Archives d’un auteur

Réunion publique : Où va la Russie ?

5 mars 2016

Rencontre-débat avec les militants anti-autoritaires de Moscou : Ute Weinmann et Vlad Toupikine, sur la situation socio-politique et économique courante, les mouvements de protestation, la répression de la société civile, la situation des prisonniers politiques.

Samedi 12 mars à 18h
Librairie l’EDMP, 8 impasse Crozatier, 75012 Paris
Métro : Faidherbe-Chaligny ou Ledru-Rollin (ligne 8)

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Ni patrie ni frontières N°52-53

19 décembre 2015

Présentation du nouveau numéro de la revue NPNF:

Toutes nos pensées, toute notre solidarité, vont d’abord et avant tout aux victimes des massacres de Paris. A leurs familles et à leurs proches. A celles et ceux qui sont morts, comme à celles et ceux qui resteront traumatisés durablement par ces massacres pour les avoir vécus de près.

Ce numéro de Ni patrie ni frontières rassemble des textes de divers groupes et individus, écrits entre 2000 et 2015; et les autres dans les semaines suivant le 13 novembre 2015. Ce sont des contributions rédigées par des militants, pas par des spécialistes chevronnés du Proche et du Moyen-Orient. Ils contiennent donc sans aucun doute des erreurs factuelles, des jugements peu fondés ou des analyses qui sembleront contestables, voire parfois absurdes.

Malgré leurs faiblesses, il nous semble que, face à des questions aussi difficiles à appréhender, face aussi à notre colère, à nos peurs, à nos angoisses et à notre révolte contre ces massacres, leurs auteurs et l’idéologie politico-religieuse-totalitaire qui les sous-tend, il nous incombe aussi de stimuler la réflexion collective, quitte à tâtonner, quitte à se tromper. Tout vaut mieux que le repli sur soi, l’embrigadement nationaliste, raciste antimusulmans et/ou xénophobe, ou la répétition perpétuelle de vieux mantras gauchistes ineptes – et inaptes à nous faire comprendre la réalité actuelle.

L’idéal serait que nous arrivions un jour, à sortir des discours automatiques de l’extrême gauche, de l’ultragauche ou du mouvement libertaire (discours automatiques dont nous présentons aussi quelques échantillons dans ce numéro), à pouvoir parler enfin un langage compréhensible par toutes et tous et à fixer des perspectives concrètes pour tous les exploités. Pas simplement des discours ronflants ou des appels abstraits à la «guerre de classe ».

Pour cela un débat long et approfondi s’impose… du moins pour celles et ceux qui ne se sont pas délibérément emmurés dans leurs certitudes marxistes, anarchistes, «ultragauches», etc., et préfèrent les dialogues, fussent-ils vifs entre camarades, aux monologues empreints de suffisance et d’autosatisfaction.

Chiche ?

Auteurs ou collectifs (dont les textes ont été repris et/ou traduits de divers sites Internet):

Alliance for Workers Liberty, Clive Bradley, Ceux qui veulent le pays pour tous, Matt Cooper, Nicolas Dessaux, Colin Foster, Jacques Guigou, Groupe Salvador Segui (FA), Mansoor Hekmat, Initiative communiste ouvrière, Stéphane Julien, Stuart Jordan, Sarah Ley, Houzan Mahmood, Yasmine Mather, Sean Matgamma, Ardeshir Mehrad, Mouvement communiste, Maryam Namazie, Parti communiste international, Patsy, Pierre Rousset et François Sabado, Regroupement révolutionnaire caennais, Charlie Salmon, Martin Thomas, Temps critiques, Vickim, Jacques Wajnsztejn et Stephen Wood

N° ISSN : 1637-3103 Prix: 12 euros

Organisation et parti (Lefort)

15 mai 2015

Brochure de Démocratie communiste revue et remaquettée, téléchargeable au format pdf. Signalons que Démocratie Communiste (Luxemburgiste) animera un débat sur le thème : « Nationalisme, souverainisme, dérives identitaires : les travailleurs face au repli », à la fête de LO ce dimanche 24 mai 2015.

Ce texte, publié en novembre 1958 dans le n°26 de la revue Socialisme ou Barbarie, accompagna le retrait de Claude Lefort et d’autres militants, qui fondèrent alors Informations et liaisons ouvrières (ILO). Il est repris en 1971 dans le recueil Éléments d’une critique de la bureaucratie (réédition Tel, Gallimard, 1979, p. 98). Nous reproduisons ici la version originale telle que publiée dans la revue, légèrement différente de la réédition.

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cliquer pour ouvrir le pdf

Textes de Claude Lefort:

Critique sociale N°34

9 février 2015

Le numéro 34 de Cri­tique Sociale (février/mars 2015) est dis­po­nible au for­mat PDF.

Au som­maire :

CS34couverture

cliquer sur l’image pour ouvrir le pdf externe

Pour écrire à Critique sociale: contact — @ — critique-sociale.info

Liberate the Iraqi Women Detained by Daesh

4 décembre 2014

On June 10, the occupation of the city of Mosul started a new chapter of women’s suffering in Iraq. Daesh (ISIS) reawakened the ancient tribal habits of claiming women as spoils of war. While most of the detained thousands of women were from religious minorities such as Yezidies, there were also hundreds of Turkmen Shia, Shebek and Christians.

The international campaign against Daesh negotiates further militarization of the war lords in Iraq, and blind-bombing of Iraqi cities, and the local Iraqi and Kurdish governments applaud and receive. None of them are concerned with the enslavement of more than five thousand woman who are being bought and sold in broad day-light in Mosul, Raqqa and other « Islamic State » cities.

Around a hundred women were liberated by money paid to Daesh fighters by volunteering individuals, to go to their homes and find out that their patriarchal tribes no longer desired to see them. The Iraqi government officials do not find the fate of thousands of tormented women as a priority, and do not address the urgency of protecting and caring for them to the public at large. They continue to stick to their patriarchal positions which view women as private property which is of no more use to the men of the tribe once they were « used » by others. The Iraqi government officials have not yet stepped into an era of regarding women as citizens whose protection is the responsibility of the state, and do not see the need to address the mass sexual torture of their female citizens.

Neither does the international community which seems to be ruled by patriarchs who choose to stand by the Iraqi government’s side by providing further military arms and bombing only, as if further militarization ever brought peace to Iraq.

We in the Organization of Women’s Freedom in Iraq have taken a strong position against trafficking of women for many years, but are finding ourselves living the days of watching our sisters endure sexual slavery with no solution at hand other than commissioning individuals to buy the women out of slavery.

The day comes when negotiation with Daesh towards liberating thousands of women from sexual slavery has come, and we cannot wait many years for Daesh’s destruction while our sisters endure sexual torture. OWFI begins to find ways to liberate women from Daesh’s detainment in all possible means, and plans to open a shelter for those who are rejected by their tribes.

Eleven years of cartoonish state-building in Iraq left the women unprotected, humiliated, and on their own. OWFI will continue to create the model of protection, empowerment, and nurturing of the victims of wars on Iraq, whether the state allows it or not.

