La « disparition » de Landau et la grève de la faim de sa femme (1937)

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Paru dans La Révolution prolétarienne N° 259 (25 novembre 1937).

Les assassins du Guépéou en Espagne
La « disparition » de Landau
et la grève de la faim de sa femme

La plupart des lecteurs de la R. P. connaissent sans doute de nom Kurt Landau, camarade autrichien communiste-oppositionnel, qui, après la défaite de Vienne, vint se réfugier en France, et y publia, sous le pseudonyme de Bertram Wolf, une brochure sur la guerre civile en Autriche, dont Giauffret rendit compte à l’époque.

Au début de la guerre d’Espagne, Landau alla à Barcelone se mettre à la disposition du POUM.

Aujourd’hui, comme Nin, comme tant d’autres, Landau. a disparu. Des sbires du Guépéou, camouflés officiellement en policiers espagnols, sont venus, sous prétexte de l’arrêter, l’enlever de la petite maison des environs de Barcelone, où il habitait. Depuis lors, aucune nouvelle. La police efficielle nie l’avoir arrêté, et le Guépéou, bien entendu, se tient coi.

Sa femme, qui avait été emprisonnée dès juin dernier, en même temps que Nin, Gorkin, etc. et qui, depuis lors, n’a été ni interrogée, ni inculpée de quoi que ce soit, a décidé de faire la grève de la faim.

Voici la lettre qu’elle a adressée au ministre de l’Intérieur de Catalogne, au chef supérieur de la police et au gouvernement de Valence :

1) Mon mari fut détenu par deux hommes qui se disaient agents de police. J’exige de la police de faire les recherches nécessaires pour savoir où il se trouve actuellement.

2) Je demande à la police de me faire savoir si, le 17 juin, j’ai été détenue en tant qu’otage pour mon mari. Si c’est le cas, je demande ma mise en liberté immédiate vu le fait qu’une détention ultérieure ne serait plus justifiée.

3) Pour le cas où je ne suis pas détenue en tant qu’otage, je demande qu’après 4 mois de détention (dont 10 jours dans le « grupo de informacion », 9 semaines dans la « Delegacion de l’Estado » et plus de 50 jours dans la prison de femmes) il y ait une accusation formelle et mon interrogatoire immédiat.

Dans le cas où je ne recevrai pas de réponse dans le délai de 8 jours, je me verrai obligée de déclarer la grève de faim. Je compte sur l’appui moral de mes camarades détenues comme moi depuis 4 mois sans accusation ni 4 interrogatoire. J’ai réussi à les convaincre de s’abstenir, pour le moment, d’une grève de solidarité.

JULIA LANDAU
Carcel de mujeres
Las Corts — Barcelona.

Cette lettre étant restée sans réponse, la camarade Julia Landau a commencé la grève de la faim le 10 novembre.

landau-rp


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