Ni patrie ni frontières N°46-47

by

Ni patrie ni frontières N°46-47
Increvables négationnistes !

Pour celles et ceux qui reprochent parfois à la revue NPNF son côté compilation de textes variés, Yves Coleman offre dans ce numéro double un long texte, développé chronologiquement, sur le négationnisme de gauche et d’extrême gauche en France, qui fait froid dans le dos. On y trouve le parcours de Paul Rassinier, militant à la SFIO (exclu en 1951) puis à la Fédération anarchiste (de 1954 à 1963) et collaborateur de l’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol sous le pseudonyme de Bermont, un Rassinier dont la nocivité est totalement sous-estimée en 1950 par des camarades comme Maurice Dommanget ou André Prudhommeaux. Même dans un milieu restreint soumis à la pression hostile, et donc porté à la solidarité entre ses membres, comme l’extrême gauche anti-stalinienne des années 50, il fallait être plus vigilant. Pas divinatoire sur l’évolution ultérieure d’un personnage, mais être plus attentif à ce qu’il écrivait déjà. Être vigilant est une nécessité. Il n’y a plus aucune excuse à ne pas l’être encore davantage aujourd’hui. D’ailleurs, l’antisémitisme d’aujourd’hui ne prend plus la peine d’être aussi sournois qu’aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, il ne risque probablement plus guère d’être toléré à gauche lorsqu’il remet en cause l’existence des chambres à gaz, mais il est partout présent, voire affiché, revendiqué : dans les manifs, les sites complotistes et pseudo-anti-impérialistes (et pas seulement ceux d’entre eux ouvertement soraliens), les spectacles, etc. Face à cela, nous sommes souvent dans une banalisation à l’opposé de la vigilance. Par exemple, quand il y a trois ans je mettais en garde des camarades à propos d’un Étienne Chouard qui avait notamment déclaré « je ne considère pas l’antisémitisme comme un crime en soi » , je me retrouvais taxé par l’un d’eux de diffamation et d’inquisition car ce personnage avait été « croisé dans les luttes anticapitalistes », et j’étais invité par un autre à ne pas semer la discorde … La contribution d’Yves Coleman, qui travaille depuis plusieurs années sur l’antisémitisme à gauche et les convergences rouges-brunes, participe à l’effort nécessaire de clarification, a fortiori en milieu militant.

S.J.

npnf4647

« Celui qui nie la réalité d’Auschwitz est celui-là même qui serait prêt à recommencer. » (Primo Levi)

 

Étiquettes :


%d blogueurs aiment cette page :