Crise(s) du capitalisme

Le Produit intérieur brut (PIB) de la France a reculé de 2,2% en 2009, la plus forte récession depuis l’après-guerre…

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4 Réponses to “Crise(s) du capitalisme”

  1. Crise: Les nouveaux “camarades” « La Bataille socialiste Says:

    […] «Sarkozy, tu es en train de te rapprocher du socialisme, bienvenu au club, ce sont des idées intéressantes», a lancé le Président vénézuélien, se référant aux positions défendues par Nicolas Sarkozy pour surmonter la crise. […]

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  2. Le marxisme de Paul Mattick (Souyri, 1979) « La Bataille socialiste Says:

    […] […]

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  3. lucien Says:

    Extrait de la brochure Solidaires:

    1 – Comment la crise a éclaté ?

    Le point de départ de la crise est l’éclatement de la bulle immobilière aux États-
    Unis. A la faveur du boom immobilier les prix des logements ont doublé de
    1997 à 2006. Ce boom immobilier résulte lui de la conjonction de plusieurs
    tendances : une augmentation de la demande de logements par la population,
    fortement facilitée par une politique de prêts très large malgré la stagnation du pouvoir d’achat de très nombreuses familles ; une demande immobilière spéculative venant de capitaux mobiles disponibles à la disposition des couches les plus riches de la population.
    Les crédits hypothécaires à risque, appelés « subprime », signés par des acquéreurs peu solvables pour acheter leur maison, s’élevaient à 1300 milliards de dollars en juillet 2007. Ces crédits immobiliers étaient calculés selon la capacité d’emprunt des acheteurs en fonction de la valeur de la maison achetée et avec des taux variables et usuraires. Pour les organismes prêteurs, le fait que des ménages ne puissent ensuite rembourser leur dette ne posait aucun problème dès lors que la valeur du bien augmentait sans cesse. Les ménages insolvables voyaient leur maison mise en vente suite à l’hypothèque signée, mais le prix de vente de celle-ci rapportait une plus-value qui, non seulement, couvrait la dette, mais permettait aux organismes financiers prêteurs d’engranger un confortable bénéfice.
    Tout change avec le retournement du marché immobilier amorcé fin 2005. Les
    prix des logements commencent à baisser et les liquidations se font dans des
    conditions moins favorables. De plus, la baisse des prix empêche les ménages de se refinancer leur prêt par un nouveau prêt gagé sur un logement valant plus cher.
    Mais, surtout, les liquidations commencent à se multiplier car les conditions de
    prêt étranglent les ménages, ce d’autant plus que les taux d’intérêt américains
    augmentent, la Fed, la banque centrale américaine, voulant lutter contre les tensions inflationnistes créées par l’excès d’endettement. Ils passent de 1 % en 2004 à 5 % en 2006. Les défaillances de remboursements s’enchaînent et accélèrent la chute des prix des logements. Des millions de personnes se retrouvent à la rue faute de pouvoir rembourser leurs emprunts fondés sur la valeur de la maison. En 2006, 1,2 millions d’emprunteurs ont fait défaut et 2,2 millions en 2007.
    Les établissements de crédits ont donc été directement touchés. Ils se retrouvent avec des logements qui ne valent quasiment plus rien et des emprunteurs incapables de rembourser leurs prêts. Le 2 avril 2007 peut être considéré comme la date à laquelle la crise éclate au grand jour : New Century Financial, établissement de crédit hypothécaire, se déclare en faillite. Ce n’est que le premier d’une longue série.

    2 – Quels sont les mécanismes de propagation au système bancaire et
    financier ?

