Archive for the ‘Révolution espagnole’ Category

La guerra del pan

14 juillet 2014

Agustín Guillamón signe un nouveau livre. Ce second tome d’une trilogie sur la faim et la violence dans la Barcelone révolutionnaire vient de paraître en Espagne: LA GUERRA DEL PAN. Hambre y violencia en la Barcelona revolucionaria. De diciembre de 1936 a mayo de 1937. (Aldarull/Dskntrl, Barcelone, 564 pages, 15 euros auprès de dskntrl_ed@riseup.net). Il fait suite à La revolución de los comités et étudie l’approvisionnement alimentaire de Barcelone entre décembre 1936 et mai 1937 comme enjeu de pouvoir: une « guerre du pain ».

Guerra del pan4ème de couverture, en espagnol:

La pugna entre el PSUC y la CNT, de diciembre de 1936 a mayo de 1937, fue un conflicto ideológico, pero ante todo el enfrentamiento de dos políticas opuestas de abastecimiento y gestión económica de la gran urbe barcelonesa.

Comorera, desde la Consejería de Abastos, priorizaba el poder del PSUC al abastecimiento del pan o la leche a la ciudad de Barcelona. Mejor sin pan ni leche, que un pan y una leche suministrados por sindicatos de la CNT. Hambre y penurias de los barceloneses eran el precio a pagar por el incremento del poder del PSUC y de la Generalidad, en detrimento de la CNT.

El PSUC, en una ciudad sometida a las penalidades y privaciones de la guerra, opuso la libertad de mercado a la racional distribución alimenticia realizada muy eficientemente por lso comités de abastos de las barriadas.

El hambre de los trabajadores fue causada por la maniobra consciente de los partidos burgueses y contrarrevolucionarios, desde ERC (republicanos) hasta el PSUC (estalinistas), para debilitar y derrotar a los revolucionarios. A ese proceso le hemos denominado guerra del pan.

El desarme de los trabajadores era el objetivo fundamental de esos partidos. También los comités superiores libertarios vieron en los comités de barrio a sus peores enemigos, cuando éstos se negaron a acatar los decretos de desarme pactados con el gobierno.

A finales de abril, los comités revolucionarios desbordaron a los comités superiores cenetistas. La insurrección de los trabajadores, en Mayo de 1937, no fue derrotada militarmente, sino políticamente, cuando los líderes anarcosindicalistas dieron la orden de alto el fuego.

El hambre y el desarme eran los dos objetivos necesarios para el inicio del proceso contrarrevolucionario, que desencadenó toda su fuerza represiva contra los militantes cenetistas y las minorías revolucionarias en el verano de 1937.

Balance N°38

12 juillet 2014

Le dernier numéro de Balance, la revue barcelonaise d’Agustín Guillamón, porte sur la correspondance dans les années 70 entre deux militants anarchosyndicalistes de deux générations distinctes: Juan García Oliver, qui rédige alors ses mémoires [*], et Diego Camacho Escamez (« Abel Paz »), qui termine son premier livre sur Durruti. Ils échangent évidemment sur la Révolution et la guerre de 1936, et tout particulièrement sur la décision de la CNT de collaborer avec les autres forces antifascistes dans le Comité central des milices. Comme d’habitude, et probablement encore plus que d’habitude, la mise en page est très soignée, ce qui a son importance pour une lecture agréable quand on ne parle pas couramment l’espagnol. La revue n’est pas vendue dans le commerce et a un coût réel de 6 euros, hors frais de port (S’adresser à Agustín Guillamón, Balance. Cuadernos de historia, Apartado 22010, 08080 Barcelona. Espagne).

balance38

[*] L’édition française est actuellement en souscription au prix de 22 euros. Juan García Oliver fut interviewé en 1977 par Freddy Gomez. Cet entretien est consultable en français sur le site d’A contretemps.

Documentación histórica del trosquismo español (I:1936-1938)

14 juin 2014

Agustín Guillamón nous a envoyé la première partie des documents de l’anthologie du livre publié en 1996, dont seulement quelques-uns étaient mis en ligne sur notre site jusqu’ici. Il nous signale que bien que son seul nom figurait sur la couverture en 1996, il s’agissait d’un travail collectif de:

  • Paolo Casciola, éditeur des Quaderni Pietro Tresso et du site http://www.aptresso.org/
  • Eulogio Fernández, traducteur et collaborateur de l’éditions  des Obras completas de Munis
  • Agustín Guillamón, historien du mouvement ouvrier et révolutionnaire, éditeur de la revue Balance
  • Marco Novarino, collaborateur de la revue Spagna Contemporanea.

avec des aides occasionnelles de Fausto Bucci, Dolors Genovés et Rodolphe Prager.

