1945-04 12 années plus tard [RKD-CR]

Paru dans Communisme (organise théorique de l’O.C.R.) N°2

Il y a 13 années un des meeting monstres du Parti Communiste Allemand se tenait à Berlin. C’était à Wedding, quartier prolétarien, centre rouge. Le PCA disposait alors de la majorité des voix dans Berlin. Les nazis formaient toujours une minorité. De nombreuses troupes armées étaient rattachées au PC. Des bagarres entre communistes et nazis se produisaient chaque jour et chaque nuit. Il y avait fréquemment des morts et des blessés. Une brigade importante de police d’Etat (Schupo) « protégeait » par conséquent le meeting, c’est-à-dire menaçait de le dissoudre en cas d’infraction contre un des nombreux décrets-lois de M. Bruning, chancelier du Reich, actuellement réfugié aux USA. L’orateur, membre du CC du PCA, exhortait la foule et terminait son discours par le serment de résister par tous les moyens à la vague fasciste ». « Si jamais, s’écriait-il, Hitler prenait le pouvoir, l’armée rouge se mettrait en mouvement pour traverser la Pologne et pour donner son assistance au prolétariat allemand, la solidarité du prolétariat international est invincible ! ». Les prolétaires de Berlin-la-rouge criaient leur enthousiasme et malgré les coups de la police entonnaient l' »Internationale » et répétaient toujours à nouveau le poing levé, le cri de guerre civile du communisme allemand ; « Rot-Front ! Rot-Front ! ».
Une année plus tard, le Maréchal Von Hindenburg, président du Reich, confiait à Adolf Hitler la formation d’un gouvernement de coalition composé de membres des trois partis suivants : nazis, centre catholique et nationalistes allemands (Parti Deutschnational). C’était le 30 janvier 1933. pendant 27 jours le PCA (et les autres organisations ouvrières) conservait presque toutes les possibilités d’action. Le nouveau gouvernement présidé par Hitler n’osait pas prendre de mesures précipitées pour ne pas provoquer la classe ouvrière prématurément. Pourtant Staline avait donné l’ordre secret au bureau politique du PCA de ne pas agir. La trahison la plus grande depuis 1914 commençait. Le 27 février 1933, le Maréchal Goëring faisait incendier le Reichstag et donner en même temps le signal pour le pogrom monstre contre le prolétariat révolutionnaire allemand. Les SS et les SA opéraient des arrestations de masses dans toutes les villes et sans tous les quartiers, selon un plan prévu et d’après des listes noires établies pendant des années. L’Allemagne se couvrait de camps de concentration. La terreur brune triomphait.
C’est dans ces jours et nuits sanglants de février, de mars et des mois suivants de l’année 1933 que nous avons juré de venger un jour ce crime. Nous savions que venger nos frères et soeurs torturés et égorgés ne pouvait signifier que combattre non seulement la dictature hitlérienne, mais en même temps la force qui l’a engendrée et favorisée : le capitalisme allemand et mondial et son sinistre gendarme, le stalinisme.
Depuis 1933 Staline est resté fidèle à sa politique de trahison. Par peur de la révolution allemande il a corrompu et paralysé le PCA, rendu possible la victoire nazie qu’il considérait comme le moindre mal comparé à une guerre civile en Allemagne. L’alliance de Staline avec le capital mondial ne date pas depuis Téhéran ni depuis les accords Ribbentrop-Molotov. Pour empêcher la révolution communiste en Allemagne, pour sauver le capital pourri dans le monde entier, il fallait Hitler. Hitler était le seul moyen susceptible d’arrêter la vague rouge qui montait dans tous les centres industriels de l’Allemagne. C’est pour cela que les banquiers de Wallstreet et de la City ont financé et favorisé le Führer et c’est pour cela que le vieux traître du Kremlin a tout fait pour faciliter l’action fasciste contre le prolétariat allemand : Ils ont tous compris que la révolution prolétarienne victorieuse en Allemagne signifiait le commencement de la révolution prolétarienne mondiale. Depuis 1933/34 Staline n’a pas cessé ses négociations secrètes avec le bourreau du prolétariat allemand. Nous ne parlons pas seulement de toute la série d’accords économiques qui ont été signés depuis 1934 et qui ont consolidé la dictature hitlérienne et ses préparatifs de guerre. Nous parlons surtout des négociations politiques et militaires. Krivitski, homme de liaison de Staline, chef du contre-espionnage russe en Europe, après avoir déserté en Amérique et avant d’être assassiné par le GPU, nous a révélé que les tractations secrètes entre Staline et Hitler n’ont jamais cessé depuis la nuit de la Saint Barthelémy que Hitler avait ordonné contre sa propre opposition le 30 juin 1934.
Enfin après toute cette série de marchandages, Staline arrivait en 1939 à son pacte triomphal avec Hitler-Ribbentrop. Ce pacte ne pouvait pourtant pas empêcher la guerre, au contraire, il la préparait définitivement. Depuis 1941 c’est une des plus sanglantes guerres impérialistes entre les deux puissances. Au début Staline empêchait toute fraternisation en fusillant ou en mutilant les déserteurs allemands, en grande partie des ouvriers communistes et socialistes illusionnés, qui venaient dans les lignes russes. Quand ses massacres, les oreilles coupées, les yeux crevés ne pouvaient plus empêcher la désertion en masse des prolétaires allemands, Staline les envoyait au fond de la Sibérie où, avec les esclaves déportés de tous les pays ils gémiront jusqu’à la Quatrième Révolution Russe.
Aujourd’hui, 12 années plus tard, les armées victorieuses de l’impérialisme russe, richement ravitaillées par le capitalisme mondial, avancent à travers la Pologne, la Hongrie, la Prusse vers Berlin et Vienne, grands centres prolétariens. Partout où elles passent, les ruines s’accumulent, les massacres se déchaînent, des armées entières de déportés partent vers la Sibérie, … « Ce sont leurs villes qui flambent, je suis heureux d’avoir assez vécu pour voir cela » écrit le poète vendu au Kremlin Ilya Ehrenburg (27 janvier 1945) et il exhorte comme d’habitude au massacre des femmes et des enfants. Le pogromiste antisémite Julius Streicher, exécré par la plupart de ses complices nazis pourrait prendre des leçons chez son collègue Ehrenburg. La « Gazette de Lausanne »du 24 janvier 1945 constate « l’absence totale de réaction favorable à l’endroit des Soviets, de la part du monde ouvrier allemand ».

