1945-06 Chances de réussite et possibilités d’échec de la révolution prolétarienne en Allemagne [RKD]

Paru dans Communisme N°5 (15 juillet 1945) (voir R.K.D.) :

Préface

« Une fois de plus, il est apparu que le cours général de la révolution prolétarienne est identique dans le monde entier. D’abord, constitution spontanée, élémentaire de soviets, puis leur extension et développement. Ensuite apparition dans la pratique de la question : Soviets ou Assemblée Nationale constituante ou bien parlementarisme bourgeois, confusion absolue parmi les chefs, et enfin, révolution prolétarienne« 

(Lénine, discours sur la « démocratie bourgeoise et la dictature prolétarienne. Premier Congrès de la IIIe Internationale)

A l’heure où nous écrivons, l’impérialisme américain, russe et anglais occupent la totalité de l’Allemagne et de l’Italie du Nord. Toutes les forces de l’impérialisme international se sont alliées pour écraser la révolution des prolétaires allemands et italiens.
En Italie du Nord, la première vague révolutionnaire a balayé en 1943 la dictature de Mussolini, et constitue les conseils des ouvriers et des soldats dans les centres industriels du pays (Turin, Milan). Les forces alliées de l’impérialisme allemand, italien, russe, américain et anglais n’ont pas pu empêcher la reprise de la révolution en 1945. la deuxième vague révolutionnaire, continuation et accentuation de la première, déferle actuellement sur le Nord.
Si la première s’est dirigée obligatoirement contre le fascisme,la deuxième s’oppose déjà ouvertement au capitalisme « démocratique ».
En Allemagne, la première vague révolutionnaire, mettant fin à la deuxième guerre impérialiste en Allemagne a déferlé fin 1944 et début 1945 sur le pays tout entier. Dans presque toutes les villes, les ouvriers se sont levés pour abattre le fascisme. Inévitablement ils ont formé leurs conseils et leurs milices armées. La fraternisation avec les travailleurs étrangers et ensuite avec les soldats d’occupation a été un fait général. Les soldats ont déserté par centaines de milliers. Les SS ont été attaquées, chassés et anéantis par les ouvriers en de nombreux endroits. Certaines villes et certains villages sont tombés dans « les mains des esclaves ». Nous rappellerons dans un article spécial tous ces faits dont l’écho est venu jusqu’en France, malgré la conspiration du silence et de la calomnie capitaliste. Nous nous bornons ici à une analyse générale et fondamentale des évènements en cours. Actuellement la première vague révolutionnaire paraît arrêtée et écrasée sous le poids de la répression alliée. Mais cet arrêt n’est certainement pas définitif ni de longue durée. Le cours de la révolution est ouvert et les énergies révolutionnaires sont loin d’être engagées complètement. La révolution ne fait que commencer. La chute du IIIe Reich n’est que le premier acte d’un drame révolutionnaire qui secouera le monde, pendant toute une période historique. Bientôt la deuxième vague révolutionnaire déferlera sur l’Allemagne, plus forte que la première et sa continuation directe.
Vague sur vague, la révolution se frayera son chemin, mais elle n’atteindra son but que sous la direction d’un parti communiste révolutionnaire.

1/ L’éclatement de la révolution.

Nous avons écrit dans la seconde partie de notre plateforme programmatique (« La Bataille ») :
Nous pouvons distinguer cinq phases essentielles :
1/ Des grandes luttes de classes à la veille de la révolution ;
2/ L’éclatement ouvert de la révolution ;
3/ La dualité de pouvoirs et la lutte pour le seul pouvoir des conseils ouvriers
révolutionnaires ;
4/ La prise du pouvoir par les conseils ouvriers révolutionnaires et les milices ouvrières ;
5/ Des guerres civiles et des guerres révolutionnaires pour la défense et l’extension du pouvoir ouvrier.