    La première question qui se pose est de savoir pourquoi cette crise, qui touchait un segment limité des marchés financiers, les crédits « subprimes », s’est répandue comme une traînée de poudre dans l’ensemble de la finance mondiale.
    La réponse tient en un mot : déréglementation. Depuis le milieu des années
    1980, tous les pare-feux qui avaient été mis en place après la crise de 1929 pour empêcher la contamination ont été détruits systématiquement par la déréglementation financière.
    Trois facteurs ont concrètement permis cette propagation : les diverses innovations financières, notamment la titrisation ; la mise en place par les banques d’un système bancaire parallèle hors de tout contrôle des autorités publiques, le shadow banking system ; les nouvelles normes comptables.
    — La titrisation consiste à transformer un crédit en titre financier, en obligations qui pourront être ensuite vendues sur les marchés financiers. Pour les banques, l’intérêt de cette opération est double : d’une part, elles se débarrassent des crédits qui encombrent leur bilan et contournent ainsi les règles prudentielles qui peuvent avoir été mises en place par certains Etats en matière de ratio entre fonds propres détenus et crédits ouverts ; d’autre part, elles récupèrent de la liquidité en vendant ce crédit « titrisé ». Les banques transforment donc un risque, le fait de faire un crédit et donc de ne pas savoir si on sera remboursé ensuite, en une opération juteuse financièrement. Mais le risque dont la banque s’est défaussé existe toujours. Il est simplement transmis à d’autres.
    Pendant la période d’euphorie des marchés immobiliers, aux USA et ailleurs, les idéologues néolibéraux partisans de ces montages financiers en vantaient les mérites : le risque d’insolvabilité du débiteur, au lieu d’être supporté par un seul acteur financier, était reporté sur de multiples opérateurs. Le risque devait être ainsi « dilué », et donc réduit. Mais quand la chute de l’immobilier dans ces mêmes pays a entraîné les défections de nombreux emprunteurs et les dévalorisations des « actifs » titrisés, tout le monde a pu constater que cette « dilution » des risques était en fait une diffusion du risque à tous les opérateurs, qui devenaient tous suspects de détenir des « actifs toxiques ».
    La dilution et la diffusion du risque ont été d’autant plus fortes et plus rapides
    que cette titrisation a entraîné une opacité encore plus grande du système, en
    mélangeant dans un même produit des crédits porteurs de risques différents. C’est l’Asset Backed Security (ABS), titre adossé à des actifs. L’ABS comprend des « tranches » porteuses de risques différents et avec des rendements d’autant plus élevés que le risque est important : tranche senior sans risque mais à faible rendement, par exemple 6 % ; tranche mezzanine, moyennement risquée et à rendement plus élevé, par exemple 12%; tranche equity, très risquée avec un rendement très élevé, par exemple 30 %. Mais l’ingéniosité des financiers ne s’est pas arrêtée là. Ils ont créé des ABS d’ABS, produits encore plus complexes s’il en fut, les Collateralized debt obligations (CDO), obligation fondée sur une dette et même des CDO de CDO. ABS et CDO existent pour toutes sortes de crédits, les crédits immobiliers, mais aussi les crédits à la consommation, les cartes de crédit, etc.
    — La mise en place d’un système bancaire parallèle hors de tout contrôle des
    autorités publiques est une création des banques elles-mêmes. En effet, pour
    effectuer cette titrisation, les banques ont créé des organismes spécifiques
    chargés de fabriquer et de vendre ces produits titrisés, les Spécial Purpose
    Vehicle (SPV), véhicules à finalité spéciale et les Special Investment Vehicle (SIV),
    véhicules financiers spéciaux. SPV et SIV forment un système bancaire parallèle, un shadow banking system, dans lequel les transactions se font de gré à gré (over the counter, OTC) et ne sont supervisées par aucune autorité. On a donc la constitution de produits financiers extrêmement complexes diffusés, hors de tout contrôle, par des organismes opaques. Ces produits sont achetés par les opérateurs financiers du monde entier, y compris les banques, et se répandent ainsi dans tout le système financier. Le volume des créances « titrisées » a explosé en 15 ans pour atteindre 11 000 milliards de dollars en 2007.
