Préface à « Heures maudites, journal de route d’un soldat de la guerre 1914-1915 »

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Centenaire 1914-1918

 [Antoine Guasson (1889-1969) a une notice dans le Maitron. Il est aussi l’auteur de Sourires mêlés de larmes de ma Corrèze : 1941-1944 (1955).]

Il y a quelques temps de cela, j’apprenais qu’un ancien combattant corrézien, A. Guasson, avait consigné dans un journal de route ses impressions de guerre dont la lecture impressionnait vivement ceux qui avaient le privilège de les connaître.

M’étant procuré le mansucrit, j’éprouvai en le lisant une émotion intense. Je n’avais, sur la guerre, jamais rien lu d’aussi poignant que ces pages où l’auteur, un ouvrier ajusteur, retrace avec une simplicité de ton, une sobriété d’expression peut-être inagalées, les misères, les souffrances, l’épuisement des premières victimes du drame.

La guerre avait donc trouvé une voix humaine, une voix ouvrière, pour crier ses horreurs. Et mon émotion se doublait d’une joie immense à l’idée que ce fidèle tableau du carnage nous donnait une arme de plus pour lutter contre la guerre.

A. Guasson est né à Tulle en 1889. Fils d’ouvriers, il prit contact à l’âge de treize ans avec l’usine. C’est donc, dans toute la force du terme, un manuel.

Dans ces pages, où l’on chercherait en vain le moindre effet littéraire, A. Chausson dit ce qu’il a vu de ses yeux et sentit de sa chair.

Vision échirante en même temps qu’écho lancinant de la souffrance de millions d’hommes sacrifiés qui, pourtant, « ne demandaient qu’à vivre, à conserver leur force et leur jeunesse », le « Journal de route » de A. Guasson nous fait toucher du doigt l’atroce réalité de la guerre.

Et son témoignage, toujours objectif, a une valeur historique inestimable.

Marcel BODY.

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