1937-10 La situation en Espagne [UC]

Article paru dans l’Internationale n° 31 (3 octobre 1937)

La situation en Espagne
De nouveaux succès de la contre-révolution

Il ne nous a pas été possible dans cette revue que nous ne parvenons même pas à faire paraître très régulièrement chaque mois, de donner des informations détaillées sur le déroulement de la situation en Espagne.
Mais nous nous sommes toujours efforcés de fournir les éléments d’une analyse politique de cette situation dans ses différentes phases, en renvoyant nos lecteurs aux périodiques qui paraissent le plus souvent et peuvent de ce fait, publier une documentation précieuse pour les militants révolutionnaires.
Nous sommes bien obligés de continuer à procéder ainsi. Que nos camarades veuillent bien nous en excuser.

La lutte militaire

Les armées de Franco ont occupé, en août, la région de Santander et sont en train de conquérir les Asturies que les mineurs défendent désespérément. L’issue de cette lutte «gale ne fait point de doute.
Iran, St-Sébastien, Bilbao, Malaga, Santander, toutes ces victoires de Franco sont te à la trahison des militaires et politiciens bourgeois, des dirigeants socialistes et staliniens, auxquels les ouvriers espagnols ont fait confiance pour diriger la lutte contre les armées fascistes.
Sur la manière dont la lutte militaire a été menée depuis juillet 1936, tant d’informations ont été fournies, par les journaux anarchistes notamment, que nous n’insisterons pas. Le massacre des miliciens a été poursuivi systématiquement et les ouvriers espagnols ont ainsi payé du sang et de la vie de dizaines de milliers d’entre eux leur erreur initiale de n’avoir pas pris eux-mêmes la direction de la lutte militaire contre Franco.
En Biscaye où la bourgeoisie catholique eut facilement raison des ouvriers anarchistes, grâce aux staliniens, comme dans la région de Santander où également avec l’aide des staliniens, les politiciens du Front populaire réussirent à reconstituer l’appareil étatique bourgeois, la situation évolue très rapidement vers la capitulation devant Franco. A Malaga, où les staliniens avaient la direction de l’armée, il en fut encore de même. Les offensives, à retardement et vite stoppées, organisées sur les autres fronts n’eurent pour objectifs que de masquer la trahison générale.
Dans « Le Libertaire », dans « L’Espagne Nouvelle », ont paru de nombreux articles relatant les manœuvres des staliniens en ce qui concerne le front d’Aragon, qui fut laissé sans armes pendant des mois et des mois.
Et l’inactivité de la marine républicaine dont le ministre socialiste Prieto est responsable, et tant et tant d’autres faits… La trahison a vraiment rendu la tâche facile à Franco.
Ce qu’il ne faudrait cependant pas oublier, c’est que les dirigeants de la C.N.T. et de la F.A.I., ont couvert tous ces crimes par leur participation au gouvernement Caballero. Sinon on ne comprendrait pas pourquoi la contre-révolution triomphe maintenant à l’arrière du front et pourquoi les miliciens commencent à se « démobiliser », malgré la discipline introduite avec la militarisation des milices.