Première phase : de grandes luttes de classes (des grèves, des ouvriers et aussi des paysans, des mutineries des soldats, des manifestations dans les villes, etc.) quelques temps (années ou mois) avant l’éclatement de la révolution ; ces luttes sont réprimées sans faire disparaître l’agitation et le malaise généralisés qui n’attendent que de nouvelles occasions pour éclater de nouveau encore plus violemment, … Ces luttes bien qu’elles conduisaient d’abord à des défaites ou à des succès partiels seulement étaient nécessaires à l’éclatement du grand combat, parce qu’elles éprouvaient toutes les forces, renforçaient et encourageaient les forces révolutionnaires, minaient et démoralisaient les forces contre-révolutionnaires. Leçon : la révolution n’éclate jamais dans un ciel bleu, des escarmouches préliminaires, des luttes partielles l’annoncent, lui facilitent le chemin et doivent le précéder.

Deuxième phase : l’éclatement ouvert de la révolution est caractérisé par la chute du régime autocrate (monarchie absolue, dictature militaire ou fasciste, etc.) ; de nouvelles formes remplacent l’autocratie : d’une part un régime atténué des classes possédantes (régime libéral, démocratique « socialiste », « Front populaire », etc.) d’autre part les organes directs de la révolution (comités révolutionnaires, conseils, soviets). La coexistence de ces deux nouveaux appareils de pouvoir politique est appelée la dualité de pouvoirs.

Troisième phase : la dualité de pouvoirs, la lutte pour le seul pouvoir des conseils ouvriers révolutionnaires. Une fois éclatée, la révolution avance, la dualité de pouvoirs se développe et s’approfondit. Le gouvernement démocratique modéré et les milices et comités du prolétariat révolutionnaire s’affrontent d’une façon menaçante. Des compromis vains sont essayés et un jour c’est l’un ou l’autre appareil qui est écrasé.

Il est clair que nous nous trouvons actuellement en Italie et en Allemagne à la deuxième phase précitée. La prochaine période décidera du rythme dans lequel le prolétariat pourra avancer, c’est-à-dire généraliser et approfondir la dualité de pouvoirs, se préparer à l’assaut décisif sur la forteresse capitaliste.

2/ Le rôle freineur de l’occupation impérialiste et la perspective après la guerre.

Au sujet d’une occupation russe nous avons prévu dans « La Bataille » :

« En cas de percée russe, il y aura une occupation russe, la révolution européenne ne peut pas se développer aussi rapidement que l’avance d’une armée. L’occupation de l’Italie par l’impérialisme allemand et anglo-américain (juillet-septembre 1943) a démontré ce fait. » (« La Bataille », page 76).

En décembre 1941 nous avons donné la perspective suivante :

« Il est par exemple certain que cette guerre mondiale sera suivie de grands évènements révolutionnaires, il est possible (mais pas certain) qu’ils soient couronnés de succès, il est vraisemblable (mais pas certain) qu’ils commenceront en Europe, il est impossible qu’ils soient victorieux sans avant-garde prolétarienne, il est certain qu’en cas d’échec une troisième guerre impérialiste mondiale serait imminente, … »

Telle est aussi aujourd’hui quatre ans plus tard notre perspective. Déjà les brigands impérialistes préparent la troisième guerre impérialiste mondiale. Les bourgeoisies de Londres, Washington et Moscou s’affrontent. Quand la révolution prolétarienne sera définitivement battue, la troisième guerre impérialiste sera déclenchée. Mais, à l’heure actuelle la guerre civile entre prolétariat n’a pas encore dit son dernier mot.
Le mot « Révolution » a deux significations : le processus Révolution qui s’ouvre avec la l’acte Révolution en tant qu’insurrection, prise du pouvoir. Le cours général de la révolution prolétarienne est ouvert, et la répression contre-révolutionnaire actuelle en Allemagne et en Italie, ne saura pas l’écraser. La décision sur la grande révolution prolétarienne qui a commencé dans le coeur de l’Europe n’est pas encore tombée.

Juin 1945.

Le commencement de la révolution prolétarienne en Allemagne.

