Archive for the ‘Chants’ Category

Les tombeaux de juin (1848)

7 septembre 2010

Chanson écrite par Charles Gille après l’insurrection ouvrière de juin 1848.

Venez sur eux et l’injure et l’outrage,

Vous que jamais n’atteindra le remords,

Le destin seul a trahi leur courage:

Nous les aimons et nous pleurons nos morts!

*

Ils s’étaient dit: du combat voici l’heure!

Frappons! frappons l’égoïsme brutal!

L’espoir d’hier, aujourd’hui n’est qu’un leurre,

Et notre lit, la faim et l’hôpital!

*

Ils nous berçaient de menteuses promesses,

Ces avocats, ces bourgeois alarmés;

Ils ont fermé leurs cœurs, comme leurs caisses,

Lorsqu’ils ont cru nos bras bien désarmés!

*

Marchons! A nous les quais, les ponts, les rues!

A nous Paris, ce colosse énervé!

De toutes parts les foules accourues

Au sol brûlant disputent le pavé!

*

Et toi, soldat qu’un pouvoir leur oppose,

Toi qui demain deviendras ouvrier,

Ces combattants servent la même cause

Qu’ils défendaient aux jours de février!

*

De les flétrir, du moins, je vous défie.

Les criminels! ils n’ont pas réussi.

Ce février que l’on nous déifie

Est fils du peuple, et Juin fut peuple aussi

*

Versez sur eux et l’injure et l’outrage,

Vous que jamais n’atteindra le remords,

Le destin seul a trahi leur courage:

Nous les aimions et nous pleurons nos morts!

*

Ils sont tombés après cinq jours de lutte!

Ils sont tombés sans nous dire leurs noms!

Ils sont tombés, mais le bruit de leur chute

Recouvre encor la voix de vos canons!

*

Tremblez! tremblez! la guerre sociale

A de nos jours pris son point de départ;

C’est une guerre acharnée et fatale

Où riche et pauvre useront leur poignard!

*

Vous nous direz que, pour longtemps, peut-être,

L’émeute est morte et morts ses combattants;

Que le pouvoir est fort, qu’il est le maître.

Mais le pouvoir s’use avec le temps!

*

Un grand soldat prête aujourd’hui son sabre

Comme un appui des tyranneaux bourgeois!

Parlez moins haut quand le peuple se cabre:

Les grands soldats tombent comme les rois!…

*

Dans les cachots où nos frères languissent,

Un saint espoir vient réchauffer leurs coeurs:

Ils ont laissé bien des fils qui grandissent,

Et les martyrs enfantent les vengeurs!

*

Versez sur eux et l’injure et l’outrage,

Vous que jamais n’atteindra le remords,

Le destin seul a trahi leur courage:

Nous les aimions et nous pleurons nos morts.

La Barricade, rue de la Mortellerie, juin 1848 (Ernest Meissonnier) © R.M.N.

Voir aussi:

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Les canuts (Aristide Bruant, 1894)

28 mars 2010

Pour chanter Veni Creator
Il faut une chasuble d’or
Pour chanter Veni Creator
Il faut une chasuble d’or
Nous en tissons pour vous, grands de l’église
Et nous, pauvres canuts, n’avons pas de chemise

C’est nous les canuts
Nous sommes tout nus

Pour gouverner, il faut avoir
Manteaux ou rubans en sautoir
Pour gouverner, il faut avoir
Manteaux ou rubans en sautoir
Nous en tissons pour vous grands de la terre
Et nous, pauvres canuts, sans drap on nous enterre

C’est nous les canuts
Nous sommes tout nus

Mais notre règne arrivera
Quand votre règne finira :
Mais notre règne arrivera
Quand votre règne finira :
Nous tisserons le linceul du vieux monde,
Car on entend déjà la tempête qui gronde

C’est nous les canuts
Nous sommes tout nus.

Le bilan (J. Ferrat)

13 mars 2010

Jean Ferrat est mort aujourd’hui. Voici la chanson avec laquelle il répondit en 1980 au « bilan globalement positif » de l’URSS selon Georges Marchais, secrétaire général de l’époque du PCF:

Ah ils nous en ont fait avaler des couleuvres
De Prague à Budapest de Sofia à Moscou
Les staliniens zélés qui mettaient tout en œuvre
Pour vous faire signer les aveux les plus fous
Vous aviez combattu partout la bête immonde
Des brigades d’Espagne à celles des maquis
Votre jeunesse était l’histoire de ce monde
Vous aviez nom Kostov ou London ou Slansky

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

Ah ils nous en ont fait applaudir des injures
Des complots déjoués des dénonciations
Des traîtres démasqués des procès sans bavures
Des bagnes mérités des justes pendaisons
Ah comme on y a cru aux déviationnistes
Aux savants décadents aux écrivains espions
Aux sionistes bourgeois aux renégats titistes
Aux calmniateurs de la révolution

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

Ah ils nous en ont fait approuver des massacres
Que certains continuent d’appeler des erreurs
Une erreur c’est facile comme un et deux font quatre
Pour barrer d’un seul trait des années de terreur
Ce socialisme était une caricature
Si les temps on changé des ombres sont restées
J’en garde au fond du coeur la sombre meurtrissure
Dans ma bouche à jamais le soif de vérité

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

Mais quand j’entends parler de « bilan » positif
Je ne peux m’empêcher de penser à quel prix
Et ces millions de morts qui forment le passif
C’est à eux qu’il faudrait demander leur avis
N’exigez pas de moi une âme de comptable
Pour chanter au présent ce siècle tragédie
Les acquis proposés comme dessous de table
Les cadavres passés en pertes et profits

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

C’est un autre avenir qu’il faut qu’on réinvente
Sans idole ou modèle pas à pas humblement
Sans vérité tracée sans lendemains qui chantent
Un bonheur inventé définitivement
Un avenir naissant d’un peu moins de souffrance
Avec nos yeux ouverts et grands sur le réel
Un avenir conduit par notre vigilance
Envers tous les pouvoirs de la terre et du ciel

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui.