Cette première partie relative à la guerre civile est surtout composée de tracts, manifestes et articles de presse. Elle compile dans l’ordre chronologique 80 textes (en espagnol). Nous la publions au format pdf (156 pages):

PRIMERA PARTE

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Vers une nouvelle révolution (Balius, 1938)

14 juin 2014

Le texte de Jaime Balius (Amis de Durruti) a été traduit en français et publié aux Editions du Coquelicot de Toulouse.

« A cette heure historique où nous sommes couverts de sang, nous accusons, sans euphémisme, les politiciens républicains d’avoir par leur haine du prolétariat favorisé ouvertement le fascisme. Nous accusons Azaña, Casares Quiroga, Companys, les socialistes, tous les comédiens de cette République, née d’une saynète printanière qui a détruit les foyers de la classe ouvrière. Et cela arrive parce qu’on n’a pas fait la révolution au moment voulu. »

N° 6 des cahiers du coquelicot. 10 € + 2 € de frais de port auprès de: Le Coquelicot / BP 74078 / 31029 Toulouse cedex (chèques à l’ordre de : Le Coquelicot).

couverture balius recto

Voir aussi:

Espagne 1937 : Josep Rebull, la voie révolutionnaire

9 juin 2014

D’après le 4ème de couverture:

rebull Espagne 1937 : Josep Rebull, la voie révolutionnaire / Agustin Guillamon (Spartacus,  juin 2014). 170 p., 12.00 €.

« La situation historique actuelle de notre pays est une époque de transition qui se terminera par le fascisme ou la révolution prolétarienne. » Lors de sa naissance à l’automne de 1935, les fondateurs du Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM) pressentaient que la répression souvent sanglante qui avait été opposée régulièrement depuis vingt ans aux revendications des ouvriers de l’industrie et de l’agriculture déboucherait sur un affrontement de grande ampleur. Ils ne se trompaient pas et, comme les syndicalistes libertaires de la CNT, ils contribuèrent à l’échec du soulèvement militaire de juillet 1936, à Barcelone et dans d’autres régions d’Espagne.

En Catalogne en particulier, cette victoire sur les putschistes obligea les ouvriers mobilisés non seulement à organiser la lutte militaire contre l’armée rebelle, mais aussi à prendre en charge une bonne partie de la production. Est-ce le début de la révolution des ouvriers et des paysans ? Les organisations ouvrières les plus puissantes, la CNT et le parti socialiste espagnol (PSOE), ne semblent pour leur part n’avoir pour projet que de remettre sur pied l’État républicain en faillite. Pour la direction du POUM, il n’y a pas d’autre solution que de rester aux côtés de la CNT et de chercher à la gagner à la voie révolutionnaire. C’est ce qu’a bien compris un ennemi mortel de la Révolution que viennent renforcer tous les partisans de l’ordre établi : le Parti communiste, bras politique et militaire en Espagne de Staline. Sous sa pression, et par l’intervention de sa propre police politique, le POUM est rapidement mis à l’écart et les organes mis en place par les révolutionnaires démantelés.

Au printemps de 1937, devant la menace d’écrasement définitif du pouvoir populaire embryonnaire qui entraînerait, à court terme, la victoire de l’armée fasciste, Josep Rebull, un militant du POUM de Barcelone, soumet au Parti en vue du prochain congrès de celui-ci une série de critiques et de propositions pour rouvrir devant les ouvriers et les paysans la voie de la Révolution. Les Journées de mai se concluront par la victoire des forces antirévolutionnaires, l’assassinat de dirigeants et de militants du POUM, sa mise hors-la-loi puis un procès reposant sur des faux grossiers. Dans la clandestinité, Josep Rebull organisera la lutte contre ces crimes. Mais à cette époque, et encore en 1939, dans l’exil, il appellera ses camarades à analyser les erreurs commises et à redéfinir une politique conforme aux principes fondateurs du Parti.

Sans doute, les conditions de la transformation sociale qui semble tous les jours plus nécessaire à une partie croissante de la population ont changé. Dans les vieux pays d’Europe, en particulier, les organisations de masse, partis et syndicats, qui prétendaient préparer la transformation révolutionnaire de la société, ont disparu. Mais, au-delà de la référence historique que constitue la révolution espagnole – la plus grande révolution ouvrière que l’Europe occidentale ait connue – les critiques et les propositions de Josep Rebull suscitent encore la réflexion sur des points fondamentaux : qu’est-ce que prendre le pouvoir et l’exercer ? Comment une théorie révolutionnaire, tirée des enseignements d’un passé proche ou lointain, aussi convaincante soit-elle dans sa rationalité, peut-elle gagner à elle dans le feu de l’action de vastes pans de la population engagés dans les mille tâches de l’activité quotidienne et ayant leurs propres préférences ? On ne partagera pas nécessairement les points de vue nettement affirmés d’Agustín Guillamón, mais on lui saura gré d’avoir sorti de l’oubli ces questions que Josep Rebull, à travers ses critiques et ses propositions, a posées si clairement.