La contre-révolution victorieuse en Aragon

Après avoir triomphé en mai de la Catalogne révolutionnaire, le gouvernement central s’attaqua à F Aragon. Cette province, dont une partie est occupée par Franco, était dirigée par un conseil à majorité anarchiste, présidé par Joaquim Ascaso. Elle représentait à la fois le front où les miliciens anarchistes et poumistes étaient nombreux, et surtout la région où la collectivisation avait été la plus poussée dans les campagnes.
Provoquer à la lutte ouverte comme en mai en Catalogne, le gouvernement central ne le pouvait pas, surtout après ce qui s’était passé à Barcelone où les ouvriers eurent le dessus jusqu’à l’intervention des ministres et dirigeants traîtres de la C.N.T.-F.A.l. Il fallait agit avec prudence et ne réaliser que progressivement l’étranglement, lequel fut en effet organisé méthodiquement. Dans un très intéressant article (Libertaire -12 août), Robert Lefranc raconte comment fut menée cette offensive contre les collectiviés d’Aragon et dont le dénouement fut la dissolution du conseil et l’arrestation d’Ascaso.
Comme l’écrit Louzon dans « La Révolution Prolétarienne » du 25 août, maintenant, « attendons-nous à apprendre que d’un jour à l’autre, les collectivités paysannes d’Aragon, orgueil de la C.N.T., ont également disparu.» Car, ajoute Louzon, «pas moyen de rester les dirigeants de l’économie, si l’on n’est pas les maîtres du politique; camarades de la C.N.T., n’oublions jamais cela!» Conseil un peu tardif, camarade Louzon, et bien discrètement formulé. Nous qui n’avons pas attendu août 1937 pour dire qu’en Espagne, le problème du pouvoir conditionnait tous les autres, nous sommes évidemment moins embarrassés pour conclure que le sort de l’Aragon est un des résultats de la faillite de la doctrine anarchiste, là où cependant elle était appliquée par des militants particulièrement valeureux et qui n’avaient pas à compter, comme dans le reste de l’Espagne, avec des adversaires très puissants. Bien entendu, cette critique de l’action anarchiste ne diminue en rien le rôle contre-révolutionnaire des staliniens.
L’ordre étant rétabli en Aragon, sans résistance armée, contrairement à ce que pois avions pu penser, la bourgeoisie espagnole va pouvoir brûler les étapes dans la voie du rétablissement total de sa domination.

La réorganisation de la F.A.I.

La F.A.I. est devenue un parti politique à l’image des autres partis du Front populaire. La signification d’une telle transformation ne peut être comprise que si on ne la sépare pas de l’évolution de la situation et de l’action menée par les dirigeants anarchistes durant ces derniers mois. En effet, le fait en lui-même pourrait paraître progressif si l’on n’y voyait que la reconnaissance de la nécessité de l’organisation des révolutionnaires en parti. Mais il s’agit de toute autre chose. Que ce changement ait lieu maintenant, après une année de lutte « antifasciste », après les journées de mai, en pleine contre-révolution, cela a une grande importance.
La réorganisation décidée est manifestement imposée par les dirigeants qui veulent étendre leur contrôle sur la base de la F.A.I. Après l’exclusion des « Amis de Durruti », l’opération de bureaucratisation actuelle permettra de poursuivre I’« épuration » des éléments qui considèrent que les chefs de la C.N.T.-F.A.I. ont trahi.
Mais bureaucratisation et épuration ne sont que peu de choses en regard du caractère
d’adaptation à l’Etat bourgeois que présente la nouvelle structure de la F.A.I. Après la
collaboration des dirigeants de la C.N.T.-F.A.I. au gouvernement Caballero et à celui de
la Généralité, la transformation de la F.A.I. en parti constitue une étape décisive de l’évolution de l’anarchisme espagnol qui s’intègre de plus en plus dans la démocratie bourgeoise. C’est sans doute bien tard, car les capitalistes tendent justement à se débarasser de cette forme de domination pour adopter des formes nouvelles inspirées du fascisme mussolinien et hitlérien.
D’organisation clandestine d’avant-garde qu’elle était avant juillet 1936 voilà donc la F.A.I. devenue un parti de masse. L’histoire du mouvement ouvrier nous montre assez clairement quelle fut la dégénérescence de tels partis pour que nous soyions fixés sur ‘avenir de la nouvelle F.A.I.
Déjà dans les milieux anarchistes étrangers, les critiques ont abondé, et il est certain ne cette transformation de la F.A.I. va provoquer un fort courant de retour aux purs principes anarchistes. Or, une telle orientation ramène à une impasse. En réalité, la faillite de l’anarchisme espagnol et la carence du POUM exigent que l’on envisage de reposer le problème de la formation et de l’organisation de l’avant-garde. Un formidable bilan reste faire. Il faut rediscuter la question entièrement, étudier l’expérience des partis social-démocrates, du parti bolchevik, des partis communistes, etc. Nous pensons, nous, que la nécessité du parti, avant-garde organisée du prolétariat, s’est trouvée une fois de plus vérifiée au travers de la révolution espagnole. En ce qui concerne la formation du parti, sa structure, ses rapports avec les organisations de masses, avec les masses elles-mêmes, il appartient aux militants révolutionnaires de tous les pays de confronter leur opinion sur ces questions, afin d’aboutir à des conclusions qui tiennent compte de toute l’expérience du mouvement ouvrier depuis la création de la IIIe Internationale.
Notre organisation a déjà plusieurs fois exposé, partiellement il est vrai, ses conceptions sur ces problèmes. Mais nous considérons que le mouvement révolutionnaire des travailleurs espagnols doit permettre de préciser nos propres positions, et c’est pourquoi nous souhaitons qu’une discussion internationale puisse s’engager entre les groupements d’avant-garde.

