Archive for the ‘Révolution espagnole’ Category

Collectivization in Spain (Korsch, 1939)

11 novembre 2015

Article de Karl Korsch publié dans Living Marxism N°6 (avril 1939), consistant en plus qu’une note de lecture de L’oeuvre constructive de la Révolution Espagnole. Recueil de documents (CNT, 1937), disponible au format pdf:

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The Spanish Revolution (POUM, 1936-1937)

7 novembre 2015

Bulletin hebdomadaire (puis moins régulier) du P.O.U.M. en langue anglaise, prenant la suite d’un simple Information Bulletin of the P.O.U.M. que nous avions déjà mis en ligne.

N°1 (21 octobre 1936):

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N°2 (28 octobre 1936):

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N°3 (4 novembre 1936):

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(extrait texte)

N°4 (11 novembre 1936):

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N°5 (18 novembre 1936):

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N°6 (25 novembre 1936):

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N°7 (2 décembre 1936)!

sr1-7-1N°8 (9 décembre 1936):

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N°9 (23 décembre 1936):

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vol. II N°1 (6 janvier 1937):

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vol. II N° 2 (3 février 1937):

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vol. II N°3 (17 février 1937):

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vol. II N°4 (3 mars 1937):

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vol. II N°5 (17 mars 1937):

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vol. II N°6 (31 mars 1937):

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vol. II N°7 (21 avril 1937):

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vol. II N°8 (19 mai 1937):

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The Civil War in Spain (Mattick, 1936)

3 novembre 2015

Numéro d’octobre 1936 d’International Council Correspondance spécialement consacré à la situation en Espagne, entièrement rédigé par Paul Mattick.

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Voir aussi:

La represión contra la CNT y los revolucionarios

23 octobre 2015

Présentation par Agustín Guillamón le 19 octobre dernier de son dernier livre ( LA REPRESIÓN CONTRA LA CNT Y LOS REVOLUCIONARIOS. Descontrol, Barcelona, 2015, 484 p., 15 euros). Disponible en espagnol au format pdf:

Portada La represión c. la CNT

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La mort d’Etchebehere dans La Batalla (1936)

25 juillet 2015

(Une partie du texte, illisible, n’a pu être traduit)

Un grand camarade est mort: LUIS HIPOLITO ETCHEBEHERE

Un fatidique télégramme urgent apporte la douloureuse, la tragique nouvelle : « Luis Hipólito Etchebehere, de notre colonne de Madrid, est mort en vrai révolutionnaire dans le combat livré aujourd’hui à Atienza contre les fascistes – Comité de Madrid. »

J’ai peine à croire la nouvelle, pourtant je dois me résigner à l’expliquer. Il n’y a que 48 heures que je me séparai de lui à Madrid pour partir vers Barcelone. Vendredi dernier, Etchebehere est allé à Madrid pour assister à une réunion du Comité. Il y était pour régler les difficultés de notre colonne madrilène à Sigüenza. Plein d’optimisme et d’énergie, il était parti sur le front de Sigüenza.

Le télégramme des camarades de Madrid ne donne pas de détails, mais dit l’essentiel: « Mort comme un véritable révolutionnaire », c’est-à-dire comme il avait toujours vécu. Etchebehere était plus connu en France et en Allemagne qu’en Espagne, où il était arrivé il y a trois mois. C’était un vrai révolutionnaire professionnel, au sens le plus juste du terme. (…). Excellent auteur, dont les articles sur les révolution allemande dans « Masses », sous le pseudonyme de « Juan Rústico » (…). Extraordinaire (…), d’une grande culture (…). Il était un un militant complet.

Dès le début du mouvement, Etchebehere se présenta immédiatement à notre section de Madrid, sollicitant un poste au front. Qa grande capacité, la confiance illimitée que sa sérénité nous inspirait, et ses relatives connaissances militaires vues les circonstances, conduisirent le Comité de Madrid a le nommer aussitôt chef de notre colonne.

(…) profonde tristesse qu’une telle perte irréparable produira dans notre (…) de Siguenza. Et pas seulement chez nous, mais parmi tous les combattants du front de Guadalajara, qui avaient trouvé en lui le meilleur militant et homme de confiance.
(…) Il y a quelques jours, les paysans demandaient de ses nouvelles suite à un petit rhume (…)

Etchebehere appartenait au groupe « Que faire ? », de Paris, avec lequel [?]. Il s’identifiait politiquement avec Landau. (…)

Notre colonne de Sigüenza a perdu un chef (…). Le mouvement ouvrier international un de ses meilleurs militants.

Etchebehere était de nationalité franco-argentine. Il était venu en Espagne pour trouver un (…) contres les (…) et (…) intérêt politique pour notre pays. Entre Sigüenza et Atienza, il a perdu la vie.