La révolution prolétarienne en Allemagne a commencé. Elle a été inaugurée par :
Les grèves massives à Berlin, à Vienne, à Wiener Meudasdt, etc.
Les manifestations violentes dans les différents centres industriels.
Les désertions massives.
Les bagarres sanglantes entre « Volkstrum » et SS.
Les mutineries (à Brême, à Stralsund).
Toutes ces nouvelles qui nous sont parvenues pendant quelques mois jusqu’au mois d’avril 1945 nous ont fait dire : « La révolution prolétarienne commence en Allemagne » (voir l’appel du RK dans le numéro 2 de « L’Internationale »). Les nouvelles qui nous parviennent maintenant nous permettent de dire que la révolution a ouvertement et effectivement commencé en Allemagne. Elle a commencé effectivement et ouvertement par :
1/ La formation de conseils d’ouvriers et de soldats (exemples confirmés : Stuttgart, Leipzig, Halle).
2/ La formation de vastes milices prolétariennes (appelées « bandes de voyous », « bandes de pillards »).
3/ Le recul ou le retrait de la force armée des SS et de la Gestapo (Berlin, Munich, etc.).
4/ La prise locale du pouvoir par le prolétariat (Hanovre, Leipzig, Halle).
Ces quatre phénomènes signifient la formation de la dualité de pouvoir. A côté et contre le pouvoir officiel et public de la bourgeoisie (allemande et alliée) se crée un deuxième pouvoir, celui des conseils d’ouvriers reconnus ou non par la bourgeoisie indigène ou alliée, et des « bandes » armées (milices, armées) de « voyous » (c’est-à-dire de millions de prolétaires allemands et étrangers).
La dualité de pouvoirs, phase inévitable et antérieure à la prise du pouvoir par le prolétariat, existe donc d’ores et déjà en Allemagne. C’est ce qui caractérise le début de toute révolution sociale.
La dualité de pouvoirs entre la bourgeoisie et le prolétariat n’est pas encore généralisée et accentuée. La guerre impérialiste n’est pas encore formellement terminée, la révolution a éclaté sur le territoire où la guerre impérialiste se déroule actuellement. La guerre impérialiste continue encore sur le territoire révolutionnaire. Quelles sont donc les possibilités et les perspectives de cette révolution qui décidera de la révolution prolétarienne mondiale ?
Pour répondre à cette question, il faut connaître la situation historique et la direction élémentaire que doit prendre la révolution, le rapport des forces de classe en présence et son évolution, les forces de l’organisation d’avant-garde du prolétariat.

La situation historique et la direction élémentaire que doit prendre la révolution

Nous vivons dans l’époque de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne mondiale. Cette époque a commencé avec le XXe siècle. La révolution prolétarienne, d’abord du prolétariat italien et maintenant du prolétariat allemand est la réponse directe et inévitable à la deuxième guerre impérialiste mondiale et au régime capitaliste qui l’a engendrée.
Elle est par conséquent en même temps la continuation de toutes les tentatives révolutionnaires du prolétariat mondial (1871, à Paris, 1905 & 1917 en Russie, 1918-1923 en Allemagne, Hongrie, etc.) et marquera même en cas d’échec provisoire un autre pas en avant vers l’émancipation du genre humain. Ce n’est pas une révolution « antifasciste ». La révolution présente est sociale et internationale. C’est la révolution du prolétariat. Elle est par conséquent soumise aux lois fondamentales de la révolution prolétarienne mondiale.
a) La dualité de pouvoirs doit à brève échéance aboutir à la séparation et concentration des pouvoirs de part et d’autre, et, par conséquent, ouvertement à la guerre civile généralisée entre le prolétariat et la bourgeoisie.
b) La victoire du prolétariat sur un certain territoire et même dans un ou plusieurs pays est toujours provisoire et compromise si elle ne s’étend pas à tous les autres pays. Le socialisme dans un seul pays est impossible, le pouvoir ouvrier dans un seul pays est intenable. Donc la guerre civile en Allemagne doit aboutir à brève échéance à la guerre civile internationale ou elle sera liquidée dans le sang.

Quel est le rapport de forces des classes en présence et son évolution

A/ Les classes et couches révolutionnaires en Allemagne.

1/ Le prolétariat allemand.
a) Il forme plus que jamais la grande majorité de la population. Il a été terrorisé par une machine moderne de répression et de propagande (fascisme) pendant 12 ans.
b) Il désire depuis 1943 la disparition de ce joug de plus en plus insupportable. Il a appris à affronter la terreur fasciste.
c) Il est décimé par la guerre. Il a été mobilisé en grande partie et replacé par des travailleurs étrangers pour éviter pour un certain temps l’aggravation de la lutte à l’arrière ; le gouvernement croyait plus dociles les travailleurs étrangers et voulait diviser les ouvriers. Des millions de prolétaires allemands sont tombés dans la guerre ou ont été déportés par l’impérialisme russe.
d) Les ouvriers allemands politiquement suspects comme socialistes, communistes, syndicalistes, ont été envoyés dans l’organisation Todt (le brassard à croix gammée devait empêcher leur fraternisation avec les travailleurs étrangers. Le gouvernement nazi les a obligés à porter un uniforme ressemblant à celui des SA, organisation d’assassins d’ouvriers).
e) Les ouvriers révolutionnaires actifs ont été massacrés en grande partie dans les camps de concentration soit par les SS, soit par les « alliés » (bombardement de Buchenwald qui a tué plusieurs milliers de prisonniers politiques en plus de chefs socialistes et communistes importants). Néanmoins 5000 prisonniers politiques allemands se sont évadés de Buchenwald avant l’arrivée des américains et on peut compter que des milliers d’autres survivront.
f) Le prolétariat de Berlin est assez décimé, mais celui de la Ruhr l’est beaucoup moins. Le prolétariat autrichien est assez décimé (40-50 %). Les capitulations massives en sauvent une certaine partie de l’extermination immédiate.
g) La bourgeoisie allemande et étrangère n’a plus rien à offrir au prolétariat allemand sauf la famine, les déportations ou le chômage ; la surexploitation et de nouvelles dictatures fascistes.
Par conséquent l’issue révolutionnaire est la seule issue qui s’offre au prolétariat.
2/ Les travailleurs étrangers.
Ils se chiffrent à 12-15 millions. Beaucoup d’entre eux sont passés par une école de lutte de classe dans les pays d’où ils viennent (Italie, Balkans, Ukraine, Espagne, France).
L’expérience de souffrances et d’actions communes avec le prolétariat allemand les a rendus plus internationalistes que jamais. Ils se tiennent dans un état de révolte générale. Une partie d’entre eux évitent de retomber dans les mains de leurs gouvernements bourgeois ; ils préfèrent « piller » et forment de vastes « bandes » en commun avec les déserteurs allemands.
3/ Les couches moyennes des villes.
(Elles) ont été expropriées et prolétarisées par le gouvernement de Hitler. Elles marchent en grande partie avec le prolétariat révolutionnaire.
4/ Les ouvriers qui se trouvent dans les armées d’occupation « alliées ».
(Ils) vont vers la fraternisation avec les ouvriers allemands. Les officiers ont de la peine a maintenir l’interdiction de la fraternisation prolétarienne. Il s’agit de gagner à la révolution prolétarienne les soldats alliés.

B/ Les classes et couches contre-révolutionnaires en Allemagne.