With the help of the freedom-lovers around the world, we continue to survive the ongoing attacks on our society, and we will strive to be the model of a humane and egalitarian future.

Shame on all those who empowered a state which gave way to Daesh and never-ending sectarian massacres.

Long live the free women of Iraq
Down with Daesh and all the creators of Daesh

Yanar Mohammed
(Organization of Women’s Freedom in Iraq, Dec 4 – 2014)

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MARTÍ, Ada (1915-1960)

29 juillet 2013

María de la Concepción Martí Fuster, conocida como Ada Martí, nació en Barcelona el 1 de julio de 1915, en el seno de una familia de clase media. Anarquista, intelectual cultísima y escritora con gran facilidad de expresión, tanto en castellano como en catalán. Universitaria. Dirigente de la Federación Estudiantil de Conciencias Libres. Militante de Mujeres Libres. Impresionó y sedujo a los jóvenes de su generación por su belleza, su inteligencia, sus amplias lecturas, su culta conversación, su pasión intelectual, su larga cabellera negra y su blanca vestimenta.

Había sido herida en los hechos de octubre de 1934, en la defensa del CADCI, junto a Jaume Compte. Citaba con maestría y profundo conocimiento a Kierkegaard, Unamuno, Freud, Reich, Romand Rolland, Gide, Rabelais… Se carteaba con Pío Baroja, a quien consideraba su maestro. En 1936 (abril y octubre)publicó dos relatos en la serie de La Novela Ideal, publicada por las ediciones de La Revista Blanca.

Vivía en Poble Sec, en un habitación llena de libros. Asidua asistente a las tertulias, que todas las tardes se celebraban en el cuarto piso de la Casa CNT-FAI, organizadas por González Pacheco, fundador del Teatro del Pueblo, en las que intervenían frecuentemente, cebando el mate, Simón Radowitzki, Vicente Tomé, Antonio Casanova (fundador de la FORA argentina), su amiga Dolores (Eva) Cascante y otros. En esas tertulias, Ada se enamoró de Lunazzi, miliciano de la Columna Durruti, con quien rompió tajantemente su relación el día que lo vio vestido de militar.

A finales de 1937 intervino en el congreso, reunido en Valencia, donde se fundó la Federación Ibérica de Estudiantes Revolucionarios (FIER), que publicó la revista Fuego, dirigida por Ada. Se enfrentó a las manipulaciones de Serafín Aliaga del Comité Peninsular de la Federación Ibérica de Juventudes Libertarias (FIJL), porque ella consideraba que la FIER no debía ser una especie de cenáculo de inútiles discusiones filosóficas, sino una activa organización a la vez específica y sindical.

Destacó en la enorme obra cultural realizada por los Institutos Obreros, que tenían por objetivo facilitar estudios superiores a jóvenes obreros, aunque su duración fue muy limitada, desde el 20 de diciembre de 1937 hasta la ofensiva franquista en Aragón, con el alistamiento de muchos de aquellos jóvenes.

Ada publicó, durante la Guerra civil, numerosos artículos en las publicaciones más diversas: Estudios, Evolución, Esfuerzo, Ruta, El Amigo del Pueblo (órgano de Los Amigos de Durruti), Libre Estudio, Tierra y Libertad, Nosotros (de la FAI de Valencia), Mujeres Libres, Acracia, el número único de Fuego, etcétera…

Ada fue tan inconstante y voluble con sus amantes, como intransigente y radical en las ideas. Durante la guerra mantuvo posiciones anticolaboracionistas, que le valieron el apelativo de “piel roja”. Inconformista e iconoclasta, rechazó el culto a la personalidad, y escribió un artículo contra la deificación de San Durruti y San Francisco Ascaso. Su serie de artículos sobre el papel de la mujer en la revolución, publicados en Libre Estudio, son a la vez provocadores y muy sensatos, situando a la mujer como persona que debe autoliberarse y educarse como individuo libre, más allá de su condición femenina.

 Desde muy joven se identificó con el nihilismo y el pesimismo existencial, bebido en Schopenhauer y en Nietzche. Afirmó que “el anarquismo es como el silencio: en cuanto se habla de él, se le niega”.

Durante la Segunda Guerra Mundial llevó una vida nómada y semiclandestina, intentando ayudar a los refugiados españoles, organizada en distintas agrupaciones, sin participar nunca en la Resistencia francesa, que consideraba demasiado nacionalista. Una dolorosa infamia, nunca aclarada suficientemente; quizás su negativa a colaborar con los estalinistas (los asesinos de la revolución en España) en la lucha contra los nazis; quizás porque su vida sexual, sin tabúes ni normas, era insoportable para la moral cenetista en vigor; le impidió reingresar en 1946 en la CNT, pese a los avales incondicionales de Antonio García Birlán (“Dionisios”) y de Gaston Leval. Otra dolorosa ruptura. La libertad se pagaba con el aislamiento.

Lectora voraz, se interesó por el existencialismo de la bohemia parisina de postguerra: el café Flora y Edith Piaff, recomendando en sus cartas la lectura de Sartre, Camus, Beauvoir, Bréton, René Guénon, Robert Brasillach (fusilado por colaboracionista), el polaco Milosh, el maestro Eckhart, taoísmo, Ernest de Gegenbach, Mazo de la Roche…

En 1946 certificó el antifascismo de su amiga Dolores (Eva) Cascante, residente en Viena, atendiendo a una angustiosa llamada de auxilio de su amiga, que en 1943 había viajado a Berlín, acompañada de un oficial nazi del que se había enamorado. Las perturbadoras cartas de Eva registran, además del culto compartido por la literatura, a una íntima relación personal, que más allá de la amistad y del enamoramiento mutuo, apuntan a una especie de “tiranía” sentimental, fundamentada en la conjura de ambas por ser absolutamente libres, superando cualquier moral cristiana de carácter represivo o posesivo; lo cual parece implicar la obligación “que tiene” Ada de ayudar a Eva en todo lo que le pida. Ada y Eva se complacían en el difícil arte de la seducción, obsequiando a sus esporádicos amantes una experiencia inolvidable y extraordinaria, que las satisfacía y realizaba. Abel Paz, en las páginas 167 y 168 de su libro Entre la niebla, narra magistralmente su breve romance de una noche con Eva, en el Burdeos de 1941.

La intensa vida amorosa de Ada aborrecía la idea de matrimonio, pero incoherentemente se casó con un profesor y escritor danés, padre de su hijo Frederic, nacido en febrero de 1948. En septiembre de ese mismo año se divorció y obtuvo la tutela del niño, pese a la oposición del padre, que desde entonces se desinteresó completamente. En los años cincuenta, Ada fijó su residencia en París.

