L’arrestation de Lucien Weitz en 1939

by

Le 25  juillet 1939, le journal La Jeune Garde, organe des Jeunesses socialises ouvrières et paysannes est perquisitionné et Lucien Weitz est arrêté pour un article « qui incitait les militaires la désobéissance, dans un but de propagande anarchiste ». La quatrième chambre correctionnelle le condamne le 22 septembre 1939 à deux ans de prison et 500 francs d’amende.

Jean Zyromski ajoute un post-scriptum à sa tribune dans le Populaire du 10 août 1939:

Je suis en désaccord total, absolu, avec les conceptions de politique internationale du Parti Socialiste Ouvrier et Paysan. Mais je tiens à élever ma protestation contre l’incarcération de Weitz et aussi à affirmer publiquement ma conviction de l’honorabilité et de la loyauté entière de Marceau Pivert, militant désintéressé depuis toujours.

Dans son journal du 11 août 1939, George Orwell note:

Various arrests in France in connection with anti-war & anti-imperialist activities include Lucien Weitz & R. Louzon.

La Révolution prolétarienne défend énergiquement l’accusé:

POUR UN ARTICLE DE JOURNAL WEITZ EST ARRETE PREVENTIVEMENT ET MIS AU DROIT COMMUN !

Pour la première fois en France, depuis des temps immémoriaux, une arrestation préventive a eu lieu pour délit de presse : celle du camarade Lucien Weitz poursuivi pour un article de la Jeune Garde, l’organe des jeunesses du Parti socialiste ouvrier et paysan.

L’inculpation est celle rituelle de « provocation de militaires à la désobéissance dans un but de propagande anarchiste », — bien qu’aucune phrase de l’article ne s’adresse à des militaires et que le Parti socialiste ouvrier et paysan auquel appartient Weitz n’ait rien d’anarchiste, étant un parti électoral.

L’arrestation préventive de Weitz, contrairement à toutes les traditions, sa mise au régime de droit commun, contrairement non seulement aux traditions républicaines mais à celles de l’Empire, montrent à quel point est déjà parvenue la fascistisation de la France. Après avoir emprunté à Napoléon-le-Petit le système des décrets-lois, Daladier retire aux défenseurs de la liberté le régime d’humanité que celui-ci leur avait accordé.

Nous sommes tombés plus bas que sous l’Empire !

La Révolution prolétarienne, 10 août 1939.

Étiquettes :


%d blogueurs aiment cette page :