Vers le socialisme mondial (Congrès de Bruxelles, 1936)

by

Début et extraits du Compte-rendu du Congrès socialiste révolutionnaire tenu à Bruxelles du 31 octobre au 2 novembre 1936 [pdf de la brochure ], avec la liste des orgas participantes, les textes en anglais de Fenner Brockway et Julian Gorkin, les résumés d’interventions (en anglais) de Marceau Pivert et André Ferrat, les résolutions  finales. On peut consulter les résolutions du congrès de Bruxelles dans La Révolution espagnole, n° 10, 18 novembre 1936. Pour une présentation du Bureau international  pour l’unité socialiste révolutionnaire, lire Bureau de Paris et bureau de Londres: le socialisme de gauche en Europe entre les deux guerres (M. Dreyfus, 1980) pdf. Un résumé analytique de ce congrès, en français, insistant sur l’intervention de J. Gorkin, est disponible dans la revue La Révolution espagnole N° 10 du 18 novembre 1936.

brussels-congress.jpg

maurin-bruxelles

JOAQUIM MAURIN Secretary of the Spanish Workers’ Party of Marxist Unity. Shot by the Fascists in August 1936

COMPTE-RENDU DU CONGRES DE BRUXELLES

Le congrès international s’est tenu Salle du Lion d’ Or, Bruxelles, du 31 octobre au 2 novembre 1936, à l’appel du Bureau international pour l’unité socialiste révolutionnaire, afin de mobiliser la classe ouvrière.

Soutien aux ouvriers espagnols et résistance à la guerre, au fascisme et à l’impérialisme

Les organisations suivantes étaient représentées:

ESPAGNE

  • Parti ouvrier d’unification marxiste. (P. O. U. M.). toutes sections notamment Comité exécutif, unités de combat, section aviation, Pionniers et section jeunes.
  • Union générale des travailleurs.  (U. G. T.)  représentée par: Syndicat de Lerida, Syndicat des marins de Barcelone et l’Association des employés des assurances.
  • Confédération nationale des travailleurs, (C. N. T.), représentée par les syndicats de Capafons et Mont-Ral  (Tarragona).
  • Fédération espagnole des enseignants.  (Tarragona).
  • Syndicat de l’habillement  (Barcelone).
  • Le journal « Combat » de Lerida.
  • Le mouvement culturel Ataneo de Barcelone.

GRANDE-BRETAGNE

  • L’Independent Labour Party.
  • La War Resister’s International.
  • Le «No Mure Warn Movement. groupe libertés coloniales.
  • Le Revolutionary Socialist Party of Great Britain.

FRANCE

  • Le groupe d’opposition communiste — « Que Faire».
  • Membres individuels de la Gauche Révolutionnaire du Parti Socialiste français,   (S.F.I.O.).
  • L’École Émancipée  (E. E.).
  • Le Comité de Vigilance des Intellectuels.  (C. V. I.).
  • Le groupe international contre la guerre et le fascisme.  (R. I. G. M.).

ALLEMAGNE

  • Parti des travailleurs allemand (S. A. P.)
  • Section de la jeunesse, Parti des travailleurs allemand.

ITALIE

  • Parti socialiste italien (Maximaliste). The Italian League of the «Riglits of Maim.

SUÈDE

  • Parti socialiste suédois.

POLOGNE

  • Parti socialiste ouvrier indépendant de Pologne.

PAYS-BAS

  • The Revolutionary Socialist Workers League of Holland.
  • The Revolutionary Socialist Worker’s Party of Holland.

BELGIQUE

  • Ligue socialiste anti-guerre internationale.
  • des émigrés allemands en Belgique.

ÉTATS-UNIS

  • League for a Revolutionary Workers’ Party.

CANADA

  • League for a Revolutionary Workers’ Party.

PALESTINE

  • Kibutz Arlzi. (organisation socialiste de gauche juive).
  • Gauche Poalei Zion et cercles marxistes
  • Anti-fa.