Bloc contre les staliniens

Les staliniens continuent à jouer leur rôle d’avant-garde de la contre-révolution. Ils ont poursuivi leur travail de pénétration au sein de l’appareil étatique de l’Espagne républicaine. L’armée, la police, sont par exemple presque entièrement entre leurs mains. Et depuis la constitution du gouvernement Negrin, leur force n’a fait que croître. Cependant leur influence s’exerce surtout parmi la petite bourgeoisie, comme le prouve sans contestation possible la composition sociale de leur parti. On sait aussi que s’ils ont pu conquérir la direction de l’U.G.T. de Catalogne, c’est grâce à l’adhésion à celle-ci de nombreux éléments de la petite bourgeoisie.
Dans la mesure où leur force s’est accrue, les staliniens ont pu pousser leur offensive contre-révolutionnaire plus à fond. Dans leur zèle à détruire toutes les conquêtes de juillet 1936, ils se placent généralement à l’aile droite de toutes les formations politiques du Front populaire.
Avec persévérance, ils se sont depuis longtemps attaqués à la C.N.T., laquelle d’ailleurs a toujours capitulé devant eux. Leurs journaux s’efforcèrent quotidiennement et par tous les moyens, de discréditer les organisations et les militants anarchistes. Depuis la formation du gouvernement Negrin, les anarchistes éliminés du gouvernement commencent à réagir contre les attaques staliniennes. Comme d’autre part, Caballero et une partie des dirigeants de l’U.G.T. se défendent contre l’emprise des staliniens, le bloc C.N.T.-Caballero devait finir par se concrétiser organisationnellement.
Nous avons déjà eu l’occasion de dire ce que nous pensions de cette opposition anti-stalinienne (n° 29 de « L’Internationale » – 10 juillet). Elle n’a nullement gêné le gouvernement Negrin dans son œuvre contre-révolutionnaire, mais a permis aux dirigeants de la C.N.T. et à Caballero de reprendre le contrôle effectif des ouvriers qui, après les journées de mai, avaient commencé à perdre confiance dans leurs dirigeants.
En août, l’alliance des anarchistes et des socialistes de « gauche » a abouti au pacte C.N.T,-U.G.T. Ce pacte conclu entre le Comité national de la C.N.T. et la Commission administrative centrale de l’U.G.T. a reçu l’adhésion de nombreux syndicats de l’U.G.T, quoique les staliniens l’aient combattu et qu’ils contrôlent une partie de l’organisation réformiste.
Si l’on oublie qu’à la tête de ce bloc anti-stalinien se trouvent les dirigeants cénétistes qui trahirent honteusement en mai, et le sieur Caballero, chef du gouvernement qui organisa la contre-révolution, on peut évidemment, comme les syndicalistes de «L» Révolution Prolétarienne » et les anarchistes du « Libertaire », croire que cette alliance C.N.T.-U.G.T. constitue un véritable front révolutionnaire, et propager un tas d’illusions quant au rôle que va jouer un tel bloc.
Mais nous n’oublions pas si vite. Les Caballero, les Vasquez, Oliver et autres dirigeants syndicalistes ne peuvent conduire les ouvriers qu’à de nouvelles capitulations et à de nouvelles défaites.

Et le POUM?

