1935 – L’Internationale et la guerre (extrait)

Extrait publié dans No alla guerra! (Fondation Feltrinelli), reproduisant les pages 21-22 de la brochure L’Internationale et la guerre (Thèses de O. Bauer, Th. Dan, A. Dunois et J. Zyromski, éditions Nouveau Prométhée, 1935), le pdf de la Fondation faisant visiblement une erreur en indiquant M. Pivert comme co-auteur au lieu de J. Zyromski

La guerre, quelle qu’elle soit, est un crime contre l’humanité. Mais le socialisme international ne saurait tout de même prendre une attitude identique vis-à-vis de toutes les guerres. Son attitude doit dépendre des répercussions que la guerre peut avoir sur la lutte pour l’affranchissement du prolétariat mondial.

En conséquence, il ne saurait établir des règles valables dans n’importe quelle guerre. Seule son attitude dans telle ou telle guerre, mettant en jeu tels ou tel belligérants peut donner lieu à des règles préalables.

[…] En 1914, deux coalitions se faisaient face, chaucune se composant de puissances capitalistes et impérialistes. D’un côté c’était le tsarisme russe, de l’autre le militarisme prusso-allemand et la monarchie danubienne, geôle du peuple autrichien et du peuple hongrois. L’Internationale ne pouvait prendre parti ni pour l’une ni pour l’autre coalition. Il en est autrement dans la guerre que l’humanité peut redouter à l’heure actuelle. Si l’Allemagne hitlérienne et l’Union soviétique sont en guerre l’une contre l’autre, l’Internationale doit prendre parti contre l’Allemagne hitlérienne et ses acolytes; elle doit désirer que cette coalition soit battue par l’Union soviétique et ses alliés.

L’Internationale ne pouvant, en 1914, prendre parti pour aucune des coalitions belligéantes, les partis socialistes, eux, firent l’union sacrée avec leurs gouvernements et exhortèrent les masses ouvrières à défendre leur patries respectives. En réalisant l’union sacrée, le Burgfrieden, les partis socialistes renonçaient du même coup à déclencher à la faveur de la guerre, la lutte pour la conquête du pouvoir politique, et le renversement de la domination capitaliste. Mais précisément dans toute guerre nouvelle, il s’agira pour le prolétariat d’utiliser l’ébranlement du capitalisme, causé par la guerre, pour conquérir le pouvoir politique.

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O. Bauer vers 1930

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3 Réponses to “1935 – L’Internationale et la guerre (extrait)”

  1. La scission de la Bataille socialiste en 1935 « La Bataille socialiste Says:

    […] sigle T.P.). [5] Populaire du 29 mai 1935 (T.P.). [6] O. BAUER; Th. DAN; A. DUNOIS et J. ZYROMSKI, L’Internationale et la Guerre, Paris, 1935, préface de F. Adler. On trouvera cette thèse développée par Théodore Dan dans le […]

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  2. La Révolution avant la guerre (Pivert, 1935) « La Bataille socialiste Says:

    […] de 48 pages Marceau Pivert écrit pendant l’été 1935, répondant à L’ Internationale et la guerre (O. Bauer, Th. Dan, A. Dunois et J. Zyromski), qui prélude l’éclatement définitif de la […]

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  3. Révolution d’abord! (Pivert, 1935) | controappuntoblog.org Says:

    […] de la brochure La Révolution avant la guerre de Marceau Pivert qui, répondant à L’ Internationale et la guerre (O. Bauer, Th. Dan, A. Dunois et J. Zyromski) , annonce l’éclatement définitif de la Bataille […]

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