INTERNATIONAL

  • L’International Youth Bureau.

QU’EST-CE QUE LE BUREAU INTERNATIONAL ?

Le bureau est une association de partis socialistes révolutionnaires non-affiliés aux deuxième ou troisième Internationales. L’objectif du bureau est de développer l’action commune internationale entre ses sections ainsi qu’avec d’autres sections révolutionnaires du mouvement ouvrier, en vue de préparer la formation d’une Internationale reconstituée sur une base socialiste révolutionnaire. Les partis affiliés au bureau sont opposés aux politiques réformistes et compromises des deuxième et troisième Internationales. Ils s’opposent à la collaboration avec la classe capitaliste, aux gouvernements capitalistes, ou aux parties capitalistes en temps de guerre ou de paix, soutiennent la Russie soviétique comme premier État ouvrier, tout en maintenant leur liberté de critique, et défendent la résistance révolutionnaire  contre toute guerre  menée par un gouvernement capitaliste, quand bien même cette guerre serait approuvée par la Ligue des Nations.

PARTIS AFFILIÉS

  • Socialist Party of Sweden Parti socialiste de Suède
  • Independent Labour Party of Great Britain. I.L.P. de Grande-Bretagne
  • Socialist Workers’ Party of Germany. Parti socialiste ouvrier (SAP) d’Allemagne
  • Spanish Workers’ Party of Marxist Unity. POUM espagnol
  • Socialist Party (Maximalist) of Italy. Parti socialiste (maximaliste) d’Italie
  • Independent Socialist Labour Party of Poland. Parti socialiste ouvrier indépendant de Pologne (NSPP)
  • Left Socialist Movement of Bulgaria. Mouvement socialiste de gauche de Bulgarie
  • United Socialist Party of Roumania. Parti socialiste unifié de Roumanie
  • Revolutionary Socialist Worker’s League of Holland. R.S.A.P. de Hollande
  • International Youth Bureau.

Le Bureau a des contacts avec des groupes socialistes révolutionnaires en Norvège, Finlande, au Danemark, en Belgique, France, Suisse, Autriche, Tchécoslovaquie, Ukraine polonaise, aux États-Unis d’Amérique, au Mexique, en Argentine, au Canada, en Afrique du sud, Nouvelle-Zélande, Inde, à Ceylan, en Chine, Égypte, Palestine et au Panama.

LES BASES DU SOCIALISME RÉVOLUTIONNAIRE
Discours d’ouverture par Fenner Brockway (I.L.P., Grande-Bretagne), traduit par nos soins

