1941-12 Socialisme et liberté

« SOCIALISME ET LIBERTÉ » (Bulletin du C.A.S.) n° 1 (Décembre 1941)

Ce que nous sommes?… Des Socialistes. Des Socialistes de longue date, liés à la classe qui porte en elle l’avenir meilleur : la classe « la plus nombreuse et la plus pauvre » pour parler comme Saint-Simon, la classe des travailleurs des villes et des campagnes.
Notre passé, pourtant, n’importe pas plus que nos noms. Nous demandons qu’on nous juge avant tout sur nos actes.
Sous la loi de fer de l’occupant, toute activité publique est interdite à qui entend ne servir à aucun prix l’occupant. C’est notre cas à nous qui vous parlons, et cela signifie clairement que le socialisme dans lequel nous persévérons, n’est à aucun degré un ce socialisme national ».
Le socialisme dit National est actuellement la forme la plus menaçante, la plus mensongère et la plus cynique de l’anti-socialisme et de la contre-révolution. Entre lui et nous, un abîme.
Mais si l’action publique est, pour le moment, impossible, l’action privée, d’homme à homme, nous reste ouverte. Nous demandons à chacun d’en user au mieux des intérêts de notre cause.
L’action privée peut prendre des formes multiples.
Elle consiste d’abord, en attendant la reconstitution d’un grand parti de classe, à regrouper de proche en proche les camarades fidèles, à ne pas laisser s’ébranler, s’effriter la foi dans les destins du socialisme, à éclaircir pour eux les causes et le sens de la catastrophe de juin 1940 — catastrophe voulue et préparée par les hommes du 6 février qui, battus par nous en 1934 et de nouveau en 1936, ont froidement délibéré, sous la ce cagoule », de trouver leur revanche dans la capitulation d’abord et dans la trahison ensuite.
La 5 e colonne n’était pas un mythe. C’était, la preuve en sera faite tôt ou tard, une monstrueuse réalité.
Ce qu’il faut demander avant tout aux camarades, c’est de se tenir prêts pour l’action publique ouverte, dès que celle-ci, dans la France libérée et rendue à elle-même, sera devenue possible.
Ce que nous ferons alors ?… Il ne suffira pas de nettoyer le sol de la Patrie des espions, des traîtres, des collaborationnistes et autres agents de l’étranger. Il faudra encore, il faudra surtout élaborer un programme dont le détail variera naturellement en fonction des circonstances, mais qui tient en un mot : Démocratie sociale ou mieux encore Démocratie socialiste.
Si la démocratie bourgeoise et capitaliste est morte, et bien morte, ce n’est pas pour laisser la place, bien sûr, au socialisme national, c’est pour qu’une démocratie, sans classes et sans propriété de classes, puisse librement s’épanouir dans la paix mondiale définitivement assurée.
Ce modeste bulletin se propose de coopérer à cette œuvre de patience et de foi. Il veut préparer dans la conscience la résurrection inévitable parce que nécessaire du socialisme et de la Liberté.
Prêtez l’oreille, Camarades ! Bientôt vous entendrez retentir le chant du coq gaulois annonçant, avec la fin des servitudes capitalistes et des guerres d’enfer, l’avènement de la République universelle.

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