Archive for the ‘Revue de presse’ Category

Quelques communiqués après l’horreur

8 janvier 2015

La rédaction de Charlie Hebdo assassinée. Notre cœur saigne. Voici quelques premiers communiqués:

Contre toutes les barbaries

C’est un véri­table choc que d’apprendre, ce 7 jan­vier, qu’une attaque meur­trière contre Char­lie Hebdo a fait 12 morts. Cette bar­ba­rie a mani­fes­te­ment été per­pé­trée par des tenants de l’extrême droite islamiste.

Nous com­bat­tons toutes les extrêmes droites, reli­gieuses comme poli­tiques, tous ces par­tis de la haine qui s’entretiennent mutuel­le­ment et qui créent un cli­mat détes­table de racisme, de vio­lence, de régres­sion, de peur, dans cette période de crise écono­mique et sociale du capi­ta­lisme mon­dial. Nous mili­tons tout à la fois contre les haines meur­trières et contre la société qui les crée par la misère et la dis­cri­mi­na­tion. Notre lutte poli­tique s’exerce contre toutes les bar­ba­ries, contre toutes les into­lé­rances, contre tous les amal­games, contre tous les replis.

L’objectif de ces assas­si­nats poli­tiques est de créer une spi­rale de haines réci­proques. Nous devons déjouer cette stra­té­gie de la ten­sion. Pour notre part, nous pour­sui­vrons notre objec­tif d’auto-émancipation mon­diale par l’union de tous les exploi­tés du monde, quelles que soient leurs origines.

Inter­na­tio­na­lisme, démo­cra­tie à la base, liberté réelle, égalité sociale, soli­da­rité sans frontière !

Critique sociale

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Nous, aussi, sommes Charlie Hebdo

A l’heure où nous écrivons, douze personnes dont deux policiers ont été tuées et quatre très grièvement blessées par trois terroristes dans les locaux de Charlie-Hebdo. Parmi les premiers noms de victimes annoncés, Wolinski, Cabu, Charb, Tignous, Bernard Maris.


Il s’agit à l’évidence d’un crime contre la liberté d’expression. Ce sont des journalistes et des dessinateurs qu’on assassine, coupables d’avoir dit ou dessiné librement ce qu’ils pensaient. Quels que soient les mobiles des assassins, leur geste dit le régime de terreur qui est leur idéal. Ils ne peuvent pas avoir le dernier mot. Le Réseau Éducation sans frontières s’associera à toutes les protestations et à toutes les manifestations en faveur de la liberté d’expression, à commencer par les nombreux rassemblements partout en France dès de ce soir.


Ces meurtres nous atteignent d’autant plus que le journal Charlie Hebdo est des plus fidèles soutiens de la cause des élèves et des familles sans papiers. Pendant quatre ans, Charlie a publié une chronique hebdomadaire rédigée par des militants du RESF. Un livre « Sarkozy m’a expulsé » avait été édité et vendu au bénéfice du réseau. Charb, Tignous et Honoré étaient en 2013 les parrains de plusieurs lycéens sans papiers. Enfin, plusieurs des journalistes et des dessinateurs de l’hebdomadaire étaient des amis personnels de militants RESF.


Nos pensées solidaires vont d’abord aux familles, aux proches et aux amis des victimes ainsi qu’à toute l’équipe de Charlie.


Par solidarité avec eux, en mémoire de nos amis et camarades disparus, pour nos valeurs communes de liberté, de liberté d’expression aussi, de solidarité et de fraternité, nous continuons le combat.

R.E.S.F.

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We condemn the murderous attack on Charlie Hebdo by Islamic terrorists

The murderous attack today by Islamic terrorists on the Paris offices of Charlie Hebdo has aroused people’s anger and disgust around the world. Charlie Hebdo is a left, progressive satirical weekly which criticises and ridicules religion and religious beliefs, prejudices and taboos. In 2011 the magazine’s office was firebombed by Islamists for publishing a caricature of Muhammed, and its editor and writers have repeatedly received death threats. In today’s attack 12 people, including the magazine’s editor and three well-known French cartoonists, were killed. This is a direct attack on freedom of expression, on freedom to criticise religion and on civilisation and humanity.

