1926-02 Aux camarades de l’Opposition communiste

Reproduit dans un article faisant l’historique du différend avec Souvarine dans Contre le courant n°12 (28 juin 1928).

Camarades,

Nous vous rappelons que depuis le Congrès de Clichy jusqu’à la parution du Bulletin Communiste, l’Opposition a mené sa lutte contre les déviations politiques de la Direction dans une unanimité complète. Nous pensions, tous d’accord, que notre objectif était le redressement du Parti, et que le centre de gravité de notre action était à l’intérieur du Parti.

Nous vous rappelons également que dès que l’Opposition a eu connaissance de la parution du Bulletin, elle a décidé de rester étrangère à cette publication, étant entendu que toute collaboration qui viendrait se produire serait exclusivement personnelle, et ne saurait constituer un contrôle de cet organe.

Or à l’insu de la tendance, et malgré la décision prise, des camarades ont formé un Comité de Rédaction prenant ainsi la responsabilité que l’Opposition n’avait pas voulu prendre, et fournissant un argument à ceux qui affirmaient que le B.C. était l’organe de l’Opposition.

Malgré les protestations qui ont accueilli sa formation, le Comité de Rédaction n’a cessé de s’élargir, toujours à l’insu de la tendance.

Cette cristallisation progressive et secrète autour de Souvarine a créé une tendance dans la tendance, situation qui devait fatalement mener à une scission : une partie de l’Opposition Communiste, constamment mise devant le fait accompli, en était réduite à subir la responsabilité politique de décisions prises en dehors de l’Opposition, en même temps qu’une atmosphère de méfiance et d’agressivité se développait envers les camarades restés fidèles aux décisions prises, notamment à l’égard de ceux qui ont pris la plus grande part de responsabilité dans l’action de l’Opposition.

Une conséquence plus grave encore s’est manifestée : en violation de ce qui constituait le principe même de l’Opposition Communiste, le centre de gravité de la tendance a été peu à peu déplacé et reporté vers l’extérieur du Parti.

Nous prenons acte de ces faits et de l’état de scission qu’ils ont provoqué.

Nous enregistrons également comme une confirmation de leur volonté de scission, les dernières décisions prises par les camarades autour de Souvarine, décisions portées à notre connaissance par le B.C. du 12 février 1926 (daté du 29 janvier) et qui sont en contradiction absolue avec un acte public de l’Opposition (Lettre du 5 février à l’I.C.).

Fidèles à la décisions prise de demeurer étrangers au B.C., œuvre que dès le début, l’Opposition a considérée comme personnelle, et dont le caractère n’a pas changé, nous restons également fidèles à l’esprit et à la lettre du dernier appel à l’I.C., et par conséquent nous désapprouvons la création du B.C. mensuel et du Cercle Marx et Lénine.

En conséquence, nous nous abstiendrons désormais d’assister à des réunions qui ne sont plus celles de l’Opposition Communiste.

15 février 1926

Amédée Dunois

 

Fernand Loriot

 

Magdeleine Paz

 

Maurice Paz

Une Réponse to “1926-02 Aux camarades de l’Opposition communiste”

  1. Fernand Loriot (Bulletin communiste, 1933) « La Bataille socialiste Says:

    […] 1926 Aux camarades de l’Opposition communiste [Dunois, Loriot & Paz] […]

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