1944-12 L’expéri­ence Berliet [CR]

(Archives de George Scheuer, docu­ment 454, Institut d’his­toire sociale, Amsterdam. Saisi par Yves pour première publication dans Ni patrie ni frontières)

Par un arrêt en date du 5 sep­tem­bre 1944 du Commissaire de la République de la Région Rhône-Alpes, la firme auto­mo­bile Berliet a été mise « en admi­nis­tra­tion séqu­estre ». Monsieur Berliet et ses fils ont été arrêtés et transférés au Fort Montluc, ancienne prison de la Gestapo. En atten­dant, il se trouve à l’hôpital de l’Antiquaille. Le gou­ver­ne­ment a désigné Monsieur Mosnier comme admi­nis­tra­teur, qui de son côté a désigné un « conseil consul­ta­tif » de trois mem­bres, M. Boutiller, ingénieur des Mines, secrét­aire du Préfet du Rhône, représ­entant les pou­voir publics et les usa­gers, c’est-à-dire la bour­geoi­sie et son État ; M. Pardin, ingénieur, secrét­aire du syn­di­cat des tech­ni­ciens, nommé direc­teur tech­ni­que ; M. Besson, secrét­aire du syn­di­cat des ouvriers mét­all­urg­istes ; M. Guérin, secrét­aire du syn­di­cat éga­lement ; et enfin M. Bidault, en rem­pla­ce­ment de M. Guérin.

Les usines Berliet res­tent donc pro­priété privée de la société par actions Berliet ; Berliet lui-même, un des co-action­nai­res, n’est même pas expro­prié. Les autres action­nai­res de la société ano­nyme conti­nuent à empo­cher les béné­fices et les divi­den­des. Au contraire, l’effort accru des ouvriers, trompés par la nou­velle façade démoc­ra­tique et réf­orm­iste, aug­men­tera encore ces béné­fices.

L’usine Berliet reste pro­priété capi­ta­liste

Tous les ouvriers de chez Berliet le sen­tent plus ou moins, mais la nou­velle direc­tion essaie de les trom­per à ce sujet. Pourtant, tant que les ouvriers n’auront pas élu leurs pro­pres comités ouvriers dans toutes les usines du pays, tant que ces comités ne s’empa­re­ront pas de la direc­tion des moyens de pro­duc­tion et de toutes les affai­res poli­ti­ques et éco­no­miques, l’ouvrier res­tera exploité par la classe capi­ta­liste, par l’Etat capi­ta­liste qui se prés­ente sous la cou­ver­ture de la « nation », de l’ « intérêt général », de la « col­lec­ti­vité ».

Même si M. Berliet et ses fils étaient expro­priés par l’Etat actuel, ce ne serait qu’une expro­pria­tion au profit des autres capi­ta­lis­tes et non pas au profit du prolé­tariat. Les natio­na­li­sa­tions capi­ta­lis­tes ne chan­gent rien à la condi­tion prolé­tari­enne. Des amél­io­rations réf­orm­istes ou démoc­ra­tiques sont pos­si­bles, des aug­men­ta­tions de salai­res peu­vent avoir lieu, mais l’ouvrier reste un exploité et sou­vent, par l’illu­sion d’être libéré du joug capi­ta­liste, l’exploi­ta­tion aug­mente encore.

Toute natio­na­li­sa­tion n’est pas socia­liste. Ainsi Engels condamne les éta­ti­sations de Bismarck, ainsi les marxis­tes d’aujourd’hui dén­oncent le caractère réacti­onn­aire des natio­na­li­sa­tions opérées par Hitler, par De Gaulle, par Roosevelt, par les gou­ver­ne­ments capi­ta­lis­tes du Mexique et de Turquie, etc. Même les natio­na­li­sa­tions révo­luti­onn­aires opérées par la dic­ta­ture du prolé­tariat en octo­bre 1917 en Russie ont perdu leur valeur révo­luti­onn­aire depuis l’avè­nement d’une nou­velle classe exploi­teuse en Russie, depuis la des­truc­tion des soviets qui étaient les seuls orga­nes capa­bles d’assu­rer la domi­na­tion éco­no­mique et poli­ti­que du prolé­tariat.