El 30 de noviembre de 1950 escribió a su amiga Adora (Adoración Sánchez): “la lucha por la vida material da al traste con cuanto pudo haber en mí, antaño, de transmisible. Sólo me queda sensibilidad para sufrir”. El alejamiento de su hijo, al que no podía ver, porque no tenía dinero para costearse el viaje al internado donde estaba, le atormentaban hasta la desesperación: “¡Para qué tener hijos si no se pueden tener junto a sí!”. Era muy consciente de su carácter generoso, que contrastaba con su incapacidad para pedir o recibir cualquier ayuda personal. La torpeza e ineficacia para enfrentarse a los problemas de la vida cotidiana y el horizonte de una lenta muerte interior, en vida, se enseñoreaban de su ánimo: “todo lo esencial, lo único realmente importante, parece haber muerto en mí”; y también este tenebroso símil musical: “Las cuerdas rotas, no vibra el arpa”.

Se enamoró del ruso Boris, librero con cierto desahogo económico, con quien compartió piso en el boulevard Raspail. Boris le compró una “boîte” a orillas del Sena y contrató una “femme de menage”. Con la solución de los problemas domésticos volvieron la alegría y las ganas de vivir. En sus desplazamientos para comprar libros se reencontró en Toulouse a Ginés Alonso, vieja amistad y efímero amante barcelonés de los tiempos de la guerra, con quien desde entonces mantuvo una correspondencia intermitente. Boris también le dio una hija, Claudia, nacida en 1953, que pareció romper su frágil equilibrio. Boris marchó. De nuevo los problemas cotidianos se convirtieron en una insoportable tortura. Las pesadillas y el insomnio lo complicaban todo.

En agosto de 1956 su amiga Ana Sánchez, residente en Barcelona, la visitó en París, al tiempo que consultaba a un especialista por sus problemas cardíacos. Ada, en opinión de su amiga, vestía descuidadamente ropas amplias y masculinas. Ahora vivía en Saint Germain des Prés, con Roland, un contable culto y educado. Los niños vivían en un pensionado. Ada le pidió sorpresivamente a Ana que adoptara a sus dos hijos, organizándole una bronca por su negativa temporal. Al día siguiente le simuló un falso intento de suicidio. Ana regresó desilusionada a Barcelona: su mito de juventud se había roto. Roland también marchó.

En el otoño de 1957 Abel Paz la encontró casualmente en su puesto de bouquiniste.  Ahora Ada vivía con el exiliado húngaro Georges Villa, en un lúgubre y oscuro apartamento, sito en el 115 de Notre Dame des Champs, muy cerca del boulevard Montparnasse. Pocos muebles y muchos proyectos literarios frustrados. Sus hijos continuaban en un pensionado. Su trabajo como vendedora de libros de ocasión (“bouquiniste”) a orillas del Sena, con un cajón (boîte) repleto de literatura española, en el Quai des Grandes Augustins, junto al Pont Neuf, apenas daba para sobrevivir.

En su correspondencia, Ada acumuló y arrastró a la nostalgia de la familia y la tierra, la tristeza de una desgraciada vida familiar y el alejamiento de sus hijos. La infinita angustia, causada por la derrota y el desarraigo del exilio, sumada a una deficiente alimentación, se manifestó en un omnipotente insomnio, que quebrantó aún más su siempre precaria salud. Se lamentó de la dolorosa pérdida sufrida en el uso y dominio del castellano y del catalán (su lengua materna) a causa de su plena inmersión en el francés. Vivió atormentada por la imposibilidad de dedicarse plenamente a la literatura, mientras tuviese que atender, siempre de forma muy apurada, a las necesidades económicas del pago del alquiler y del mantenimiento de sus dos hijos.

El 29 de agosto de 1959 fallecía su hijo Federico, que no se recuperó de la anestesia aplicada en una intervención quirúrgica de escaso riesgo. Brutal paradoja: su hijo no despertó; ella no podía dormir. Puso a su hija en un pensionado de monjas. Se sentía fracasada como escritora y realizó varios intentos de suicidio. La voz de su hijo la llamaba en sus pesadillas. Su autoanálisis era tan profundo como siniestro. En sus cartas explicaba lúcidamente que ella interpretaba la loca sublevación del poeta que rehúsa enfrentarse a la realidad y se evade, para regresar renacida después de cada intentona suicida, con más ansias de vivir que nunca antes. Decía a sus amigos que, en el recuerdo de esas fallidas tentativas, experimentaba una satisfactoria rebelión absoluta contra la opresión de una vida cargada de sufrimientos.

Su compañero Georges Villa se desvivía por cuidarla y protegerla. Murió el 1 de diciembre de 1960 a causa de una sobredosis de somníferos, tras una horrorosa noche de insomnio, delirios y ansiedad, que terminó con la ingesta de todas las pastillas que quedaban en el tubo, con el justo y apremiante objetivo de descansar. Sus últimas palabras fueron: “Sólo quiero dormir”.

            Asistieron al entierro (6 de diciembre) una treintena de amigos, entre los que se contaban muy pocos españoles o catalanes, como Carmen Quintana. Casi ninguno de ellos la había conocido durante su época de esplendor, en aquella Barcelona revolucionaria, tan lejana ya. Su hija Claudia fue recogida en un convento de monjas, sin que sus amigos pudieran hacer nada por evitarlo. Había desaparecido, quebrada, una de las mujeres más libres, sensibles y brillantes de su generación.

Abel Paz impulsó inmediatamente una recogida de materiales y correspondencia entre los conocidos y amigos de Ada, con vistas a elaborar una biografía que nunca llegó a publicar. Esta nota biográfica no hubiera sido posible sin ese excelente trabajo de investigación de Abel Paz.

Agustí Guillamón

ADA

André Prudhommeaux (1902-1968)

2 juillet 2013

Notice biographique par Agustín Guillamón publiée (en catalan) dans le numéro d’avril 2013 de Catalunya (revue de la CGT), traduite ici en espagnol par l’auteur.

Prudhommeaux, André (1902-1968) utilizó los seudónimos de Jean Cello y André Prunier. Nació el 15 de octubre de 1902 en el familisterio (asociación cooperativa basada en concepciones fourieristas) de Guise, en Aisne. Pasó su infancia en Guise, Nîmes, Sens y Versalles. En 1927, formó parte de Redressement Communiste, grupo de la Oposición (trotskista) dirigido por Albert Treint. En 1928, se casó con la suiza Dora Ris (conocida como Dori), con quien abrió en París una librería especializada en historia del movimiento obrero, La Librairie Ouvrière, que fue también lugar de encuentro y debate de la oposición comunista. Se aproximó al bordiguismo y al comunismo de consejos.

De 1929 a 1930 colaboró en L’ Ouvrier Communiste, órgano de los grupos obreros comunistas. En 1930, en un viaje a Berlín y Leipzig, contactó con el Kommunistische Arbeiter Partei (KAP) et l’Allgemeine Arbeiter-Union (AAU). Tradujo y publicó La respuesta a Lenin de Herman Gorter, texto consejista de crítica al leninismo. En 1931 se encargó de la dirección de una imprenta cooperativa en Nîmes y editó la revista Spartacus. De septiembre de 1932 a mayo de 1933 publicó, con Jean Dautry, Correspondance internationale ouvrière, novedosa experiencia militante, no sectaria, de una “información entre proletarios y para los proletarios”, fundamentada en una extensa red de informadores en Francia y en el extranjero.

