Les Prétendues Scissions dans l’Internationale (1872) [3]

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Dernière partie du document. Premières parties ici: [2].

Après avoir fait justice de l’Internationale telle qu’elle est, les Seize nous disent ce qu’elle devrait être.

D’abord, le Conseil Général serait nominalement un simple bureau de correspondance et de statistique. Ses fonctions administratives cessant, ses correspondances se réduiraient nécessairement à la reproduction des renseignements déjà publiés dans les journaux de l’Association. Le bureau de correspondance serait donc éludé. Quant à la statistique, c’est un travail irréalisable sans une puissante organisation, et surtout, comme le disent expressément les statuts originaux, sans une direction commune.  Or, comme tout, cela sent fortement « l’autoritarisme », il y aura peut-être un bureau, mais certainement pas de statistique. En un mot, le Conseil Général disparaît. La même logique frappe Conseils fédéraux, Comités locaux et autres centres « autoritaires ». Restent seules les sections autonomes.

Quelle sera maintenant la mission »le ces « sections autonomes », librement fédérées et heureusement débarrassées de toute autorité, « celte autorité lût-elle élue et constituée par les travailleurs ? «

Ici, il devient nécessaire de compléter la circulaire par le rapport du Comité fédéral Jurassien soumis au Congrès des Seize. « Pour faire de la classe ouvrière la véritable représentante des intérêts nouveaux de l’humanité », il faut que leur Organisation soit « guidée par l’idée qui doit triompher. Dégager cette idée des besoins de noire époque, des tendances intimes de l’humanité par une étude suivie des phénomènes de la vie sociale, faire ensuite pénétrer cette idée au sein de nos organisations ouvrières, tel doit être le but, etc. » Enfin, il faut former, « au sein de nos populations ouvrières, une véritable école socialiste révolutionnaire ».

Ainsi, les sections autonomes d’ouvriers se convertissent tout d’un coup en écoles, dont ces Messieurs de l’Alliance seront les maîtres. Ils dégagent l’idée par « des études suivies », qui ne laissent pas la moindre trace. Ils la « font ensuite pénétrer au sein de nos organisations ouvrières. » Pour eux, la classe ouvrière est une matière brute, un chaos, qui, pour prendre forme, a besoin du souffle de leur Esprit Saint.

Tout cela n’est qu’une paraphrase de l’ancien programme «le l’Alliance, commençant par ces mots : « La minorité socialiste de la Ligue de la Paix et de la Liberté s’étant séparée de celle Ligue, » se propose de fonder « une nouvelle Alliance de la démocratie socialiste… se donnant pour mission spéciale d’étudier les questions politiques et philosophiques… » Voilà l’idée qui s‘en « dégage ! » Une pareille entreprise… donnera aux démocrates socialistes sincères de l’Europe et de l’Amérique, le moyen de s’entendre et d’affirmer leurs idées. (1).

Ainsi, de son propre aveu, la minorité d’une société bourgeoise ne s’est glissée dans l’Internationale, quelque temps avant le Congrès de Bâle, que pour s’en servir comme moyen de se poser, vis-à-vis des masses ouvrières, en hiérarques d’une science occulte, science de quatre phrases, dont le point culminant est « l’égalité économique et sociale des classes ».

En dehors de cette « mission théorique », la nouvelle organisation proposée pour l’Internationale a aussi son côté pratique. « La Société future, dit la circulaire des Seize, ne doit être rien autre chose que l’universalisation de l’organisation que l’Internationale se sera donnée. Nous devons donc avoir soin de rapprocher le plus possible cette organisation de notre idéal ».

« Comment voudrait-on qu’une société égalitaire et libre sortît d’une organisation autoritaire? C’est impossible. L’Internationale, embryon de la future société humaine, est tenue d’être dès maintenant. l’image fidèle de nos principes de liberté et de fédération ».

En d’autres mots, comme les couvents du moyen-âge représentaient l’image de la vie céleste, l’Internationale doit être l’image de la nouvelle Jérusalem, dont l’Alliance porte « l’embryon » dans ses flancs. Les fédérés de Paris n’eussent pas succombé si, comprenant que la Commune était « l’embryon de la future société humaine », ils s’étaient débarrassés de toute discipline et de toutes armes, choses qui doivent disparaître dès qu’il n’y aura plus de guerres !

Mais pour bien établir que, malgré leurs « études suivies », les Seize n’ont pas couvé ce joli projet de désorga­nisation et de désarmement de l’Internationale,au moment où elle combat pour son existence, Bnkounine vient d’en publier le texte original dans son mémoire sur l’organisation de l’Internationale. (Voir Almanach du Peuple pour 1872, Genève.)