Songs of the workers

28 octobre 2009

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Un nouveau recueil de chansons militantes des I.W.W. a été mis en ligne sur archive.org ( 32° édition du Little red songbook, Chicago, avril 1968):

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pdf allégé

indexVoir aussi:

Toujours prêts ! (1936)

22 décembre 2008

Source: http://chantsdeluttes.free.fr

Paroles : Michel Herbert
Musique: Fernand Warms

A l’horizon, vois resplendir
Le soleil rouge qui féconde
Le sol où du sang des martyrs
Naîtra la liberté du monde !
Déjà s’écartent les brouillards
Qui recouvrent la terre entière,
Bientôt tout homme aura sa part
De pain, d’amour et de lumière.

Refrain :
Toujours prêts pour servir !
C’est là notre fière devise
Il faut qu’enfin se réalise
Notre grand rêve d’avenir
Et pour qu’à jamais on impose
Tous les droits du peuple vainqueur
Combattons pour la bonne cause !
En avant ! Haut les cœurs !

Opposons la force du Droit
A la force qui nous opprime,
Elle est un devoir quelquefois
Si trop souvent elle est un crime.
Pour soumettre ces tyrans :
Le capital et la machine,
Dressons devant le mur d’argent
Le mur vivant de nos poitrines.

Refrain

Camarades, debout, partout !
Brisons les chaînes et les grilles !
Main dans la main, unissons-nous !
Rasons les dernières Bastilles !
Qu’importe si, sur les humains,
Aujourd’hui souffle la rafale,
Nous ferons triompher demain
La république sociale.

Ceux d’Oviedo (1934)

1 novembre 2008

Chant à la mémoire de l’insurrection des Asturies.

Paroles : Paul Lançois

Musique : Paul Arma

Par toute la terre
Chaque prolétaire
A frémi d’un immense espoir.
Ceux d’Oviedo d’un splendide élan
Ont rejeté soudain leur carcan,
Ont pris le pouvoir,
Ceux d’Oviedo.

Ces durs gars tranquilles
De la mine hostile,
Armés d’explosifs de chantier,
Sous leur baratte en bourgeon noir,
Ont pris d’assaut palais et manoirs.
Héros ouvriers,
Ceux d’Oviedo.

A leurs cigarettes,
Allumant la mèche
De leurs grenades de fer blanc,
Pendant des jours ils ont repoussé
Les mercenaires contre eux lancés
Par les gouvernants,
A Oviedo.

Ces sans sou ni maille,
En pleine bataille
Ont protégé les gens, les biens.
Pendant l’horreur de la lutte à mort,
Ils préparaient un plus juste sort :
Les droits et le pain,
Ceux d’Oviedo.

Tremblante de haine,
Lâche et inhumaine,
La réaction les écrasa.
Toute une armée à coups de canons,
Fit d’Oviedo un tombeau sans nom.
Partout on trembla,
Pour Oviedo.

L’âpre bourgeoisie,
Malgré ses tueries,
N’aura nul repos désormais,
Le peuple entier a fremis d’horreur,
Le jour approche où, par son ardeur,
Seront bien vengés,
Ceux d’Oviedo.

[en italien ]

(film muet)

Voir aussi:

Chansons allemandes (1932)

27 août 2008

Le camarade webmestre du site Entdinglichung nous signale qu’il vient de publier un cahier de chants du Comité SPD de Hambourg en 1932: Singe mit! Unsere Kampflieder , soit une quinzaine de chansons militantes alors très courantes qui donnent un bon aperçu de la culture politique social-démocrate de l’époque.

pdf (10 pages)

Chansons des I.W.W.

7 juillet 2008

Recueil au format pdf de chansons des Industrial Workers of the World (vers 1917):

pdf

(Source: Bibliothèque et Archives du Canada)

***

The Workers’ Marseillaise

Ye sons of toil, awake to glory!
Hark, hark, what myriads bid you rise;
Your children, wives and grandsires hoary
Behold their tears and hear their cries!
Behold their tears and hear their cries!
Shall hateful tyrants mischief breeding,
With hireling hosts, a ruffian band–
Affright and desolate the land,
While peace and liberty lie bleeding?
Chorus
To arms! to arms! ye brave!
Th' avenging sword unsheathe!
March on, march on, all hearts resolved
On Victory or Death.

With luxury and pride surrounded,
The vile, insatiate despots dare,
Their thirst for gold and power unbounded
To mete and vend the light and air,
To mete and vend the light and air,
Like beasts of burden, would they load us,
Like gods would bid their slaves adore,
But man is man, and who is more?
Then shall they longer lash and goad us? 

0, Liberty can man resign thee?
Once having felt thy generous flame,
Can dungeon's bolts and bars confine thee?
Or whips, thy noble spirit tame?
Or whips, thy noble spirit tame?
Too long the world has wept bewailing,
That Falsehood's dagger tyrants wield;
But Freedom is our sword and shield;
And all their arts are unavailing!

(Extrait de l’IWW Songbook, 19° édition, 1923)

Voir aussi: