Archive for the ‘Révolution espagnole’ Category

Album photos de la CNT (1936)

25 juillet 2016

80ème anniversaire de la Révolution espagnole

Republications estivales

Nous rappelons l’existence de ce carnet de 10 photos.

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Les scandales de l’émigration (Amis de Durruti, 1939)

24 juillet 2016

Communiqué du groupe franco-espagnol des Amis de Durruti paru dans Révision N°6 (août 1939).

Il faut faire cesser les scandales de l’émigration espagnole. Ces scandales sont multiples.

1 – En premier lieu, le scandale de l’hospitalité démocratique française. Celui-ci n’est pas pour nous étonner, et nous n’y insisterons pas, car on en a déjà beaucoup parlé en tous lieux. Les camps de concentration, le travail forcé, l’emprisonnement; nous n’en attendions pas davantage de la démocratie bourgeoise.

2 – En second lieu, les scandales proprement espagnols qui sévissent dans l’émigration. On n’ignore pas qu’une organisation, S.E.R.E., fidèle reflet du front populaire espagnol (des républicains aux anarchistes), s’est consacrée, en théorie, à secourir les émigrés espagnols. Or, en fait de secours, cette organisation se borne à rétribuer fidèlement les ex-hauts-dignitaires de la République espagnole (formule juillet 1936-mars 1939). Si un général touche, dans l’émigration, une somme mensuelle de 1700 francs, un simple émigré, à notre connaissance, ne touche rien. La « démocratie française » n’est pas unique. La « démocratie » espagnole la vaut bien.

3 – Mais là ne sont pas les plus graves scandales, nous savons à quoi nous en tenir sur la démocratie française, et nous n’attendions pas grand’ chose de la démocratie espagnole.

Mais que ces méthodes se retrouvent chez ceux que nous pouvions considérer comme les nôtres, cela dépasse les limites.

Nos camarades connaissent le mouvement international de S.I.A. (animé et contrôlé par des anarchistes). Or, la section espagnole refuse systématiquement les secours aux anarchistes qui ont le tort de ne pas vénérer Oliver, Montseny ou quelque seigneur d’importance moindre. Toute critique envers les dirigeants du mouvement anarchiste espagnol est sanctionnée catégoriquement par une privation de secours. On veut réduire l’opposition grandissante au réformisme « anarchiste » par le blocus de la faim.

Nous n’avançons pas cela à la légère. On a refusé des secours à des camarades des « Amigos de Durruti » pour un simple article non conformiste publié par le Réveil syndicaliste.

Il y a lieu de demander si de pareilles mœurs doivent exister dans le mouvement ouvrier.

Un blocus à peu près semblable est décrété aux minoritaires du P.O.U.M.

4 – Le dernier scandale, qui dépasse peut-être tous les autres, est d’ordre politique. Un certain nombre de camarades sont venus demander au Conseil National de la C.N.T. de rompre le front populaire espagnol, c’est-à-dire de reprendre sa liberté vis-à-vis des assassins de la Révolution espagnole: Negrin & consorts. On se souvient que les camarades anarchistes ont longtemps justifié ce compromis avec les républicains bourgeois et les staliniens par le « chantage aux armes » pratiqué par ceux-ci.

Or, désormais, ce chantage n’existe plus. Pourtant, le front populaire espagnol demeure. Pourquoi ?

Il y a lieu de s’en inquiéter.

*

Les scandales, comme on le voit, sont multiples. Il en existe d’autres, que nous ferons connaître au fur-et-à-mesure qu’ils parviendront à notre connaissance.

Nous ne prétendons pas les faire cesser avec nos faibles forces. Mais que les coupables des scandales soient assurés que nous remettront incessamment ces questions sur le tapis jusqu’à ce qu’ils y répondent.

Le groupe franco-espagnol des « Amigos de Durruti »

Voir aussi:

Camp de réfugiés espagnols de La Mauresque

De « La lucha por Barcelona » à « El elogio del trabajo »: L’anticapitalisme des anarchistes et anarcho-syndicalistes espagnols des années trente

24 juillet 2016

80ème anniversaire de la Révolution espagnole

Texte de Myrtille, des Giménologues (site http://gimenologues.org), tout récemment republié en brochure par La Sociale de Montréal.

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Voir aussi:

Biografías del 36

24 juillet 2016

80ème anniversaire de la Révolution espagnole

Nouveau livre d’Agustín Guillamón (en espagnol):

Biografías del 36 es una recopilación de biografías. No es, pues, un diccionario biográfico de carácter exhaustivo. El requisito exigido a cada entrada biográfica era muy sencillo: que el biografiado hubiese estado en Barcelona durante el periodo de la Guerra civil.

El libro, editado por Ediciones Descontrol, responde muy bien a su subtítulo: “revolucionarios, extranjeros, judíos, anarquistas, trotskistas, bordiguistas, olvidados, internacionalistas, disidentes, exiliados, apátridas y otros malditos de la Guerra de España”, y ofrece una nueva visión sobre las personas concretas y reales que decidieron venir a España para luchar contra el fascismo y participar en la revolución en curso.

Es éste un libro heterogéneo, tanto por la disparidad de las biografías que presenta, procedentes de ideologías, experiencias, compromisos, orígenes y naturalezas tan variadas, como por la multiplicidad de los autores que intervienen.

El estallido de la guerra civil española en julio de 1936 abrió a los militantes revolucionarios españoles y del resto del mundo, pero muy especialmente a los exiliados antifascistas refugiados en Francia, Bélgica o España, la posibilidad de salir de la inactividad forzosa en la que se veían reducidos, para participar en la que se anunciaba como una profunda revolución social.

Y ése es el motivo principal que da homogeneidad al libro y unifica a las distintas biografías personales: la Barcelona revolucionaria de 1936-1937 permitió que el combate individual se fundiese en una guerra de clases que ofrecía la posibilidad de luchar contra el fascismo y transformar el mundo.

Lista de biografías:

Blackwell, Russell

Candoli, Turiddu

Davoust, George

De Leone, Mario

Di Bartolomeo, Nicola

Fábregas, Joan Pau

Feingold, Benjamin Jacob

Fernández, Jaime

Freund, Hans David

Gervasini, Virginia

Götze, Ferdinand

Grunfeld, José

Gudell, Martín

Kjelsø, Aage

Krehm, William

Landau, Kurt

Lecci, Aldo

Lewin, Martha y Arthur

Low, Mary y Breá, Juan

Maguid, Jacobo

Malaquais, Jean

Martín, Antonio

Masó, Albert

Michaelis, Rudolf y Margarethe

Munis

Narwicz, Leon

Orr, Charles y Lois

Ortiz, Antonio

Pace, Renato

Péret, Benjamin

Pérez, Manuel

Prudhommeaux, André

Radowitzky, Simón

Rebull, Josep

Rous, Jean

Russo, Enrico

Sanz, Ricardo

Schröder, Fred

Sedran, Domenico

Weisbord, Albert

Wolf, Erwin

Zecchini, Bruno

 

 

Le message révolutionnaire des Amis de Durruti : Espagne 1937 (Fontenis, 1983)

21 juillet 2016

80ème anniversaire de la Révolution espagnole

Republications estivales

Disponible au format pdf:

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Voir aussi:

Fascisme, Guerre… ou Révolution ! (Pivert, 1936)

20 juillet 2016

80ème anniversaire de la Révolution espagnole

Republications estivales

Article dans la tribune du Populaire du 11 août 1936.

Pour que la révolution prolétarienne espagnole triomphe du fascisme international, il nous faut évidemment fournir à nos frères de classe tous les moyens matériels et techniques dont ils ont besoin.

Mais leur victoire, comme la nôtre, exige également une stratégie politique clairvoyante.

Premier écueil à éviter : favoriser le passage de la guerre civile en Espagne à la guerre internationale. Une pression formidable des impérialismes exaspérés s’exerce dans ce sens. En apparence, on peut croire que la guerre que le monde capitaliste porte en son sein est celle des « démocraties » contre « le fascisme ». Mais, en fait, c’est d’un nouveau partage du monde qu’il s’agit. La haute banque, l’industrie lourde, les trusts se disputent âprement les débouchés, les zones d’influence, les colonies. Ils font et défont les accords internationaux. Ils commandent et déterminent les coalitions d’appétits. Ils financent, dans tous les pays, les formations fascistes destinées à briser la résistance prolétarienne. Le régime capitaliste ne peut plus se prolonger que par la guerre et le fascisme : abattre le fascisme doit être un moyen de faire reculer la guerre impérialiste en laissant aux travailleurs la libre disposition de leurs pensées, de leurs bras, de leurs vies… Il n’y a pas de pire aberration que de consentir à la guerre pour se délivrer du fascisme.

– Cependant, diront certains, l’intervention de Hitler et de Mussolini et de nos propres fascistes aux côtés des rebelles espagnols est bien évidente et nous devons en tenir compte.
– Sans aucun doute ! Nous n’avons pas attendu, nous, cette « révélation » pour dénoncer le mensonge de la « défense nationale ». Nous savons, pour l’avoir découverte dans l’expérience historique autant que dans la doctrine, cette vérité socialiste élémentaire : les intérêts de classe du capitalisme passent désormais avant toute considération de solidarité nationale.

Et c’est pourquoi nous ne confondons pas la nécessaire lutte révolutionnaire pour le renversement du capitalisme avec la criminelle guerre « de défense nationale » destinée à renforcer la domination capitaliste grâce à des millions de cadavres de prolétaires.

C’est pourquoi, en face des tentations monstrueuses de retour à l’union sacrée « des Français », nous lançons notre cri d’alarme ! Mais il ne suffit pas de mettre en garde ; et nous avons toujours préconisé une action directe autonome de classe comme UNIQUE moyen de conquérir le pain, laliberté, la paix. Nous rencontrons ici les formules jetées dans la discussion au dernier congrès du Syndicat des instituteurs : elles semblent nettement insuffisantes pour traduire une tactique de classe.

« PLUTOT LA SERVITUDE QUE LA MORT » n’est pas une formule dépourvue de contenu pour l’individu, quoi de pire que la mort ? Mais une classe comme le prolétariat ne meurt pas. Elle est plus ou moins asservie (plus avec le fascisme – moins avec la démocratie bourgeoise). Ce qui importe, c’est qu’elle lutte et ne se résigne point. En ce sens, l’exemple admirable des travailleurs espagnols dément avec raison la formule trop simpliste : ils conduisent, les armes à la main, la lutte émancipatrice par excellence, celle qui mettra fin à leur servitude, par la mort du capitalisme en tant que classe.

Mais l’autre formule : « plutôt la mort que la servitude », est peut-être plus insidieuse.

Quoi de plus « asservi » qu’un cadavre, même glorieux ! Ce genre de formule a conduit des millions d’hommes aux charniers de la guerre impérialiste ; ils croyaient mourir pour en finir avec la servitude… et ils renforçaient celle-ci, dans la victoire autant que dans la défaite !

La seule lutte acceptable est donc celle qui dresse une classe opprimée contre la poignée de puissants parasites qui l’exploite.

Il faut donc, plus que jamais, refuser l’hypothèse de la guerre impérialiste, derrière laquelle se profilent les appétits des Krupp et des Schneider, des Montécatini et des Vickers.

Il faut donc se consacrer uniquement à une implacable lutte de classe internationale, au lieu de se laisser chloroformer par les constructions juridiques internationales du capitalisme.

Cette lutte de classe internationale nous l’avons appelée lors de la conquête de l’Ethiopie. Elle apparaît encore plus nécessaire pour desserrer l’étreinte du fascisme qui cherche à broyer les travailleurs d’Espagne. La puissance syndicale doit s’engager à fond : faire passer par tous les moyens tout ce qui manque à nos frères de combat ; arrêter par tous les moyens tout ce qui va dans le camp ennemi. Inutile de demander quelque permission que ce soit à qui que ce soit… Réseaux, routes, bateaux, douanes, arsenaux, usines, télégraphes, transports sont à la merci de la force prolétarienne. Tout ce que doit exiger du gouvernement, de notre gouvernement, c’est qu’il laisse agir les masses qui l’ont porté au pouvoir.

On peut le lui dire, en toute cordialité, mais avec impatience. Il cède trop à la pression de classe de l’ennemi dans certains domaines. Tout se paie ! Et l’expérience espagnole est cruelle à ce sujet : au moment du péril, les généraux, les diplomates, les hauts fonctionnaires obéissent à leur caste et trahissent le peuple. Trop de généraux, trop de diplomates, trop de hauts fonctionnaires sont encore en place, chez nous. Et l’on n’est même pas capables de remplacer à la radio tel « collaborateur » fasciste, casé par Mandel…

Cela ne peut pas durer…

Nous ne voulons pas attendre l’heure des combats décisifs pour sonder le degré de fidélité au peuple de certains complices de l’ennemi bien connus. Nous voulons traquer, dans les services publics, les amis de Franco, de Hitler et de Mussolini avant d’entrer en lutte directe avec leurs bailleurs de fonds, nos Juan March et autres Schneider.
Enfin, face aux bandes qu’ils constituent, avec leurs Dorgères, Doriot, Sabiani et de la Rocque, nous appelons les travailleurs conscients du péril à la constitution des milices de défense populaire. Ce n’est pas en masquant les antagonismes de classe, c’est en les accusant ; ce n’est pas en protestant platoniquement, c’est en luttant qu’on restera fidèle aux leçons de l’Histoire.

Qu’on le veuille ou non, avec l’avant-garde espagnole, l’Europe entre dans un nouveau cycle de révolution… ou de guerre. Il faut hâter l’heure de la Révolution prolétarienne internationale si l’on veut éviter la plus effroyables des guerres…

Il faut se souvenir aussi que le fascisme n’est pas autre chose que « le châtiment terrible qui s’abat sur les prolétariats lorsqu’ils ont laissé passer l’heure de la Révolution… » (1)

Marceau PIVERT

P.-S. – Je suis obligé de constater que plus d’un mois après la décision unanime prise au Comité national de Coordination (P.S. P.C.) une lettre de rectification que j’avais adressée à l’Humanité n’a pas encore été insérée. (Pas plus d’ailleurs qu’une autre lettre, datant de trois semaines, émanant de l’unanimité de la C.E. de la Seine.)
1 Cf. le beau livre de notre mai Daniel Guérin, Fascisme et grand capital (NRF, Gallimard), 18 fr., qui constitue une analyse pénétrante de cette vérité.

Dessin de Pivert par Raoul Cabrol (© BDIC)

The Civil War in Spain (Mattick, 1936)

19 juillet 2016

80ème anniversaire de la Révolution espagnole

Republications estivales

Numéro d’octobre 1936 d’International Council Correspondance spécialement consacré à la situation en Espagne, entièrement rédigé par Paul Mattick.

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Voir aussi:

La colonne Durruti (film, 1936)

18 juillet 2016

80ème anniversaire de la Révolution espagnole

Les victoires militaires et la vie quotidienne de la colonne Durruti dans la plaine de l’Aragon, dans les premiers mois de la guerre d’Espagne (août-septembre 1936).

Un film mis en ligne par Ciné-Archives:

35 photographies du POUM en 1936-37

17 juillet 2016

80ème anniversaire de la Révolution espagnole

Republications estivales

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colonne internationale du POUM

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Présence du POUM dans les rues de Barcelone

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Miliciens sur le front de Huesca, hiver 1936-37

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Salle de presse de L’Espurna à Gérone

Miliciens du POUM dans la sierra de Alcubierre, sur le front d’Aragon.

Combattants au front sous le commandement de Mika Etchebehere

Combattants au front sous le commandement de Mika Etchebehere

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Un local

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cavaliers sur le front (agence Keystone)

POUM - Militants à  Lecinena, Frente de  Aragon août 1936

Miliciens à Lecinena, sur le front d’Aragon (août 1936)

POUM - Militant août-sept 1936

Un militant photographié par Robert Capa en août ou septembre 1936

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Barcelone, août 1936

POUM - Façade du localo à Barcelone

Façade du local à Barcelone

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Miliciens

POUM (3) - blindé

Blindé

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comité militaire avec Josep Rovira

POUM - miliciens (3)

miliciens

POUM (8) - camion des milices

camion des milices

POUM (24) - marinos del destructor Almirante Miranda. Verano 1936

marins, été 1936

POUM (28)

caserne Lénine (2)

POUM (14) - Nin et Maurin en 1936

Nin et Maurin en 1936

POUM (3) - caballera del poum

cavalerie

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miliciens

POUM (31) - Oficina de alistamiento del POUM en Barcelona (Teatro Principal). été 1936

Bureau d’enrôlement à Barcelone

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Militantes du Secours rouge

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juillet 1936 (archives Pivert)

POUM - blindé

blindé

POUM - Acte de propaganda del POUM en homenatge a Miguel Pedrola 1937

Hommage à Miguel Pedrola (février 1937)

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local des Jeunesses du POUM

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A. Nin et W. Solano

gorkin sur le front d'aragon

Visite de J. Gorkin sur le front d’Aragon

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Repas sur le front

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Défilé du secrétariat féminin

Banderas del Socorro Rojo y de los pioneros del POUM. Barcelona, otoño 1936

Défilé des pionniers

local del POUM en Lleida

local du POUM à Lleida

Collectivisations. L‘Œuvre constructive de la Révolution Espagnole (Korsch, 1938)

16 juillet 2016

Cette note de lecture de Karl Korsch parue dans Zeitschrift für Sozialforschung 7, 1938 (p. 469-474) sera développée dans l’article paru dans Living Marxism N°6 (avril 1939) dont nous avons déjà publié le pdf. Cette « version courte » nous a été signalée par Harald W.

Collectivisations. L’œuvre constructive de la Révolution Espagnole. Recueil de documents. Avant-propos d’A. Souchy, Ediciones Tierra y Libertad, Barcelone 1937.

Le premier but de ce recueil consiste à briser ce cercle de silence et de déformations grâce auquel une partie essentielle de la nouvelle phase de développement de la révolution espagnole commencée depuis le 19 juillet 1936 a été jusqu’à présent presque complètement cachée aux yeux de la classe ouvrière internationale.

Mais également en dehors de ce but particulier, cette présentation autorisée par les organisations ouvrières dirigeantes de Catalogne, des méthodes et des résultats de la collectivisation dans la province d’Espagne la plus avancée industriellement a une importance théorique générale en tant que documentation historique de premier ordre. Les éditeurs se sont donné pour tâche de laisser parler autant que possible les révolutionnaires espagnols eux-mêmes.

Le recueil qu’ils présentent contient, surtout, à côté de quelques courtes esquisses ne servant qu’à parfaire l’image d’ensemble, des documents originaux: actes d’appropriations, rapports des syndicats, résolutions, statuts, etc., et les rapports, reportages, interview que les membres du mouvement révolutionnaire en fonctions ont eux-mêmes donnés, sur les différents secteurs de l’industrie et les différentes localités.

Le caractère de documentation pure n’est pas en fait seulement externe dans cette étude, mais il se manifeste jusque dans le style et dans l’ensemble de l’attitude et de la mentalité qui y sont exprimées, et c’est ainsi justement qu’à pu s’établir un document à la fois humain au plus haut point et satisfaisant aux exigences de l’objectivité.

Les rapports et les récits de gens simples de la ville ou du village, jamais secs ni ennuyeux, redonnant pour ainsi dire la voix de la révolution espagnole, « l’action du prolétariat tel qu’il est » dans leur grandiloquence jamais affaiblie par une retouche prétentieuse, donnent à l’ouvrage dans son ensemble, en liaison avec les éléments plus strictement documentaires, le caractère d’une authenticité profonde.

Il est presque superflu, dans ce cas unique, que les éditeurs déclarent expressément à la fin que « on ne trouvera dans ce livre, ni des louanges ni des calomnies, ni exagérations ni affirmations. Nous avons donné simplement la parole à l’ouvrier espagnol pour qu’il raconte au monde entier ce qu’il a fait pour obtenir et pour défendre sa liberté et son bien-être. » [p. 5]

La première (pp. 32-44) des quatre parties du livre traite du caractère général de la « nouvelle économie collective » et donne en même temps au lecteur, dans un panorama, donné en annexe, de l’économie catalane (pp. 45-47), l’explication matérielle de la position primordiale de Barcelone dans l’ensemble de l’économie espagnole et le rôle décisif, reposant sur ce fait, des ouvriers de l’industrie catalane dans les luttes sociales de la lasse ouvrière espagnole (pp. 48-160). Dans la deuxième partie les méthodes et les résultats du travail collectif sont présentés séparément pour les différentes branches de l’industrie.

Les troisième et quatrième parties donnent une description, répartie selon les cantons, les villes et les villages, du commencement et du fonctionnement actuel d’une économie communautaire réalisée plus ou moins complètement.

Au contraire de beaucoup d’autres « décrets de socialisation » de l’histoire européenne moderne, le décret de collectivisation du Conseil Économique catalan du 24.10.1936, reproduit entièrement aux pages 32-42, ne contient que la légalisation après coup d’une modification réalisée déjà à l’époque, en fait presque complètement pour la plus grande partie de l’industrie et des transports. « Il ne contient, aucune initiative spéciale dépassant le cadre créé de l’action accomplie par les ouvriers » [pp. 29-30]. Il n’y eut là point de longues enquêtes sur les « tâches et les limites de la collectivisation », point d’organe consultatif convoqué dans ce but et dépourvu de toute autorité pratique tel que la trop fameuse « Commission Permanente » de la révolution française de février 1848 et sa fidèle copie, la « Commission de Socialisation » allemande de 1918-1919.

Le mouvement des ouvriers anarcho-syndicalistes espagnols, largement préparés à cette tâche depuis de longues années en un dialogue sans cesse renouvelé et importé sans relâche des grandes villes jusque dans les coins de campagne les plus reculés, était fixé sur ses propres objectifs économiques et avait dans l’ensemble une idée tout à fait réaliste des premières démarches pratiques à effectuer pour atteindre ses objectifs. -il se souciait peu, surtout dans la première phase, de la consolidation politique et juridique des nouvelles situations économiques et sociales créées par son initiative. Mais même cette erreur des débuts, qui ne peut être qu’incomplètement rectifiée par la suite, était un état de choses difficile à éviter.

Il n’y avait à l’époque, dans toute la Catalogne, en dehors du Comité des Milices antifascistes, établi par les responsables du mouvement libertaire des ouvriers, ni pouvoir public ni parlement.

Il n’y avait pas non plus de grands propriétaires capitalistes à exproprier. Une part considérable des plus grandes entreprises appartenait au capital étranger. Ses représentants’ avaient été tout autant que les gros propriétaires locaux partisans plus ou moins déclarés des généraux en rébellion. Les uns comme les autres avaient fui après l’échec du soulèvement à Barcelone, à moins qu’ils n’aient, comme Juan March et Francisco Cambó, déjà quitté à l’avance la patrie qu’ils vouaient à la guerre civile.

L’offensive, décrite dans ce recueil, menée par les ouvriers catalans contre le capital ressemble donc dans la première phase à une lutte contre l’ennemi invisible: les directeurs des grands chemins de fer, des agences de transports urbains, des compagnies de navigation du port de Barcelone, les propriétaires des usines textiles de Tarrasa et Sabadell avaient disparu et c’était bien une exception lorsque comme pour l’appropriation des tramways de Barcelone, décrite p. 63-64 dans les bâtiments administratifs abandonnés des grandes sociétés monopolistes, se trouvaient encore quelqu’un à qui les ouvriers accordèrent la vie et la liberté.

De la sorte, le prolétariat catalan out s’installer à volonté dans les entreprises et bureaux abandonnés. Les entreprises collectivisées continuèrent à fonctionner après la prise en charge par les ouvriers de façon tout à fait semblable, comme « les sociétés anonymes de l’économie capitaliste » [p. 30] (p. 42).

Les assemblées générales des ouvriers procédèrent au vote du « conseil » dans lequel toutes les phases de l’activité de l’entreprise étaient représentées: production., administration, services techniques, etc., tandis que la liaison permanente avec le reste de l’industrie était assurée par les représentants des centrales syndicales participant pareillement aux conseils et la gestion elle-même resta confiée à un directeur élu, dans les entreprises assez importantes, avec l’accord du Conseil Général de l’industrie correspondante, étant bien souvent l’ancien propriétaire, gérant ou directeur de l’entreprise socialisée (p. 43).

La ressemblance externe ne signifie pas pour autant que la collectivisation n’ait rien changé d’essentiel à l’ancien mode de production des entreprises industrielles et commerciales. Elle ne fait que montrer la facilité relative avec laquelle on peut réaliser des transformations profondes, mises partout en évidence dans ce recueil, de la production, de l’administration, du paiement des salaires, etc., sans grandes modifications de forme ou d’organisation.

Une fois que -comme ce fut le cas ici grâce à d’heureuses circonstances-la résistance des anciennes puissances économiques et politiques fut pour un temps complètement éliminée et par la suite, les ouvriers en armes purent passer aussitôt de la solution de leur tâche de combat purement militaire à la continuation et à la transformation de la production, tâche à laquelle ils s’étaient préparés si largement pendant la période précédente dans leurs rêves apparemment exaltés et « utopiques ».

Les ouvriers avaient même préparé pour cette autre tâche du socialisme, si difficile, qu’est la collectivisation de l’agriculture, leur propre programme plein de réalisme et avaient cherché à le purifier de toute précipitation, exagération ou erreur psychologique.

La résolution du Congrès de la C.NT à Madrid en juin 1931 retransmise textuellement dans ce recueil [pp. 14-15] (pp. 19-20), sur la collectivisation des sols et des terrains, qui, depuis, avait été répandue et expliquée dans tout le pays par les propagandistes anarchistes et syndicalistes à travers toutes les phases changeantes du mouvement révolutionnaire, refoulé ou reprenant du terrain, fournit à présent, en juillet et août 1936, dans chaque village, une ligne directrice pratique pour leur propre action aux ouvriers agricoles et petits métayers ne pouvant compter que sur leur propre initiative, soutenus ou retenus par aucune sorte d’autorité. Les formes concrètes dans lesquelles cette tâche a été maintenant résolue par les producteurs agricoles eux-mêmes, sont illustrées par la résolution de l’assemblée plénière des ouvriers agricoles de la Catalogne, reproduite [pp. 101-102] p. 148 et suivantes et les exemples qui suivent des règlements et des plans d’organisation établis dans les différents districts et communes pour l’année agricole 1936-1937 (pp. 151-170).

De la description très détaillée de la réalisation de la collectivisation dans les secteurs industriels les plus importants: transport, textile, industries diverses, alimentation, etc., qui occupe la deuxième partie du livre, on ne peut donner ici que quelques traits principaux. Dans chacun de ces chapitres, nous voyons aussi déjà apparaître clairement, à côté de la nouvelle organisation sociale créée pour le secteur d’industrie en question, les débuts de ces grands succès qui ont été obtenus dans l’évolution ultérieure pour le maintien et l’extension de la production par cette grande initiative économique et sociale du mouvement ouvrier libertaire (dans l’arrière-pays de la guerre civile d’Espagne).

Nous n’y trouvons pas seulement l’abolition des conditions de travail inhumaines, la hausse des salaires et la réduction du temps de travail, les nouvelles formes expérimentées à présent pour niveler les différences de salaires entre ouvriers et employés, entre ouvriers qualifiés et non-qualifiés, entre hommes et femmes, adultes et jeunes, le « salaire unique » et le « salaire familial » (en français dans le texte).

Nous voyons aussi passer au premier plan, dans chaque secteur d’industrie, les questions d’augmentation et d’amélioration de la production, dans une proportion augmentant visiblement de semaine en semaine. Nous apprenons la création de branches d’industrie absolument nouvelles contre l’industrie optique, créée par la révolution elle-même (pp. 105¬110). Nous voyons comment, principalement, les secteurs de production qui souffrent de la pénurie de :matières premières étrangères ou qui sont superflus pour les besoins immédiats de la population sont reconvertis de plus en plus dans la production de matériel de guerre qui se fait de jour en jour urgente, et comment, dans ce but ainsi que pour subvenir aux besoins des victimes de la guerre et des réfugiés qui affluent en masse des zones occupées par Franco, même les couches ouvrières les plus pauvres, à peine libérées de leur ancien état de misère incommensurable, à la ville et à la campagne, renoncent à nouveau volontairement au loisir et au train de vie qu’ils viennent de conquérir.

Mais pour les éditeurs, l’intérêt principal de cette description ne consiste pas à mettre en évidence ces mérites négatifs du renoncement auxquels bien trop souvent, s’est limitée la reconnaissance des réalisations grandioses des ouvriers espagnols dans les deux dernières années. Il leur importe bien plus de montrer l’importance qu’ont revêtu, pendant toute la première période de la collectivisation espagnole, qui est retracée dans ce livre, l’existence et l’activité de ce type de syndicats bien particulier à l’Espagne et surtout à la Catalogne et à Valence, type qui, jusque récemment encore, fut condamné par les autres tendances du mouvement ouvrier européen, comme une forme utopique et vouée à l’échec en cas de conflit. Ce sont justement ces formations syndicalistes, opposées à la formation de partis et au centralisme, dont les affaires ne furent jamais gérées par des employés professionnels, mais par l’élite des ouvriers de la branche industrielle correspondante, qui ont constitué, grâce à leur initiative et leur activité persévérante où ils s’impliquaient eux-mêmes, la base décisive de l’énergie et de la perfection des performances réalisées. Cette leçon historique de la collectivisation espagnole est indépendante de l’issue finale des luttes actuelles et elle est d’une importance permanente pour l’évolution de l’organisation et la tactique du mouvement ouvrier.

C’est également à l’énergie particulière, ne se laissant entraver par aucun obstacle qu’elle aurait créé elle-même, de ce mouvement antiétatique qu’il faut attribuer le fait que la collectivisation s’étendit -comme le montre entre autres (pp. 111-112) l’exemple du monopole de 1’Etat du pétrole-dès le début, avec la plus grande évidence, tout autant aux entreprises déjà nationalisées et municipalisées qu’aux entreprises capitalistes privées. Sous cet angle, les collectivisations (dont traitent les pages 125-139) des services publics (éclairage, énergie, énergie hydraulique) sont du plus grand intérêt.

Par contre, des tâches secondaires telles que la collectivisation de l’artisanat et du commerce ne sont qu’insuffisamment traitées dans ce recueil: s’y rattachent le rapport quelque peu naïf sur la collectivisation des salons de coiffure (pp. 139-148), réalisée particulièrement vite et avec bonheur et les informations données dans l’ »introduction » sur la règlementation sociale du commerce ambulant à Barcelone (pp. 23-24). Les contributions les plus valables à la solution de ces tâches ne se trouvent pas dans les paragraphes du livre qui s’y consacrent en propre, mais dans d’autres paragraphes où elles sont traitées indirectement. Il en est question en liaison avec le problème plus important de la socialisation de la production agricole (pp. 148-160) et dans les rapports détaillés des quatrième et cinquième parties de l’ouvrage qui englobent plus ou moins l’ensemble de la production et du mode de vie des villes et cantons d’importance moyenne.

Le caractère non plus théorique, mais purement narratif et descriptif de ces deux parties, interdit de rendre, dans ce bref exposé, ne serait-ce qu’une petite fraction de leur riche contenu.

Chacune de ces quatorze petites descriptions, qui semblent à peine ébauchées, mais qui touchent à tous les problèmes fondamentaux de la société humaine, rend compte des traits plus pu moins typiques mais toujours caractéristiques de l’évolution de la nouvelle vie dans les conditions locales différentes données par l’évolution générale du pays. La description commence par la situation industrielle avancée dans le centre textile de Tarrasa situé encore a proximité de la grande ville, avec ses 40.000 habitants dont 14.000 ouvriers, dont 11.000 sont organisés dans la CNT anarchosyndicaliste, le reste dans l’UGT social-démocrate; puis elle descend à partir de là en passant par de multiples niveaux intermédiaires jusqu’aux petits villages et jusqu’aux plus petits de la Catalogne, de l’Aragon et de la Manche, les plus misérables et les plus primitifs, éloignés de toute civilisation industrielle ou urbaine, mais pourtant emportés puissamment dans cette vie nouvelle.

« Et nous observons constamment que« , remarquent les éditeurs à cet endroit de leur compte-rendu, que « dans de petites villes peu peuplées on a fait de grandes réalisations au point de vue révolutionnaire, plus importantes, certes, que dans des villes à population nombreuse » [p. 148] (p. 217).

Et, dans un sens semblable, il est dit à la fin du livre, dans le rapport sur une bourgade passée dans sa totalité à la forme de vie du « communisme libertaire »: « Membrilla est peut-être la ville la plus pauvre d’Espagne, mais elle est la plus juste « .

collectivizaciones

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