La lutte des chômeurs d’Arras en 1998-1999

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Un camarade nous a transmis une brochure (*) sur la lutte des chômeurs d’Arras en 1998-99. En décembre 1997 eut lieu un mouvement national d’occupation des Assedic (revendication : prime de Noël). Celle d’Arras est occupée jusqu’au 10 janvier 1998 mais la lutte continue après l’évacuation par la police et Arras devient un des deux « pôles de référence » avec Marseille.

« Dans l’immédiat , après l’ASSEDIC, pour nous la lutte a été d’abord d’empêcher la dispersion de la force produite pendant l’occupation. Tout simplement il fallait un lieu à nous ». Ils obtiennent de la mairie une grande maison rue Méaulens qui devient la « Nouvelle Commune », centre de leur lutte. Les manifestations se multiplient par dizaines (entre 50 et 500 manifestants), un tiers environ des 7000 chômeurs de l’agglomération seront touchés par leurs initiatives. La revendication est claire : augmentation générale des minima sociaux, avec un manifeste-pétition. Une campagne est organisée contre la gestion centralisée des Fonds d’urgence sociale par la préfecture, qui a des barèmes d’attribution opaques et multiplie les refus de dossiers. Cette campagne a un résultat inattendu:le conseil général retire les deux millions de francs qu’il attribuait à ce Fonds au profit de ses aides propres. Des dossiers de demande de compléments sociaux d’urgences, remplis à la Nouvelle Commune, sont déposés auprès du Conseil général, avec des résultats concrets (2500 francs d’aide exceptionnelle par dossier). On lit qu’il fallait « habituer » les chômeurs à manifester pour une augmentation des minima, « mettre sous forme de lutte la demande d’aide ». Les dossiers furent cependant plus nombreux que le nombre de manifestants… N’ayant pas participé nous-mêmes à ces deux années de lutte à Arras, nous ne pouvons que nous en remettre à la brochure, qui compile coupures de presse, articles d’analyses (avec un vrai effort de théorisation), témoignages courts mais émouvants des formulaires, courriers aux responsables institutionnels, photos, etc., sans toutefois éclairer notre lanterne sur la fin dudit mouvement de lutte. On apprend toujours, aussi, d’une lutte sur comment elle s’est terminée. Après ce qui semble être un moment fort de la mobilisation le 23 décembre 1998, la ville étant « entièrement envahie » de forces de l’ordre, le mouvement semble décroître et ses animateurs sont en février-mars 2000 absorbés par un autre conflit : l’occupation des Nouvelles Galeries d’Arras contre leur fermeture. Si les premiers objectifs ont été atteints, celui noté à l’été 1998 d’ «  envisager la relance de la lutte (…) dans le cadre de la construction de parcours unitaires (…) entre chômeurs, précaires et salariés  » avec «  liaison entre minima sociaux et minima salariaux  » a probablement été hors d’atteinte pour un Mouvement de lutte dont on ne nous dit pas grand chose sur le plan organisationnel.

 Il est important que les militants construisent des monographies de leurs luttes et les fassent partager. Ce travail du Mouvement de lutte des chômeurs d’Arras en est un exemple intéressant. Nous proposons de numériser cette brochure après corrections pour la faire davantage connaître si les camarades d’Arras sont d’accord.

S.J.

 

(*) Nouvelle Commune, histoire d’une lutte. Mouvement de Lutte des Chômeurs d’Arras et d’Ailleurs. 74 pages, hors commerce.

Évacuation des ASSEDIC, 10 janvier 1998

1er mai 1998

Manifester contre la « mort sociale »


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2 Réponses to “La lutte des chômeurs d’Arras en 1998-1999”

  1. The Weekly Archive Worker: The Workers’ council. An organ for the Third International « Entdinglichung Says:

    […] Hinweise auf Articles du Socialist standard des années 40 sowie auf die Broschüre Nouvelle Commune, histoire d’une lutte. Mouvement de Lutte des Chômeurs d’Arras et d’Ailleurs […]

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  2. Mohend-jean Guenouche Says:

    bonjour les camarades d’Arras sont en accord .Il s’agis d’un témoignage qui fait partis de l’histoire des luttes . En ce sens elles appartiennent aux peuples . Je vous souhaite une bonne journée si d’autres écrits je vous l’ais transmets . A bientôt

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