Notre programme (La Nouvelle Internationale, 1917)

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Centenaire 1914-1918

Extrait du premier numéro de la Nouvelle Internationale (1er mai 1917) publié dans La Revue de la presse (Genève). La Nouvelle Internationale, journal des des ouvriers socialistes internationalistes, fut fondée à Genève par Charles Hubacher et Henri Guilbeaux.

On dit couramment que le socialisme a fait faillite; nous  protestons contre cette affirmation. La doctrine socialiste  demeure intégrale; il importe de ne pas confondre le  socialisme et les socialistes qui ont participé à la guerre et  appuyé les gouvernements, substituant ainsi à la « lutte de  classes», la « collaboration de classes ». Nous reprenons  donc le programme socialiste, tel qu’il a été à nouveau  défini et précisé aux deux conférences de Zimmerwald et  de Kienthal et nous travaillerons à constituer la nouvelle  Internationale d’où sera systématiquement bannie la politique opportuniste et les formules équivoques. Ce qui importe avant tout aujourd’hui, c’est la netteté et la clarté  des idées socialistes: faute de quoi la masse se détournera  du socialisme.

Socialistes internationalistes et zimmerwaldiens conséquents, nous marcherons la main dans la main avec les  socialistes révolutionnaires de tous les pays: avec nos  camarades révolutionnaires russes et en particulier avec  ceux du parti social-démocrate ouvrier et du groupe socialiste internationaliste: «Notre Parole»; avec Karl Liebknecht, Rosa Luxembourg, les groupes Spartacus et les  groupes d’opposition radicale de Brême et de Hambourg;  avec nos camarades suédois exclus récemment du parti par les social-patriotes et qui vont constituer dans le courant  de ce mois un nouveau parti socialiste vraiment internationaliste et radical; avec nos camarades marxistes de  Hollande qui luttent aussi contre les social-patriotes car  cette espèce sévit autant dans les pays neutres que dans  les pays belligérants! ; avec nos camarades français du  « Comité pour la reprise des relations internationales » et  de la « Vie ouvrière », combattus plus encore par les social- patriotes qui furent les agents les plus actifs du tsarisme  et les champions les plus fanatiques de la guerre, que par  les partis bourgeois; avec nos camarades d’Italie qui ont  lutté courageusement contre la guerre et dont l’organe  l’ « Avanti » n’a pas cessé un jour la lutte révolutionnaire  et internationale; avec tous les camarades de partout restés  socialistes révolutionnaires et internationalistes.

Voilà pourquoi nous fondons la « Nouvelle Internationale »,  journal des ouvriers socialistes internationalistes.

Sans titre-1

gravure parue dans la « Nouvelle Internationale » du 1er mai 1919

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