1/ La bourgeoisie allemande (les hobereaux sont une fraction de la bourgeoise allemande).
Elle n’a pas réussi à se débarrasser de la clique de Hitler en temps voulu. Elle se trouve maintenant soit derrière l’amiral Dönitz, soit derrière le général Von Paulus, pour sauver sa domination.
2/ Les bourgeoisies « alliées » (américaine, anglaise, russe, française, etc.) représentées par leurs états-majors, leurs commissions de commerce, de déportation et par leurs polices.
Toutes les bourgeoisies s’appuient sur les débris de l’appareil fasciste (nazi) et sur les éléments réactionnaires et contre-révolutionnaires dans les armées allemande, russe, américaine et française (chauvins, police militaires, gaullistes, GPU, Légion Etrangère, certaines troupes coloniales, etc.). Des divergences profondes entre les différentes cliques des « vainqueurs » existent et poussent vers une troisième guerre impérialiste mondiale.

C/ Le rapport des forces entre ces classes et son évolution.

La domination de la bourgeoisie est ébranlée et à certains endroits brisée par six années de guerres impérialistes,par des destructions gigantesques, par la défaite avec toutes ses conséquences économique, sociales et morales, par la chute de la dictature Hitler-Himmler a laquelle était étroitement liée la bourgeoisie.
Le prolétariat a commencé à se réveiller, à se révolter, à se mutiner. Aussi, le premier souci des Hitler, Himmler, Bernadotte, Churchill, Eisenhower, Von Paulus, Dönitz et des autres valets du capitalisme est de « maintenir l’ordre et la discipline ».
Le front unique des ouvriers allemands mutinés, déserteurs et révoltés avec les travailleurs étrangers d’un côté, et le front unique des classes dominantes allemands et étrangères de l’autre côté se forment.
L’issue de la révolution dépendra de la conscience et de la rapidité avec lesquelles les ouvriers
les plus avancés sauront :
– Former, étendre et concentrer leurs conseils et leurs milices armées.
– Préparer la guerre civile internationale en commun avec les travailleurs de tous les pays.
– Déjouer ainsi les plans de la contre-révolution internationale.
La période révolutionnaire qui s’ouvre durera des années. La crise révolutionnaire mûrit en France, en Belgique, en Espagne, en Angleterre, dans les colonies, et probablement aussi en Russie et dans les pays occupés par elle. Les luttes de classes dans ces pays peuvent favoriser, leurs échecs peuvent freiner la marche de la Révolution en Allemagne.

Les forces de l’organisation d’avant-garde du prolétariat

La revue américaine « Politics » (décembre 1944) constate que les conditions objectives en Europe sont plus favorables en 1944 qu’en 1919, mais les « facteurs subjectifs » moins favorables qu’en 1919. en effet, en 1919, les masses de l’Europe étaient en général moins affamées, moins secouées que maintenant, mais le prolétariat russe avait su prendre le pouvoir – grâce à l’expérience et à l’action du parti de Lénine – et la IIIe internationale Communiste existait réellement malgré tous ses défauts.
Aujourd’hui le prolétariat n’a pas encore pris le pouvoir nulle part. la nouvelle Internationale Communiste n’est pas encore formée. Mais, dans tous les pays, des groupes et des organisations communistes de gauche existent, évoluent et se sont préparés pendant les années du fascisme et de la guerre (voir numéro 1 de « L’Internationale »). Malgré leurs erreurs et leurs défauts, ils pourront au cours de la période révolutionnaire qui a commencé, former – sur le plan national et international – le nouveau Parti prolétarien indispensable à la victoire de la révolution prolétarienne.
Nous ne parlons évidemment pas du trotskysme, qui par son social patriotisme allié et russe, s’est placé de l’autre côté de la barricade. Nous ne parlons pas non plus des groupes opportunistes qui préconisent le front unique avec le trotskysme ou d’autres courants renégats.