VI

Maintenant, lisez le rapport présenté par le Comité Jurassien au Congrès des Seize. « Cette lecture, dit leur journal officiel la Révolution sociale (16 novembre), don­nera la mesure exacte de ce qu’on peut attendre de dévoue­ment et d’intelligence pratique de la part des adhérents à la Fédération Jurassienne ». Il commence par attribuer à « ces terribles événements »— la guerre franco-allemande et la guerre civile en France — une influence « en partie démoralisante… sur la situation des sections del’Inter­nationale ».

Si, en effet, la guerre franco-allemande a dû tendre à la désorganisation des sections,en enrôlant un grand nom­bre d’ouvriers dans les deux armées, il n’en est pas moins vrai que la chute de l’Empire et la proclamation ouverte de la guerre de conquête par Bismarck, provoquèrent en Allemagne et en Angleterre une lutte passionnée entre la bourgeoisie prenant parti pour les Prussiens et le proléta­riat affirmant plus que jamais ses sentiments internatio­naux. Par cela même, l’Internationale devait gagner du terrain dans ces deux pays. En Amérique, le même fait produisit une scission dans l’immense émigration prolé­taire allemande ; le parti international se sépara nettement du parti chauviniste.

D’un autre côté, l’avènement de la Commune de Paris a donné un essor sans précédent au développement exté­rieur de l’Internationale, et à la revendication virile de ses principes par les sections de toutes nationalités — excepté cependant les Jurassiens dont le rapport continue ainsi : depuis « le commencement de la lutte gigantesque… la réflexion est imposée… les uns s’en vont cacher leur faiblesse… Pour beaucoup celle situation (dans leurs rangs} est un signe de décrépitude, » mais « c’est au contraire… une situation propre à transformer l’Internationale » d’après leur image. On comprendra ce modeste désir après un examen plus approfondi d’une situation si prospère.

Laissant de côté l’Alliance dissoute et. remplacée de­puis par la section Malon, le Comité avait à justifier de la situation de vingt sections. Parmi elles, sept lui tournent tout bonnement le dos, mais voici ce qu’en dit le rapport :

« La section des monteurs de boites et celle des gra­veurs et guillocheurs de Bienne n’ont jamais répondu à aucune des communications que nous leur avons adres­sées.

« Les sections des métiers de Neuchâtel, soit menui­siers, monteurs sur boites, graveurs et guillocheurs, n’ont fait aucune réponse aux communications du Comité fédé­ral.

« Nous n’avons pu obtenir aucune nouvelle de la section du Val-de-Ruz.

« La section des graveurs et guillocheurs de Locle n’a donné aucune réponse aux communications du Comité fédéral ».

Voici ce qui s’appelle un commerce libre de sections autonomes avec leur Comité fédéral.

Une autre section, celle « des graveurs guillocheurs du district de Courtelary, après trois années de persévérance opiniâtre… en ce moment… se constitue en société de ré­sistance « en dehors de l’ Internationale, ce qui ne les em­pêche nullement de se faire représenter par deux délégués au Congrès des Seize.

Viennent alors quatre sections bien mortes :

« La section centrale de Bienne est momentanément tombée, l’un de ses membres dévoués nous écrivait cepen­dant dernièrement que tout espoir à voir renaître l’Inter­nationale à Bienne n’était pas perdu.

« La Section de Saint Biaise est tombée.

« La section de Catébat, après avoir eu une existence brillante, dût céder devant les intrigues ourdies par les sei­gneurs (!) de cette localité pour dissoudre cette vaillante (!) section ».

« Enfin la section de Corgémont, elle aussi, fut victime des intrigues patronales.

Vient ensuite la section centrale du district de Courtelary, qui « prit une mesure sage : elle suspendit son action » ; ce qui ne l’empêche pas d’envoyer deux délégués au Congrès des Seize.

Viennent maintenant quatre sections d’une existence plus que problématique.

« La section de Grange se trouve réduite à un petit noyau d’ouvriers socialistes… Leur action locale se trouve paralysée par leur nombre restreint.

« La Section centrale de Neufchâtel a eu à souffrir considérablement des événements, et n’eût été le dévoue­ment — l’activité de quelques-uns de ses membres, la chute était certaine.

« La Section centrale du Locle, entre la vie et la mort pendant quelques mois, avait fini par se dissoudre. Tout récemment elle s’est reconstituée », évidemment pour le seul but, d’envoyer deux délégués au Congrès des Seize.

« La section de propagande socialiste de La Chaux-de- Fonds est dans une situation critique… Sa position, loin de s’améliorer, tend plutôt à empirer ».