Apoyó la campaña de defensa de Marinus Van der Lubbe, incendiario del Parlamento alemán (Reichstag), defendiendo la tesis de la acción individual autónoma, contra las calumnias estalinistas. Durante esta campaña se acercó al anarquismo, publicando artículos en La Revue Anarchiste y Le Semeur. En marzo de 1933, Le Libertaire interrumpió su serie de artículos, titulada « El orden reina en Alemania », porque el órgano de la Unión Anarquista (UA) no compartía su visión sobre el caso Van der Lubbe.

En 1934, André y Dori, durante una estancia en Alemania, fueron detenidos y expulsados del país. Ese mismo año, gracias a Lefeuvre, publicaron el folleto Spartacus y la Comuna de Berlín, 1918-1919. En mayo de 1934 fundó, con Volin, Terre libre, que se convirtió en 1937 en el órgano de la  Federación Anarquista en lengua Francesa (FAF).

En 1936, residió dos meses en Barcelona, donde publicó L’Espagne antifasciste, que en sus tres primeros números indicaba que era la edición francesa de Solidaridad Obrera, constando hasta el sexto que se editaba en Barcelona. En septiembre de 1936, al día siguiente de la formación del gobierno de Largo Caballero, publicó un artículo anónimo, titulado “La inutilidad del Gobierno”, en el que se afirmaba que “la existencia de un gobierno de Frente Popular, lejos de ser un elemento indispensable en “la lucha antifascista” significaba, en realidad, una limitación voluntaria de esa misma lucha”. La revolución social era imposible sin la desaparición del Estado. La publicación, considerada excesivamente molesta por los comités superiores de la CNT, desapareció en enero de 1937 porque dejaron de suministrarle papel. A modo de continuidad fundó y publicó, en Francia, L’Espagne nouvelle, que alternaba su aparición con Terre Libre, muy críticos ambos periódicos con la participación de la CNT en el gobierno.

En agosto de 1939, en el número 6 de Révision, se publicaron textos firmados por el “Grupo franco-español de Los Amigos de Durruti”, formado por exiliados militantes de Los Amigos de Durruti, disidentes del congreso de la Union Anarchiste (UA) y redactores de la revista Révision. Los militantes más activos eran Jaime Balius, Lucien Feuillade y Louis Mercier-Vega, que contaron siempre con el apoyo y solidaridad de André Prudhommeaux.

En septiembre de 1939 publicó un número triple de L’Espagne nouvelle, con el subtítulo de « L’Espagne indomptée », en el que aparecieron dos artículos de Balius, y otros firmados por A.P. (André Prudhommeaux), « Ridel », Hem Day, Malander y Ernestan, todos ellos muy próximos a las posiciones anticolaboracionistas de Los Amigos de Durruti.

Durante la Segunda guerra mundial se refugió en Suiza, en casa de la familia de su mujer. Finalizada la guerra mundial regresó a Francia, y colaboró en Le Libertaire. Rechazó la transformación de la FA en Fédération communiste libertaire. Se unió al núcleo de militantes que retomó la sigla FA, que publicó Monde libertaire a partir de 1954. Afectado de Parkinson a principios de los años sesenta, murió el 13 de noviembre de 1968.

Agustín Guillamón

Publicado (en catalán) en Catalunya

Òrgano de la anarcosindicalista CGT

Número 149 de abril 2013

Sección: “Diccionari militant”

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Le 18 mars en province (Guesde, 1877)

8 mai 2013

COMBIEN ignorent — même en France — non seulement ce qu’a été, mais s’il a existé un mouvement communaliste en province, correspondant au mouvement de Paris et l’appuyant, soit matériellement, soit moralement !

C’est cette lacune — dont il serait trop long d’exposer les causes multiples — que je vais essayer de combler, non pas sans doute aussi complètement que le mériterait cette page très consolante de notre histoire révolutionnaire — il faudrait pour cela des volumes — mais suffisamment pour réduire à néant les calomnies intéressées d’après lesquelles l’explosion ouvrière de 1871 n’aurait pas dépassé les fortifications de l’ex-capitale et aurait été désavouée, condamnée par le reste du pays.

I

Ce n’est que le 20, le 21 même dans certains départements, qu’on apprit les événements du 18, c’est-à-dire l’attaque nocturne des canons de Montmartre, la résistance victorieuse de la garde nationale et la retraite à Versailles du gouvernement de MM. Thiers, Jules Favre, Ernest Picard, Jules Simon, etc.

Dans cette dépêche — véritable chef-d’œuvre de mensonge — l’exécution des généraux Clément Thomas et Lecomte qui, outre qu’elle s’expliquait amplement par les antécédents et la conduite présente des « victimes », n’était, en réalité qu’un incident dû à l’exaspération populaire, cette double exécution, dis-je, était présentée comme une mesure réfléchie, ordonnée par le Comité central dont elle inaugurait et caractérisait en même temps l’avènement au pouvoir.

« L’armée de l’ordre », d’autre part, qui n’existait plus que sur le papier, était donnée comme forte de 40.000 hommes et comme en mesure de prendre immédiatement sa revanche d’un échec provisoire. Et malgré cela, sans attendre môme d’être renseigné sur les hommes, en majeure partie inconnus, qui siégeaient à l’hôtel de ville, Lyon d’abord, puis successivement Saint-Étienne, Le Creusot, Marseille, Toulouse, Narbonne et Limoges se soulevèrent aux cris de : Vive Paris ! A bas Versailles! et proclamèrent leur Commune Lyon, qui devait prendre de nouveau les armes le 30 avril et sceller cette fois de son sang sa solidarité révolutionnaire avec Paris, Lyon, par suite de la défection de ses radicaux bourgeois, fut réduit sans coup férir le 25 mars. Le Creusot, dont le maire était.un ouvrier, Dumay, eut le même sort le 26, et Saint-Étienne le 28. Marseille tint plus longtemps, jusqu’au 4 avril, et eut les honneurs d’un bombardement de douze heures, suivi des premières exécutions sommaires de prisonniers. Toulouse, qui, si elle avait seulement tenu une semaine, eût entraîné une insurrection générale de tout le Midi, et qui malheureusement avait compté sur son préfet, M. Duportal, exclusivement préoccupé de sauver sa préfecture, Toulouse succomba le 27, entraînant dans sa chute Narbonne, dont l’héroïque Digeon ne put, malgré la collaboration ardente de l’élément féminin, que prolonger jusqu’au 81 la résistance désormais inutile.