Voir aussi:

Crimes à Barcelone (V. Serge, 1937)

29 mai 2014

Article de Victor Serge paru dans la Révolution prolétarienne N°249 du 25 juin 1937:

1. Le P.O.U.M. hors la loi.

2. Mort suspecte de Bob Smilie.

3. Arrestation de Nin.

4. Prise d’otages !

5. Disparition de Marc Rhein.

Qu’il est facile, par ces temps noirs, ces temps de scélératesses et de silences complices, d’être bon prophète ! On m’accordera que  je n’ai pas eu tort d’annoncer dès août dernier l’extermination de toute la vieille génération bolchévik. J’eusse infiniment mieux aimé me tromper. Et voici que d’un autre bout de l’Europe m’arrivent, prévues, trop prévues, de tragiques nouvelles confirmant littéralement ce que j’écrivais ici même, dans La Flèche, dans Le Crapouillot, l’automne dernier : le guet-apens stalinien en Espagne.

Lors de la crise du cabinet Caballero, le parti stalinien exige la mise hors la loi du Parti Ouvrier d’Unité Marxiste, le P.O.U.M.

Caballero refuse d’étrangler ainsi, à la fois, la constitution républicaine et le mouvement ouvrier révolutionnaire. M. Negrin paraît avoir accepté, puisqu’il le fait.

On sait que dans les sanglantes journées de mai de Barcelone, les masses de la C.N.T. ont réagi de leur propre initiative contre l’agression stalinienne du central téléphonique (le 3 mai), soutenues sans réserves par le P.O.U.M. et implicitement désavouées par les dirigeants de la C.N.T.-F.A.I. La manœuvre stalinienne consiste à rendre le P.O.U.M. seul responsable de la résistance ouvrière. Cette manœuvre, les dirigeants de la C.N.T. et de la F.A.I. semblent la vouloir tolérer. Le P.O.U.M., avec ses 40.000 à 50.000 membres, est un petit parti, par rapport à la C.N.T., qui dépasse sans doute de loin le million d’adhérents; et ce petit parti fait une politique très décidée. C’est donc par lui qu’il faut commencer la répression contre-révolutionnaire.

Voici les faits, dans toute leur gravité.

Fin mai, la Batalla, l’excellent quotidien du P.O.U.M., est suspendue à terme indéfini.

Le gouvernement refuse au parti l’autorisation de publier un autre quotidien. Il tord le cou à la liberté de la presse.

Dans un article du 1er mai invitant les ouvriers à se montrer vigilants, l’arme aux pieds et à former le front révolutionnaire, Julien Gorkin est inculpé d’appel à la sédition, mais laissé en liberté provisoire.

Vers le 15 juin, nous apprenons le drame suspect de la mort de Bob Smilie. Correspondant de l’Independant Labour Party auprès du P.O.U.M., arrêté par les autorités espagnoles à la frontière française qu’il s’apprêtait à franchir avec des papiers en règle pour regagner l’Angleterre, il est conduit non à Barcelone, mais à Valence, il meurt presque aussitôt en prison d’une bien inexplicable appendicite. Pauvre vaillant camarade ! On sent dans sa fin je ne sais quoi de russe.

Le 16 juin, quarante arrestations des principaux militants du P.O.U.M. (Comité Central et Exécutif) sont ordonnées par Valence à Barcelone. André Nin et nombre d’autres militants de toutes les heures de la révolution espagnole sont arrêtés. Gorkin et Juan Andrade n’ayant pas été trouvés, on arrête leurs femmes, en qualité d’otages ! Énormité du genre fasciste et style des opérations spécifiquement stalinien, à la fois.

Le poste de T.S.F. du P.O.U.M. est saisi. Le parti est pratiquement mis hors la loi. Que reste-t-il de la démocratie espagnole pour les ouvriers ?

Mundo Obrero et Treball, feuilles staliniennes, demandent la peine de mort pour Gorkin.

Quelle est, devant ces choses, l’attitude de la C.N.T. ?

Ici, un avertissement. André Nin ne souffre d’aucune appendicite chronique. Il est jeune, il a le cœur solide. Nous ne croirons ni à l’appendicite soudaine, ni à l’embolie. Il faut que sa vie soit sous la sauvegarde des véritables organisations ouvrières de Catalogne.

Et posons les questions que personne ne pose : les assassins de Camillo Berneri, policiers de la Généralité et gens du P.S.U.C. (staliniens) sont connus. Font-ils l’objet de poursuites ?

Les assassins de Quico Ferrer, Francisco Ferrer, petit-fils du grand fusillé de Montjuich, lui-même fusillé dans la rue à Barcelone, le 6 mai, par des gens à brassards du P.S.U.C., sont connus. Sont-ils poursuivis ?