This atrocity has once again alerted the people of the world to the enormous crimes which Islamic states and groups in Iran, Afghanistan, Iraq and other countries plagued by Islam are committing daily against their opponents and critics of Islam. The fight against Islamic states and groups rests on the shoulders of left, atheist and freedom-loving forces. The governments in the West, which rely on Islamic states and forces in the Middle East to further their aims and policies, and which have been instrumental in the rise of these forces, stand practically opposed to the camp of the revolutionary left, the secularists, atheists and progressive humanity, which is fighting Islamic states and forces of all types. Charlie Hebdo belongs to this latter camp.

Civilised and progressive humanity must everywhere come out against political Islam, the western governments’ policy of appeasement of Islamic states and forces, in defence of the unconditional freedom to criticise religion – specifically criticism of Islam – and in defence of secularism and separation of religion from the state. Already, people in France, Germany and Britain are holding protest gatherings against Islamists. This can be – and our party will try with all its power to make it – the start of a new global line-up against Islamists.

The Worker-communist Party of Iran extends its deepest sympathies to the families and friends of the victims of the attack on Charlie Hebdo. It vigorously condemns this crime and calls on all left, secular and atheist forces and all freedom-loving people around the world to come out against political Islam and in defence of freedom of expression, in particular the freedom to criticise religion.

Worker-communist Party of Iran

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L’attentat contre Charlie Hebdo Un acte ignoble 

Mercredi 7 janvier, une attaque à la mitraillette a pris pour cible l’hebdomadaire Charlie Hebdo lors de sa conférence de rédaction. À l’heure où nous écrivons, le bilan de l’attaque serait de 12 morts et quatre blessés graves.

Il s’agit d’un geste ignoble, quels qu’en soient les auteurs. Quelle que soit son inspiration politique, ce type d’action terroriste ne peut être le fait que d’ennemis des opprimés. Les assassinats individuels n’ont jamais fait partie des méthodes du mouvement ouvrier et au contraire, se sont toujours retournés contre les intérêts des travailleurs. L’attentat a visé des journalistes, semble-t-il choisis pour ce qu’ils ont dessiné ou écrit. Lutte Ouvrière s’élève vivement contre cet acte odieux et affirme sa solidarité avec les proches des victimes. Nous en connaissions certaines, et cela nous touche d’autant plus.

Lutte ouvrière

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For Charlie Hebdo: Rage and Solidarity

Dear Gerard [Biard]

I spoke on a panel with you in November last year at the International Feminist and Secular Network in Paris.

I am writing to express my outrage at the cold-blooded murder of freethinkers at Charlie Hebdo today and to give my unequivocal support.

Freedom of expression and the criticism of religion and Islam are basic rights. Clearly, free expression without the right to criticise religion is meaningless. Throughout history, criticism of religion (that which is deemed sacred or taboo) has been intrinsic to human progress.

In the era of ISIS and the religious-Right, this criticism is a historical necessity and needed more than ever.

The Islamists who killed today said they were “avenging” Islam’s prophet but Mohammed cartoons are merely an excuse. The aim of such acts of terrorism – whether in Paris or Afghanistan – are to defend their theocratic and inhuman values. They must know that we too will defend our human values – secularism, equality, citizenship, the right to religion and to be free from religion, the right to criticise and mock religion… which are not “western” values but universal ones.

Today’s killers are part of the same movement that massacres schoolchildren in Peshawar, throws acid in the faces of “improperly veiled” women in Iran and crucifies secularists in Kobane. They need no excuses to commit murder and mayhem.

The battle to commemorate the lives lost today is an ongoing one. It’s a battle between secularists versus theocrats everywhere. And it is a fight that we have to win. No ifs or buts.

In solidarity

Maryam Namazie

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Hommage à Charlie Hebdo

Nous sommes très émus et avons évidemment une pensée pour les familles des victimes, les journalistes de Charlie, et pour toutes les victimes de  ce  carnage.

Plusieurs journalistes de Charlie aujourd’hui assassinés, dont Charb, Cabu, Tignous, ou Wolinski, ont contribué à différentes éditions du Salon du Livre Anarchiste de Merlieux ou de sa Fête du Livre en participant à des débats ou en dessinant avec gentillesse et grand talent plusieurs affiches.