D’autres mouvements, à Perpignan le 25 mars, a Grenoble le 16 avril, à Bordeaux le 16, le 17 et le 18, à Périgueux le 12 et le 13, à Guers le 31, à Foix, à Varilhes, etc., tendant presque tous à empêcher le départ des soldats et des canons destinés au nouveau siège de Paris, n’eurent pas un meilleur résultat. Mais pour n’avoir pas réussi — nous dirons plus tard pourquoi — ces diverses tentatives armées n’en sont pas moins concluantes : elles témoignent que, dans les villes surtout, les revendications parisiennes étaient comprises et encouragées.

II

Dès le 23 mars, se souvenant de l’empressement avec lequel, en 1848, les gardes nationales de tous les points de France avaient apporté leur part de plomb contre les insurgés de Juin, l’Assemblée dite nationale invoqua le secours de ses électeurs départementaux contre ce qu’elle appelait « une poignée de factieux ».

Pour faire appel à vos courages — portait la proclamation au peuple et a l’armée — pour réclamer de vous une énergique assistance» vos représentants sont unanimes.

Le 24, une loi fut votée, par 449 voix contre 79, ainsi conçue :

Considérant que la représentation nationale est placée sous la sauvegarde de la France entière et que, dans les circonstances actuelles, le pays doit s’unir à l’armée pour repousser le désordre; L’Assemblée nationale décrète :

Chaque département tiendra à la disposition dix gouvernement un ou plusieurs bataillons de volontaires, choisis de préférence parmi les hommes ayant déjà servi dans l’armée, la marine ou la garde mobile, ou appartenant à la garde nationale.

De son côté, le ministre de l’Intérieur télégraphiait a ses préfets :

Une portion considérable de la population et de la garde mobile nationale de Paris sollicite le concours des départements pour le rétablissement de l’ordre. Formez et organisez des bataillons de volontaires pour répondre à cet appel et a celui de l’Assemblée nationale.

Et quel fut le résultat de ces appels aussi réitérés que désespérés? Les registres d’enrôlements ouverts dans toutes les préfectures ne donnèrent pas cent hommes par département. En vain la solde est-elle portée à 1 franc, à 1 fr. 50, plus les vivres de campagne; en vain y ajoute-t-on l’attrait irrésistible de l’épaulette; en vain menace-t-on de faire partir de force, au moyen d’une loi spéciale, ceux qui refusent de marcher de leur plein gré, les volontaires continuent à faire défaut, ou, s’ils se présentent, c’est, comme à Bayonne, « pour défendre la République contre ses ennemis, quels qu’ils fussent ou d’où qu’ils viennent », ou, comme à Besançon, le 4° bataillon de la garde nationale, pour « voler au premier signal au secours de Paris ».

Il en fut ainsi de tous les efforts du même genre qui furent tentés pendant toute la durée du siège et dont aucun n’aboutit. De telle sorte que l’on dut même renoncer à constituer a l’Assemblée la garde d’honneur dont elle avait fini pur se contenter, ainsi qu’il résulte de l’avis suivant publié par le Journal officiel à la date du 14 avril :

L’organisation de ce corps — recruté parmi les officiers de l’ancienne garde mobile — ayant rencontré des difficultés, l’administration informe messieurs les officiers qu’il ne sera plus reçu à l’avenir aucun engagement.

Pour se former une armée contre Paris, la réaction versaillaise fut obligée d’employer les moyens coercitifs en transportant en Afrique les régiments qui, comme le 88° de ligne et le 24° de chasseurs, refusèrent de se battre pour elle, ou en spéculant sur le « mal du pays » de nos prisonniers d’Allemagne qui n’étaient admis à rentrer que contre l’engagement de tourner contre leurs compatriotes la liberté et les armes qui leur étaient rendues.

III

Voila qui est clair, ce me semble, et achève d’indiquer de quel côté étaient les sympathies, les vœux de lu province, des campagnes.

La France départementale, cependant, ne s’en tint pas là; et c’est directement, explicitement, que, jusqu’à l’écrasement final, elle interviendra en faveur de Paris contre Versailles.

Pour ne rien dire des pétitions, toutes plus ou moins favorables à la cause pour laquelle Paris luttait et saignait, qui affluèrent a Versailles dès le 25 mars, et qui inspirèrent tant d’effroi a la majorité rurale que, d’une part, par sa circulaire du 23 avril, le « républicain » Dufaure ordonnait de déférer aux tribunaux leurs signataires pour crime de « conciliation » et que, de l’autre, les commissions municipales, dont elles émanaient en grande partie, furent jugées indignes de présider au renouvellement des conseils municipaux et eurent à céder en bloc la place aux anciennes municipalités de l’Empire d’avant le 4 Septembre, la seule fois où la parole fut donnée au pays, c’est-à-dire le 30 avril, le pays n’hésita pas à faire aux « insurgés » un rempart de ses votes,

Partout, en effet, le scrutin — de municipal qu’il était — fut élargi, transformé en un véritable plébiscite pour ou contre Paris, pour ou contre Versailles; et dans l’immense majorité do nos trente-six mille communes, ce fut Paris qui sortit triomphant des urnes, lorsque, comme à Rochefort, on ne trouva pas plus simple d’inscrire sur le bulletin de vote, aux lieu et place d’un nom de candidat, ce seul mot : « Commune de Paris. »

Aussi le lendemain de ce vote, presque inespéré, que voit-on?

1. Les nouveaux élus s’adressent a l’Assemblée versaillaise pour la sommer d’avoir a faire la paix avec Paris, a proclamer la République, à se dissoudre, son mandat étant expiré. Quant au chiffre do ces adresses, identiques dans le fond, sinon dans la forme, on en aura une idée lorsque l’on saura que dans un département, qui est loin d’être des plus avancé, dans l’Ardèche, de l’aveu du préfet, il se trouva dix-sept conseils municipaux pour les signer et les envoyer à qui de droit. Dans d’autres départements plus rouges, comme l’Hérault, par exemple, sur trois cents et quelques communes, c’est à peine si un tiers s’abstinrent.

2. Deux congrès — toujours de délégués des nouvelles représentations communales — furent décidés, « dans le but, disait le manifeste du comité d’initiative, de délibérer sur les mesures les plus propres a terminer la guerre civile, à assurer les franchises municipales et à consolider la République ». Celui de Bordeaux, fixé au 10 mai, et dit de la Ligue patriotique des villes républicaines, parce que les villes seules y étaient convoquées à raison d’un conseiller municipal par vingt mille habitants, n’eut pas lieu, il est vrai, à la suite d’une note menaçante du Journal officiel se terminant ainsi :

Les déclarations publiées en même temps que leur programme par les membres du comité d’organisation établissant que le but de l’association est de décider outre l’insurrection d’une part et le gouvernement et l’Assemblée de l’autre, et substituant ainsi l’autorité de la Ligue à celle de l’Assemblée nationale, le devoir du gouvernement est d’user des pouvoirs que lui confère la loi du 10 août 1838 (la dissolution par la force). C’est un devoir auquel on peut être assuré qu’il ne faillira pas. Il trahirait l’Assemblée, la France et la civilisation en laissant se constituer, à côté des pouvoirs réguliers issus du suffrage universel, les assises du communisme et de la rébellion.