Les ravisseurs de Marc Rhein-Abramovitch, jeune ingénieur russe, fils du vieux socialiste russe, membre de l’Exécutif de l’Internationale Ouvrière Socialiste, les ravisseurs de Marc Rhein, disparu depuis six semaines et plus, on les devine. Pourquoi donc un silence si lourd pèse-t-il sur ce crime sans nom ?

V. S.

crimes

Retours sur la Révolution espagnole

21 mai 2014

Brochure pdf de 21 pages compilant des textes de 1962 à 1987 déjà publiés sur ce site:

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Complément d’information (Pivert & Guérin, 1937)

18 mai 2014

Paru dans Le Populaire du 7 septembre 1937. [pdf]

TRIBUNE DU PARTI

Les articles de cette rubrique n’engagent que la responsabilité de leur auteur

LA REVOLUTION ESPAGNOLE ET NOUS

Complément d’information

Nous avons dit dans un précèdent article les vivas appréhensions que nous inspire l’évolution actuelle de la publique. espagnole. Aujourd’hui nous  sommes en mesure de présenter à  nos lecteurs un complément d’information.

Une délégation internationale, envoyée par le Comité de défense des révolutionnaires antifascistes en Espagne vient, en effet, de se rendre à Valence et à Barcelone. Elle était  conduite par Maxton, président de  l’Independent Labour Party, et notre  ami Weil-Curiel, rédacteur en chef de l’Espagne Socialiste. Elle a pu
s’entretenir là-bas avec un certain  nombre de dirigeants de la République espagnole ; elle a pu également avoir une entrevue avec quelques- uns des leaders du P.O.U.M., dont Gorkin, emprisonnés à Valence. Elle a consigné ses observations dans un rapport. Un tel document ne peut être passé sous silence. En voici l’essentiel.

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L’objet principal de la délégation était d’enquêter sur la disparition du camarade Andres Nin. Si elle fut reçue avac courtoisie par les membres du gouvernement, des journaux comme Frente Rojo et Verirad crurent devoir traiter ses membres « d’agents trotskysto-fascistes.» (sic).

Il résulta de son enquête que le gouvernement de Valence répudie toute responsabilité dans la disparition  de Nin. Nin, après son arrestation, est tombé entre les mains d’éléments ; qui, s’ils appartenaient à la coalition gouvernementale, agissaient en marge du gouvernement régulier. Le ministre de la Justice, Irujo (mais citons le rapport) « se plaint à la légation que la police se soit rendue quasi indépendante et que des éléments étrangers puissent en avoir la contrôle réel€” se plaint de l’influence du Parti communiste sur la police.» Le ministre de l’Intérieur, Zugazagoitia, lui aussi « se plaint très vivement de la police, composée, dit-il, d’éléments recrutés en hâte depuis le 19 juillet, éléments chargés de passions politiques. » Pour le sous-secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil, Prat Garcia, « le gouvernement ne peut être tenu pour responsable des excès de pouvoir d’une police improvisée ». Quant à Indalecio Prieto, ministre de la Défense Nationale, il pense que les responsables de la disparition de Nin « se trouvent dans l’entourage du chef de la police, entourage qui avait été noyau par des éléments communistes, selon: leurs procédés ordinaires… »

Le témoignage de Gorkin corrobore celui des ministres républicains. Les circonstances de son arrestation et de sa détention permettent d’imaginer ce qu’il est advenu de Nin. Arrêté à Barcelone le 16 juin (le même jour que Nin), Gorkin est, d’abord, transféré à Valence le 18, escorté de quatre policiers étrangers de la Guépéou ». Le 23, il est remis en liberté avec quelques camarades sur un, ordre régulier écrit. Mais, « dès qu’il a passé les portes de la prison des policiers s’emparent d’eux et les emmènent à Madrid » ils sont « jetés dans un sous-sol de la brigade spéciale » c’est-à-dire dans une prison « privée ». Ce n’est qu’un mois après qu’ils sont transférés dans une prison d’Etat régulière. Nin n’a pas eu cette chance. Transporté de Barcelone à Valence, puis de Valence à Madrid, de « locaux spéciaux » en « locaux spéciaux », il est finalement séquestré par des policiers dans une maison particulière, à Alcala de Henares. Depuis, on perd sa trace. Le sous-secrétaire d’Etat Prat Garcia hasarde cette hypothèse : « S’il vit, il peut se trouver dans une ambassade… » Le ministre de l’Intérieur croit nécessaire « de mener l’enquête avec une extrême lenteur, car, dit-il, si l’on précipitait les choses, on risquerait de ne retrouver qu’un cadavre ». Est-il nécessaire de commenter ?