Nos premières pensées à ce congrès vont vers nos camarades espagnols engagés dans une lutte meurtrière contre le fascisme et je commencerai par rendre hommage à ceux qui ont sacrifié leur vie dans la lutte. Nous pensons en particulier à Joaquin Maurin,le secrétaire du Parti ouvrier d’unification marxiste (l’ensemble du congrès se lève et observe un moment de silence). Il y a seulement cinq mois de cela, «Quin», comme on l’appelait affectueusement, était avec nous à Paris pour préparer ce congrès.  Maintenant il est mort, tué  par les mains des fascistes. C’est à juste titre qu’il avait été nommé le Lénine de Catalogne. C’était un homme d’un grand courage, qui voyait clair dans ses principes révolutionnaires et  était digne de confiance — cette sorte d’hommes qu’on pouvait suivre jusqu’à la mort. Nous exprimons notre sympathie à nos camarades espagnols pour sa perte et spécialement à Madame Maurin, son épouse, leur fils, et son frère, Manuel Maurin, qui est ici parmi nous. Nous resterons fidèles à sa mémoire, illustrée dans ce dernier message à sa femme: «  Je meurs demain.  La cause reste vivante, et tu la défendras avec courage.»
Mais nous pensons pas seulement à Joaquin Maurin. Il est emblématique de nombreux autres camarades courageux que nous honorons tous.  Nous pensons à Vidal,  le leader des jeunesses du POUM. Nous pensons aux camarades tombés qui venaient d’autres partis associés au Bureau international, comme Picedi  du Parti socialiste italien. Nos partis luttent aux côtés des travailleurs espagnols; dans la vie et dans la mort ils apportent la preuve de la solidarité du socialisme révolutionnaire; par leur sacrifice le fascisme sera vaincu.  Nous prenons l’engagement de poursuivre la lutte afin de leur sacrifice n’ait pas été vain.
Nous sommes ici à un Congrès de socialistes révolutionnaires, et comme socialistes révolutionnaires nous fondons notre action sur la lutte de classe. C’en est presque qu’étrange à quel point Karl Marx a su démontrer la lutte des classes et la fixer comme ligne de conduite pour le mouvement ouvrier. Comme le faisceau radio d’un pilote traversant les montagnes dans la brume, le principe de la lutte de classe guide les socialistes révolutionnaire dans la complexité du chaos social international.
Encore et à nouveau l’expérience a montré qu’à chaque fois que la classe ouvrière s’écarte de la lutte des classes, elle et la cause du socialisme sont trahis. Le conflit espagnol l’illustre de façon spectaculaire et tragique à l’heure actuelle. Il fallait que l’ensemble du mouvement ouvrier et des gouvernements ouvriers viennent en aide aux travailleurs espagnols aussitôt  que le putch fasciste commença (Applaudissements). Marx et Engels ont clairement posé le principe dans le Manifeste communiste (…)