Nous partageons l’expression de notre douleur et solidarité la plus absolue avec la camarade Mika Etchebehere, qui a (…) recueilli le corps encore tiède de son compagnon bien-aimé. Mika, « la madredita » [petite mère] comme la connaissent les miliciens de notre colonne, fait aussi partie de la (…) sur le front de Sigüenza comme dirigeante militaire du P.O.U.M. Mais (…) sa mission est aussi de prodiguer l’affection d’une vraie mère aux «garçons» de notre colonne, comme elle le dit.

Juan Andrade

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Extrait de La Batalla du 18 août 1936

(second article, non traduit)

Nuevos detalles sobre la heroica muerte del camarada Etchebehere.

Con motivo de la muerte de nuestro querido camarada Luis Hipólito Etchebehere, la Columna del P.O.U.M. de Madrid, que opera en Sigüenza, ha recibido numerosos testimonios de solidaridad de todos los trabajadores, tanto socialistas, como comunistas y anarquistas, que actuan en aquel frente.
(foto) Nuestro camarada Luis Hipólito Etchebehere, muerto heroícamente en el combate librado el día 17 en Atienza contra los fascistas.
En una carta que recibimos de nuestros camaradas de Madrid, se completan los informes sobre las circunstancias en que tuvo efecto la muerte de nuestro heroíco camarada Etchebehere.
« La muerte del camarada Etchebehere-dice la carta de los compañeros de Madrid, se produjo en la siguiente forma. Estábamos al pie del pueblo, sin nada que nos guareciese del fuego enemigo. Esto nos obligaba a permanecer tumbados. En estas [?], Etchebehere se levantó para inspeccionar el campo enemigo, y al volver a su sitio tuvo la mala fortuna de que lo alcanzase una bala enemiga.
El capitán Martínez presente nos hizo ver la imposiblidad de recoger el cadáver para llevarlo a Sigüenza y después a Madrid. Dicha operación habría de costar varias vidas, y ello nos obligó a desistir, con gran sentimiento de todos, que a toda costa queríamos traernos el cadáver de nuestro camarada. Le muerte del camarada Etchebehere ha producido en toda la columna hondo sentimiento. Todos los milicianos de todas las tendencias obreras estrecharon las manos de nuestros camaradas como prueba de solidaridad ante el dolor que a todos nos ha producido la muerte de Etchebehere.

El prestigio de nuestro Partido ha crecido enormemente. Los [?] y las gentes del pueblo han considerado la toma de Atienza como una cuestión de honor para el P.O.U.M. Al llegar a Sigüenza se acercaron a nosotros algunos anarquistas que se expresaron poco más o menos de la siguiente manera : somos anarquistas, pero sentíamos hacia nuestro jefe gran devoción por su bondad y sobre todo por su valor personal. Creemos que nos será dificil encontrar otro camarada de las condiciones de Etchebehere.
Estas pruebas de solidaridad por parte de todos los milicianos, alientan a nuestros camaradas que hoy no sienten más que deseos de vengar en breve al camarada Etchebehere. Como se desprende de las anteriores líneas de nuestros camaradas madrileños, Etchebehere ha muerto como un verdadero revolucionario, y su cadáver quedó en el campo de batalla. Nuestro sentimiento es doble por haberlo perdido y por no poder dedicarle nuestra despedida emocionada. Esperamos, como dicen nuestros camaradas de Madrid, que pronto será vengado.

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Extrait de La Batalla du 20 août 1936

Petit Guide de la Révolution espagnole

19 juillet 2015

Pdf de 12 pages à télécharger librement:

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La represión contra la CNT y los revolucionarios

30 juin 2015

Agustín GUILLAMÓN vient de sortir un nouveau livre: La represión contra la CNT y los revolucionarios (Ediciones Descontrol, Barcelona, 2015,  484 p., 15 euros.) Demander les frais de port à Descontrol: descontrol@riseup.net.

Durante las sangrientas jornadas de mayo de 1937 los comités revolucionarios desbordaron a los comités superiores cenetistas. La insurrección de los trabajadores no fue derrotada militarmente, sino políticamente, cuando los líderes anarcosindicalistas dieron la orden de alto el fuego.

El hambre y el desarme eran los dos objetivos necesarios para el inicio del proceso contrarrevolucionario, que desencadenó toda su fuerza represiva contra los militantes cenetistas y las minorías revolucionarias en el verano de 1937.

La represión de los estalinistas y de la justicia republicana fue de carácter SELECTIVO: intentó integrar a los comités superiores en el aparato estatal, al mismo tiempo que desencadenaba una feroz represión contra los revolucionarios y encarcelaba a los dirigentes que habían tenido cargos de responsabilidad en Orden Público.

Después de mayo la CNT desapareció en algunas comarcas y poblaciones catalanas, disminuyendo en todas partes su influencia. El regreso de las antiguas fuerzas del orden (guardias de asalto y guardia civil) fue una reconquista que exigía el castigo de los componentes de los comités revolucionarios de julio de 1936, considerados ahora como “usurpadores e incontrolados”, aunque su intervención frente al fascismo había sido imprescindible para la supervivencia de la República.