Quant à l’accusation odieuse par laquelle on a voulu déshonorer le P.O.U.M., les personnalités interrogées la repoussent nettement. Le ministre de la Justice répète « qu’il n’est plus question d’accuser d’espionnage aucun dirigeant du P.O.U.M. » Il a étudié à fond le dossier de l’affaire ; aucune des soi-disant pièces à conviction n’a résister à l’examen. Ni Prieto, ni Prat Garcia ne croient davantage que les dirigeants du P. U. M. soient des espions. Le procureur de la République, Ortega y Gasset, va jusqu’à exprimer « toute l’estime qu’il avait pour les dirigeants du P.O.U.M. »

Le procès du P.O.U.M., qui va s’ouvrir bientôt devrait donc aboutir à un acquittement. Si vraiment le seul chef d’accusation retenu est la participation des prévenus aux journées de mai à Barcelone, Gorkin n’aura pas de peine à disculper son parti.

Il lui suffira de dire la vérité : ces journées ont été une réponse spontanée des masses à ceux qui voulurent déloger le prolétariat de certaines positions stratégiques comme le Central téléphonique. D’ailleurs, le ministre de la Justice a fait connaître à la délégation son intention de présenter un projet d’amnistie pour les délits politiques et sociaux.

Mais, attention ! Les ennemis du P.O.U.M. n’ont pas désarmé. « L’extrême-droite, avoue le ministre, s’opposera probablement à ce projet ». L’extrême-droite, précise-t-il, ce sont les communistes  »). D’autre part contredisant son ministre, le juge d’instruction,, chargé-d’instruire l’affaire, vient de conclure son rapport en accusant les dirigeants du P.O.U.M. de s’être « mis d’accord avec des individus étrangers appartenant à la Gestapo allemande ».

L’odieuse accusation réapparaît. Nos camarades sont toujours en danger.

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Citons, pour terminer, ces graves déclarations faites par Prieto: « La délégation ne représente que les pays qui ont peu fait pour l’Espagne, elle représente des partis dont l’action est restée inefficace ou de trop peu d’efficacité, tandis que les Russes envoient le s armes qui permettent à la République espagnole de résister à l’assaut du fascisme » (La délégation dit avoir eu la nette impression que le ministre faisait allusion aux compensations politiques exigées par Moscou en échange de son soutien). Ces paroles et leur interprétation par la délégation confirment ce que nous avons écrit ici. Elles confirment qu’il existe une liaison étroite entre la politique de non-intervention, d’une part, et la répression de l’avant-garde révolutionnaire, d’autre part.

Le jour le blocus sera levé, le jour l’U.R.S.S. ne sera plus seule à soutenir nos frères d’Espagne, ce jour-là, non seulement leur République, mais aussi leur Révolution sera sauvée. Ce jour-là, notre Parti, la délégation permanente de la CA P. dont nous demandons l’envoi à Valence, pourront aider le parti frère d’Espagne dans la conduite des opérations militaires et révolutionnaires, pourront se faire entendre de lui.

Mais le temps presse.

Marceau PIVERT et Daniel GUERIN

complement

Autour de « Los comités de defensa de la CNT en Barcelona »

7 mai 2014

En attendant la parution de l’édition française du livre d’Agustín Guillamón, nous compilons en brochure pdf du matériel déjà publié sur notre site: un article en espagnol et trois textes en français.

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De Largo Caballero à Negrin (Lazarévitch, 1937)

5 mai 2014

Paru dans la Révolution prolétarienne N°252 du 10 août 1937.

Bilan d’une participation

Voilà plus de deux mois déjà que les organisations syndicales d’Espagne, C. N. T. et U. G. T., ont  vu leurs représentants chassés du gouvernement; en Catalogne, l’unique ministre représentant de la  C. N. T. après les événements de mai, Valerio Mas,  a été aussi éliminé au cours de la dernière crise  qui eut lieu il y a quelques semaines. Mais les dirigeants de la C. N. T., loin de s’orienter dans la voie d’une opposition déterminée, déploient tous leurs efforts pour réobtenir des sièges ministériels à partager avec les républicains bourgeois, socialistes et communistes. Une active campagne est menée en ce sens dans la presse et par meetings ; des pourparlers sont entamés comme le confirme la note suivante de Solidaridad Obrera du 7 juillet 1937 :

Aujourd’hui, après presque deux mois que dure l’expérience d’un gouvernement auquel ne participent pas les deux centrales syndicales, il semble que le bon sens se fraye la voie, que la nécessité est reconnue du retour de la C. N. T. et de l’U. G. T. au Conseil des ministres, et surtout que la nécessité est reconnue d’appliquer un programme d’action strictement conditionné par les exigences de la guerre, qui pourrait avoir immédiatement comme base celui élaboré par notre centrale.

Nous sommes autorisés à penser qu’il en est ainsi, vu le résultat d’une réunion qui s’est tenue dernièrement à Valence, sur invitation du Comité national de la C.N.T., à laquelle prirent part les différents partis et organisations antifascistes; il y fut convenu qu’un programme commun sera élaboré, en tenant compte à cet effet de celui qui présentera la C. N. T. réalisant en fait une véritable et loyale collaboration des secteurs antifascistes.