Nous gardons dans nos pensées et dans nos coeurs leur amitié et leur engagement.

Pour leur rendre hommage nous nous devons de continuer à nous battre pour la liberté d’expression et pour les combats qu’ils menaient… Ne lâchons rien.

Le Groupe Kropotkine de la Fédération Anarchiste

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Le Parti communiste-ouvrier du Kurdistan condamne la catastrophe de Paris

L’organisation à l’étranger du Parti communiste-ouvrier du Kurdistan condamne vivement l’attaque menée par des terroristes islamistes dans les locaux magazine Charlie Hebdo à Paris, où 12 personnes ont été tuées et sept autre blessées. Le responsable du magazine et quatre dessinateurs font partie des victimes.

Aujourd’hui est un triste jour. Cet acte est un crime contre l’humanité. Le monde a été témoin des décapitations barbares, de la catastrophe des filles yézidis et chrétiennes déplacées par milliers par l’EI en Irak et en Syrie. Nous, le peuple, nous devons et nous pouvons mettre fin au terrorisme islamique.

Cet acte barbare n’est pas seulement dirigé contre la liberté de penser, la liberté d’expression, la liberté de la presse ; c’est une attaque contre l’humanité. Elle vise à semer la terreur. Ceux qui ont fait cela pour répandre le meurtre et la haine doivent être arrêtés. Les meurtriers doivent être menés devant la justice. Conte cette situation, nous devons mettre en avant l’amour de la liberté, du progrès et de l’humanité. Le terrorisme doit être éradiqué en dénonçant toutes les idéologies réactionnaires, qu’elles soient fondées sur la religion, le racisme ou l’ethnicisme, sans respect pour les gens

Notre réponse, ce doit être le combat pour créer une société libre, ouverte, égalitaire, où la dignité et le bien-être soient valorisés. Ce monde doit être repris au mans des terroristes, des poseurs de bombes et des généraux. Nos cœurs vont au peuple de France et nous partageons sa douleur.

Dashty Jamal

(au nom de l’organisation à l’étranger du Parti communiste-ouvrier du Kurdistan)

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Les morts de Charlie étaient des camarades

Les morts, de la tuerie du 7 janvier 2015 ont été assassinés pour leurs idées, pour leur liberté d’expression, contre toutes les religions, pour le droit au blasphème, à l’irrévérence, pour le droit à rire de tout, surtout des religions. Cabu, Charb, Tignous, Wolinski nous leur empruntions souvent leurs dessins… Mais notre dette envers eux est colossale et nous ressentons déjà l’immense manque, la perte, pour toujours, de ces dessinateurs géniaux, dont l’énergie, la créativité permettaient le rire subversif et la dénonciation de l’ordre établi. Nous n’oublions pas non plus les autres, le chroniqueur économique Bernard Maris et la chroniqueuse de Charlie divan Elsa Cayat, le dessinateur Honoré, le correcteur Mustapha Ourrad, l’employé de maintenance Frédéric Boisseau…

Le mouvement syndical s’est construit aussi dans les luttes pour la laïcité, la liberté d’opinion et d’expression, la liberté de la presse. En ce sens, le combat pour Charlie rejoint et renforce notre combat. Ils ne lâchaient rien… nous ne lâcherons rien. Et il faudra prendre tous ceux qui disent “je suis Charlie” au mot : ça veut dire s’engager, déranger, créer, résister… ça veut dire “Ni dieu, ni maitre”… et à bas toutes les religions !

Et ça ne veut surtout pas dire “union nationale” pour verrouiller encore plus les libertés et continuer à réprimer les opposantEs aux politiques libérales et aux projets inutiles…

Revue L’Émancipation syndicale et pédagogique

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The US military is making Iraqi children sick

28 août 2011

Article de Falah Alwan, président de la Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak (FWCUI), paru hier sur le site de Workers’ Liberty, qui parle notamment d’une contamination autour d’une base américaine à Haweja, près de Kirkouk, rappelle le soutien de la FWCUI aux insurrections arabes et déclare que « Le gouvernement Maliki soutient Assad dans sa répression de l’insurrection syrienne, mais ce n’est pas surprenant. « 

We have a catastrophic situation in Haweeja, near Kirkuk. There is an American munitions training centre in the province and the local people are suffering from living near the weapons testing. 412 children are suffering from radiation sickness. The FWCUI recently participated in a delegation organised by the Organisation for Women’s Freedom in Iraq (OWFI) to meet local residents and discuss the issues. There are hundreds of people with illnesses, including cancer. People cannot afford proper medical treatment; FWCUI and OWFI are demanding that the weapons testing stops, that the site is cleaned up and that people are given access to the medical treatment they need.