Esa represión del anarcosindicalismo fue acompañada por una actitud pasiva de los comités superiores, que optaron por una defensa individual y jurídica de los presos, en lugar de una defensa colectiva y política. Los millares de presos anarcosindicalistas exigieron a los comités superiores un mayor compromiso y solidaridad, que sólo consiguió una campaña de prensa clandestina en favor de los presos, sin renunciar nunca al colaboracionismo. Los presos cenetistas anunciaron una huelga de hambre para obtener esa solidaridad, denegada al principio por los comités superiores en nombre de la lealtad institucional al gobierno

De la violencia revolucionaria de los comités contra la burguesía y los fascistas, característica de julio de 1936, se había pasado a la violencia represiva de las fuerzas burguesas del orden capitalista y de la justicia republicana contra la CNT y los revolucionarios. En el seno de la CNT esa represión de la oposición revolucionaria interna era simultánea a la integración de los comités superiores en el aparato estatal. No se trataba de ninguna “traición” de los dirigentes, sino de las dos vertientes necesarias y complementarias de un mismo proceso contrarrevolucionario: represión y persecución de los revolucionarios e institucionalización de los comités superiores.

El orden público burgués se fundamentaba en la unidad antifascista de todas las organizaciones, con el objetivo único de ganar la guerra. Ese objetivo suponía la plena sumisión de la CNT a un Estado fuerte, así como la extensión de la militarización al trabajo, a la economía y a todas las relaciones sociales y políticas

En junio de 1937 se creó la Comisión Asesora Política (CAP), recuperación de un ejecutivo fuerte y ágil de la CNT (como había sido el Comité de comités de julio de 1936) capaz de impedir un nuevo desbordamiento de la militancia, como había sucedido en mayo.

Juan García Oliver y los comités superiores repitieron el 20 de septiembre de 1937 su papel de bomberos e impidieron la resistencia contra el asalto del PSUC y las fuerzas de orden de la Generalidad al edificio de los Escolapios, sede del sindicato de la alimentación, de diversos grupos anarquistas y del último comité de defensa de barriada aún existente.

En octubre de 1937 la guerra y la constante dejación de principios habían devorado ya a la revolución.

Portada La represión c. la CNT

L’assassinat et l’enterrement de Berneri et Barbieri à Barcelone, mai 1937

22 juin 2015

Documentation envoyée par Agustín Guillamón, traduite en français par le CATS de Caen.

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Barricade dressée en mai 1937 sur la Plaza Dostoievski (aujourd’hui Plaza del Angel), au début de la rue Llibreteria. Cette photo serait la vision qu’on aurait de la barricade en sortant du porche où vivait Berneri, en regardant vers la droite vers le Palais de la Généralité. Elle était située face au Syndicat Agua, Luz y Fuerza (électricité) de l’UGT. Cette barricade avait été érigée par des militants du PSUC pour se protéger contre toute avance qui pourraient s’effectuer depuis la vía Layetana pour attaquer la Généralité. (Agustín Guillamón)

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Vision de la même barricade depuis la rue Llibreteria. Au fond, en dessous du drapeau, une affiche qui dit Sindicato de Trabajadores de Agua, Luz y Fuerza de l’UGT (Syndicat de Travailleurs Eau, Lumière et Force), sur un édifice situé dans la rue Durruti (Layetana). À gauche, entre deux colonnes, le portail où vivait Berneri, en pleine Plaza del Angel (Dostoievski), au numéro 2, second étage, première porte. La photo montre clairement que le portail de l’édifice, où vivait Berneri, se trouvait à la merci du feu croisé entre la barricade du PSUC et les balcons du syndicat de l’UGT. Sur la photo, on peut de plus apprécier que le porche de la maison où vivait Berneri était entouré par une barricade qui allait depuis la rue Durruti (aujourd’hui Layetana) jusqu’au centre de la Plaza Dostoievski (aujourd’hui Plaza del Ángel). Personne ne pouvait entrer ou sortir du porche sans l’autorisation des maîtres de la barricade. Sur la terrasse de l’édifice, des mitrailleuses furent positionnées pour tirer vers la rue Durruti et la Maison CNT-FAI, située à environ 200 mètres. Ainsi, donc, le lieu était totalement contrôlé par le PSUC-UGT: la barricade de la rue Llibretería, la barricade de la Place et le siège du syndicat ugétiste. C’était une norme élémentaire de sécurité que les staliniens enquêtent et fouillent les étages de l’édifice où vivait Berneri, qui était au centre du système défensif stalinien. Berneri et Barbieri étaient dans le pire endroit possible, au pire des moments. Les anarchistes italiens qui vivaient dans l’édifice furent identifiés lors d’une première visite (mardi 4 mai à dix heures du matin), les armes (trois fusils) furent saisies lors d’une seconde fouille (mardi 4 à trois heures de l’après-midi) et on leur donna l’ordre de ne pas quitter l’édifice, la troisième fois ils revinrent avec « l’ordre supérieur » d’arrêter Berneri et Barbieri (mercredi 5 mai 1937, à six heures de l’après-midi). La nuit du 5 au 6 mai le cadavre de Berneri apparut très près du Palais de la Généralité, à peine à cinquante mètres de la Plaza del Ángel. Le cadavre de Barbieri fut trouvé sur les Ramblas. Seuls les staliniens pouvaient les arrêter, seuls les staliniens pouvaient les assassiner, seuls quelques noms pouvaient donner l’ordre supérieur de l’exécution : le consul soviétique Antono Ovseenko, le dirigeant du PSUC dans l’ombre Gerö (« Pedro »)… ( Agustín Guillamón)