Puis viennent deux sections, les cercles d’études de St-Imier et de Sonvillier, qui ne sont mentionnées qu’en passant et sur la condition desquelles pas un mot n’est dit.

Reste la section modèle, qui, à en juger par son nom de section centrale, n’est elle-même que le résidu d’autres sections disparues.

« La section centrale de Mouliers est certes celle qui a le moins souffert… Son comité a été en relation suivie avec le comité fédéral… des sections ne sont pas encore fondées.., » Cela s’explique : « L’action de la section de Moutiers se trouve tout particulièrement favorisée par les excellentes dispositions d’une population ouvrière… aux mœurs populaires ; nous aimerions voir la classe ouvrière de cette contrée se rendre encore plus indépendante des éléments politiques ».

On voit en effet que ce rapport a donne la mesure exacte de ce qu’on peut attendre de dévouement et d’intelligence pratique dela part des adhérents à la Fédération Jurassienne ». Ils l’auraient pu compléter en ajoutant que les ouvriers de la Chaux-de-Fonds, siège primitif de leur co­mité, ont toujours répudié toute relation avec eux. Récemment encore, dans rassemblée générale du 18 janvier 1872, ils ont répondu à la circulaire des Seize par des vo­tes unanimes confirmant les résolutions de la Conférence de Londres, ainsi que la résolution du Congrès Romand, de mai 1871 : « d’exclure à jamais de l’Internationale les Bakounine, Guillaume et leurs adeptes. »

Faut-il ajouter encore un seul mot sur la valeur de ce prétendu Congrès de Sonvillier, qui, selon ses propres pa­roles, a fait « éclater la guerre, la guerre ouverte au sein de l’internationale ? »

Certainement, ces hommes, qui font plus de bruit qu’ils ne sont gros, ont eu un succès incontestable. Toute la presse libérale et policière a pris ouvertement leur parti ; ils ont été secondés, dans leurs calomnies personnelles contre le Conseil Général et leurs attaques anodines contre l’Internationale, par les prétendus réformateurs de tous les pays, — en Angleterre, par les républicains bourgeois, dont le Conseil Général a déjoué les intrigues ; en Italie, parles libres-penseurs dogmatiques, qui sous la bannière de Stefanoni, viennent de fonder une « Société universelle des rationalistes », ayant siège obligatoire à Home, orga­nisation « autoritaire » et « hiérarchique », couvents de moines et de nonnes athées, et dont les statuts décernent un buste en marbre dans la salle du Congrès, à tout bourgeois donateur de dix mille francs ; enfin, en Allemagne, par les socialistes bismarckiens qui, en dehors de leur journal policier, le Neue Social Demokrat, jouent les blouses blanches de l’empire prusso-allemand.

Le conclave de Sonvillier demande à toutes les sections internationales, dans un appel pathétique, d’insister sur l’urgence d’un congrès immédiat, « pour réprimer», comme le disent les citoyens Malon et Lefrançais, « les empiétements successifs du Conseil de Londres, » — en réalité, pour substituer l’Alliance l’Internationale. Cet appel a reçu un écho si encourageant qu’ils en ont été aussitôt ré­duits à falsifier un vole du dernier Congrès belge. Ils disent dans leur organe officiel (Révolution Sociale, 4 jan­vier 1872):

« Enfin, chose grave, les sections belges se sont réunies en Congrès, à Bruxelles, le 24 et 25 Décembre, et ont voté à l’unanimité une résolution identique à celle du Congrès de Sonvillier, sur l’urgence de provoquer un Congrès Général. » Il importe de constater que le Congrès belge a voté tout le contraire. Il a chargé le Congrès belge, dont la réunion n’aura lieu qu’en juin, d’élaborer un projet de nouveaux statuts généraux pour être soumis au prochain Congrès de l’Internationale.

D’accord avec l’immense majorité de l’Internationale, le Conseil Général ne convoquera le Congrès annuel que pour septembre 1872.

VII

Quelques semaines après la Conférence, arrivèrent à Londres les sieurs Albert Richard et Gaspard Blanc, mem­bres les plus influents et les plus ardents de l’Alliance, chargés de recruter parmi les réfugiés français des auxi­liaires prêts à travailler pour la restauration de l’Empire, seul moyen, selon eux, de se débarrasser de Thiers et de ne pas rester le gousset vide. Le Conseil Général avisa les intéressés et, entre autres, le Conseil fédéral de Bruxelles de leurs menées bonapartistes.