Nous parlons des petits groupes des Communistes Révolutionnaires d’Allemagne et de France et Communistes de Gauche (ou mieux : bordiguistes de gauche qui se sont détachés du bordiguisme centriste en Italie) et nous parlons des grandes masses de prolétaires, des jeunes ouvriers de toutes nationalités, qui se détachent des PC, PS, des bonzes syndicalistes, même des jeunesses hitlériennes pour évoluer vers des positions communistes révolutionnaires.
Nos petits groupes seront-ils capables d’entraîner les foules révolutionnaires à travers l’Europe ?, seront-ils capables de les gagner et de les mobiliser autour de notre programme d’action qui est celui de la révolution mondiale et de la dictature du prolétariat ? Seront-ils capables d’éliminer l’influence des groupes centristes intermédiaires ou « voisins », agents conscients ou inconscients de la contre-révolution capitaliste ? Seront-ils capables de forger dans ce mouvement révolutionnaire qui a commencé le nouveau parti communiste, d’après l’exemple bolchevik, mais 10 fois plus bolchevik que celui de Lénine ? C’est possible. La victoire est possible. La défaite également. Tout dépendra de notre programme et de notre effort.

Perspectives et tâches

La révolution prolétarienne allemande est obligée de se développer en présence de l’occupation « alliée ».
Une des premières tâches est de gagner les soldats d’occupation a la révolution. La présence de millions de soldats étrangers vise à l’étouffement de la révolution sociale, mais elle peut devenir un facteur décisif en faveur de la révolution mondiale et se transformer en tombeau du capitalisme international.
Le capitalisme est incapable de résoudre les problèmes qui se posent, il est obligé de continuer à brève échéance la guerre impérialiste permanente, mais il doit d’abord liquider le danger révolutionnaire en Europe. Il créera en Europe et dans le monde de plus en plus le « chaos », la famine, la révolte généralisée. La guerre civile prendra des formes de plus en plus violentes, de plus en plus vastes.
La formation d’un Parti Communiste Révolutionnaire au cours de ses mouvements est possible. La réalisation de notre programme d’action qui est celui de la révolution mondiale et de la dictature du prolétariat est possible. La prise du pouvoir par le prolétariat dans telle ou telle partie de l’Europe est possible. La guerre civile menée en partant d’une certaine base territoriale peut compter sur la sympathie active ou passive de millions de soldats ouvriers d’occupation. La victoire est possible. L’échec également. Ce ne sera pas un « 1933 » – car les masses révoltées ne donneront pas leur adhésion à une contre-révolution ouverte et sanglante – mais plutôt à un 1905. cela ne veut pas dire que les délais seront aussi longs que de 1905 à 1917, mais cela veut dire que les possibilités d’action clandestine seraient beaucoup plus larges qu’en 1933.
L’activité communiste révolutionnaire en Allemagne est dès le début clandestine. Nous l’avons prévu dans notre plate-forme programmatique. Nous connaissons nos ennemies « alliés » (Gestapo reconstituée, Guépéou, intelligence Service, Deuxième Bureau). Ils collaborent tous à la contre-révolution prolétarienne. Ils travaillent tous à l’extermination physique des prolétaires révolutionnaires. Nous le savons et nous saurons prendre les mesures appropriées. La construction d’une organisation Communiste Révolutionnaire clandestine et efficace en Allemagne occupée est également une de nos tâches primordiales. Cette organisation doit être prête à l’assaut victorieux ainsi qu’à une retraite éventuelle. L’heure présente n’est pourtant pas à la retraite mais à l’attaque. L’impérialisme allemand s’écroule, le prolétariat se lève. Nous répétons ce que nous avons dit depuis le commencement de dette guerre :
1/ La guerre impérialiste se transformera inéluctablement en guerre civile (c’est confirmé).
2/ La révolution prolétarienne qui succède à cette guerre ne peut être victorieuse que sous la direction d’un nouveau Parti Communiste formé d’après l’exemple de celui de Lénine, mais dix fois plus bolchevik que celui de Lénine.
3/ En cas de non-existence d’un tel Parti, l’échec est certain, mais à une nouvelle période de réaction succédera une nouvelle période de montée révolutionnaire. Dans une telle période les Communistes Révolutionnaires pourront rattraper ce qu’ils ont manqué dans la période passée et actuelle ; une deuxième émigration est possible, il faut l’envisager.
4/ Le XXe siècle reste celui de la guerre civile du prolétariat contre la bourgeoisie.

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