1957-12 Pourquoi rester à la SFIO [Pivert]

Extrait d’une lettre de Marceau Pivert à Marcel Brun du 25 décembre 1957 cité par Joubert.

Et tous me demandent avec angoisse pourquoi « je prête encore mon nom » à l’escroquerie politique étiquetée SFIO. Voilà la vérité: je réponds que mon devoir est d’être là, en contact avec ce qu’il y a encore de sain dans le parti. Ce serait si facile de reprendre ma liberté et d’écrire partout où l’on désirerait m’accueillir. Non. En dépit de l’atroce déchirement qu’a été pour moi le 30 août 1956 (oui j’ai failli y laisser ma peau car mon état cardiaque depuis ce jour n’est plus « compensé »), j’ai fait l’impossible pour maintenir au parti le plus de militants qualifiés et conscients… pour aider l’opposition, toute l’opposition, variée, pluraliste, mais précisément à cause de sa tradition démocratique (et aussi socialiste). J’avais envoyé ma démission d’un parti qui, construit contre la guerre, décidait la guerre contre un petit peuple. Cette démission fut reprise par mes amis, ceux de la 15° en particulier (…).

Me voici hors de combat, du moins physiquement. Voici donc le conseil que je donne maintenant: je n’insiste plus pour maintenir les copains dans le parti, chacun décide pour lui-même (…).

Mais je me refuse en même temps à faire quoi que ce soit pour livrer ce parti à une bureaucratie qui s’effondrera, tôt ou tard, comme celle de Paul Faure (…).

L’essentiel est donc de ne pas se décourager, de rester groupés en noyaux de qualité…

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