Au ministère de la justice

Aussi longtemps que les ministres anarchistes furent au pouvoir, ils ne présentèrent pas publiquement de rapports d’ensemble sur leur activité ; ce n’est que lorsqu’ils furent chassés, après les événements de Mai, qu’ils firent le bilan de leurs travaux, en l’expliquant devant de vastes meetings.

Évidemment, ils sont satisfaits de leurs œuvres, mais à travers les louanges qu’ils s’adressent à eux- mêmes lorsqu’ils essaient d’exposer leurs difficultés, la vérité se fait jour et c’est aux lecteurs de la R. P. qu’il appartiendra de trancher si cette participation a apporté des résultats importants.

Voici un extrait du discours de Garcia Oliver, rapporté par Solidaridad Obrera du 4-6-37 énumérant ses bienfaits :

Ainsi il réalisa son œuvre efficace, humaine, et profondément révolutionnaire, et dans sa tâche il fut aidé avec enthousiasme depuis le président du Tribunal suprême jusqu’au dernier huissier.

Il relate ensuite les décrets sur le droit du citoyen à se défendre lui-même devant n’importe quel tribunal, et ceux imposant des peines aux spéculateurs et commerçants de mauvaise foi, ceux effaçant toutes les peines antérieures au 15 juillet 1936 et créant les camps de travail. C’est ici que se détache l’esprit humaniste du législateur ouvrier dans un régime révolutionnaire. Dans les camps de travail la devise « Hais le péché et compâtis au délinquant » a été remplacée par cette autre « Travaille et ne perds pas l’espérance ».

La taxe judiciaire a été supprimée; c’est un filon qu’exploitaient les « caciques » et les fonctionnaires judiciaires. La justice, dans l’avenir, sera rapide et peu coûteuse. Une amnistie générale a été concédée. La capacité juridique a été accordée, a la femme. Cette œuvre transcendantale s’est faite sans simagrées et peut-être sans que les intéressés s’en aperçoivent. Les unions libres des miliciens sont reconnues; ainsi leurs veuves et leurs enfants ne  resteront pas abandonnés. Finalement une autre grande conquête révolutionnaire : le droit civil au-dessus du droit militaire. Il restait à légaliser la  municipalisation de l’habitation, ce qui représentait la remise aux municipalités de la propriété urbaine. C’est alors qu’arriva la crise du gouvernement de la victoire, sans que nous ayons encore pu nous expliquer les causes qui la motivèrent.

Un examen rapide de cette partie positive du bilan suffira à remettre les choses au point  et l’œuvre « profondément révolutionnaire » se réduira à une série de réformes existant dans plusieurs démocraties bourgeoises.

Les peines prononcées contre les spéculateurs et  agioteurs s’avèrent inopérantes; la montée verticale du prix des vivres continue. C’est ce qui avait été constaté déjà lors de la crise ministérielle d’avril en Catalogne. Il est vrai que les dirigeants de la F. A. I.-C. N. T. avaient protesté contre ce renchérissement et en avaient fait un problème essentiel. Mais ils n’ont pas osé proposer la seule solution qui s’imposait : la collectivisation du commerce.  Ils ont accepté tacitement le maintien du commerce privé, entraînant malgré les peines les plus draconiennes la continuation de l’agiotage.

La portée de l’œuvre du législateur anarchiste diminue encore quand on réfléchit à tous les abus féodaux qui subsistent dans la législation espagnole. Le discours de Garcia Oliver avoue lui-même que le décret sur la municipalisation de l’habitation ne put être prononcé. Il n’y eut d’ailleurs aucune autre mesure juridique consacrant des modifications dans le droit de propriété 0u d’héritage. La procédure des détentions « gubernativas », c’est-à-dire de l’emprisonnement administratif par ordre des autorités policières, couvertes par les gouverneurs civils, n’a même pas été entamée. C’est sous le règne de Garcia Oliver que l’anarchiste Maroto, ainsi que des centaines de paysans du Levant furent emprisonnés, certains d’entre eux ne furent libérés que grâce à la pression de l’opinion publique protestant par meetings, tracts, manifestations, exactement comme si elle avait elle avait en face d’elle un ministre bourgeois.

Les décrets du gouvernement Negrin

La déclaration de la prédominance du droit Civil  sur le droit militaire apparaît n’avoir qu’une valeur symbolique. Elle n’a pas force de loi dans la réalité. En effet, il vient de paraître une série de décrets du ministre de la Guerre soulignant bien qu’il ne reconnaît pas les principes essentiels du droit civil et qu’il considère sa juridiction comme indépendante de celle du gouvernement. Voici quelques dispositions de ces décrets d’après Solidaridad Obrera du 20-6-37.