Depuis la contre-révo­lution sta­li­nienne en Russie, les capi­ta­lis­tes de tous les pays voient de plus en plus qu’ils pour­ront pro­lon­ger la durée de leur domi­na­tion en « éta­tisant » cer­tai­nes entre­pri­ses impor­tan­tes et en racontant au prolé­tariat que ce serait un pas en avant vers le socia­lisme. Les éta­ti­sations en régime capi­ta­liste, loin de libérer le prolé­tariat, ren­for­cent au contraire son escla­vage et la puis­sance concen­trée de ses exploi­teurs.

Les amél­io­rations

apportées aux condi­tions de tra­vail

Les ouvriers ont le droit de fumer dans les salles de tra­vail où il ne se trouve pas de matières inflam­ma­bles. Berliet, patron de combat, auto­ri­taire et des­po­ti­que, ne tolérait pas que les ouvriers fument pour « ne pas perdre de temps ». La nou­velle direc­tion trouve d’autres moyens et, comme on peut le cons­ta­ter, des moyens plus effi­ca­ces pour « gagner du temps » et pour pous­ser à l’extrême l’effort des ouvriers. La can­tine est bonne. Les gardes-chiourme ne sont plus der­rière chaque ouvrier. C’est moins néc­ess­aire, parce qu’une partie des ouvriers est encore assez « enthou­siaste », c’est-à-dire assez illu­sionnée pour donner un maxi­mum de force de tra­vail.Les salai­res ont été aug­mentés, 4 francs 40 par heure en moyenne. Cela ne fait même pas 40%, et pour­tant la vie monte.

Les aggra­va­tions des condi­tions de tra­vail

A la suite des bom­bar­de­ments, les ouvriers sont obligés de tra­vailler dans l’eau jusqu’aux che­villes et dans les cou­rants d’air. Tout est cassé, des murs, des vitres. Pour réparer cet état de choses, on demande des « volon­tai­res » qui font des heures sup­plém­ent­aires sur­tout le samedi. Ces heures sont payées sans majo­ra­tion. Le tra­vail au temps chro­nométré conti­nue.

Rien ne pour­rait mieux dém­ontrer l’exploi­ta­tion que le fait sui­vant : la pro­duc­tion de voi­tu­res aug­mente sans cesse, mais les ouvriers man­quent de moyens de transport pour aller à l’usine. L’ouvrier a le choix d’être bous­culé dans le car ou de rester sur le pavé.

L’escro­que­rie réf­orm­iste

L’expéri­ence Berliet est nou­velle pour la France, mais elle ne l’est pas pour le mou­ve­ment ouvrier inter­na­tio­nal. Il suffit de rap­pe­ler l’exem­ple des « socia­li­sa­tions » en Allemagne et en Autriche en 1918. A ces occa­sions, la bour­geoi­sie fai­sait des conces­sions encore plus impor­tan­tes que celles que nous voyons dans le cas Berliet. Certains Berliet alle­mands ont réel­lement été expro­priés par l’Etat « démoc­ra­tique » de Weimar et les ouvriers avaient un contrôle encore beau­coup plus impor­tant que ceux de chez Berliet. En Espagne « répub­lic­aine », la bour­geoi­sie confiait même aux bonzes syn­di­caux la ges­tion de cer­tai­nes usines et la démoc­ratie était encore bien plus large que celle que nous voyons chez Berliet où la direc­tion n’est pas élue mais désignée par le représ­entant du général de Gaulle, c’est-à-dire par le représ­entant de la bour­geoi­sie. Pourtant, même dans les exem­ples précités, la classe ouvrière res­tait tou­jours classe exploitée et la bour­geoi­sie ne lâchait jamais le gou­ver­nail.

Cela n’empêche pas la nou­velle direc­tion de chez Berliet, com­posée de différents valets cons­cients ou incons­cients du régime capi­ta­liste, de faire une pro­pa­gande déma­go­gique. Le reflet fidèle de cette pro­pa­gande est le jour­nal de l’usine Contact dont deux numéros sont déjà parus, 19 octo­bre et 9 novem­bre 1944.