Another important issue at the moment is the new harbour Kuwait is building near Iraq shores, Mubarak Port, which is named for the Kuwaiti ruling family. Iraq currently has very limited access to the sea through ports such as Umm Qasr and al-Faw. The new harbour will prevent Iraqi ports from functioning properly and will make sea trade difficult. There have been many demonstrations and protests against the building of the Kuwaiti harbour; workers and other activists have been holding demonstrations to demand construction ceases.

The Kuwaiti government is the main force behind the project but it may be working with others. It will reshape transport and trade in the Gulf and prevent Iraqi from exporting gas. Many countries have interests in controlling sea trade in this area including Qatar, Saudi Arabia and Iran. These countries may not be directly involved but they could benefit from the weakening of Iraq’s sea-trading potential.

According to a member of the workers’ committee in al-Faw, 100,000 jobs in Iraq will be under threat if this harbour goes ahead. Our federation has issued a statement to urge all workers to continue demonstrations and to make this issue central to the mass protest on 9 September.

The government’s privatisation project is also continuing. The government wants to privatise sections of the economy currently organised under the Ministry of Industry, starting with the big companies including textiles. In total there are 69 “companies” threatened with privatisation, which employ around 250,000 workers. The privateers include both foreign and domestic “investors”. The government has consistently used “investment” as a euphemism for privatisation and have attempted to privatise gradually in order to avoid big confrontations with workers. There is already significant foreign “investment” in many Iraqi industries, such as the French company Lafarge which operates cement factories.

The Federation of Workers’ Councils and Unions in Iraq (FWCUI) was looking into holding national conference for workers’ representatives from companies threatened with privatisation and we contacted the AFL-CIO Solidarity Centre to discuss financial support. We’ve since concluded it will be more practical to hold a series of regional conferences, which we plan to do in October 2011.

The Shiwashok oil refinery workers in Erbil ended their strike [which began on 2 August] after promises from management to improve safety, pay remunerations and increase salary. But they were only promises, not concrete agreements. 332 workers were involved in the strike. Workers are worried about losing their jobs if they continue strikes; their contracts are very insecure and the company sees workers as easily replaceable. There are huge numbers of unemployed people ready to take their jobs. There was a similar issue in a strike near Nasiriyah; 40 workers struck to win back pay but the bosses just sacked them. There is no job protection in workers’ contracts.

On the question of the Arab uprisings, FWCUI was absolutely clear from the very start that we supported uprisings and revolutions in Tunisia, Egypt, Syria and Libya. We called for workers to play a central and defining role in each uprising. We have contacts in Egypt and Tunisia, but it’s harder to make contacts in Syria and Libya. Our attitude is very clear.

The Maliki government is supporting Assad in his repression of the Syrian uprising, but that’s unsurprising. Iran supports Assad, so Maliki supports Assad. He doesn’t want to stray too far from Iran’s line. There are rumours of his government giving money to Syria to help Assad put down the uprising.

Falah Alwan en juillet dernier

La voix des sans-papiers N° 5

25 août 2011

Le N°5 de La voix des sans-papiers est sorti et est téléchargeable au format pdf (8 pages) ici. Ci-dessous son éditorial:

