Karl Marx, homme, penseur et révolutionnaire (Riazanov, 1928)

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Début de la Préface:

Le but de ce recueil est de donner aux ouvriers une idée de Karl Marx, homme, penseur et révolutionnaire. On trouverait difficilement dans l’histoire du monde une autre figure réunissant dans une unité aussi harmonieuse un vaste génie, la concentration de la pensée théorique sur la compréhension du monde bourgeois, la haine inextinguible de cette dernière forme de l’exploitation de l’homme par l’homme et l’incessante aspiration à détruire ce monde de l’exploitation, à le transformer révolutionnairement de fond en comble. Karl Marx fut aussi un homme auquel rien de ce qui est humain n’est étranger. Il cachait, sous un air parfois rude, un amour infini pour tous les travailleurs, pour tous les opprimés.

Pour se faire d’un homme l’idée la plus vivante, rien ne vaut l’observation directe de son activité. Plus il s’interpose d’intermédiaires entre l’image vivante de l’homme et sa dernière copie, plus l’image devient abstraite et s’affaiblit. La première image photographique est toujours plus nette que toutes ses reproductions ultérieures. Aussi me suis-je efforcé de faire revivre Marx en groupant autant que possible dans ce recueil les impressions de ses plus proches amis, acquises au cours d’un commerce tout à fait intime avec lui.

C’est Marx lui-même, le théoricien du prolétariat et défenseur inlassable de ses intérêts qui prend le premier la parole. On trouvera d’abord l’article consacré par Marx à la mémoire des combattants de juin, à la mémoire du grand nombre de héros du prolétariat tombés sur les barricades de Paris, en juin 1848. Par la vigueur, l’énergie concentrée et la passion ardente avec laquelle Marx flagelle la bourgeoisie, cet article appartient au meilleur de ce que nous a légué ce cerveau génial. On n’y peut comparer que quelques pages de la Guerre civile en France.

Cet article est suivi du discours  — qu’il m’a été donné de trouver  — prononcé par Marx le 14 avril 1856 à la fête organisée par les chartistes en l’honneur du quatrième anniversaire de la création de leur organe central le Journal du Peuple. Marx était un des principaux collaborateurs de cet organe. Sous une forme d’une concision étonnante, il fit, à cette occasion, un tableau des révolutions de 1848 et du rôle historique du prolétariat. Ce discours montre avec quelques autres qu’il y a lieu de recueillir, qu’à la différence d’Engels, Marx ne fut pas seulement un écrivain mais aussi un orateur auquel des conditions d’existence défavorables ne permirent pas de déployer son talent.

Ce recueil s’ouvre par deux biographies écrites d’une part par son meilleur compagnon d’armes et ami, Frédéric Engels, et d’autre part par sa fille Eléonore. Engels écrivit la première du vivant de Marx pour les ouvriers allemands. Elle fut publiée dans l’Almanach populaire de Bracke en 1878. C’est à la fois une rapide esquisse biographique du maître et une caractéristique excellente du penseur et du révolutionnaire. Cet article est complété par la lettre d’Engels à Sorge écrite au lendemain de la mort de Marx et par le discours que prononça Engels sur la tombe de Marx le 17 mars 1883. Lettre et discours ajoutent au portrait de Marx de nouvelles touches.

Le court essai biographique écrit par Eléonore Marx quelques jours après la mort de son père répète par endroits celui d’Engels. Mais Eléonore Marx, écrivant pour les ouvriers anglais, souligna plus d’un fait laissé dans l’ombre par Engels. En outre, elle donne divers détails intéressants sur la jeunesse de Marx, détails qu’elle tient de sa mère et que nous ne trouvons dans aucune autre biographie.

Les articles consacrés au penseur et au théoricien du prolétariat débutent par celui de G. Plékhanov. Ces pages furent écrites à l’époque où l’activité littéraire de Plékhanov avait atteint son apogée, à l’occasion du XX° annniversaire de la mort de Marx et furent publiées dans l’organe de la social-démocratie russe, l’Iskra, le 1er mars 1903. Elles montrent la portée internationale de l’oeuvre de Marx et particulièrement son importance pour le jeune mouvement ouvrier russe.

Puis c’est le brillant essai de Franz Mehring: « Marx et l’allégorie », dans lequel Mehring fait le portrait de Marx en tant que maître de la langue.

Rosa Luxembourg analyse l’importante question des causes de l’accalmie survenue à la fin du siècle dernier dans l’élaboration théorique du marxisme. La pratique de la révolution russe a montré qu’à chaque nouvelle étape supérieure franchie dans le développement de la lutte des classes le prolétariat découvre, dans l’inépuisable arsenal de la théorie marxiste, les armes nouvelles nécessaires à la nouvelle phase de sa lutte émancipatrice. C’est ainsi que, par exemple, la question du socialisme, étant soulevée comme un problème actuel, dont la solution ne nous préoccupe plus comme un « but final » lointain, mais comme la revendication de la réalité vivante, la théorie de Marx de la dictature du prolétariat s’en trouve avoir acquis soudain une importance éminente.(…)

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