Ici encore, le courage de la province ne fut pas à la hauteur de sa bonne volonté, quoiqu’il ne manquât pas de Journaux, comme les Droits de l’homme, de Montpellier, pour demander qu’on passât outre au veto gouvernemental et qu’on opposât la force à la force.

Le congrès de Lyon, dit des Municipalités, et ouvert à toutes les communes tant rurales qu’urbaines, fut tenu, lui, le 14, Versailles n’osant et ne pouvant rien «contre les vingt et quelques bataillons de la garde nationale du Rhône qui s’étaient offerts à le protéger contre toute violence. Et bien que la veille un télégramme mensonger eût été envoyé aux diverses municipalités de l’Allier, de la Gironde, des Alpes-Maritimes, de la Savoie, de la Drôme, etc., leur affirmant que le « congrès n’avait pas lieu », seize départements s’y firent représenter. Ce sont : l’Ardèche, les Bouches-du- Rhône, le Cher, la Drôme, le Gard, l’Hérault, l’Isère, la Loire» la Haute-Loire, la Nièvre, les Pyrénées-Orientales, le Rhône, Saône-et-Loire, la Savoie, le Var et Vaucluse. Il dura trois jours et voici la résolution qui fut adoptée à l’unanimité et portée à son adresse par cinq délégués :

Au chef du Pouvoir exécutif de la République française et à la Commune de Paris :

Les délégués, membres des conseils municipaux des seize départements réunis a Lyon,

Au nom des populations qu’ils représentent, affirment la République comme le seul gouvernement légitime et possible du pays, l’autonomie communale comme la seule base du gouvernement républicain, et demandent :

  • La cessation des hostilités;
  • La dissolution de l’Assemblée nationale dont le mandat est expiré, la paix étant signée;
  • La dissolution de la Commune;
  • Des élections municipales dans Paris;
  • Des élections pour une Constituante dans la France entière.

Dans le cas où ces résolutions seraient repoussées par l’Assemblée ou par la Commune, ils rendraient responsable devant la nation celui des deux combattants qui refusait et menacerait ainsi do donner à la guerre civile de nouveaux aliments.

Dans cette pièce — comme on le remarquera — la dissolution de la Commune n’est demandée qu’après la dissolution de l’Assemblée de Versailles : ce qui ne laisse pas que d’être signicatif.

3. Dans plusieurs départements, aux délégués expédiés à Lyon on ajouta des délégations particulières envoyées seulement a Versailles avec la mission d’arracher Paris au cercle de fer et de feu qui Pétreignait.

Celle de l’Hérault ne comptait pas moins de seize membres revêtus du mandat régulier de plus de cinquante conseils municipaux du département. A leur
départ de Montpellier, le 11, ils furent accompagnés à la gare par plus de 15.000 personnes criant : Vive Paris! Sauvez Paris ! Treize d’entre eux, malgré leurs protestations, furent arrêtés militairement à Saincaize, près Nevers, et gardés trois jours entiers en prison. Ce qui ne les empocha pas, aussitôt libres, de poursuivre leur voyage, mais ce qui fut cause qu’ils arrivèrent trop tard, lorsque déjà, entrés par trahison, les massacreurs de l’Ordre étaient maîtres de Montmartre et d’autres points stratégiques de la première importance.

Le projet de transaction dont ils étaient porteurs ne différait d’ailleurs guère de celui qui avait été arrêté par le congrès de Lyon, mais il insistait sur la réunion à Paris même de la nouvelle représentation nationale. Et le rapport qu’ils publièrent à leur retour, en pleine orgie de répression, devait, comme celui du congrès, être écrasant pour Versailles, convaincu de « n’avoir jamais voulu d’autre solution au conflit que celle du canon ».

À l’appui des sentiments communalistes de la France provincial, je devrais également citer les rapports adressés par les préfets et les présidents de Coms
d’appel à la fameuse Commission d’enquête sur les événements du 18 Mars. Étant donné la source peu suspecte dont ils émanent, ils suffiraient à eux seuls à trancher la question que j’ai voulu élucider.

La basse classe, notamment la classe ouvrière, faisait publiquement des vœux pour le triomphe de la Commune, écrit le président de la cour de Besançon.

Les agriculteurs y sont pauvres [dans les Basses Alpes] — écrit le président de la cour d’Aix — ils n’ont pas bougé, mais ils ont envoyé de nombreux émissaires à Marseille; où on a suivi avec anxiété les diverses péripéties et l’on n’attendait que la nouvelle d’un succès mieux assuré pour proclamer la Commune.

Le langage du président de la cour de Bourges n’est pas différent :

Je constate avec douleur que sur plusieurs points du ressort, et plus particulièrement dans le Cher et la Nièvre, l’exécrable tentative de la Commune a soulevé des sympathies et des espérances ardentes. A Vierzon, les vœux et les espérances étaient pour le succès de la Commune, on l’attendait…» etc.

Mais, si instructives que soient ces citations, je suis obligé de les interrompre. J’ai hâte d’arriver à un événement qui, mieux que quoi que ce soit, nous donnera la mesure des dispositions des départements — je veux parler des élections législatives complémentaires du 2 juillet.

A cette date, en effet, il y avait plus d’un mois que la Commune était tombée avec ses derniers défenseurs. La terreur était partout, par l’état de siège qui pesait sur quarante-deux départements, par les conseils de guerre qui commençaient leur sinistre besogne et par les pontons où continuaient à s’entasser les « suspects ». D’un autre côté, les vaincus, selon l’usage, étaient l’objet des calomnies les plus atroces déversées sur eux à flots par une presse immonde qui ne reculait môme pas devant des faux matériels. Et, cependant, sur les quarante-cinq départements qui, en dehors de celui de la Seine, furent appelés à voter, trente-deux se prononçaient à une immense majorité contre les vainqueurs, reprenant pour leur compte, sinon la totalité, nu moins une notable fraction des revendications parisiennes.

Sur les quatre-vingt-douze élus, soixante-seize, réunissant plus d’un million et demi de suffrages, étaient radicalement antiversaillais. Pour qu’on ne pût s’y tromper, en tête venaient : Lervouillat, un des délégués du congrès de Lyon, dans les salons de qui s’était tenu le congrès; Gazot, autre délégué du même congrès pour le Gard; Foucaud, de Bordeaux, que la démocratie girondine avait envoyé à Versailles protester contre le bombardement de Paris; Ordinaire, dont les agissements communalistes n’étaient ignorés de personne, etc.. Ailleurs, comme a Bourges, les candidats qui, dans leur profession de foi, avaient revendiqué « comme le principal honneur de leur vie ». leurs démarches en faveur de Paris, « n’étaient éloignés du succès que de deux à quatre mille voix ». Et le mandat de tous, auquel ils manquèrent d’ailleurs, portait expressément : amnistie pour tous les faits se rattachant à la Commune et dissolution de l’Assemblée qui venait de reprendre Paris sur les Parisiens.