COORDINATION 75 DES SANS-PAPIERS : LA SCISSION

Ce numéro de notre bulletin sort bien méconnaissable par rapport au projet initial.
Depuis fin avril, une crise grave, concernant d’abord le seul collectif du 18e, étendue ensuite à tous les collectifs de la CSP75, secoue l’ensemble de la coordination parisienne formée en 2004, au point d’être désormais sentie de part et d’autre comme une scission véritable.
Quand l’idée de ce numéro a été lancée, il a été proposé et accepté par les deux parties selon ce plan de principe : 1) aller au-delà de l’événement brut pour en saisir les raisons de fond, 2) présenter les positions des uns et des autres « en regard », sur une page celles du « côté Sissoko », sur la page d’en face celles du « côté Danfakha », ou vice versa, et ainsi de suite.
Nous espérons ne pas avoir entièrement failli au premier point. Mais, pour le second, il en va tout autrement.
Le côté Danfakha avait d’abord (28 juillet) accepté et salué ce projet, et un premier rendez-vous collectif de travail avait été fixé au mardi 2 août. Mais deux jours avant, un mail nous avertissait qu’« on se fixera un autre rendez-vous plus tard ». Finalement, le dimanche d’après (7 août), à une réunion de leur groupe, Dramé et Danfakha nous ont annoncé qu’ils refusaient toute contribution au journal. Vaine a été toute tentative de les convaincre.
Que faire ? Mieux vaut une information incomplète, que pas du tout d’information. L’assistance a alors été avertie que le travail d’interviews et de rédaction des articles était, côté Sissoko, bien avancé, que donc le journal paraîtrait avec les seules positions de cette partie. La réponse a été que la leur se réservait un « droit de réponse » (Dramé), bien improbable, vu le caractère épisodique de notre publication : ceci a été exprimé de manière appuyée, au cours de la tentative de persuasion.
C’est donc largement incomplet que paraît ce numéro de la Voix des sans-papiers. Il y a là une situation subie, contraire à notre volonté, voulue par d’autres pour des raisons inexpliquées. Mais il s’en trouvera qui nous accuseront quand même de « prendre parti»… Eh bien voilà, c’est déjà fait : avant même que le journal ne sorte. Et du côté d’où on se l’attendait le moins.
La FASTI ne saurait être trop remerciée d’avoir été la seule association parisienne à appuyer publiquement l’occupation de la Bourse du travail par les sans-papiers de la CSP75, et d’avoir, depuis, durant trois ans, mis ses locaux et son matériel à la disposition des publications qui se sont succédé.
Seulement voilà : alors que la plupart des articles de ce numéro étaient rédigés et que la composition allait commencer, par lettre du 11 août remise le jour même (adressée aux « membres des collectifs de sans-papiers »), la FASTI nous a annoncé qu’elle n’entendait « pas prendre position pour l’une ou l’autre des parties » : en conséquence notre publication devait cesser de se servir du matériel de l’association.
Vaines ont été nos protestations d’indépendance et autonomie du journal par rapport à quelque collectif que ce soit, vains nos arguments touchant l’information correcte : différence entre information partielle (incomplète) et partiale (qui prend parti): c’est en faisant obstacle à l’information de se faire et circuler, qu’on « prend position », même sans le vouloir. En l’occurrence, pour ceux opposés à la parution du journal.
Et c’est pourquoi ce numéro, réalisé en plein mois d’août avec des moyens de fortune, paraît avec une semaine de retard.

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Noam Chomsky et ses amis

20 août 2011

Le site Infokiosques a mis en ligne en juillet une utile brochure sur Noam Chomsky et ses supporters compilant des textes d’Octavio Alberola, Claude Guillon et Yves Coleman parus dans les revues Oiseau-Tempête (excellente revue, disparue mais dont nous publions régulièrement d’anciens articles), Cuba Libertaria et Ni Patrie Ni Frontières, dont un texte que nous avions déjà reproduit en 2008: Sur le film « Chomsky et Compagnie » d’Olivier Azam.

« Les der­nières embras­sa­des de Chomsky avec le colo­nel Chavez ne pour­ront que ren­for­cer sa popu­la­rité auprès de toute la « gauche » alter­mon­dia­liste, mou­vance qui, malgré sa dimen­sion « glo­bale », est en fait très natio­na­liste dans chaque pays, pour peu que l’on se mette à grat­ter un peu ce qu’il y a der­rière ses pro­cla­ma­tions plei­nes de bons sen­ti­ments. » (Ni Patrie Ni Frontières)