Travailler pour la guerre impér­ial­iste

Contact avoue dès le pre­mier numéro qu’il paraît pour être « le trait d’union entre les différ­entes caté­gories socia­les » de l’usine ; les marxis­tes savent que « les différ­entes caté­gories socia­les » sont les CLASSES. Les déma­gogues ont peur de cette ques­tion. Le même édi­torial prévoit « les malen­ten­dus et fina­le­ment la dis­corde ». « Au ser­vice de la nation franç­aise », c’est l’arti­cle de M. Mosnier qui déc­lare ouver­te­ment que la pro­duc­tion a été freinée par les mét­hodes mal­sai­nes de M. Berliet et qu’avec les nou­vel­les mét­hodes de ges­tion il s’agit de tra­vailler « pour la pour­suite vic­to­rieuse de la guerre et pour rele­ver la France de ses ruines » ; pour arri­ver à ce sur­tra­vail dans l’intérêt de la « nation franç­aise » (lire bour­geoi­sie !) « il était néc­ess­aire d’éli­miner un patron de divi­sion dont la prés­ence seule aurait inter­dit aux tra­vailleurs de cette entre­prise d’appor­ter une col­la­bo­ra­tion décidée, totale, dans le haut souci de l’intérêt général de la Nation ».

« Nous fabri­quons pour satis­faire les besoins urgents du pays, nous met­trons à sa dis­po­si­tion tous nos moyens de pro­duc­tion, toute notre énergie, toute notre force de tra­vail ». « Dans ces établ­is­sements mis aujourd’hui au ser­vice de la col­lec­ti­vité, le com­por­te­ment d’un tra­vailleur doit être marqué cons­tam­ment du souci de l’intérêt col­lec­tif. » Ce lan­gage est assez clair. M. Berliet, le patron de combat et le col­la­bo­ra­teur, aurait, par sa seule prés­ence, sus­cité des rés­ist­ances de la part des ouvriers. Il devait dis­pa­raître dans « l’intérêt général » de l’impér­ial­isme français qui se trouve plus que jamais en guerre et qui a besoin d’un effort maxi­mum de la classe ouvrière. Maintenant que Berliet est rem­placé par une com­mis­sion de bureau­cra­tes et de tech­ni­ciens désignés par le Commissaire du gou­ver­ne­ment, les ouvriers n’ont plus droit à la grève, ni même à la Résistance pas­sive, sinon ils seront traités comme des mem­bres de la Cinquième colonne, comme des contre-révo­luti­onn­aires et comme des sabo­teurs de la pro­priété « col­lec­tive ». Comme on voit, la bour­geoi­sie franç­aise a appris quel­que chose de l’expéri­ence russe.

Le sta­kha­no­visme est évid­emment à l’ordre du jour. Nous savons que le sta­kha­no­visme russe, ins­tauré depuis 1936, n’est autre chose que le « système de la sueur » amé­ricain (Taylor) accen­tué et poussé jusqu’à l’extrême. Ce système a été aboli et condamné par la révo­lution d’octo­bre 1917. La bureau­cra­tie sta­li­nienne, pour divi­ser la classe ouvrière, l’a repris. Et le numéro 2 de Contact appelle les « Milices patrio­ti­ques », les « Brigades de choc », les sta­kha­no­vis­tes de la pro­duc­tion pour le relè­vement et la renais­sance de la France. La direc­tion se pro­pose de sus­ci­ter « les ini­tia­ti­ves, l’ardeur au tra­vail…. L’enthou­siasme au relè­vement des ruines de notre pays ». Relèvement des ruines du capi­ta­lisme français, au lieu d’exploi­ter sa situa­tion dif­fi­cile pour l’abat­tre une fois pour toutes ! Et sur­tout, les ouvriers de chez Berliet tra­vaillent actuel­le­ment non pas encore pour « le relè­vement des ruines » mais pour en faire d’autres, car la plu­part de la pro­duc­tion ne sert qu’à la guerre impér­ial­iste qui conti­nue en France et au-delà des fron­tières.