Discussion

Marceau Pivert. (Gauche révolutionnaire du Parti socialiste français). Comrade Pivert commenced by stating that it was his duty to explain quite clearly what was the exact state of mind of large masses of French Workers.
He believed that many of the French Workers felt that the great and supreme catastrophe which could come out of the Spanish Revolution, would be an outbreak of war—a general European War.
He examined the formula of neutrality. He said the French Government had been compelled to adopt this policy, otherwise they would have been forced to resign, and from his point of view, the position oi our comrades in Spain would then have been infinitely worse. He regretted that this was the only possible attitude they could have adopted in order to avoid a dissolution and so prevent the formation in France of a Government of National Union.
He insisted, however, that in spite of the fact that France had not been, able to help officially, nevertheless, what had been done unofficially was not negligible. «Was it not true, that the first attack upon Madrid had been forced back by the airplanes which had been sent to  the help of the  Spanish comrades from France? »
Little had been done he agreed but he claimed that it had been as effective as it could have been, and certainly very much more so than would have been the case had another Government been in power. Obviously if a larger part of the French proletariat had power, and if it were possible for them to substitute a Workers’ Government, then the position would be simplified, and we should not be spending our time  discussing  this  matter here.
The reality was that a large number of the French proletariat does not now appear to desire a Government of workers and peasants. In order to strenghten his argument, he paid particular attention to the attitude of the French Communists. They had been agitating for a Government which wag practically a Government of National Union. He said that at the present moment, most of. the opposition In France, on the part of the workers, came from members of the Third International, and the thing which interested them most was to strengthen the Franco-Soviet Pact. He insisted that most of their efforts were directed towards increasing the armed forces ore France, with the definite objective of making the Franco-Soviet Pact effective.
«We must face the facts. Where are the arms? They are in the hands of the War Office and the bourgeoisie. Until We have workers’ power ourselves, it is extremely difficult to send more arms to Spain, so long as they remain In the hands of the War Office. Any change of Government, such as is being agitated for ny certain sections in Franco today in displacing the Popular Front Government, will make our acquisition of these arms even more difficult than now.»
It appeared so far as he could see, that the recent campaign of the Communist Party in France had been especially to consolidate democracy on a noil-Hitler basis, and that the whole object of their activities in France was to strengthen the French forces of resistance. He then insisted that our duty was to endeavour to displace this by having a definite means of direct workers’ action. He referred to the one-hour strike which had taken place in Prance. This was very valuable as an illustration, but so far as he could see, it was perfectly obvious in France, that no effective help could be obtained from the Communist  Party,  and  none  could be  obtained from  any  alternative Government, It was the duty of tile French workers by continuous agitation to strengthen the arm of ttie French Government today, and by their own efforts to force it into direct contact with the problem and by means of direct workers’ action, to help our Spanish comrades.
Comrade Ferrat s’est adressé à la conférence au nom des communistes dissidents de France.
He explained to the Congress that He did not accept the point of view advanced by Marceau Pivert regarding the effectiveness of the French Popular Front policy towards the struggle in Spain, In his opinion, the Popular Front, instead of giving a clear lead to the workers, had temporised in exactly the same way as the British Labour Government had temporised. For precisely the same reasons that the British Labour Government lost power, and more especially, influence, among the workers of Britain, so in his opinion, the French Popular Front was running the risk of doing exactly the same. This was an historic fact. The watchwords of today would be the definite factors which governed the work of tomorrow.
He rejoiced that the criminal policy of neutrality had been denounced, The arguments in favour of neutrality were without force. The first, was that departure from neutrality might cause a general war. This argument was and is used always by those who are interested in the breaking down of the class struggle. A Marxist cannot accept this reasoning. The only guarantee for a Marxist, is the class struggle in each country. The factor which causes war is an inert and feeble working-class. The factor which prevents war is a militant working-class which refuses to be used as cannon fodder.
The second argument, was that a- departure from neutrality would bring about the fall of the French Government. It must be pointed out that the French Radicals used tie same argument when the workers occupied the factories. It was groundless then, and it :s groundless now. The occupation by the workers of the factories enabled them to obtain conditions which they would never have obtained had they not taken matters into their hands. In his opinion, the factor which would bring about the fall of the Popular Front in France, was their policy of temporisation. The more clearcut and Socialist is the policy or the Government, the bigger possibility it has to maintain its position and to have the continued and wholehearted support of the workers.
In conclusion he said «No-one knows better than I what the Communist Party is » and he felt it was our duty to take our stand entirely on the principles of the October Revolution to help our Spanish comrades by strong definite working-class action, and to see to it that the Spanish Revolution was an incident in the world revolution  which they were helping forward.

discussion-pivert-irbscongress1936.jpg

Résolutions du Congrès

1. Le Congrès exprime sa solidarité la plus profonde envers les ouvriers espagnols en lutte contre le fascisme. Il se rend compte que s’ils n’avaient eu à lutter que contre les forces fascistes de l’Espagne, leur victoire serait assurée; mais actuellement ils se battent contre les forces du capitalisme international, tout particulièrement contre celles des pays fascistes, l’Italie, l’Allemagne et le Portugal.

2. L’Espagne est en ce moment le champ de bataille de la classe ouvrière internationale. Le Congrès constate avec fierté que les ouvriers de beaucoup d’autres pays se battent sur le front aux côtés des ouvriers espagnols; mais des actes de courage et de dévouement individuels ne suffisent pas. Toute la classe ouvrière doit être engagée activement dans la lutte.

3. Le Congrès condamne énergiquement la politique dite de « neutralité », suivie en fait jusqu’à ces derniers temps par l’Internationale Syndicale d’Amsterdam, les partis de la IIème Internationale et les gouvernements auxquels ils participent. Il constate que le gouvernement français, capitulant devant la pression de la bourgeoisie réactionnaire française et des États fascistes, a pris l’initiative d’établir le blocus en fait de la Révolution espagnole. Ceci confirme, une fois de plus, l’impuissance des démocraties bourgeoises à lutter efficacement contre le fascisme nationale et international. Le Congrès condamne cette politique extérieure du Front Populaire français, front populaire qui fut formé sur l’initiative de l’Internationale Communiste elle-même. Le Congrès condamne la politique du Gouvernement soviétique qui crut nécessaire de s’associer à cet accord mensonger de « non-intervention ». Il espère que l’attitude présente de l’U.R.S.S., dictée surtout par sa crainte de voir le fascisme hitlérien renforcer ses positions politiques et stratégiques, et rompant avec son attitude antérieure de neutralité, se traduira par une aide effective à la Révolution espagnole; il appelle les ouvriers à soutenir toute tentative de ce genre tout en s’opposant à une politique qui, altérant le caractère de classe de la Révolution espagnole, se bornerait à la défense de la République bourgeoise. Le Congrès dénonce également le Gouvernement britannique qui, sous le couvert de la neutralité, a aidé les forces fascistes en Espagne. La duperie de cette politique apparaît clairement quand on sait que des armes et des munitions ont été fournies en masses aux rebelles par l’Allemagne, l’Italie et le Portugal.

4. Une victoire du fascisme en Espagne aurait des résultats désastreux: elle renforcerait la puissance du fascisme en Europe et en premier lieu en France; elle permettrait à l’Italie et à l’Allemagne fascistes de dominer l’Ouest de la Méditerranée; elle augmenterait la menace de guerre contre l’U.R.S.S. et serait le prélude d’une guerre mondiale.

5. La classe ouvrière doit imposer par son action de classe la levée immédiate de l’embargo, expédier directement par tous les moyens possibles tout ce dont le prolétariat espagnol a besoin en fait d’armes, de munitions, de matières premières, de produits alimentaires et pharmaceutiques, etc… saboter l’envoi d’armes aux rebelles et mettre fin aux campagnes fascistes dans les journaux, le cinéma, la radio, etc.

6. Le Congrès salue les dockers, cheminots, métallurgistes, etc, qui, en différents endroits, par des grèves et le sabotage des transports d’armes aux rebelles, ont manifesté leur solidarité effective envers leurs frères d’Espagne, ainsi que leur hostilité à la politique d’étranglement de la Révolution espagnole. Il appelle les ouvriers français, anglais et belges à persévérer dans cette voie, en développant leur lutte contre la bourgeoisie, complice du fascisme espagnol, en brisant avec la politique de capitulation devant le fascisme. Le Congrès fait appel à la classe ouvrière internationale pour qu’elle aide par tous les moyens en son pouvoir le prolétariat français dont le rôle et la responsabilité sont prépondérants dans les circonstances actuelles.

7. Le Congrès acclame non seulement avec fierté les miliciens espagnols qui luttent héroïquement sur le front, mais aussi les travailleurs qui sont en train d’accomplir la Révolution socialiste dans les territoires délivrés du fascisme, particulièrement en Catalogne et dans la région de Valence, en s’emparant des terres, des usines, des transports, des services publics et en général de toute l’économie. Le Congrès affirme que l’antagonisme n’est pas entre la démocratie capitaliste et le fascisme, mais entre le socialisme et le capitalisme. C’est pourquoi, le Congrès souligne la nécessité pour la Révolution espagnole de développer les organes de masse d’ouvriers, de paysans et de combattants, pour la conquête définitive du pouvoir et l’édification d’une société socialiste. Il voit dans la Révolution espagnole et nouvelle et importante étape de la Révolution socialiste mondiale. Il considère que la solidarité effective du prolétariat international est un levier puissant pour l’action révolutionnaire et la conquête du pouvoir dans tous les pays.

8. Le Congrès félicite le Parti Ouvrier d’Unification Marxiste (P.O.U.M.) du rôle d’avant-garde qu’il joue dans le prolétariat révolutionnaire d’Espagne. Il salue son leader héroïque Joaquin Maurin, ainsi que les milliers de travailleurs de toutes les organisations tombés dans la lutte contre le fascisme et le capitalisme international.


%d blogueurs aiment cette page :