« Cette réhabilitation « libertaire » du réformisme trouve son écho dans les milieux anarchistes français ou francophones, comme d’ailleurs dans des démarches comme celle d’Attac, déjà critiquée dans ces colonnes, qui ne se réfère certes pas à l’« idéal libertaire » mais recourt à la phraséologie et à l’imaginaire utopique du mouvement ouvrier (cf. Oiseau-Tempête n° 8). La mode réformiste-libertaire s’exprime également dans l’écho donné aux thèses « municipalistes », reprises de Bookchin, et dans la tentative de créer un pôle universitaire-libertaire » (C. Guillon)

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Liens vers la brochure:

L’avenir lugubre du capitalisme

12 juin 2011

Le numéro de juin de la revue libertaire en ligne Divergences publie une traduction en français de l’article de Paul Mattick junior Capitalism’s Dismal Future: lire ici.

Paul Mattick jr est l’auteur d’un nouveau livre (en anglais): Business as usual. On peut lire en français Le jour de l’addition publié dans la revue Échanges puis chez L’insomniaque éditeur en mai 2009.

Référendum à l’usine Fiat de Pomigliano d’Arco

26 juin 2010

Mardi dernier un référendum d’entreprise a attiré l’attention sur l’usine Fiat de Pomigliano d’Arco et ses 5 000 ouvriers. Le patron de FIAT a conditionné une relocalisation de production de la Pologne vers l’Italie à l’acceptation par les salariés d’un plan de flexibilité (cadences, rotations, temps de pause, heures supplémentaires, absentéisme…). Les NON ayant, malgré le chantage et l’aval donné à l’accord par la plupart des syndicats [*], atteint les 36 % , soit plus que ce qui était  exigé de la direction,  « le constructeur pourrait décider de créer une nouvelle société qui embaucherait uniquement les salariés prêts à accepter les nouvelles conditions de travail dans leur contrat » (Le Monde, 24-06-10). Que faut-il attendre de tels chantages ? On se rappelle qu’en France un « accord » portant sur un retour aux 40 heures hebdomadaires en 2007 chez Continental n’avait pas évité les licenciements deux ans plus tard (la direction déclarant ensuite cyniquement que ledit accord n’avait  « jamais comporté de clause de garantie, ni pour les emplois de Clairoix ni pour le site »). En mai dernier, c’était Opel qui obtenait l’accord des syndicats pour un gel des salaires jusqu’en 2014, raflant doublement la mise puisque cet accord (265 millions d’euros d’économies sur les salaires!) lui ouvrait des facilités de subventions d’État (cf. ici).

Lire l’article du Monde du 24-06-10

image AFP

Réactions dans l’extrême-gauche italienne:

Les COBAS se présentent comme de nouveaux syndicats de base alternatifs.

[*] La FIOM-CGIL a quant à elle déclaré que « c’est une violation flagrante des principes constitutionnels et des droits acquis comme celui de grève » et qu’elle engagera des actions en justice pour que soient déclarés anticonstitutionnels aussi bien le référendum que l’accord.

Un rapport sur les massacres de 1988 en Iran

14 juin 2010

Nous traduisons un article de Geoffrey Robertson publié dans le Guardian du 7 juin 2010. G. Robertson est un célèbre juriste anglais, spécialiste des droits de l’homme et auteur de  Crimes against Humanity – The Struggle for Global Justice, dont on a récemment entendu parler en France lors de sa proposition d’engager une procédure judiciaire contre le pape. Il vient de sortir un rapport sur les massacres de 1988: The Massacre of Political Prisoners in Iran 1988 qui peut être téléchargé ici.

L’ONU doit juger les assassins de 1988 en Iran

Geoffrey Robertson

Ce week-end marque le premier anniversaire de la mort de l’élection truquée que  le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a déclaré perdue pour le candidat réformateur Mir Hossein Moussavi.  Ensuite, des manifestants avaient été abattus dans les rues de Téhéran ou torturés dans la célèbre prison d’Evin , plusieurs ont été pendus comme mohareb – ennemis de Dieu. Cette intolérance à la dissidence  ne saurait surprendre: c’est le même régime qui a déjà assassiné des milliers de prisonniers politiques – et n’a jamais été appelé à en rendre compte.