    L’incapacité d’une part croissante des ménages américains à rembourser leur dette hypothécaire a entraîné la dévalorisation massive des biens immobiliers. En effet, la multiplication des saisies par les banques, du fait des « défaillances » de nombreuses familles, a multiplié dans les mêmes proportions le nombre de logements offerts sur le marché, les banques mettant en vente les immeubles hypothéqués qu’elles venaient de saisir. Cette augmentation rapide de l’offre de logements s’est conjuguée à une demande en recul suite à l’augmentation des taux d’intérêt et de la non solvabilité croissante ont accéléré la chute de l’immobilier. Le marché des ABS et des CDO adossés à ces créances s’est donc effondré. Car ce ne sont pas simplement les tranches les plus risquées, celles des crédits « subprimes », qui sont touchées, mais, par contamination, toutes les autres. En effet, comment distinguer entre bons et mauvais débiteurs dans une situation économique qui se dégrade, quand un ménage aujourd’hui solvable peut ne pas l’être demain ? Les établissements financiers, en particulier les banques d’affaires, qui intervenaient sur ce marché, sont directement touchés, le signal de la débandade ayant été donné le 27 juin 2007 par une banque vénérable, Bear Stearns, qui annonce devoir fermer deux de ses fonds spéculatifs (hedge funds). Cette annonce est
    suivie d’autres qui installent un climat délétère sur les marchés. Les opérateurs
    financiers essuient de lourdes pertes dans les CDO qui deviennent invendables. Ils sont obligés de se refinancer et de continuer dans le même temps leurs opérations habituelles. Pour cela ils doivent vendre d’autres produits financiers, ce qui entraîne une baisse des cours dans d’autres secteurs du marché. Cette baisse pousse tous les opérateurs à vendre au plus vite afin de limiter la casse, amplifiant ainsi la baisse des cours. Cette course à la liquidité, c’est-à-dire au cash, à l’argent liquide, nourrit ainsi la crise financière.
    — Les nouvelles normes comptables dites IFRS ont amplifié cette crise financière. Ces nouvelles normes comptables IFRS sont basées sur le principe dit de fair value qui consiste à valoriser les actifs dans les bilans des entreprises à la valeur de marché, alors qu’auparavant la valeur des actifs figure au bilan des entreprises à leur valeur d’achat, qu’on appelle parfois la valeur historique, et qui se trouve pondérée par les amortissements. Avec les normes IFRS, les comptes des banques sont donc totalement tributaires des cours de la Bourse et ce sans aucun rapport avec leur activité économique. Ainsi, les cours de la Bourse baissant, les banques ont vu dans leurs comptes la valeur de leurs actifs suivre le même mouvement. Elles ont donc dû provisionner en conséquence, et pour cela vendre des actifs, accélérant ainsi l’effondrement des cours.

    Tous ces processus ont cumulé leurs effets lors des dix jours de folie qui se sont emparés du monde financier à partir du 7 septembre 2008 qui ont vu tout d’abord la faillite d’un des fleurons de Wall-Street, la banque d’affaires Lehman Brothers, puis le système financier mondial au bord de l’effondrement. Toutes les banques ayant acheté des produits financiers titrisés, personne ne savait quel établissement était touché, ni à quelle hauteur, d’où la méfiance généralisée qui s’est installée entre les banques qui ont refusé de se prêter de l’argent, n’étant plus certaines de récupérer leur dû. Dans ces conditions le marché du crédit, en particulier le marché interbancaire, tend donc à s’assécher avec des conséquences importantes sur l’économie réelle. Le FMI parle encore de plus de 1 000 milliards de dollars de nouvelles dépréciations d’actifs pour les banques européennes en 2009.

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  4. Conférence sur « Le Capital  de Marx (Lyon, 18 mars) « La Bataille socialiste Says:

    […] crise, Karl Marx redevient une référence à la mode. Il avait mis en évidence le phénomène de crise, inhérent au fonctionnement capitaliste, et qui devait, tôt ou tard, conduire ce système […]

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