1922-07 La haine raciale [Ho Chi Minh]

Article de N’GUYEN AI QUOC (futur Ho Chi Minh) paru dans Le Paria du 1° juillet 1922, reproduit dans Selected Works of Ho Chi Minh Vol. 1, retraduit en français à l’aide d’une large partie de l’article publiée dans un chapitre de Le Procès de la colonisation française (Librairie du Travail, 1926). [cf. texte en anglais]

Pour avoir parlé de lutte de classe et d’égalité entre les hommes, notre camarade Louzon a été condamné.

Voyons comment l’amour entre les peuples a été compris et appliqué en Indochine. Ne parlons même pas pour l’instant de l’intoxication des masses par l’alcool et l’opium dont est coupable le gouvernement colonial, nos camarades du groupe parlementaire auront à l’aborder tôt ou tard.

Tout le monde connaît les exploits de l’administrateur assassin Darles. Il est toutefois loin d’avoir le monopole de la barbarie envers les indigènes.

Un certain Pourcignon se précipite, furieux, sur un Annamite qui a eu la curiosité et l’audace de regarder pendant quelques secondes la maison de l’Européen. Il le frappe et enfin l’abat d’un coup de revolver dans la tête.

Un employé de chemin de fer frappe à coups de rotin un chef de village tonkinois, l’arrête et l’enferme dans une cage à chien.

M. Beck fend le crâne de son chauffeur d’un coup de poing. M. Brès, entrepreneur, tue, à coups de pieds, un Annamite dont il a lié les bras, après l’avoir fait mordre par son chien.

M. Deffis, receveur, tue son domestique annamite d’un formidable coup de pied dans les reins.

M. Henry, mécanicien, entend des bruits dans la rue ; la porte de sa demeure s’ouvre ; une femme annamite entre, poursuivie par un indigène. Henry, qui croit que cet individu poursuit sa propre Congaï, saisit un fusil de chasse, fait feu. L’individu tombe raide mort.

Un Français attache son cheval dans une écurie où se trouve déjà la jument d’un indigène. Le cheval se cabre, ce qui provoque, chez le Français, une colère folle. Il frappe l’indigène  dont le sang coule par la bouche et les oreilles. Après quoi, il le garotte et le suspend dans son escalier.

Un missionnaire (eh oui ! un doux apôtre), soupçonnant son séminariste indigène de lui avoir volé 1.000 piastres, le ligote, le suspend à une charpente, le frappe. Le pauvre s’évanouit. On le descend. Quand il revient à lui, , on recommence. L’indigène est mourant. Il est peut-être mort aujourd’hui. Etc…, etc.

Est-ce que la justice a puni ces individus, ces civilisateurs ? Les uns ont été acquittés et les autres n’ont pas même été inquiétés. C’est comme ça. Et maintenant…

Accusé Louzon, c’est à votre tour de parler!

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