Autopsie de Camillo Berneri

« L’autopsie pratiquée sur le cadavre de notre camarade Berneri démontre la facilité avec laquelle oeuvrèrent les assassins pour mener à bien leur exploit. Voyons comment. Le corps présente une blessure par arme à feu avec un orifice d’entrée par derrière la ligne de l’aisselle droite et de sortie au mamelon droit au niveau de la septième côte. Le projectile marque une direction de gauche à droite, DE L’ARRIÈRE VERS L’AVANT ET DE HAUT EN BAS, De même apparaît une autre blessure par arme à feu dans la région temporale-occipitale droite AVEC UNE DIRECTION DE HAUT EN BAS ET DE L’ARRIÈRE VERS L’AVANT. À en juger par la situation des bords des blessures, celles-ci ont été produites à courte distance et à une mesure minimale de 0,75 mètres. Les blessures furent causées l’agresseur étant situé derrière ou sur le coté par rapport à l’agressé, pour ce qui fait référence à la blessure abdominale et sur un plan de supériorité en ce qui concerne celle de la tête [1] ».

*

C’est à dire qu’on lui tira un premier coup de feu qui lui traversa la poitrine depuis l’aisselle droite jusqu’au mamelon droit et ensuite, tombé au sol, on lui donna le coup de grâce dans la tempe droite, avec une sortie de la balle par la nuque.

*

« Et telle a été la mort du camarade Berneri, au coté de Barbieri. Voici les procédés qui ont été mis en pratique aujourd’hui, comme à la mi-avril furent mis en jeu d’autres analogues pour faire disparaître Mark Rein, le fils du menchevique Abramovih, rédacteur en chef du journal Democratic Kraten. La Police pratiqua alors des gestions pour trouver le disparu. Il n’y eut pas de succès dans celles-ci. Exactement pareil que ce qui arrivera dans ce cas, quand on se lance dans des enquêtes pittoresques sur la mort de ces camarades »[2].

Notes:


[1] Solidaridad Obrera, mardi 11 mai 1937, page 2.

[2] Idem.

L’enterrement de Berneri

En mai 1937 l’édifice de l’Hôpital Clinique hébergeait la Morgue Judiciaire, lieu où l’on conduisait toute personne décédée dans les rues de la ville, en pratiquant une autopsie et en débutant l’enquête judiciaire correspondante, si nécessaire.

Le 4 mai, à 16 heures entrèrent les cadavres de Lorenzo Diperetti et Adriano Ferrari, et à 16h et quinze minutes le cadavre de Marcon Pietro. Le 6 mai, à 6 heures du matin, entrèrent les cadavres de Camilo Verneri et Francisco Barbieri.

À chacun d’entre eux, on donna un numéro d’ordre, et l’on remplit sur la fiche d’entrée les rubriques habituelles.

Lorenzo Diperetti [Lorenzo di Peretti], numéro d’ordre 942-Barcelone, 4 mai, 16 heures, provenant de la Généralité, tribunal numéro 3, médecin légiste qui pratiqua l’autopsie: Dr. Cunillera.

Adriano Ferrari, numéro d’ordre 943-Barcelone, 4 mai, 16 heures, provenant de la Généralité, tribunal numéro 3, médecin légiste qui pratiqua la autopsie: Dr. Cunillera.

Marcon Pietro [Marco Pietro], numéro d’ordre 949-Barcelone, 4 mai, 16 heures et quinze pays, provenant du Paseo de Gracia numéro 14, tribunal numéro 3, médecin légiste qui pratiqua la autopsie: Dr. Cunillera.

Camilo Verneri [Camillo Berneri], numéro d’ordre 1039-Barcelone, 6 mai, 6 heures du matin, provenant du Plaza de la República, tribunal numéro 4, médecin légiste qui pratiqua l’autopsie: Dr. Condemines.

Francisco Barbieri [Francesco Barbieri], numéro d’ordre 1040-Barcelone, 6 mai, 6 heures du matin, provenant des Ramblas, tribunal numéro 4, médecin légiste qui pratiqua l’autopsie: Dr. Condemines.

