La lutte de 25000 ouvriers du caoutchouc à Akron (1913)

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Publié dans L’Humanité du 28 juin 1913.

akron

Ces temps derniers, les Etats-Unis ont vu. ‘toute une série de grandes grèves aux péripéties dramatiques. Successivement ce furent les luttes émouvantes de Lawrence; de Paterson, dans le New- Jersey; de la Virginie occidentale enfin, où la bataille des mineurs continue et est suivie avec un intérêt passionné par tout la prolétariat des Etats-Unis.

Moins tragique, mais cependant d’un haut intérêt, a été la grande grève des ouvriers du caoutchouc de la maison Goodrich and Co, à Akron, dansl’Ohio.

800 pour cent de bénéfice !

D’immenses usines y ont été construites, qui couvrent 75 arpents et n’occupent pas moins de 25,000 ouvriers. Les hauts barons du caoutchouc, auxquels elles appartiennent, ont réalisé des bénéfices formidables dans ces dernières années: leurs dividendes atteignent jusqu’à 800 pour cent en 1912 ! En revanche, les salaires des ouvriers sont restés misérables.

Organisés par les militants socialistes de cet ardent Etat de l’Ohio, et notamment par les camarades Midney et Bessemer, sous les auspices de l’organisation économique révolutionnaire les « Industrial Workers of the World », les ouvriers de Akron soumirent leurs revendications à leurs patrons. Ils se heurtèrent à un refus orgueilleux et brutal. Ils décidèrent alors de déclarer la grève, au nombre de 18,000, puis de 20,000, réclamant: 1° la journée de 8 heures; 2° la suppression du travail aux pièces; 3° la suppression du système Taylor; 4° une augmentation de 25 % des salaires.

La grève se déroula pacifique et formidable, donnant lieu à de magnifiques démonstrations.

Spirituelle réponse ouvrière

Au bout de plusieurs semaines, le directeur général des usines, M. Shaw, déclara, suivant le refrain, connu « que si cette grève continuait plus longtemps, les patrons transporteraient ailleurs leur industrie. »

Loin de se laisser intimider par cette menace classique, un certain nombre de jeunes ouvriers grévistes ainsi que le montre notre cliché y firent la réponse la plus spirituelle en promenant à travers la ville de vastes pancartes portant ces mots:

On demande de l’aide pour transporter l’usine Goodrich. Oh Shaw !̃

La dernière exclamation a un sens ironique bien anglo-saxon.

Ajoutons qu’après cinq-semaines de lutte cette grève s’est terminée par un compromis dans lequel les ouvriers ont obtenu dans une large mesure satisfaction.

J.-L

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