Le militaire qui, au cours d’un acte du service ou à l’occasion de celui-ci, maltraiterait par le fait ou par la parole un supérieur sera puni d’une peine allant de douze ans d’internement jusqu’à la peine de mort.

Le militaire qui, devant l’ennemi, rebelle ou séditieux, ou à l’occasion de n’importe quel acte de service, qu’il s’agisse de service armé ou non, désobéit aux ordres de ses supérieurs ou cesse d’observer ceux qui lui sont donnés, subira une peine allant de vingt ans d’internement à la peine de mort.

Un autre décret de la Défense nationale dispose que les coupables de délit militaire flagrant entrainant, comme ci-dessus signalé, les peines de mort ou celles atteignant trente ans d’internement, ou les délits qui, d’après le jugement du chef d’armée ou d’un corps d’armée, exigent une sanction immédiate, parce qu’affectant le moral et la discipline des troupes ou la sécurité des places fortes, des choses ou des personnes, seront jugés suivant la procédure extrêmement sommaire.

Les articles suivants établissent la procédure rapide à suivre et la constitution des tribunaux.

Les sentences condamnant à la peine de mort d0nt l’exécution immédiate est à conseiller d’après les circonstances, suivant le jugement du chef militaire ou du commissaire de Guerre, sans attendre que le gouvernement soit informé desdites sentences seront exécutées immédiatement par la procédure extrêmement sommaire.

Le juge d’instruction ne sera pas tenu de faire des démarches auprès des forces habituelles du droit commun; il suffira qu’il expose avec clarté et précision les déclarations qu’ils recueille, le crédit que celles-ci méritent et les résolutions qui sont adoptées.

La procédure extrêmement sommaire ne pourra dépasser le délai de 48 heures entre son début et la date d’exécution de la sentence.

Il existe une autre mesure, introduite elle aussi après le départ des ministres anarchistes; elle porte en soi quelques traces de la déclaration de Garcia Oliver, se vantant d’avoir établi la prédominance du droit civil sur le droit militaire, mais elle permet de comprendre les limites de cette prédominance. Il s’agit de la création d’un tribunal spécial destiné officiellement à poursuivre l’espionnage; en réalité, comme les lecteurs pourront en juger eux-mêmes dans les motifs d’inculpation à coté du crime d’espionnage peuvent être châtiés tous les délits d’opinion en les assimilant à ceux qui ébranlent la situation militaire. Voici les extraits de ce décret reproduits d’après Solidaridad Obrera du 23-6-37. Il y d’abord la constitution du tribunal.

1 Le tribunal siégera dans la localité réside le gouvernement; il sera constitué par trois juges ou magistrats de la juridiction ordinaire et deux militaires ou marins, avocats. Deux de ceux-ci seront nommés par le ministre de la Justice et un sur proposition du ministre de l’Intérieur. Les deux derniers seront nommés par le ministre de la Justice, sur proposition du ministre de l’Intérieur. Les deux derniers seront nommés par le ministre d la Justice, sur proposition du ministre de lafense nationale. (Ce passage traduit mot à mot comporte une contradiction, dont le traducteur n’est pas, responsable. L. N.) C’est le juge ou magistrat civil désigné par le ministère de la Justice qui présidera.

L accusation sera présentée par le procureur général de la République ou par la personne qu’il déléguera.

Telles sont donc les garanties « civiles » qui subsistent : présidence par un civil; majorité de juges civils; accusation présentée par un civil. Toutefois, même au point de vue de la structure du tribunal, il faut constater l’élimination des jurés, désignés par les comités des organisations anti-fascistes et faisant partie des tribunaux populaires. Le décret stipule en effet :

Les juges spéciaux inscrits dans les tribunaux populaires, ces tribunaux, ainsi que les juges militaires et les tribunaux spéciaux de guerre ou de marine et les autorités judiciaires de ces branches, qui examinaient des procès sommaires pour des délits compris dans ce décret, ou devant lesquels passeraient des causes ou des appels au sujet de pareils délits, se retireront en faveur des juges ou tribunal spécial, créé par ce décret, après avoir entendu au préalable le procureur, et avoir rendu compte de leur retrait au tribunal suprême.

Mais l’esprit de la militarisation de la justice apparaît avec évidence, c’est dans rénumération des délits relevant du tribunal spécial; à côté d’actes d’espionnage absolument caractérisés et dont le châtiment rigoureux rencontrera l’adhésion de tout révolutionnaire, le décret comprend des dispositions élastiques permettant de punir toute opinion différente de celle du gouvernement (ces dispositions ont été soulignées dans le texte par l’auteur de l’article) :

Tous les procès relatif s aux délits compris dans ce décret seront jugés suivant la procédure extrêmement sommaire.