C’est arrivé en été 1988, après que la guerre avec l’Irak prenne fin en une trêve amère. Les prisons d’Iran étaient pleines d’étudiants condamnés pour avoir protesté contre l’ayatollah Khomeiny au début des années 1980 – marxistes et gauchistes de toutes les variétés ainsi que les partisans de l’organisation Moudjahidin-e Khalq – un mouvement de guérilla avec une version différente de l’Islam. Ils ont été triés par le personnel pénitentiaire en 2 groupes: ceux qui restaient «infaillibles» dans leurs convictions politiques et les apostats. Le régime a décidé qu’ils devaient être éliminés afin de ne pas ennuyer le gouvernement d’après-guerre, et Khomeiny a émis une fatwa autorisant en secret de leur exécution.

Les Gardiens de la Révolution sont descendu s dans les prisons et un « comité de la mort » (un juge islamique, un procureur de la révolution et un fonctionnaire du ministère des Renseignements) a pris une minute ou deux pour identifier chaque prisonnier, le déclarer mohareb et le diriger vers la potence érigée dans l’Auditorium de prison , où on les pendaient six à la fois. Plus tard, leurs corps étaient aspergés de désinfectant et transportés dans des camions de viande vers des charniers. Leurs effets ont été renvoyés dans des sacs en plastique à leurs familles trois mois plus tard, mais le régime refuse toujours de révéler l’emplacement des tombes et continue à interdire aux familles de se rassembler sur un site qui a été identifié dans un cimetière de Téhéran.

On peut difficilement comparer entre elles des atrocités, elles sont toutes odieuses, mais il s’agissait de choses presque aussi terribles que Srebrenica ce meurtre de sang-froid par l’État de prisonniers à la fin d’une guerre. Cela évoque les marches de la mort des prisonniers alliés à la fin de la seconde guerre mondiale – les généraux japonais responsables ont été condamnés à mort au procès de Tokyo. Mais qui est responsable du massacre des prisons iraniennes?

L’ayatollah Khomeiny est mort. Mais trois figures de proue de son régime sont encore bien vivantes, et disponibles pour être mises en accusation dans un tribunal international. Le président d’alors, Ali Khamenei, est maintenant le  guide suprême iranien – l’homme qui a avalisé l’an dernier les élections truquées. Ali Rafsandjani, reste un acteur politique puissant, qui était alors le commandant de la Garde révolutionnaire, celui qui a reçu l’ordre de procéder à la tuerie. Ensuite, il y a l’homme qui  était premier ministre  d’Iran en 1988: Mir Hussein Moussavi, chef de file d’aujourd’hui du mouvement réformateur.

Mousavi s’est présenté aux réunions électorales l’année dernière avec les chants de « 1988 » mais a refusé de dire ce qu’il sait de l’assassinat en masse.  Dans le cadre d’une enquête menée pour la Fondation américaine Abdorrahman Boroumand je suis tombé sur un entretien qu’il avait accordé à la télévision autrichienne en décembre 1988. En réponse aux accusations d’Amnesty International a dit malhonnêtement que les prisonniers avaient préparé une  insurrection: «Nous avons dû écraser la conspiration – à cet égard nous n’avons pas eu de pitié. »  Il demander aux intellectuels occidentaux de soutenir le droit des gouvernements révolutionnaires à prendre des «mesures décisives » contre ses ennemis. Il est ironique de constater que le régime qu’il défendait avec une telle hypocrisie écrase désormais ses propres partisans sans pitié.

Mais c’est ce qui arrive lorsque les dirigeants politiques et militaires baignent dans l’impunité. L’ONU ne s’est pas soucié de l’utilisation par Saddam Hussein de gaz toxiques à Halabja plus tôt cette année-là, et a fait la sourde oreille aux rapports d’Amnesty sur le massacre des prisons (les diplomates iraniens ont dit que les morts avaient eu lieu sur les champs de bataille).  Mais il n’y a pas de prescription pour crimes contre l’humanité, et l’assassinat en masse de prisonniers déjà condamnés pour délits politiques doit compter comme l’un des plus graves  crimes impunis. Le fait qu’ils ont été tués parce qu’ils ne croyaient pas en Dieu – le Dieu de la révolution de l’ayatollah – donnant à leur massacre une forme génocidaire: la destruction d’un groupe en raison de son attitude envers la religion.