IV

Il est donc absolument incontestable que, en 1871, il n’y a pas eu divorce entre la démocratie parisienne et la démocratie départementale, et que celle-ci, qui a pu manquer réellement d’énergie, était en masse favorable aux « fédérés ».

Tout ce que l’on peut dire, c’est que c’était, moins le côté socialiste que le côté politique de la Commune, c’est-à-dire sa revendication de la République et de l’autonomie communale, qui était acclamé par la province. Mais qui ne comprend que, ces deux points obtenus, les grandes villes où domine l’élément ouvrier, devenues maîtresses absolues de la force publique, de leur administration et de leur législation, la révolution économique n’eût plus été qu’une question de mois, sinon de semaines?

Que, maintenant, dans de pareilles conditions, complices comme ils l’étaient en majeure partie de Paris, les départements n’aient pas réussi, je ne dis pas à le faire triompher, mais seulement à le sauver, c’est ce qui, au premier abord, je l’avouerai, peut paraître inexplicable, et c’est ce que s’expliquent cependant aisément ceux qui ont été mêlés aux événements de cette époque.

Cet insuccès peut se ramener, à mon avis, à trois causes principales : C’est d’abord l’occupation de plus d’un tiers du territoire par les armées impériales et royales de Sa Majesté Guillaume — occupation qui paralysait les meilleurs citoyens et qui, à Paris même, faisait dire le 15 mars, par de futurs fédérés à celui qui écrit ces lignes, que la lutte, considérée d’ores et déjà par tous comme inévitable, ne s’engagerait pas, en tout cas, avant l’évacuation du territoire. N’eût été la crainte d’un retour offensif des troupes prussiennes, annoncé, qui plus est, à plusieurs reprises par les journaux de l’ordre, toute la vallée du Rhône, au moins, eût sauté comme un baril de poudre.

C’est ensuite l’attitude et le langage de l’extrême gauche de l’Assemblée de Versailles, des Louis Blanc et autres proscrits de la République de 48 et de l’Empire dont le prestige était encore intact, et qui ne cessaient de proclamer avec M. Thiers que la République n’était mise en péril que par les insurgés, et invoquaient à l’appui de leur assertion leur propre présence dans les rangs des bombardeurs de Paris. Que ces misérables — élus pour la plupart par la population parisienne — eussent dit un mot, fait un geste; qu’ils se fussent — comme c’était leur devoir de mandataire, et comme le leur demandait le Comité central républicain de Lot-et-Garonne — transportés collectivement dans l’ex-capitale, au milieu de leurs électeurs, en appelant à leur aide la démocratie des départements : et la prise d’armes eût été générale d’un bout de la France à l’autre; l’Assemblée, réduite à sa majorité monarchiste, eût été balayée en moins d’une semaine, presque sans effusion de sang.

Depuis le 4 Septembre enfin, sinon en droit, du moins en fait, par suite surtout du gouvernement central enfermé dans Paris, les communes douées de quelque initiative jouissaient de l’autonomie la plus complète. Là où les travailleurs étaient en majorité, ils s’étaient, comme à Cette, à Béziers, par exemple, emparés de la mairie, administrant, en qualité de commission municipale, la localité qu’ils dominaient encore en tant que garde nationale. Et sans se rendre compte qu’avec l’écrasement de Paris un pareil état de choses ne durerait pas, ne pouvait pas durer, on se demandait ce que à s’insurger on pourrait, môme victorieux, obtenir de plus que ce que l’on avait,

Il n’était pas jusqu’à la Commune qui ne favorisât cette disposition funeste en présentant la révolution accomplie le 18 mars comme exclusivement parisienne, municipale; en même temps que, par ses déclarations répétées que ses seules forces suffiraient à avoir raison de Versailles, elle retint l’arme au pied, une foule de braves gens qui se fussent fait, au contraire, un devoir d’intervenir à coups de fusil, si on leur avait dit franchement ce qu’il en était, c’est-à-dire que la victoire n’était possible qu’au prix de leur entrée en ligne.

Telles sont — je le répète — les raisons de la défaite d’un mouvement qui avait pour lui plus des deux tiers du pays, et il n’y en a pas d’autres. Messieurs les
conservateurs pourront s’en convaincre en temps et lieu.

(Die Zukunft, 1877.)

Hotel de Ville de St-Étienne le 24 mars 1871

Vive la famine ! (Guesde, 1885)

29 avril 2013

Publié dans le Cri du Peuple. Repris dans la brochure Le socialisme au jour le jour (1899) et dans La Révolution prolétarienne N°155 (juillet 1933).

C’est fait !

Par 308 voix contre 173 les élus du suffrage universel, gouvernement en tête, se sont portés au secours de la grande propriété terrienne, des Rothschild du sol, dont les « revenus » — selon l’expression ministérielle — vont être « augmentés » et garantis par un droit de trois francs par hectolitre sur les blés étrangers.

Peu importe que la France, en régime de propriété individuelle, ne produise pas le froment nécessaire à la nourriture de ses habitants, réduits encore par centaines de mille au pain noir de l’orge, sinon de l’ avoine. — On arrêtera à la frontière le pain blanc venu des Etats-Unis ou de l’Inde.

Peu importe que, sous l’action de la plus terrible des crises économiques, les salaires réduits ici et supprimés là rendent de plus en plus insoluble le problème de la vie ouvrière. — Le pain familial sera renchéri de 1 8 francs par an d’après M. Méline, de 25 à 30 francs d’après M. Duval, de 60 francs d’après M. Nadaud.

Vive la famine, du moment qu’organisée fiscalement elle peut seule rehausser le prix des fermages, c’est-à-dire sauver la rente foncière menacée par la concurrence céréalière américaine ou asiatique !

Le gouvernement a pour « devoir » — le mot a été dit — de protéger le travail national, lorsque ce travail est représenté par des nationaux qui ne travaillent pas, par la fainéantise possédante.

Il lui est au contraire interdit d’intervenir, son rôle de protecteur cesse, lorsque le travail national qui crie vers lui est représenté par les travailleurs eux-mêmes, par la classe ouvrière des villes et des campagnes.

Nul n’ignore, en effet, que si les revenus propriétaires, après s’être démesurément accrus pendant les trois premiers quarts de ce siècle, ont baissé depuis quelques années par suite de l’importation des produits agricoles du dehors, les salaires prolétariens ont été — et continuent à être — bien autrement affectés par l’envahissement de la main-d’œuvre étrangère.

C’est par dix-huit cent mille que se chiffrent les bras italiens, belges, allemands et espagnols qui à l’atelier et aux champs ont concurrencé ou remplacé les bras nationaux. Plus de travail pour nos salariés ou le travail au rabais !

Et quoique les victimes d’une pareille invasion n’aient jamais demandé l’exclusion de concurrents transformés en affameurs ; quoiqu’ils se soient bornés dans leur programme électoral, devant la commission d’enquête et ailleurs, à réclamer de la loi un tarif minimum au-dessous duquel il fût prohibé de faire travailler, ils se sont toujours vus repoussés avec perte, l’Etat ne pouvant pas s’immiscer dans le jeu naturel de l’ offre et de la demande.