Sont considérés comme délits d’espionnage:

Maintenir, sans raison justifiée, des relations directes ou indirectes avec un État étranger qui est en guerre avec la République; transmettre, sans motif légitime, des données de caractère militaire, politique, sanitaire, économique, industriel ou commercial, à un État étranger, à des organisations armées, à des organismes contraires au régime ou à des particuliers; accomplir des actes hostiles à la République, en dehors ou à l’intérieur du territoire national ; prêter aide, dans le même but, aux organisations soumises à l’influence des États étrangers qui, directement ou indirectement, favorisent la guerre contre le gouvernement légitime; réaliser des actes susceptibles de diminuer l’action défensive de la République, tels que sabotages dans les fabriques ou industries de guerre, destruction de ponts et autres actes analogues; s’introduire subrepticement ou sous un déguisement dans les places fortes ou postes militaires, dans le but de se procurer des données pour les remettre à l’ennemi; diffuser les communiqués ou informations de l’ennemi, et ne pas les remettre aux autorités légitimes en ayant la possibilité de le faire; lever des plans, des cartes ou photographier les objectifs et lieux militaires, les organismes de caractère sanitaire ou des industries de guerre; installer des appareils de correspondance ou de transmission; lancer des signaux acoustiques, optiques ou tous autres; se servir d’un pseudonyme ou de faux papiers.

Seront également de la compétence du tribunal créé par ce décret, les délits suivants :

Toute action ou omission qui, par sa propre nature ou en raison des circonstances du lieu et du moment, peut être réputée comme constituant de la haute trahison, parce que tendant à porter gravement préjudice à la République; défendre ou propager des nouvelles ou émettre des jugements défavorables à la marche des opérations de guerre ou au crédit et à l’autorité de la République à l’intérieur et à l’extérieur; diffuser les nouvelles de l’ennemi ou favoriser ses desseins, en émettant des jugements favorables à la capitulation d’une place forte ou convenant de pactiser avec les rebelles; la destruction ou ravage dans tout établissement militaire ou naval, ou dans leurs moyens de défense; s’emparer de façon indue, en portant manifestement dommage à l’intérêt public, de biens, richesses, ustensiles ou instruments nécessaires à la fense nationale; les actes ou manifestations tendant à affaiblir le moral public, démoraliser l’armée ou diminuer la discipline collective.

Les délits énumérés par ce décret seront punis de peines variant de six ans et un jour d’internement dans un camp de travail et allant jusqu’à la peine de mort. Lorsque les délits cités auront eu de graves conséquences pour la République, ou lorsqu’ils auront été commis par des fonctionnaires publics ou des personnes militarisées manquant aux devoirs de leurs fonctions, le tribunal imposera la peine de mort. Dans les autres cas, la peine s’appliquera suivant le prudent arbitre du tribunal.

La tentative et le délit subissant un échec, la conspiration et la proposition, ainsi que la complicité et la protection pourront être sanctionnées par des peines égales à celles fixées pour le délit accompli.

Lorsque les délits auront été commis en temps de paix les peines imposées seront inférieures de un ou deux degrés à celles signalées ci-dessus.

Seront exempts de peines ceux qui, après avoir donné leur accord pour commettre un de ces délits, le dénonceraient aux autorités avant qu’ils ne soient accomplis.

Il y a dans ce texte tout ce qu’il faut pour fusiller légalement les militants du P. O. U. M., des Jeunesses Libertaires, des « Amigos de Durruti », des socialistes de gauche; il est très facile d’assimiler à de pareils délits d’espionnage toute campagne de presse et de meetings; à plus forte raison condamnera-t-on comme espions les ouvriers révolutionnaires assez audacieux pour maintenir malgré la dissolution leurs groupements et garder les armes conquises depuis un an.

Cette participation à la lutte armée est une réalisation concrète qu’il est bon de rappeler à ceux qui, aujourd’hui, demandent, entre autres : qu‘a donc fait le P. O. U. M. en matière de réalisation ? Une réponse excellente vient d’être faite à ce sujet par le journal C. N. T., cité par Guerra di classe du 8-7-37, parlant de l’infâme campagne menée contre le P. O. U. M. :

Pour continuer cette campagne, il fallut négliger le fait que le P. O. U. M. a des milliers de combattants sur la ligne de feu ils ont lutté aussi roïquement que les autres antifascistes espagnols.

Si l’on ajoute à cette action la campagne intense que le POUM a menée contre les tentatives du gouvernement russe cherchant à coloniser la résistance antifasciste en Espagne, si l’on songe que dans cette activité il était presque seul (soutenu seulement par les Jeunesses Libertaires et par quelques journaux de la C. N. T.) ; si l’on réfléchit qu’il ne disposait pour cela ni de l’immense crédit moral dont jouit la F. A. I.-C. N. T., ni des formidables effectifs en adhérents dont dispose l’anarcho-syndicalisme, il faut bien admettre que, proportionnellement à ses forces, le POUM a très largement fait sa part de travail utile à la cause du prolétariat.

 

L. NICOLAS.

nicolas

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