En janvier 1872, ils jetèrent le masque en publiant la brochure : « L’Empire et la France nouvelle. Appel du peuple et de la jeunesse à la conscience française, par Albert Richard et Gaspard Blanc. Bruxelles, 1872. »

Avec la modestie ordinaire des charlatans de l’Alliance, ils récitent ainsi leur boniment : « Nous qui avions formé « la grande armée du prolétariat français…, nous, les « chefs les plus influents de l’Internationale en France… (2) heureusement, nous ne sommes pas fusillés, nous, et nous sommes là pour planter, en face d eux (les parlementaires ambitieux, les républicains repus, les prétendus démocrates de toute espèce), le drapeau à l’ombre duquel nous combattons, et pour lancer à l’Europe étonnée, malgré les calomnies, malgré les menaces, malgré les attaques de toutes sortes qui nous attendent, ce cri qui sort du fond de notre conscience, et qui retentira bientôt dans le cœur de tous les Français :

VIVE L’EMPEREUR ! »

A Napoléon III, honni et conspué, il faut une réhabili­tation splendide, et MM. Albert Richard et Gaspard Rlanc, payés sur les fonds secret d’Invasion III, sont spécialement chargés de celle réhabilitation.

Du reste, avouent-ils : « C’est la progression normale de nos idées qui nous ont rendus impérialistes ». Voilà une confession qui doit agréablement chatouiller leurs coreligionnaires de l’Alliance. Comme aux beaux jours de la Solidarité, A. Richard et G. Rlanc débitant leurs vieilles phrases sur « l’abstentionnisme politique » qui, d’après les données de leur « progression normale », ne devient une réalité que sous le despotisme le plus absolu où, alors, les travailleurs s’abstiennent de toute ingérence politique, comme le prisonnier s’abstient de toute promenade au soleil.

«Le temps des révolutionnaires, disent-ils, est passé… le communisme est relégué en Allemagne et en Angleterre, en Allemagne surtout. C’est là, d’ailleurs, qu’il s’est éla­boré sérieusement, depuis longtemps, pour se répandre ensuite dans toute l’Internationale, et cette progression inquiétante de l’influence allemande dans l’Association n’a pas peu contribué à en arrêter le développement, ou plutôt à lui donner un nouveau cours dans les sections du Centre et du Midi de la France, qui n’ont jamais reçu le mot d’or­dre d’aucun Allemand ».

Ne croirait-on pas entendre le grand Hiérophante lui-même s’attribuant, dès la fondation.de l’Alliance, en sa qualité de Russe, la mission spéciale de représenter les races latines ? ou « les véritables missionnaires » de la Révolution sociale (2 novembre 1871), dénonçant « la marche à rebours que travaillent à imprimer à l’Internationale les cervelles allemandes et bismarckiennes ? »

Mais heureusement que la véritable tradition n’est pas perdue, et que MM. Albert Richard et Gaspard Blanc ne sont pas fusillés ! Aussi leur travail à eux consiste-t-il à « donner un nouveau cours » à l’Internationale, dans le centre et le midi de la France, en essayant de fonder des sections bonapartistes, par cela même essentiellement « autonomes »

Quant à la constitution du prolétariat en parti politique, recommandée par la Conférence de Londres, « Après la restauration de l’Empire, nous » — Richard et Blanc —, « nous en aurons bientôt fini, non seulement avec les théo­ries socialistes, mais avec le commencement de réalisation qu’elles révèlent par l’organisation révolutionnaire des masses. »

En un mot, exploitant le grand « principe d’autonomie des sections » « qui constitue la véritable force de l’Inter­nationale spécialement dans le pays de race latine » (Révolution sociale du 4 janvier), ces messieurs spéculent sur l’anarchie dans l’Internationale.

L’Anarchie, voilà le grand cheval de bataille de leur maître Bakounine, qui des systèmes socialistes n’a pris que les étiquettes. Tous les socialistes entendent par Anar­chie ceci : le but du mouvement prolétaire, l’abolition des classes, une fois atteinte, le pouvoir de l’État qui sert à maintenir la grande majorité productrice sous le joug d’une minorité exploitante peu nombreuse, disparaît, et les fonc­tions gouvernementales se transforment en de simples fonctions administratives. L’Alliance prend la chose au rebours. Elle proclame l’Anarchie dans les rangs prolétai­res comme le moyen le plus infaillible de briser la puis­sante concentration des forces sociales et politiques entre tes mains des exploiteurs. Sous ce prétexte, elle demande à l’Internationale, au moment où le vieux monde cherche à l’écraser, de remplacer son organisation par l’Anarchie. La police internationale ne demande rien de plus pour éterni­ser la République-Thiers, en la couvrant du manteau impé­rial (3).