Quant au lieu de recueil des cadavres des cadavres et étant donné que le Palais de la Généralité est sur la Plaza de la República [Aujourd’hui Plaza de Sant Jaume], on doit constater que trois des cinq cadavres furent recueillis sur cette petite place, où étaient et sont situés les édifices de la municipalité et du gouvernement autonome. Il faut indiquer de plus que la Plaza del Ángel [durant la guerre Dostoievski] est à environ 200 mètres de la Plaza de la República.

11 mai, mardi.

Les Comités Régionaux de la CNT, de la FAI et des Jeunesses Libertaires distribuèrent un manifeste [3] conjoint, dans lequel on faisait le bilan des Journées de mai. Ils qualifiaient de provocation la tentative d’assaut contre l’édifice de la Telefónica par Rodríguez Salas et Artemi Aguadé, « dont le Conseil de la Généralité n’avait pas connaissance ». La responsabilité était donc mise sur ces deux personnes, disculpant ainsi le Gouvernement de la Généralité2. La réponse à cette provocation était considérée comme « spontanée », sans entrer dans des considérations plus profondes.

Les Évènements de Mai se réduisaient à « trois jours de lutte fratricide à Barcelone. Trois jours de chasse à l’homme, systémique et terrible ».

On relatait les assassinats de douze militants de la CNT à San Andrés « emmenés dans une ambulance au cimetière de Sardañola », les cinq hommes de la

ronde d’Eroles (un groupe armé d’enquête), les quinze militants assassinés dans les alentours de Tarragona, le cadavre de l’italien Berneri, pour terminer en regrettant « toutes les victimes d’un coté ou d’un autre ».

On soulignait le danger d’une intervention étrangère, avec la présence dans le port de Barcelone « de six navires français et anglais », durant « le mercredi et le jeudi de la semaine passée ».

La CNT et la FAI « furent contrainte au mouvement par une manoeuvre monstrueuse dans laquelle intervinrent de nombreux acteurs différents dont nous prononcerons les noms, en les accusant avec des preuves, quand l’occasion se présentera ».

On ne tirait pas d’autres leçons que la dénonciation de provocateurs et de provocations à venir, avertissant de cela la force publique et l’UGT, avec un appel à l’unité ouvrière « contre l’ennemi commun, celui de l’intérieur et de l’extérieur, celui du front et de l’arrière».

*

Le matin la cérémonie d’enterrement de Domingo Ascaso s’effectua discrètement. Celle de Camillo Berneri se fit l’après-midi. Les autorités d’Ordre Public, secondées par les recommandations à la concorde des comités supérieurs de la CNT, avaient interdit les cortèges funéraires pour ne pas enflammer les esprits. Défiant cette interdiction, les cadavres des militants anarchistes italiens Camillo Berneri, Francesco Barbieri, Adriano Ferrari, Lorenzo di Peretti et Marco Pietro1 furent accompagnés, depuis l’Hôpital Clinique jusqu’au cimetière de Sants, par un défilé de plusieurs milliers de compagnons et d’amis, emmené par le drapeau noir du Groupe allemand DAS [4] . Il y avait cinq chars funèbres, tirés chacun par deux chevaux.

<Les rédacteurs de Guerra di classe signalèrent la présence, depuis le début, de la compagne de Barbieri et l’intégration, par la suite, en pleine rue, de la compagne et de la fille de Berneri, arrivées en auto depuis la frontière de Port-Bou. « Il n’y eut aucun discours », ni d’autres hommages que celui du drapeau noir incliné sur les cinq cercueils [5], et le jour suivant ils furent inhumés dans les différentes fosses assignées, dont la section italienne de la CNT était titulaire.

Le 30 décembre 1940 les restes de Marco Pietro et Francisco Barbieri furent transférés à la fosse commune du cimetière de Sants. Le 7 novembre 1941 il se produisit la même chose avec les restes d’Adriano Ferrari et Lorenzo di Peretti. Finalement les restes de Camilo Berneri furent transférés dans la fosse commune de ce cimetière le 16 novembre 1951.

Agustín Guillamón.

Traduction du CATS de CAEN

 

 

Notes:

[1] CNT-FAI-FIJL-AIT: « Las organizaciones regionales de Cataluña afectas a la CNT, FAI y FIJL a la opinión pública ». Manifeste/Feuille volante. [AEP- C 606].

[2] Il est suffisamment prouvé de manière documentée que l’ordre d’occuper l’édifice de la Telefónica provenait du Président de la Généralité, et qu’il n’avait pas été approuvé par le Conseil, dans lequel il y avait une participation cénétiste.

[3] Lettre à l’auteur des Cimetières de Barcelone (9 octobre 2013), qui rectifie le nom erroné publié dans Guerra di classe: « Pietro Macon ».

[4] Nelles, Piotrowski, Linse et García: Antifascistas alemanes en Barcelona (1933-1939). Sintra, Barcelone, 2010, p.353, note 12. Également dans Guerra di classe (25 mai 1937).

[5] Guerra di classe (25 mai 1937), couverture.