Le POUM, sur lequel s’est acharnée la répression gouvernementale et stalinienne, a réussi malgré tout à maintenir une certaine activité. Des tracts, des journaux ] irrégulièrement. La vie illégale s’organise.
Mais, politiquement, tout au moins d’après les documents dont nous avons pu prendre connaissance, le POUM n’a tiré aucun enseignement des derniers mois. Ce sont les éléments opportunistes qui l’emportent au sein du parti.
Dans un manifeste aux travailleurs de tous les pays, daté du 28 juillet, le CE. du parti ne se livre à aucune critique de son activité passée, évite de dénoncer les dirigeants de la C.N.T.-F.A.I, défend Caballero contre les staliniens, bref, confirme en l’aggravant la ligne opportuniste suivie jusqu’à ce jour.
Que vont faire les camarades de la gauche du POUM dans cette situation? Il n’y a plus qu’une seule solution, prendre l’offensive contre les opportunistes pour rompre ai plus vite et mener leur propre action en toute indépendance. Malgré les difficultés de l’activité politique clandestine, il leur faut obliger les membres du POUM à discuter,à après avoir mis à nu les divergences, briser avec les droitiers.
Evidemment, préparer et consommer une rupture à la veille du procès des dirigeants du POUM est peut-être difficile. Mais nous pensons que la lutte pour la libération des emprisonnés, la dénonciation du scandaleux procès d’espionnage, l’organisation de la solidarité, peuvent être continuées et nullement affaiblies, même si les camarades de la gauche critiquent publiquement la politique suivie par la direction du POUM.

Perspectives

L’évolution contre-révolutionnaire sous l’égide du gouvernement Negrin va continuer. Des réactionnaires comme Miguel Maura et Portela Valladares rentrent en Espagne à l’occasion de la réunion des Cortes, ce qui annonce un élargissement du gouvernement vers la droite, mais n’exclut cependant pas l’éventualité d’un compromis avec l’opposition C.N.T.-Caballero.
En ce qui concerne la guerre, tout dépend évidemment de l’issue des discussions entre les impérialismes. Or, pour l’instant, il est bien difficile de déterminer ce qui sortira des marchandages auxquels se livrent l’Italie, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’U.R.S.S.
Dans cette situation, que font les éléments révolutionnaires ? Nous donnons dans ce numéro quelques documents que la gauche du POUM avait publiés avant les arrestations massives de militants du parti. Mais, comme nous le disons plus haut, depuis juillet, nous n’avons connaissance d’aucune manifestation de cette gauche et ignorons presque tout de son activité et de ses positions politiques.
Par contre, les Amis de Durruti ont continué de faire paraître, malgré la censure, leur organe « El Amigo del Pueblo ». Les deux numéros du 20 juillet et du 12 août que nous wons pu lire démontrent que les Amis de Durruti ont tiré les enseignements des journées de juillet 1936 et mai 1937, et de toute la politique suivie par la C.N.T.-F.A.I.
Il est regrettable que les camarades de « L’Espagne Nouvelle » n’aient pas encore reproduit les articles de fond publiés dans El Amigo del Rueblo. Contrairement aux anarchistes français qui, en face de la trahison des dirigeants de la C.N.T., ne savent qu’aller à reculons et défendre la pureté des principes anarchistes, les Amis de Durruti, eux, déclarent courageusement que le mouvement libertaire espagnol a manqué d’une théorie révolutionnaire. Et, ce qui est un formidable pas en avant, ils développent leur position au sujet de la nécessité d’une junte révolutionnaire au pouvoir, junte formée par es représentants des travailleurs armés qui ont pris part à l’insurrection contre le pouvoir bourgeois. Les Amis de Durruti ajoutent que la mission de la junte révolutionnaire est d’exercer le pouvoir politique jusqu’à ce que le nouvel ordre de choses soit consolidé, de défendre sans défaillance ni compassion la révolution contre les secteurs adversaires. Bref, c’est la dictature du prolétariat telle que nous la comprenons. Que les Amis de Durruti considèrent la conception de sa nécessité comme l’enseignement d’une série d’échecs et de désastres subis par le prolétariat, voilà qui devrait faire réfléchir les camarades anarchistes des autres pays et les inciter à réviser leurs positions doctrinales.
Engagés dans cette voie, les Amis de Durruti pourraient en s’alliant à la gauche du POUM et en discutant à fond tous les problèmes de la révolution, constituer très rapidement l’avant-garde révolutionnaire qui a manqué au prolétariat espagnol, mais dont manifestement les éléments existent maintenant, forgés au cours des luttes de la dernière année. L’avenir du mouvement révolutionnaire espagnol dépend pour beaucoup de ce que feront tous ces camarades sélectionnés au travers des phases décisives de la situation issue des journées de juillet 1936.
Quant aux révolutionnaires des autres pays, ils ont le devoir de faciliter la tâche de leurs camarades d’Espagne en travaillant avec plus d’acharnement que jamais à la clarification politique indispensable à tous pour la formation des partis de demain.
Quoique la situation du mouvement ouvrier en Espagne soit maintenant au diapason de celle du mouvement ouvrier international, quoique dans tous les pays le prolétariat soit
entraîné vers la guerre, si les révolutionnaires parviennent à préparer les armes politiques des luttes à venir, le sacrifice des millions de victimes de la contre-révolution et de la guerre n’aura pas été vain.