Le Conseil Général:

. Applegarth, Antoine Arnaud, M. T. Boon, F. Bradnnik, G. H. Buttay, F. Cournet, Delahaye, Eugène Du­pont, W. Hales, Hurliman, Jules Johannard, Harriett Law, F. Lessner, Lochner, Margueritte, Constant-Martin, L. Maurice, Henry Mavo, Georges Milner, Char­les Murray, Pfander, Vitale Régis, J. Roswadowski, John Hoach, Rühl, G. Ranvier, Sadler, Cowell. Stepney, Alf Taylor, W. Townshend, Ed. Vaillant, John Weston, F. J. Yarrow.

Secrétaires correspondants :

Karl Marx, Allemagne et Russie ; Léo Frankel, Autri­che et Hongrie; A. Herman, Belgique; Th. Mottershead, Danemark; J. G. Eccarius, Etats-Unis; Le Moussu, sec­tions françaises des Etats-Unis ; Aug. Serraillier, France; Charles Rochat, Hollande; J. P. Mac Donnel, Irlande; Fred. Engels, Italie et Espagne; Walery Wroblewski, Pologne; H. Jung, Suisse.

Charles Longuet, président de la séance.

Hermann Jung, trésorier,

John Hales, secrétaire général.

Rathborne Place. W.

Londres. le 5 mars 1872.

Notes :

(1) Les hommes de. l’Alliance qui ne cessent pas de reprocher au Conseil général la convocation d’une Conférence privée à un moment où la réunion d’un Congrès public eût été le comble de la trahison ou de la .sottise, les partisans absolus de l’éclat et du grand jour ont, au mépris de nos statuts, organisé au sein de l’Internationale, une véritable société occulte, dirigée contre l’Internationale même, dans le but de placer ses sections à leur insu, sous la direction sacerdotale de Bakounine.

Le Conseil général se propose de réclamer du prochain Congrès une requête sur cette organisation secrète et ses promoteurs dans certains pays, par exemple en Espagne.

(2) Sous le titre Au Pilori’., l’Égalité (de Genève) du 15 février 1872 dit :« Le jour n’est pas encore venu pour raconter l’histoire de la défaite du mouvement communaliste dans le midi de la France; mais ce que nous pouvons annoncer dès aujourd’hui, nous qui. pour la plupart, avons été témoins de la déplorable défaite de l’insurrection du 30 avril à Lyon, c’est que cette insurrection a en partie échoué, grâce à la lâcheté, à la trahison, au vol de G. Blanc, qui se faufilait partout, en exécutant les ordres d A. Richard. qui se tenait dans l’ombre. Par leurs manœuvres intentionnelles, ces misérables sont parvenus à compromettre plusieurs noms qui prenaient part aux travaux préparatoires des Comités insurrectionnels. De plus ces traîtres sont parvenus à discréditer l’Internationale à Lyon, à tel point qu’au moment de la révolution parisienne, l’Internatio­nale inspirait aux ouvriers lyonnais la plus grande défiance. De là, absence totale d’organisation ; de là, défaite de l’insurrection : défaite qui a dû nécessairement entraîner la chute de la Commune, abandonnée à ses forces isolées ! Ce n’est que depuis cette sanglante leçon que notre propagande a su rallier les ouvriers lyonnais autour du drapeau de l’Internationale. Albert Richard a été l’enfant gâté, le prophète de Bakounine et consorts. »

(3) Dans le rapport sur la loi Dufaure, le rural Sacaze en veut, avant tout à l’organisation de l’Internationale. Cette organisation est sa bête noire. Après avoir constaté la « marche ascendante de cette formidable As­sociation » il continue : « Cette Association rejette… les pratiques téné­breuses des sectes qui l’ont précédée. Son organisation s’est faite et mo­difiée au grand jour. Grâce à la puissance de cette organisation… elle a étendu successivement sa sphère d’action et d’influence. Elle s ouvre tous les territoires. »Puis, il en décrit « sommairement l’organisation » et conclut : « Telle est. dans sa savante unité… le plan de cette vaste orga­nisation. Sa force est dans cette conception même. Elle est aussi dans la masse de ses adhérents, liés à une action simultanée, et enfin dans l’in­vincible impulsion qui peut les faire mouvoir ».

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Une Réponse to “Les Prétendues Scissions dans l’Internationale (1872) [3]”

  1. The Weekly Archive Worker: Emancipació « Entdinglichung Says:

    […] * Motion du Parti Socialiste de France sur la grève générale au Congrès international (1904) * Les Prétendues Scissions dans l’Internationale [3] […]

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