Les volontaires internationaux dans les Milices du POUM

12 juin 2015

Texte d’une conférence d’Andy Durgan en 1997, disponible jusqu’alors en anglais sur le site de la Fondation Andreu Nin et sur Libcom.org, qui vient d’être traduit en français (féminisé) par le Collectif Anarchiste de Traduction et de Scannérisation de Caen.

Disponible au format pdf:

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Antonio Martín, « Le Durruti de la Cerdagne »

15 mai 2015

Article biographique par Antonio Gascón et Agustín Guillamón publié en novembre et décembre 2014 dans Catalunya, le journal de la CGT de Catalogne, traduit en français par nos amis du C.A.T.S. de Caen (traduction relue par Agustín Guillamón qui nous l’a envoyée, le CATS nous en ayant autorisé la publication).

Antonio Martín Escudero, plus connu sous le surnom péjoratif d’« el Cojo de Málaga » (« le Boiteux de Málaga ») naquit à Belvis de Monroy (Cáceres). Il était le fils de Celestino Martín Muñoz, cultivateur, et d’Ascensión Escudero Jara, « femme au foyer ». À la naissance d’Antonio, tous deux avait 26 ans. La boiterie dont il souffrait était dûe à une blessure reçue durant les journées révolutionnaires de la Semaine Tragique de Barcelone [1] (1909). Selon d’autres versions la cause de la boiterie fut une ostéite. Contrebandier spécialisé, avec César Flores, dans le passage d’armes par la frontière pour ravitailler les groupes d’action [2]. En 1922, tous deux furent des collaborateurs actifs et habituels du groupe Los Solidarios [3], dont ils faisaient partie.

Exilé en France de 1924 à 1934. Il géra une minuscule échoppe de cordonnier dans un recoin à coté d’une charbonnerie auvergnate, sur le Boulevard Montparnasse à Paris. En 1927, résidant à Aubervilliers, il eut avec une compagne, dont nous ne connaissons pas le nom complet, une fille appelée Florida Martín Sanmartín, qui survécut à sa mort en 1937. Dans cette ville il travailla d’abord dans la construction et ensuite dans un garage.

Après les faits révolutionnaires d’octobre 1934 [4], Martín rentra à Barcelone, on ne sait pas si c’est sur sa propre décision ou sur mandat de l’Organisation, ce qui démontre comme fausse la légende selon laquelle il aurait été emprisonné durant trois semaines à cause des Évènements d’Octobre, ou celle selon laquelle on le voyait conspirer dans quelques villages.

Ce fut alors qu’il décida de s’installer en Cerdagne, où il travailla dans diverses entreprises et métiers (maçon, journalier, serveur) des deux cotés de la frontière : ouvrier à la laiterie SALI à Puigcerdá, maçon à Bellver, journalier à Sallagosa, serveur à Font-Romeu, ou piochant la pierre sur la route de Meranges, au forfait selon les mètres cubes extraits, ou dans l’entreprise Py de Osseja, en Cerdagne française.

En mars 1936, il agit à Puigcerdá comme leader et porte-voix syndicaliste face au patronat, participant à divers meetings locaux. En mai 1936, il assista au Congrès de la CNT à Saragosse, comme délégué pour les syndicats de la Cerdagne. Ces deux faits démontrent qu’il était un militant cénétiste connu.

Il avait un demi-frère, Blanco Martín Milar, qui au début de la guerre fut au Conseil de Défense [5], se faisant appelé Rojo au lieu de Blanco, et dont nous ne savons rien de plus.

En juillet 1936, il n’y eut à Puigcerdá aucun affrontement ni lutte d’importance, étant donné que la fuite des militants de droite vers la France fut très facile. Il est faux d’avancer que Martín sortait de prison en ces journées, comme l’affirment certains, car il n’était pas prisonnier mais client de l’Auberge de Ca l’Aragonais, où logeait également son ami Segundo Jordá Gil, mort prématurément, fusillé à Gérone en 1943.

À partir de la Mutua Puigcerdanesca (La Mutuelle de Puigcerdá), et grâce à diverses collectivisations du commerce et à l’expropriation de diverses industries locales, il se constitua une Coopérative Populaire, qui tendit à la création d’un monopole commercial à Puigcerdá et aux alentours, et qu’on tenta d’étendre à toute la Cerdagne, avec la création de nouvelles coopératives dans différentes localités.

Le Comité de Puigcerdá, présidé par Antonio Martín, contrôlait la frontière et, par conséquent, le passage d’armes et d’aliments, ainsi que la fuite de curés et de militants de droite, et bien entendu la fuite de déserteurs de la cause républicaine. Il tenta d’imposer progressivement à toute la Cerdagne un prix juste pour le blé, le lait et la viande produite, avec l’objectif d’empêcher la spéculation des propriétaires et de fournir à une Barcelone affamée une production alimentaire à des prix accessibles.

