Buisson (1883-1943)

Suzanne Buisson

Militante socialiste, secrétaire du Comité national des femmes socialistes, membre de la C.A.P. de la SFIO (1933-34 et 1938-39), de la tendance blumiste. Cofondatrice et trésorière du CAS (Parti socialiste clandestin) de la zone Sud en 1941. Dès le début de 1942 elle entre en contact avec le groupe L’insurgé. Morte en déportation.

2 Réponses to “Buisson (1883-1943)”

  1. harry Says:

    BUISSON Suzanne
    Née le 19 septembre 1883 à Paris (XIXe arr.), morte en déportation en Allemagne ; mariée à Charles Gibault, veuve, remariée avec Georges Buisson* ; mère d’un enfant de son premier mariage ; membre de la commission de contrôle du Parti socialiste de 1924 à 1930, suppléante en 1931, titulaire en 1932 puis 1935-1936 ; membre de la commission des conflits en 1928-1929 ; membre suppléante de la CAP socialiste de 1933-1934 et 1938 ; secrétaire du Comité national des Femmes socialistes.
    Suzanne Buisson, née Lévy, passa son enfance à Dijon (Côte-d’Or) dans une famille de conditions modestes. Elle avait seize ans quand, avec ses parents, elle quitta sa ville natale pour venir à Paris où elle dut gagner sa vie comme employée de magasin, en un temps où aucune loi sociale n’apportait de sécurité aux travailleurs, et encore moins aux travailleuses. Elle eut très tôt conscience de la précarité de la situation des salariés et de la nécessité, pour eux, de lutter pour l’améliorer. Elle s’intéressa à la vie politique, lisait l’Aurore, entendit Viviani dans un meeting. Elle sentit le besoin de s’instruire pour mieux se battre. Dès son arrivée à Paris, elle fréquenta une Université Populaire, « Le Réveil des 1er et IIe arr. » qui siégeait rue Marie Stuart. Elle y suivit notamment des conférences d’Albert Thomas. « Parmi les camarades de l’Université Populaire, a-t-elle rappelé elle-même, il y avait un des frères d’Allemane. Il y avait aussi Georges Weill, le futur député d’Alsace et Goudchaux Brunschvigg, de la 10e section. Un jour, ils formèrent un groupe du POSR. J’y adhérai… » C’était en 1899 ou 1900 et Suzanne Buisson s’engagea donc dès avant l’unité dans le combat socialiste qu’elle ne devait jamais abandonner, sa vie durant. Elle affirmait la nécessité, pour la femme, de pouvoir assurer sa propre subsistance et celle de ses enfants. Elle fut toute sa vie une ardente propagandiste des droits spécifiques de la femme et de ses droits politiques à l’égal de l’homme. Mais la véritable libération de la femme travailleuse, comme celle de l’homme, elle ne l’attendait que de la transformation de la société, que de la réalisation du socialisme. La vie n’épargna pas plus sa jeunesse que son adolescence : de la Première Guerre mondiale elle resta veuve sous le nom de Suzanne Gibault avec un jeune enfant. Elle épousa, le 23 mars 1926, Georges Buisson qui sera secrétaire adjoint de la CGT et qui lui donna le nom sous lequel elle est connue dans l’histoire du Parti socialiste. Militante de la SFIO à la 18e section de Paris dès l’unité de 1905, elle lui resta fidèle en 1920, lors de la scission de Tours. En 1933-1934 en 1938-1939, elle appartint, comme suppléante, à la Commission administrative permanente du Parti (élue sur la motion Auriol en 1933 et sur la motion Blum en 1938). Elle fut longtemps secrétaire du Comité national des Femmes socialistes, et directrice de la page hebdomadaire du Populaire, « La femme, la militante « . Elle figura dans la délégation de la SFIO au congrès de l’Internationale Ouvrière Socialiste, à Vienne (25 juillet-1er août 1931). Elle paraissait dans tous les congrès fédéraux de la Seine, dans la plupart des congrès nationaux. Propagandiste infatigable, elle sillonna la France. Les Jeunesses socialistes, les Étudiants socialistes, l’École socialiste (dont elle fut secrétaire générale) ne faisaient jamais appel en vain à son dévouement, à sa connaissance de la doctrine socialiste.
    La guerre et l’Occupation venues, elle allait encore étendre son activité. Comme elle le faisait naguère sur les tréteaux des réunions publiques, elle sillonna le pays, allant d’un groupe à l’autre, d’un militant à un autre. Elle portait les mots d’ordre, diffusait la presse clandestine ; elle allait s’enquérir des difficultés et des besoins des familles de militants frappés par la répression. Trésorière du Comité d’action socialiste de la zone sud en 1941, elle appartenait au Bureau national du Parti socialiste clandestin. En juin 1943, ce dernier la chargea d’assurer ses relations avec le Parti communiste. Peu après, elle fut arrêtée à Lyon, par la Gestapo : elle y avait fait, de son appartement, un centre actif de la Résistance. Déportée en Allemagne au cours de l’été de 1943, elle ne devait jamais revenir.
    Dans Le Populaire (2 février 1946), Léon Blum lui a rendu hommage en ces termes : « Elle était la militante accomplie, exemplaire, à qui le Parti peut tout demander, qui ne recule jamais devant aucune charge, qui d’ailleurs est apte à les remplir toutes par le caractère vraiment absolu du dévouement et du désintéressement. Mais des crises comme celles de la déroute et de la Résistance agissent sur les êtres avec un étrange pouvoir de révélation. Chez des hommes que l’on croyait forts et purs on a vu apparaître la faiblesse ou la bassesse. Chez cette femme exacte, laborieuse, méthodique, modeste jusqu’au scrupule, une véritable héroïne s’est levée soudain… Dans la vie normale du Parti, elle n’avait hésité devant aucune tâche ; dans la lutte clandestine, elle n’a reculé devant aucun danger…  »
    ŒUVRE : Les Répercussions du travail féminin, brochure du Parti socialiste, Paris, Librairie Populaire, 1934.
    SOURCES : Louis Lévy, Vieilles histoires socialistes, op. cit. p. 6. — Andrée Marty-Capgras. « Une belle figure du socialisme : Suzanne Buisson » in Almanach du Populaire, 1947, p. 68. — Le Populaire, 2 février 1946. — Les Rapports établis pour les congrès nationaux du PS, 1932, 1934 et 1939. — Souvenirs personnels. — Note de Jacques Girault.

    Justinien Raymond

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  2. Suzanne Buisson, résistante féministe | L'Histoire par les femmes Says:

    […] La fiche Wikipédia de Suzanne Buisson Biographie de Suzanne Buisson […]

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