’avec la transformation radicale des conditions de vie. Les conditions d’existence elles-mêmes ne se transformeront qu’avec la complète organisation de la production sur les nouvelles bases de l’économie communiste.

Sous nos yeux, la révolution des conditions d’existence est en train de s’opérer et avec elle, l’affranchissement effectif de la femme devient une réalité.

Publicités

%d blogueurs aiment cette page :