Le 9 septembre 1936, Martín était en train d’effectuer une tournée en France, collectant argent, armes et aliments pour la Révolution. Il ne se trouvait donc, par conséquent, pas à Puigcerdá au moment de la tuerie de 21 militants de droite. Mais quelques jours après, il revendiqua, en assemblée populaire, ces exécutions de fascistes, posant comme alternative, en cas de refus de cette action répressive, la démission en bloc du Comité Révolutionnaire de Puigcerdá. L’assemblée décida la continuité du Comité, qui à la fin octobre prit le nouveau nom de Comité Administratif, dans lequel Martín avait le portefeuille de l’Intérieur.

Joan Solé, le maire de Bellver, négociant en bétail et petit propriétaire éleveur et cultivateur du canton (une mule, environ 20 vaches et occasionnellement un taureau), prit la tête de la résistance de ce village, dans lequel l’Esquerra (ERC) avait réussi à maintenir sa force en ne participant pas au soulèvement d’octobre 1934. D’autre part, Solé apparaissait sous la cape d’une entité civique locale : le Bloc Républicain Catalaniste. Joan Solé s’opposait aux prétentions hégémoniques du Comité de Puigcerdá, tentant de défendre ses intérêts économiques particuliers. Comme négociant de bétail, il était partisan du libre marché et il s’opposait viscéralement, comme beaucoup d’autres propriétaires de Bellver, à la politique collectiviste et « monopolisatrice » du Comité de Puigcerdá.

Il n’y avait rien de personnel, ni non plus d’affrontement idéologique, Antonio Martín et le Comité révolutionnaire de Puigcerdá, étaient, aux yeux des négociants de bétail et des petits propriétaires de Bellver, des « étrangers », anarchistes et sauvages, qui portaient atteinte à leur mode de vie traditionnel, pour s’enrichir personnellement sur leur dos à eux, catalans défenseurs de la propriété privé et de l’ordre
civilisé « de toujours ».

Là est l’origine de la légende noire du « Boiteux de Málaga ». Antonio Martín était un authentique diable pour les propriétaires de Bellver, parce qu’il essayait de leur imposer un prix inférieur pour le kilo de viande, 1,25 peseta de moins que ce qu’ils voulaient, et parce qu’il essayait de faire de même avec le lait et le blé, et parce qu’en plus il voulait leur fermer une autre source traditionnelle de revenus, très lucrative : la contrebande (y compris celle de bétail) et le passage clandestin de personnes par la frontière, opération dont se chargeaient des gens d’Estat Català et du PSUC, qui percevaient ainsi d’importantes quantités d’argent.

Le Comité révolutionnaire de Puigcerdá avait créé La Comunal, une coopérative de production et de consommation, qui tendait à monopoliser toute la production agricole et de bétail de la Cerdagne, avec l’objectif d’éviter la spéculation et de vendre à des prix bon marché le blé, la viande et le lait à une Barcelone affamée. Ce fut le « grand délit » de Martín le Boiteux : éviter que les petits propriétaires de Bellver s’enrichissent en profitant de la faim des travailleurs et travailleuses de Barcelone.

Après l’échec du coup indépendantiste contre Companys [6], en novembre 1936, grâce à l’intervention de la CNT, une des unités qui devait participer à ce coup d’État, le Régiment Pyrénéen N°1 de Catalogne, décida d’envoyer sa compagnie de skieurs à La Molina, en décembre, avec l’objectif d’en finir avec l’hégémonie des anarchistes de Puigcerdá. Sous le prétexte de garder et protéger la frontière, ils établirent des patrouilles permanentes à Bellver, ce qui permit à ce village de créer une série de conflits avec le Conseil de Puigcerdá, conflits derrière lesquels se cachait la défense à outrance des intérêts économiques des propriétaires de bétail. Entre janvier et février 1937, se concentrèrent à Bellver divers groupes armés, avec les excuses les plus bigarrées, composés de gens d’Estat Catalá, de l’ERC et du PSUC, et y compris un groupe de mercenaires commandés par « el Penja-robes », probablement un sympathisant stalinien infiltré parmi les cénétistes de Puigcerdá.

Le 10 février 1937, Joan Solé Cristòfol obtint de nouveau la mairie de Bellver, qu’il avait tenu depuis janvier 1934 jusqu’à octobre 1936.

À son tour, Martín, fatigué de tant d’ingérences et en accord avec les miliciens du POUM en garnison au Sanatorium d’Alp, décidèrent de donner l’assaut au Chalet de La Molina et de faire prisonnier toute la compagnie de skieurs. L’opération militaire se déroula à l’aube du 1er mars 1937. Le succès fut total, étant donné que, sans tirer un coup de feu, on fit prisonnier tous les skieurs, officiers compris. Ces derniers furent envoyés immédiatement à Puigcerdá, comme otages.

