Soudeille (1899-1951)

Jean-Jacques Soudeille

Pseudonymes: Jacques Perdu, Souzy

Communiste oppositionnel (Cercle de Souvarine). Résistant pendant la guerre (Franc Tireur), journaliste, auteur de brochures sur les insurrections lyonnaises aux éditions Spartacus. Ses lettres à Souvarine sont conservées à Harvard.

TEXTES:

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Note de lecture de La Révolution manquée. L’imposture stalinienne parue dans la revue Gavroche :

Pendant ce qu’Eric Hobsbawn appelle « l’ère des catastrophes », au moment où la logique des camps politiques (classe contre classe, bloc contre bloc…) allait devenir la logique des camps d’extermination, des militants peu nombreux et isolés ont tenté de maintenir vivant l’espoir de la révolution prolétarienne. Parmi eux, Jacques Perdu est certainement l’un des plus oubliés. La brève biographie qui suit le fera mieux connaître, mais ce qu’il importe de souligner c’est qu’il fallait non seulement être lucide, mais surtout courageux pour écrire sur l’imposture stalinienne en 1940. D’où l’intérêt de la première réédition de cet ouvrage rare qui place Jacques Perdu dans la lignée des Voline, Souvarine et Ciliga.

Jacques Perdu (Jean-Jacques Soudeille, dit) est né en 1899 à Lyon dans une famille descendant de canuts lyonnais. Il adhère à la nouvelle Section française de l’Internationale communiste dès le congrès de Tours en décembre 1920, puis à la CGTU. Il devient rapidement secrétaire fédéral du Rhône et est membre suppléant du comité directeur du Parti au congrès de Lyon (1924).

Opposé à la bolchevisation, il signe la lettre des 250 qui regroupe la gauche des années 1921-1924 contre la russification et la caporali- saiton du PCF. Collaborateur du Bulletin communiste de Boris Souvarine, devenu organe d’opposition, il est exclu par sa cellule. Il participe alors à la création du Cercle communiste Marx et Lénine de Souvarine, tout en suivant attentivement toutes les crises qui secouent le PC et les tentatives oppositionnelles qui en résultent.

Au début des années trente, le cercle change son nom pour devenir le Cercle communiste démocratique avec deux idées centrales : le bilan négatif des organisations ouvrières et l’insistance sur le principe démocratique, « notion inséparable de l’idée révolutionnaire ». Dans cette période, Perdu collabore à La Critique sociale et au Travailleur (Belfort), après avoir publié une brochure sur la révolte des canuts (Les Insurrections lyonnaises 1831-1834 [1931]; rééd. La Révolte des canuts 1831-1834, Spartacus, 1974).

En 1935, Soudeille s’intéresse au groupe l’Union communiste qui publie L’Internationale et attache beaucoup d’importance à la question de la nature du régime soviétique considéré comme un capitalisme d’Etat. Soudeille est également en contact avec la revue Masses de René Lefeuvre, puis collabore à Spartacus et, en 1939, à la nouvelle série de Masses. Après l’armistice, Perdu participe à la fondation du mouvement France-Liberté qui deviendra Franc-Tireur à la fin de 1941. Il rédige notamment les tracts et des papillons pour appeler à la Résistance et dénoncer la propagande vichyste, ainsi que certains éditoriaux du journal clandestin.

En septembre 1943, Soudeille quitte Lyon pour représenter Franc- Tireur au sein de l’Assemblée consultative d’Alger. A la Libération, Soudeille est membre de l’Assemblée constituante, mais abandonne ses fonctions pour prendre la direction de prendre la direction de Radio-Brazzaville. A cette époque, il écrit à Boris Souvarine :

 » Je n’ai jamais été un optimiste, mais, comme tu le disais un jour, mon pessimisme a toujours été justifié et au-delà par les faits. (…) J’ai l’impression que les types comme toi et moi sont des espèces d’heimatlos intellectuels, qui ne sont d’accord avec rien, ni avec aucun parti, ni avec aucun bloc, national ou international. »

Fin 1948, Soudeille est nommé directeur des émissions parlées au poste d’Alger. Il s’éteint en septembre 1951… « La Révolution manquée (L’imposture stalinienne) » avait été publiée dans le quotidien de Georges Valois, Nouvel Age, du 26 mars au 1er avril 1940, et peu après reprise en brochure. Ce texte n’avait jamais été réédité depuis.

Bernard Genet.

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Une Réponse to “Soudeille (1899-1951)”

  1. Réédition de “La révolte des canuts” « La Bataille socialiste Says:

    […] capitaliste et la classe ouvrière. Dans ce livre paru pour le centenaire de celle de 1831, Jacques Perdu en expose le contexte et le déroulement en s’appuyant essentiellement sur des témoignages de […]

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