Andrés Nin, victime des staliniens

Il n’est plus possible d’espérer. Andrés Nin, arrêté par des policiers staliniens le 17 juin et emmené dans une prison particulière du parti communiste, a été lâchement assassiné.
Le gouvernement, complice des staliniens, s’est efforcé d’accréditer la version de sa « disparition », après avoir essayé de faire croire à sa « fuite ». Mais, comme l’indique la délégation internationale envoyée en Espagne par le Comité de défense des révolutionnaires antifascistes, en conclusion de son enquête, « aucun élément concret ne permet d’affirmer que Nin soit encore vivant ».
Les staliniens l’ont abattu comme ils ont assassiné de nombreux militants révolutionnaires au cours et après les journées de mai. Il faut malheureusement se rendre à l’évidence.
Andrés Nin passa du parti socialiste à la C.N.T., pendant la guerre. Jeune, mais très actif et capable, la C.N.T. le délègue en 1921, auprès de l’Internationale communiste.! devait par la suite se rallier au communisme. Fonctionnaire de l’Internationale syndicale rouge, Andrés Nin se consacra avec le plus ardent dévouement à sa tâche. En 1927, il fut un des rares militants responsables qui eurent le courage de se ranger du côté de l’opposition.
La révolution de 1931 en Espagne survient. Nin somme le Comité central du parti stalinien de le laisser partir de Russie. Il en est expulsé et il accourt dans son pays remplit son devoir de militant révolutionnaire.
Pendant plusieurs années, il est en Espagne le leader des groupes trotskystes. Mais ses divergences avec Trotsky aboutissent à une rupture de fait qui devient définitive lorsque Trotsky préconise l’entrée dans le parti socialiste. En 1935, Nin entraîne son groupe à fusionner avec l’organisation dirigée par Maurin, et devient un des leaders du nouveau parti, le POUM.
Juillet 1936, Maurin est prisonnier des fascistes. Nin se trouve de ce fait le militant le plus responsable du POUM.
Nous avons, maintes fois, depuis juillet, analysé l’activité du POUM, critiqué ses fautes et dénoncé ses erreurs opportunistes. Mais, quelles que soient les graves erreurs qu’il fut amené à commettre, Andrés Nin fut un révolutionnaire courageux. Et notre organisation tient à saluer cette nouvelle victime des staliniens.
Son assassinât doit constituer une leçon. Ceux qui l’ont lâchement supprimé soit, comme nous l’avons depuis longtemps affirmé, à l’avant-garde de la contre-révolution internationale. Si Nin, malgré son expérience de Russie, avait sous-estimé le danger que représentaient les staliniens en Espagne et internationalement, les révolutionnaires ne peuvent plus maintenant commettre cette faute.
Andrés Nin aura ainsi, par sa mort même, une dernière fois servi la cause à laquelle il avait voué toute sa vie.

L’Union Communiste
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