Appel du Comité exécutif du P.O.U.M. (1952)

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80ème anniversaire du P.O.U.M.

A la veille du congrès eucharistique de Barcelone, le gouvernement franquiste a déclenché une nouvelle vague de répression.

La police phalangiste de Barcelone, obéissant aux instructions de Madrid, a procédé ces jours derniers à un grand nombre d’arrestations dans les milieux de la résistance ouvrière catalane.

Les semaines antérieures, la répression a été dirigée contre la C.N.T. et le parti socialiste. Maintenant les franquistes sont passés à une attaque brutale contre le P.O.U.M., organisation socialiste révolutionnaire des travailleurs espagnols.

Jusqu’à présent trente militants de notre parti ont été arrêtés. Mais la répression — une répression impitoyable — se poursuit. Et les victimes, emprisonnées dans les cachots de la Préfecture Supérieure de Police de Barcelone, sont soumis à des tortures barbares.

Parmi les détenus se trouvent nos camarades David Rey, Manuel Alberich, Francisco Claramunt et A. Ortega, vieux militants du P.O.U.M. et de l’Union Générale des Travailleurs. David Rey, qui a aujourd’hui 63 ans et qui a été condamné à mort en 1939 par un tribunal militaire de Franco, a passé dix ans dans les prisons phalangistes et est une des figures les plus représentatives du mouvement ouvrier espagnol.

Il y a quelques jours le ministre de la Justice de Franco a annoncé qu’à l’occasion du congrès eucharistique de Barcelone, il serait accordé une large amnistie. Une fois de plus, les promesses de « clémence » des phalangistes se sont transformées en odieuses agressions contre les héros de la lutte clandestine pour la libération du peuple espagnol.

Les militants du P.O.U.M. incarcérés à Barcelone, contre lesquels se prépare un procès monstrueux, n’ont commis d’autre crime que celui de combattre, sous le drapeau du socialisme révolutionnaire, pour la défense des intérêts du prolétariat espagnol et contre la tyrannie totalitaire franquiste.

La nouvelle vague de répression répond à des objectifs bien précis. Le gouvernement de Franco tâche de transformer le Congrès eucharistique de Barcelone en une grande démonstration de propagande phalangiste. Et pour atteindre pleinement ce but il entreprend une tentative de destruction du mouvement de résistance à la dictature phalangiste.

Mais à présent, comme en d’autres occasions, la terreur n’empêchera pas le prolétariat de Barcelone de manifester clairement sa répulsion à la force de la tyrannie phalangiste.

En dénonçant ces faits devant l’opinion ouvrière et libérale de tous les pays, le P.O.U.M. réclame une action immédiate en faveur des emprisonnés de Barcelone et contre la recrudescence de la répression anti-ouvrière en Espagne.

Notre appel est une requête pressante à toutes les forces ouvrières du monde et en particulier aux grandes organisations politiques et syndicales du prolétariat qui disposent de moyens d’actions considérables.

La résistance ouvrière de Catalogne doit être protégée énergiquement par la solidarité internationale des travailleurs.

Contre le monstrueux procès de Barcelone !

Pour la libération de David Rey et des ses camarades !

A bas la terreur franquiste !

Paris, le 12 mai 1952.

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Congrès eucharistique de Barcelone en 1952

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