Les ouvriers com­men­cent à com­pren­dre

Le deuxième numéro de Contact reflète déjà le méc­ont­en­tement gran­dis­sant des ouvriers. Certes, en pre­mière page, nous lisons le com­mu­ni­qué de la « bataille de novem­bre » : « Nous avons pris l’enga­ge­ment d’hon­neur ( !), après avoir pro­duit en octo­bre 40% de plus qu’avant la Libération, de dou­bler la pro­duc­tion en novem­bre et de dép­asser de 20% la pro­duc­tion men­suelle moyenne de 1943, malgré les dif­fi­cultés et les ate­liers mutilés. » Certes nous trou­vons aussi en pre­mière page l’arti­cle déma­go­gique de Bardin qui com­mence par ces mots : « Enfin nous voilà déb­arrassés des oppres­seurs. La Maison Berliet devient la Maison de la Liberté. »

Après cer­tains aveux concer­nant « les traces du régime infect », Bardin exalte le sur­tra­vail que « ni le froid, ni la pluie ne déc­ou­rage ». Ce n’est pas le lan­gage camou­flé d’un marxiste, qui choi­sit ses termes pour passer la cen­sure, tout en expri­mant tou­jours sa pensée marxiste, mais c’est le lan­gage de l’ancien trots­kyste qui n’a jamais cessé de considérer la Russie contre-révo­luti­onn­aire comme un « Etat ouvrier dégénéré ». Pour ces gens-là, ce ne sont pas les ouvriers qui diri­ge­ront les usines pour cons­truire le socia­lisme, mais ce seront tou­jours des cli­ques de bureau­cra­tes et de tech­ni­ciens qui rem­pla­ce­ront l’ancienne bour­geoi­sie pour main­te­nir dans le sala­riat et dans l’exploi­ta­tion capi­ta­liste le prolét­aire… tout en par­lant de « liberté »…

Pourtant même d’après Contact, les ouvriers de chez Berliet sont méc­ontents.

1) « nom­breux sont les cama­ra­des qui cri­ti­quent les salai­res appli­qués ».

2) Ils considèrent l’usine Berliet tou­jours comme la « boîte Berliet ».

3) Ils sont méc­ontents du manque de moyens de trans­port.

4) Ils se pré­parent, d’une façon « géné­ralisée », « avant l’heure de sortie ».

Dans ces quatre cas, l’organe du « per­son­nel » prend posi­tion contre le per­son­nel.

Promesses et mena­ces

Et rien ne peut mieux dém­asquer son caractère de classe. Dans la ques­tion des salai­res, Besson et Bidault font de vaines pro­mes­ses, tout en avouant « les salai­res anor­ma­le­ment bas », inférieurs même aux autres salai­res de la place de Lyon. « Nous disons donc que les cri­ti­ques sont pré­maturées et qu’il ne tient qu’à nous, ouvriers et tech­ni­ciens, d’amél­iorer notre situa­tion en tenant nos enga­ge­ments et en pre­nant nos res­pon­sa­bi­lités ».

Vous voulez des salai­res plus élevés ? Travaillez davan­tage !

En ce qui concerne la « boîte Berliet » : « Cette appel­la­tion doit dis­pa­raître ». Comme si le chan­ge­ment d’appel­la­tion chan­ge­rait quel­que chose au fait. Tout en sou­li­gnant en pre­mière page la sur­pro­duc­tion de voi­tu­res, on déc­lare en der­nière page (Le Reniflard) : « Nous n’avons pas assez de cars, c’est entendu, mais… »

Et pour arri­ver au qua­trième point de méc­ont­en­tement « la sec­tion syn­di­cale » fait appel : « Calculez un peu ce que cette perte de temps mul­ti­pliée par le nombre d’ouvriers représ­ente en perte dans la pro­duc­tion totale » et exige que ces « habi­tu­des inac­cep­ta­bles doi­vent dis­pa­raître ». Aux vagues pro­mes­ses se joi­gnent des mena­ces non camou­flées.

Les ouvriers qui osent cri­ti­quer séri­eu­sement ou même rés­ister à l’exploi­ta­tion sont assi­milés à la « Cinquième Colonne ». Il faut sou­li­gner que la majo­rité des ouvriers ne s’engage pas comme « volon­tai­res » pour les heures sup­plém­ent­aires.

