2002 Le capitalisme [DS]

Page publiée par Démocratie socialiste (ex site democratie-socialiste.net) de 2002 à 2007

CAPITALISME : LE MONDE DANS LEQUEL ON VIT…

Le meilleur des mondes possibles ?

Dans nos pays, une petite minorité privilégiée de la population se permet de vivre sans travailler grâce aux revenus qu’elle perçoit d’un capital investi dans l’économie. A l’autre bout de l’échelle, la grande majorité, elle, est obligée de travailler pour vivre… ou, pour une grande partie, pour survivre. En effet, en France, pour citer quelques exemples, 10 % environ des ménages ont des revenus inférieurs au seuil de pauvreté, 6 millions de personnes dépendent des minima sociaux et, parmi elles, 2 millions ne vivent que grâce au RMI, 25 % de la population active renonce aux soins médicaux pour des raisons financières, quelques 200 000 personnes sont sans abri et 2 millions mal logées.

Des chiffres ? Qui montrent, en tout cas, une énorme disparité entre une minorité parasite et la majorité travailleuse. Pourtant, en dépit de cette situation bien connue, peu de gens comprennent la relation existant entre la richesse des uns et la pauvreté des autres. Et en France, nous dit-on, nous avons de la chance ! Il est vrai que, dans la plupart des pays de la planète, les simples notions de SMIC, d’assurance chômage ou de minima sociaux sont tout simplement inimaginables.

Ouvrir les yeux

La quantité, la gravité et l’étendue des problèmes dont souffre l’humanité, de même que l’incapacité chronique de tous les gouvernements à leur apporter des solutions, peuvent nous amener à penser que leur solution est hors de portée et qu’on ne peut donc rien faire contre cet état de choses. De leur côté, les bénéficiaires et les défenseurs du système actuel ont beau essayer de faire croire – à partir de l’échec des expériences « socialistes » et de raisonnements éternellement contredits par notre réalité quotidienne – que nous vivons dans « le meilleur des mondes », le fait est que jamais ce système n’a été capable d’apporter le bien-être et la tranquillité à l’humanité.

La critique du système capitaliste est à la base de la doctrine socialiste. L’un des tout premiers à s’indigner des maux produits par la révolution industrielle fut l’économiste suisse Charles Léonard Sismonde de Sismondi (1773-1812), choqué par les effets de l’industrie capitaliste naissante sur les conditions de vie d’une nouvelle catégorie sociale, le « prolétariat », c’est-à-dire, les « hommes qui n’ont aucune propriété ». Sismondi, qui n’était pas socialiste, s’éleva contre la doctrine du laissez-faire prônée par Adam Smith et les économistes libéraux. Dans sa foulée, et souvent inspirés par lui, suivront de nombreux autres critiques de la nouvelle société, dont un certain Karl Marx.

Aussi, avant d’aborder notre conception du socialisme, les caractéristiques de la société future, ainsi que la voie et les moyens que nous préconisons pour y parvenir, il nous a paru nécessaire de faire brièvement le point sur ce que nous entendons par capitalisme, économie de marché ou système du profit (ces trois expressions sont équivalentes).

La propriété privée : source de tous les maux

Le caractère récurrent, mais aussi planétaire, des problèmes sociaux met en lumière le fait qu’ils font partie intégrante du système social qui s’étend sur le monde – le capitalisme – et que, pour cette raison, il est impossible, et donc futile, de tenter de leur trouver une solution dans le cadre de ce système. En effet, la base du système capitaliste, c’est le monopole exercé par une couche très minoritaire de la population (les détenteurs de capitaux ou classe capitaliste ) sur les ressources naturelles de la planète ainsi que sur les moyens de production et de distribution des richesses, c’est-à-dire sur les moyens d’existence de la société.

Ce monopole peut s’exercer de différentes façons : soit directement par des individus, soit indirectement par des associations d’individus, à travers des sociétés anonymes (grâce à la possession de titres de propriété), ou à travers l’Etat (en vertu du contrôle exercé par cette minorité sur les ressorts du pouvoir, comme dans l’ex-URSS ou la Chine actuelle). Nous parlons dans ce cas de capitalisme d’Etat (le monopole du pouvoir politique et économique exercé par la bureaucratie dirigeante rend, dans ce cas, superflue la possession de titres de propriété).

Conséquences de la propriété privée

Cette appropriation des moyens d’existence de la société par une petite minorité a comme conséquences : 1° sur le plan économique : la production de biens et de services dont l’objet est la vente sur le marché en vue de réaliser un profit monétaire, et non la satisfaction des besoins individuels et collectifs de la population, ou, dit autrement, la satisfaction des seuls besoins rentables (c’est cette quête du profit qui explique pourquoi on en arrive à produire de la nourriture qui peut être dangereuse pour la santé, pourquoi les laboratoires pharmaceutiques n’effectuent aucune recherche sur certaines maladies, tel le paludisme, dont le marché – le tiers monde, en l’occurrence – n’est pas « solvable », pourquoi des S.D.F. dorment dans la rue au pied d’appartements vides, pourquoi on détruit dans les pays riches des tonnes de nourriture alors que des millions d’êtres humains meurent chaque année de faim dans les pays pauvres, pourquoi les décideurs économiques préfèrent une production polluante à la préservation de l’environnement, dont les coûts diminueraient les profits, etc.) ; 2° sur le plan social : la division de la société en deux classes sociales principales aux intérêts opposés, d’un côté, la classe capitaliste, qui possède et/ou contrôle les moyens de production et, de l’autre, la classe salariée – l’immense majorité de la société –, propriétaire de ses seules capacités intellectuelles et physiques (sa force de travail) et obligée de travailler pour la première en échange d’un salaire.

Par conséquent, dans le système capitaliste, les richesses sont produites par les salariés, non propriétaires des moyens de production, pour être vendues dans le but de réaliser un profit destiné aux capitalistes, en vertu du droit de propriété de ces derniers sur les moyens de production. En d’autres termes, une minorité privilégiée vit sans travailler et s’enrichit grâce au travail des autres. Il s’ensuit de cette division de la société en classes antagoniques une lutte de classes inévitable pour une part plus importante des richesses produites (des salaires plus élevés pour les uns, des profits plus importants pour les autres), une lutte de classes qui durera aussi longtemps que durera le capitalisme, responsable de cette division sociale.

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Ils l’ont dit…

Le régime capitaliste l’exclut [la classe ouvrière] de la propriété, c’est-à-dire de la puissance vraie ; il lui refuse toute part de direction, tout maniement des choses humaines et des grands intérêts ; il la réduit à un rouage qui n’a nul besoin de pensée, en qui même le mouvement libre de la pensée est un péril, car il peut rompre la chaîne des obéissances nécessaires, la suite des gestes accoutumés, l’harmonie de la production automatique.

Jean Jaurès, Le socialisme français, in Cosmopolis, janvier 1898. Cité par Gilles Candar, Jean Jaurès (1859-1914) « L’intolérable », Paris, Les éditions ouvrières, 1984, p. 58.

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