Le laisser-faire, laisser-passer était un principe sacré, auquel — même pour arracher à la faim des milliers de femmes et d’enfants — il était défendu de toucher, parce que le principe, alors, se traduisait par Une réduction des prix de revient ou par un accroissement de profits pour les employeurs.

Il tombe en revanche au rang de simple « balançoire », et l’on se fait gloire de le balancer, dès qu’appliqué, non plus aux producteurs mais aux produits,il entraîne pour d’autres employeurs l’abaissement des prix de vente ou une réduction de bénéfices.

De même que la République en danger faisait à Rome suspendre toutes les lois, dans notre France capitaliste tout doit être sacrifié aux revenus du capital en danger.

Tout, même nos gouvernants, qui ne sont pas sans savoir quelle responsabilité ils ont assumée en se présentant d’id quelques mois, devant le pays électoral, comme « la République du pain cher ».

C’est leur mort politique que quelques-uns au moins viennent de signer — et qu’ils re-signeraient tous à l’occasion — pour satisfaire la gent capitaliste dont ils ne sont que les valets.

Pere_Lachaise_Guesde_Jules_Colombarium_

Tract 1er Mai du Réseau syndical international de solidarité et de luttes

29 avril 2013

Plus de soixante organisations de différents pays et de quatre continents ont participé à Paris à la Rencontre internationale du syndicalisme alternatif du 22 au 24 mars 2013. Nous, qui nous sommes réunis à Paris, nous optons pour un syndicalisme de confrontation, opposé au syndicalisme des pactes sociaux. Nous affirmons que la lutte est la seule voie vers la transformation sociale. Nous croyons à la démocratie directe, au syndicalisme assembléiste face au syndicalisme des états-majors bureaucratiques, à l’internationalisme, à la lutte internationale de la classe ouvrière et des opprimé-es.

À l’occasion de la célébration du 1er mai, la journée internationale de lutte de la classe ouvrière, nous déclarons que:

1) La crise-escroquerie économique, politique et sociale actuelle du système capitaliste pousse les travailleurs/ses et les peuples à la misère. Et elle devient une véritable catastrophe sociale dans de nombreux pays.

2) Les gouvernements et les institutions internationales appliquent des plans de guerre sociale et la catastrophe qui les accompagne contraste avec les aides multimillionnaires scandaleuses de ces gouvernements et institutions aux banques, avec des cas de corruption éhontée qui touchent les hiérarques du système.

3) On ne peut pas continuer ainsi. Les gouvernements, loin de tenir compte du rejet social, annoncent de nouvelles coupes sombres dans les emplois, les salaires et les aides sociales, de nouvelles privatisations et le pillage de pays entiers.

La défense des travailleurs/ses et des peuples exige une lutte résolue contre ce système qui conduit l’humanité à la barbarie et à la destruction de la planète. Elle exige d’abandonner toute illusion politique de concertation sociale avec les gouvernements qui mettent en œuvre ces plans de guerre sociale. Il n’y a pas de retour en arrière dans ce processus de lutte.

4) La classe ouvrière du monde et en particulier d’Europe qui mène aujourd’hui des combats décisifs contre les gouvernements de la troïka, doit opposer à ces plans de guerre sociale ses propres mesures et ses solutions pour offrir une issue sociale et populaire à cette crise-escroquerie.

C’est pourquoi nous disons:

À bas les plans d’austérité ! Abrogation immédiate des coupes sociales et des réformes du travail !

La défense d’un salaire digne, de l’emploi, de la santé et de l’éducation publique, exige que les multiples luttes partielles, d’entreprises et de secteurs qui secouent le « vieux continent » s’unissent autour d’une demande urgente : dehors les gouvernements et les politiques d’austérité! Qu’ils s’en aillent! Pas de retour en arrière!

Nous disons qu’il y a vraiment des ressources, qu’on peut vraiment donner une solution à la crise en défendant les intérêts ouvriers et populaires. Mais cela exige de mettre en oeuvre des mesures résolument anticapitalistes. C’est pourquoi nous défendons l’arrêt immédiat du paiement de la dette, une dette illégitime que nous, les travailleurs/ses et le peuple, n’avons pas contracté.

La lutte pour l’emploi, pour le partage du travail et de la richesse exige d’arracher les ressources financières des mains des spéculateurs et des banquiers : nationalisation sans indemnisation du secteur bancaire et des entreprises clés, réformes fiscales faisant payer davantage ceux qui ont le plus, afin de mettre toutes ces ressources au service de l’unique plan de sauvetage qui manque, un Plan de sauvetage des travailleurs/ses et de la majorité sociale (99 %).

5) La classe ouvrière et d’autres mouvements sociaux mènent les luttes avec les opprimé-es du monde. Nous devons mener haut et fort la lutte contre le machisme et toutes les formes d’oppression des femmes ; la lutte contre la xénophobie, le racisme et toute forme d’oppression des travailleurs immigrés, et la lutte au droit à l’autodétermination des peuples, à la défense du droit de toutes les nationalités opprimées à exercer leur souveraineté. Sans une lutte conséquente contre toutes ces formes d’oppression, l’unité de la classe ouvrière pour la transformation et la justice sociale ne sera pas possible.

6) A l’occasion d’une journée de lutte internationale comme le 1er mai, nous réaffirmons notre solidarité la plus résolue avec tous les travailleurs/ses et les peuples du monde qui font face à l’impérialisme et aux dictatures. Notre solidarité va en particulier aux peuples arabes, du Moyen-Orient, aux communautés indigènes et à toutes les luttes populaires.

7) Nous nous engageons à préparer un 1er mai internationaliste et de lutte, en appelant l’ensemble des organisations du syndicalisme alternatif et des mouvements sociaux à faire de grands rassemblements et des manifestations alternatives à celles du syndicalisme institutionnel et bureaucratisé, qui seront une référence claire de classe et de combativité.

8) La situation particulière que nous vivons sur le continent européen et l’expérience récente du 14 novembre dernier exige que nous menions toute une activité d’explication, de coordination et d’initiatives pour arriver à une nouvelle grève générale continentale, qui ait une continuité jusqu’à ce que nous fassions sauter les politiques de la troïka et que nous, travailleurs/ses du monde entier, soyons les protagonistes d’une nouvelle société basée sur la démocratie, la liberté et la justice sociale.

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Pour la France : Union syndicale Solidaires (Solidaires), Émancipation tendance intersyndicale (Émancipation) ; Confédération Nationale du Travail-Solidarité Ouvrière (CNT SO). Courant Syndicaliste Révolutionnaire (CSR). Confédération Nationale du Travail (CNT-f)

Ces rencontres ont été organisées par les organisations syndicales interprofessionnelles suivantes :

Central Sindical e Popular Conlutas (CSP-Conlutas>) – Brésil, Confederación General del Trabajo (CGT) – Etat espagnol, Union syndicale Solidaires (Solidaires) – France.

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