Les Milices patrio­ti­ques « doi­vent veiller à ce que les sabo­teurs ne vien­nent pas jeter la per­tur­ba­tion et faire échouer une expéri­ence qui dém­ont­rera leur libé­ration défi­ni­tive. Elles feront la chasse aux semeurs de dis­corde, de désunion, aux fabri­cants de faux bruits mal­veillants, aux frei­neurs et aux sabo­teurs. Elles seront les bri­ga­des de choc, les sta­kha­no­vis­tes… »

La lutte de classe doit conti­nuer

Les Communistes Révolutionnaires doi­vent dén­oncer la manœuvre réf­orm­iste et soi-disant démoc­ra­tique qui est faite dans l’intérêt du capi­ta­lisme. Ils doi­vent dém­asquer le vrai caractère de classe de l’expéri­ence Berliet, de Renault, et de toutes les autres entre­pri­ses mises sous séqu­estre d’Etat ou natio­na­lisées au profit de l’Etat capi­ta­liste. Seules les natio­na­li­sa­tions au profit d’un État prolé­tarien, opérées par les comités des ouvriers d’un pays tout entier, sont pro­gres­si­ves.

Les ouvriers ont prouvé plus d’une fois qu’ils sont capa­bles de faire fonc­tion­ner les usines eux-mêmes, sans patron, groupés en comités qui pren­nent en main toutes les entre­pri­ses. Ils l’ont prouvé en Russie de 1917-1923, en 1918/19 en Allemagne, Autriche, Italie, Hongrie, plus tard en Espagne, au Mexique, etc.

En tout cas ce ne sont pas les expéri­ences Berliet ou Renault qui peu­vent nous appor­ter de nou­vel­les preu­ves.

Dans le cas par­ti­cu­lier de Berliet, il faut sou­li­gner que l’entre­prise n’a même pas été natio­na­lisée ni expro­priée. Berliet et les autres action­nai­res, ano­ny­mes d’ailleurs, res­tent pro­priét­aires et conti­nuent à empo­cher les divi­den­des et les béné­fices. Il est pos­si­ble que ces béné­fices soient dans une cer­taine mesure réduits mais alors ce n’est pas au profit du prolé­tariat mais au profit de l’Etat français qui s’appelle men­songè­rement « nation » ou « intérêt général » et qui fait, avec la sueur et le sang des ouvriers, la guerre impér­ial­iste aux côtés des impér­ial­ismes anglais, amé­ricain et russe, aujourd’hui contre l’Allemagne, demain contre le Japon et pour reconquérir les colo­nies ou pour écraser la révo­lution prolé­tari­enne dans tel ou tel pays.

En expli­quant aux ouvriers le sens capi­ta­liste du chan­ge­ment de direc­tion chez Berliet ou dans d’autres entre­pri­ses, les Communistes Révolutionnaires doi­vent appe­ler les ouvriers à la conti­nua­tion de la lutte des clas­ses pour la réa­li­sation de toutes les reven­di­ca­tions imméd­iates, pour l’aug­men­ta­tion imméd­iate des salai­res cor­res­pon­dant à la sur­pro­duc­tion des ouvriers et sur­tout au coût de la vie qui monte rapi­de­ment, pour l’éch­elle mobile des salai­res, pour l’amél­io­ration des condi­tions de tra­vail. Cette lutte doit être menée non pas par des pétitions ou des dis­cus­sions avec la nou­velle direc­tion mais par les moyens clas­si­ques de la lutte ouvrière : par la grève depuis la grève perlée jusqu’à la grève géné­rale.

A tra­vers cette lutte de classe les ouvriers doi­vent former leurs comités d’usine, des comités élus par les ouvriers, entiè­rement indép­endants de la bour­geoi­sie et de son Etat, à l’opposé des prét­endus « comités mixtes » ou autres dirigés par le patro­nat ou l’Etat bour­geois. Les comités d’usine doi­vent fina­le­ment pren­dre la direc­tion de l’usine. C’est la seule voie pour arri­ver à l’expro­pria­tion réelle des exploi­teurs.

Décembre 1944.

Lisez et dif­fu­sez la presse prolé­tari­enne clan­des­tine

Pouvoir ouvrier, organe cen­tral des Communistes Révolutionnaires

Marxisme, organe théo­rique des CR

Le Prolétaire, organe des CR de Toulouse

Fraternisation prolé­tari­enne, organe des CR du Sud Est

Voir aussi:

 

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Une Réponse to “1944-12 L’expéri­ence Berliet [CR]”

  1. Révolution et contre-révolution en Russie (OCR, 1946) « La Bataille socialiste Says:

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