En effet, le prolétariat allemand a compris depuis 1933. douze années d’oppression fasciste, dont six années de massacres inouïs et tout cela avec la complicité incontestable des « démocraties » capitalistes et du stalinisme russe, n’ont pas été pour rien. Le prolétariat allemand veut la révolution communiste, totale, entière, jusqu’au bout. Après tant de sacrifices inutile au profit du capitalisme, il ne craint plus aucun sacrifice pour atteindre ce but qu’il aurait pu réaliser déjà en 1918, en 1919 et après s’il n’avait pas écouté les appels des partis traîtres, …. Mais le prolétariat communiste d’Allemagne a aussi compris que toutes les puissances impérialistes du monde se sont alliées pour abattre cette révolution imminente. Les expériences de l’Espagne, de l’Italie, de la Grèce et de la Belgique sont là pour le prouver. Le prolétariat communiste d’Allemagne sait que Staline est l’allié félon du capitalisme mondial et que tous les apologistes de cette nouvelle Russie contre-révolutionnaire sont des agents de la bourgeoisie. Le prolétariat révolutionnaire allemand se refuse d’écouter la clique des généraux nobles avec le petit-fils de Von Bismark à sa tête dans le comité de l’Allemagne « libre », il se refuse d’écouter les assassins du prolétariat,les fils et les petit-fils de ses ennemis de classe séculaires, rassemblés dans le Comité fantôme de Moscou et comme il se refuse d’obéir à
cette bande de criminels, il est puni de mort et de déportation par la clique réactionnaire du Kremlin.
Or, chaque prolétaire allemand sait que les gouvernements appuyés ou instaurés par le Kremlin, le Maréchal Mannerheim, criminel fasciste en Finlande, le Général fasciste Voros en Hongrie, le Conseil de sa Majesté en Roumanie, la clique des fascistes cléricaux des monarchistes de Habsbourg en Autriche, le Maréchal Badoglio et ensuite le fils du roi Victor-Emmanuel en Italie, le Général De Gaulle en France et tous les autres bandits de cet ordre ne valent pas mieux que les bandits Hitler et Mussolini. Il est clair que le prolétariat allemand ne se révolte pas pour changer de joug, pour crever en Sibérie ou ailleurs sous les coups de la police capitaliste russe, anglaise, américaine ou internationale.
Quand en Octobre 1917 Lénine offrait au nom de la révolution prolétarienne victorieuse la paix à tous, quand les bolcheviks faisaient appel à la solidarité internationale des prolétaires, les manifestations et les grèves se multipliaient en Allemagne et une année plus tard la révolution spartakiste balayait le régime des Hohenzollern, la révolution prolétarienne ébranlait toute la vieille Europe. Cette première tentative grandiose du prolétariat international hante les classes régnantes et leurs Churchill, Staline, Hitler et Roosevelt. Pourtant Octobre 1917 n’était qu’un prélude. Ils ont pu assassiner Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, la Gestapo a pu massacrer nos camarades dans les camps de concentration,le GPU a pu abattre
les réfugiés communistes allemands en Russie avec le grand révolutionnaire Max Hoelz à leur tête (1935-1937), mais ils n’ont pas pu assassiner le communisme. Le communisme n’est pas mort, il vit et il vivra.
Tous les massacres du monde, tous les crimes des Himmler et Staline, tous les mensonges des Goebbels et Ehrenburg et les pires trahisons ne peuvent arrêter la grande revanche que sera la révolution communiste. L’annonce de l’orateur de Wedding en 1932 se réalisera, un peu plus tard, un peu différente dans la forme, mais d’autant plus efficace. Les fils des martyrs de 1918-1933-1945 saurant venger leur pères tombés pendant des longues années sous les balles des SS et des traîtres social-démocrates et staliniens. Le prolétariat ne meurt pas. Le prolétariat n’oublie pas. Et les Communistes Révolutionnaires sont là pour lui rappeler les grands faits de notre époque, les causes de ses malheurs et la seule issue possible. Les classes régnantes et leurs laquais ont toutes les raisons de trembler. Le XXe siècle restera le siècle de la révolution prolétarienne.

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