Préface à « Le premier mai et la journée de huit heures » (Guesde, 1891)

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A la brochure qui suit, et que je ne saurais trop recommander aux ouvriers de tous les métiers je n’ajouterai que quelques mots:

CAMARADES DE L’ATELIER.

Si tant d’entre-nous sont aujourd nui sans travail, c’est-à-dire— en régime de salariat sans pain pour eux et les leurs, c’est que les autres, ceux qui travaillent, sont contraints de faire des journées de onze, douze et jusqu’à quatorze et quinze heure».

Si les mortes-saisons c’est-à-dire les saisons où l’on meurt plus ou moins lentement de faim, vont se multipliant, c’est que, grâce à la liberté pour vos patrons de prolonger abusivement la journée de travail, on nous fais abattre, en cinq ou six mois l’ouvrage d’une année.

Si vos salaires sont si bas, suffisant de moins en moins à vos besoins, c’est que comme toute marcliandise,votre force-travail vaut d’autant moins, est d’autant moins payée qu’elle est plus abondante et que, le machinisme aidant, par suite du travail de nuit s’ajoutant au travail de jour, les bras qui s’offrent dépassent toujours, et de plus en plus, les bras demandés.

Camarades,

Voulez-vous voir hausser vos salaires ?

Voulez-vous en finir avec des chômages de plus en plus meurtriers ?

Voulez-vous qu’il y ait place pour tous à l’atelier, c’est-à-dire à l’existence ?

Il n’y a pour cela qu’un moyen dans la société actuelle :

C’est de raréfier la marchandise-travail que vons représentez ; c’est de limiter la somme d’heures de travail que vous apportez sur le marché ; c’est de réduire, par une loi, la journée de travail ; c’est d’imposer à nos gouvernants la journée de huit heures.

Et cette journée de huit heures avec ses corollaires : la suppression du travail de nuit et un repos ininterrompu de trente six heures par semaine, il ne tient qu’à vous de l’obtenir, sans violences, presque sans efforts, vous n’avez qu’à vous montrer le 1er Mai prochain, a répondre: présent ! à l’appel international de votre classe.

Cette manifestation pacifique suffira à votre victoire, aucun gouvernement ne pouvant résister longtemps à des millions de travailleurs debout et disant : nous voulons.

Jules GUESDE

premiermai


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