Les manifestations au Venezuela

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Traduction d’un article paru dans News & letters (Chicago, N° de mars-avril 2014).

Cela a commencé par une petite manifestation étudiante, début février, contre une agression sexuelle sur le campus universitaire dans l’État de Tachira, que le gouvernement a reprimée et qui s’est propagée à d’autres villes et campus, là aussi avec répression et arrestations d’étudiants. Saisissant l’opportunité, une partie de l’opposition de droite a appelé à de nouvelles manifs et demandé que le président Maduro, qui a pris ses fonctions après la mort d’Hugo Chavez, soit démis de celles-ci. On peut considérer qu’il s’agit d’une tentative de prise en charge par la fraction la plus agressive de la droite. Les uns et les autres se sont accusés d’être responsables des manifs, des arrestations et des morts.

Contradictions socio-économiques

Un certains nombre de facteurs ont permis à l’opposition de droite de mobiliser dans sa tentative de détruire les transformations sociales produites au Venezuela depuis l’élections de Chavez en 1999. Le plus important a été l’actuelle situation socio-économique: une pénurie des produits de base comme le lait, l’huile, le sucre, la margarine, la farine de maïs; l’insuffisance de services publics élémentaires décents dans de nombreux domaines, l’imposition de nouvelles mesures d’austérité qui risquent de s’aggraver, l’insécurité dans les rues.

Selon les chiffres officiels, plus de 9 millions de personnes, soit un tiers de la population, vivent dans la pauvreté. presque les 3/4 des travailleurs du secteur public gagnent des salaires inférieurs aux besoins élémentaires du coût de la vie et les familles ont besoin de plus de deux salaires minimums. Il n’y a que dans l’armée où les salaires augmentent plus que l’inflation.

Une gauche révolutionnaire nécessaire

Tout cela a fait douter du projet de Chavez de construire un socialisme du 21ème siècle au sein du capitalisme. La droite réactionnaire, avec les États-Unis, souhaiterait utiliser les contradictions de ce projet pour revenir à un capitalisme purement libéral. Le problème n’est cependant pas ce que la droite fera pour tenter de détruire quelques avancées progressistes, mais de savoir si une gauche révolutionnaire des travailleurs, des jeunes et des mouvements populaires peut sauver le socialisme d’un projet réformiste à tendances capitalistes d’État, et le déplacer constamment vers la révolution. Pour cela, le mouvement aura besoin d’aller au-delà de la division stérile créée tant par le gouvernement que par l’opposition.

Eugene Walker

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