La plupart des juges et des fonctionnaires qui ont exécuté la fatwa en sont encore à de hautes fonctions à Téhéran – en vertu d’un chef suprême qui, lorsqu’on l’interroge sur les tueries de prisonniers répond: «Pensez-vous que nous aurions dû leur donner des bonbons? « . Il est encore temps pour le Conseil de sécurité de l’ONU pour faire respecter le droit international en mettant en place un tribunal pour juger les auteurs des massacres des prisons. Cela sera peut être une meilleure façon de faire face à une théocratie dont le comportement en 1988 offrait déjà la meilleure source d’inquiétude pour son comportement futur avec des armes nucléaires.

G.R.

Voir aussi:

  • Iran: Le 20e anniversaire du « massacre des prisons » de 1988 (08-2008)
  • GurgaonWorkersNews

    22 mai 2010

    Gurgaon, dans l’Haryana, en Inde, est montré comme un symbole de réussite capitaliste. Derrière une façade de grandes tours et de centres commerciaux se trouvent des travailleurs et leurs luttes, notamment dans la fabrication de voitures et de scooters pour la nouvelle classe moyenne indienne.

    Depuis plusieurs années, un collectif anime un site et une lettre électronique en anglais: GurgaonWorkersNews. Le dernier numéro de la newsletter vient de sortir. On y trouve notamment un entretien avec trois militants communistes locaux, appartenant à des orgas différentes, et un point sur les luttes salariales face à l’inflation. GurgaonWorkersNews déclare être indépendant de tout parti et syndicat, mais chercher à informer sur les luttes ouvrières de la région. (Contact:  gurgaon_workers_news@yahoo.co.uk).

    GurgaonWorkersNews – Newsletter 26 (May 2010)

    Workers’ Lines in Kapashera, Gurgaon

    Voir aussi:

    Orwell s’en retournerait dans sa tombe…

    5 mai 2010

    Une photo prise place George Orwell à Barcelone, postée sur le net par Amir Aharoni et repérée par le bloguiste Poumista, où l’on voit un panneau « zone sous surveillance dans un rayon de 500 mètres ». Curieux hommage à l’auteur de 1984 par la municipalité de la ville:

    The Municipality of Barcelona - Zone under surveillance

    RAWA, femmes afghanes en lutte depuis 1977

    20 mars 2010

    Alors que de plus en plus d’Afghanes choisissent le suicide pour mettre un terme à la violence dont elles sont victimes au quotidien (17 femmes se sont immolées en 6 mois dans la seule province d’Herat), comme le révèle un rapport canadien [1], RAWA (Femmes révolutionnaires afghanes), organisation féministe composée uniquement de femmes, poursuit son combat pour la paix, la démocratie, la justice et la laïcité en Afghanistan.

    S’il y a eu des progrès de 2002 à 2005 (scolarisation des filles, accès au travail), les reculs ont suivi: le rapport d’Human Rights Watch sur la situation des afghanes (décembre) a ainsi de quoi questionner la politique d’aide et de reconstruction (parole des députées étouffée, assassinats, nombre de femmes en baisse dans la fonction publique, violences…).

    Les activités politiques de RAWA, dont la fondatrice a été assassinée en 1987 par la branche afghane du KGB, ont été marquées par des manifestations contre l’invasion soviétique de décembre 1979, pour les droits des femmes, puis par la lutte contre les intégristes musulmans, quels qu’ils soient. Aujourd’hui, RAWA est aussi mobilisée contre l’occupation militaire de l’Afghanistan et le gouvernement mafieux de Karzaï. Elle travaille de manière clandestine (répression des Talibans et occupation de l’OTAN). Ses champs d’action sont à la fois politiques et sociaux: cours d’alphabétisation et des formations pour les femmes, orphelinat et hôpital au Pakistan. RAWA fait un travail politique de résistance, édite notamment le journal Payan-e-zan (Le message des femmes), milite pour la réation d’un front populaire démocratique, « une forme d’auto-organisation politique, seule apte à exprimer les revendications du peuple afghan dans un cadre non-violent ». A l’étranger, RAWA organise des tournées dans de nombreux pays: après la France en février, les USA en octobre 2009.

    H.A. (L’Émancipation, mars 2010)

    [1] Afghanistan: la condition de la femme, janvier 2010