André Prudhommeaux (1902-1968)

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Note biographique par Agustín Guillamón publiée dans le numéro d’avril 2013 de Catalunya (revue de la CGT). Traduit du catalan par Pedro Bissi Enrique du CSR sur suggestion de la Bataille socialiste.

Prudhommeaux, André (1902-1968)   a utilisé les pseudonymes de Jean Celle et André Prunier, il est né le 15 octobre 1902 au sein du Familistère, (association coopérative basé sur des conceptions fouriéristes) de Guise dans l’Aisne. Il passa son enfance à Guise,  Nîmes, Sens puis Versailles. En 1927, il est membre de Reconstruction communiste, groupe de l’Opposition (trotskyste) dirigée par Albert Treint. En 1928 il épouse la Suissesse Dora Ris (connue sous le nom de Dori) avec qui il ouvrira à Paris une librairie spécialisée en histoire du mouvement ouvrier, « La Librairie ouvrière » qui fut aussi un lieu de rencontres et de débats de l’opposition communiste. Il se rapprochera ensuite du bordiguisme et du communisme de conseil.

De 1929 à 1930 il collabore à L’Ouvrier communiste, organe des groupes ouvriers communiste. En 1930, à l’occasion d’un voyage à Berlin et Leipzig, il prend contact avec le Kommunistische Arbeiter Partei (KAP) et l’Allgemeine Arbeiter-Union (AAU). Il traduit et publie la Réponse à Lénine de Herman Gorter, texte conseilliste de critique du  léninisme. En 1931  il prend la direction d’une imprimerie coopérative à Nîmes et il édite la revue Spartacus. De septembre 1932 à mai 1933 il  publie avec Jean Dautry, Correspondance internationale ouvrière, une expérience militante innovante, non sectaire pour une “information entre prolétaires et pour les prolétaires”, fondée sur un large réseau d’informateurs en France et à l’étranger.

Il soutient la campagne de défense de Marinus Van der Lubbe, incendiaire du Parlement allemand (Reichstag), défend la thèse de l’action individuelle autonome contre les calomnies staliniennes. Pendant cette campagne il se rapproche de l’anarchisme par la publication d’articles dans La Revue Anarchiste  et dans Le Semeur. En mars 1933, Le Libertaire interrompt sa série d’articles intitulée « L’ordre règne en Allemagne », l’organe de l’Union Anarchiste ne partageait pas sa position sur le cas de  Van der Lubbe.

En 1934, André et Dori, pendant un séjour en Allemagne, furent détenus et  expulsés du pays. Cette même année grâce à Lefeuvre, ils publièrent la brochure Spartacus et la Commune de Berlin 1918-1919. En mai 1934 il crée avec Voline Terre libre qui devient l’organe de la Fédération Anarchiste en langue Française (F.A.F.) en 1937.

En 1936, il réside deux mois à Barcelone, où il  publie L’Espagne antifasciste, qui se présente sur les trois premiers numéros comme l’édition française de la publication espagnole Solidaridad Obrera [1] signalant jusqu’au numéro 6 qu’elle est éditée à Barcelone. En septembre  1936, le jour suivant la formation du gouvernement de Largo Caballero, il publie un article anonyme, intitulé “L’inutilité du Gouvernement” dans lequel il affirme que l’existence d’un gouvernement de Front populaire, loin d’être un élément indispensable dans la “lutte antifasciste signifie en réalité une limitation de cette même lutte”. La révolution sociale est impossible sans la disparition de l’État. La publication, considérée comme trop gênante par les comités supérieurs de la CNT, disparu en janvier 1937 lorsque ceux-ci suspendirent la fourniture du papier. Dans la continuité il fonda et publia L’Espagne nouvelle dont  la parution alternait avec celle de Terre libre, très critique à propos de la participation de la CNT au Gouvernement à l’instar d’autres journaux.

terre libre

En août 1939, dans le numéro 6 de la revue Révision, des textes signés par le “Groupe franco-espagnol des amis de Durruti” sont publiés. Ce groupe est formé de militants exilés des Amis de Durruti, dissidents du Congrès de l’Union des anarchistes (UA) et rédacteurs de la revue Révision. Les militants les plus actifs étaient Jaime Balius, Lucien Feuillade et Louis Mercier-Vega ; ils purent toujours compter sur  l’appui  et la  solidarité d’André Prudhommeaux.

En septembre 1939 il publie un numéro triple de L’Espagne nouvelle avec en sous-titre “L’Espagne indomptée” dans lequel apparaissent deux articles de Ballus ainsi que d’autres signés A.P (André Prudhommeaux), Ridel, Hem Day, Malander y Ernestan, tous très proches des positions anti-collaborationnistes [2] des Amis de Durruti.

Pendant la Seconde Guerre mondiale il se réfugie en Suisse dans la maison familiale de son épouse. Une fois la Guerre finie, il retourne en France et collabore au Libertaire. Il refusera la transformation de la Fédération anarchiste en Fédération communiste libertaire. Il se lie au noyau de militants qui reprennent le sigle F.A et qui publie Le Monde libertaire à partir de 1954. Atteint de la maladie de Parkinson au début des années soixante, il s’éteint le 13 novembre 1968.

Notes:

[1] Solidarité ouvrière (note du traducteur),

[2] désigne la tendances des militants cénétistes opposés à la participation de la CNT au gouvernement de Front populaire (note du traducteur).

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