Les officiers retenus, les hommes de Martín expédièrent la troupe en direction de Barcelone, où ce même jour étaient parvenues des nouvelles téléphoniques concernant ce qui s’était produit, grâce à deux skieurs qui s’étaient enfuis du Chalet dans un moment de confusion.

Le samedi 6 mars Tarradellas et Santillán [7] sortirent en auto à destination de Puigcerdá et de Bellver pour s’informer des graves faits qui s’y étaient déroulés. Le 8 mars, Tarradellas informa la presse barcelonaise de son voyage en Cerdagne.

Tarradellas avait commencé précipitemment des négociations avec la CNT pour obtenir la rapide libération des otages. Ses interlocuteurs furent, en plus de Santillán, le Conseiller de la Défense Francesc Isgleas et Antonio Martín lui-même, qui passèrent avec Taradellas un accord entre gentlemen : les officiers ne seraient pas fusillés, comme le menaçait au début le « Consell de Puigcerdá », mais remis en liberté, à la condition que les troupes pyrénéennes ne réapparaissent pas dans ce secteur, la Généralité s’engageant en plus à ne pas envoyer là-bas d’autres forces, de quelque type que ce soit. Les officiers otages furent immédiatement libérés, mais le gouvernement de la Généralité ne tint pas son engagement.

À six heures et demi de l’après-midi du 8 mars 1937 se réunit le Conseil de la Généralité, sous la présidence de Tarradellas, avec l’assistance de tous les Conseillers, à l’exception de celui de la Justice. Tarradellas informa sur son voyage en Cerdagne, qu’il fit en compagnie de Santillán. Il expliqua qu’ils tinrent une réunion avec toutes les organisations représentées dans le gouvernement, étant informé de la situation dans la comarque [8]. Accompagnés de Juan Montserrat, délégué à la Défense, et par une section du Bataillon de la Mort, ils montèrent au Château d’Alp, occupé par environ 80 militants du POUM, où « ils s’étaient fortifiés sous l’excuse d’un sanatorium, qui est une espèce d’hôtel de passe, avec des miliciens et de prétendues infirmières. Tous ces miliciens touchent une solde de la Généralité et terrorisent la comarque ».

Cette calomnie si grossière qui diffamait les Poumistes était seulement possible du fait de leur expulsion du gouvernement, et elle s’ajoutait au processus de marginalisation et de mise en accusation de ce parti, auquel on attribuait toutes les difficultés du gouvernement d’unité antifasciste. Le Château d’Alp était un sanatorium pour les miliciens du POUM. Il s’agissait de discréditer ces militants comme premier pas à leur expulsion de la comarque, vu que leur présence affaiblissait les forces contre-révolutionnaires du
PSUC, de l’ERC et du gouvernement de la Généralité.

Antonio Martín fut requis à Puigcerdá pour que « soient retirées toutes les forces avec lesquelles il maintenait bloqués différents villages, en attendant la requête ». Tarradellas retira du lieu un lieutenant qui, par son comportement et son caractère, tendait à aggraver les conflits et il ordonna la remise en liberté de tous les prisonniers.

Tarradellas informa sur les « innovations irréalisables » qui constituent « le programme de ceux qui gouvernent Puigcerdá et le canton », qui « sous le prétexte d’une coopérative générale se sont emparé de tout le village et ne se privent pas de contraindre pour acheter tous les produits à bas prix et les vendre plus chers à Barcelone », créant un problème économique à la solution difficile.

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Antonio Martin - le Durruti de la Cerdagne

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Notes:

1 Soulèvement populaire contre l’envoi des réservistes pour faire la guerre au Maroc.
2 Le terme désigne des groupes anarchistes armés qui menaient dans les années 1920 des attentats et des opérations de représailles contre le patronat, des dignitaires religieux, des politiciens, des officiers connus pour persécuter et assassiner les militants anarchistes. Ils affrontaient la terreur conjointe du patronat et de l’État contre les syndicalistes.
3 Célèbre groupe d’action anarchiste dont faisaient partie, entre autres, Durruti, García Oliver et Ascaso.
4 Tentative avortée de soulèvement populaire contre le gouvernement de droite. Le mouvement catalaniste tenta de prendre le contrôle de Barcelone mais se débanda dès que les forces de répression sortirent dans la rue. Il n’y eut que dans les Asturies que l’insurrection fut réelle et elle fut sauvagement réprimée par l’armée.
5 Le terme désigne le ministère de la défense du gouvernement semi-autonome de la Catalogne, la Généralité.
6 Tentative rocambolesque de renversement du président de la Généralité par un coup d’État fomenté par des ultras catalanistes très marqués à droite. Ils avaient l’intention de proclamer l’indépendance catalane et de réprimer brutalement toute expression anarchiste. La conjuration fut éventée par les services de renseignements cénétistes.
7 Tarradellas était le premier ministre dela Généralité, Santillan (CNT) était le ministre de l’économie de la Généralité.
8 Le terme désigne une entité administrative propre à l’Espagne dont la taille se situe entre celle d’un gros canton et d’un petit département.


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