2005-09 Contre l’Islam politique : La libération des femmes n’est pas un luxe réservé aux pays riches

Source: Texte de Yasmina, site de la Campagne Internationale contre les Crimes d’Honneur (ICAHK)

Du Maghreb au Moyen-Orient, du Caucase au Pakistan, le monde dit « arabo-musulman[1] » doit faire face à la montée de ce qui est appelé Islam politique, intégrisme ou fondamentalisme. Nous utiliserons ici le terme d’Islam politique, terme qui définit le mieux, selon nous, ce courant hétéroclite. En effet, le point commun de tous ces groupes ou partis, qu’il s’agisse du FIS ou du GIA en Algérie, du Hamas ou du Jihad Islamique en Palestine, du Hezbollah au Liban, des Talibans en Afghanistan, etc. est qu’ils se basent sur la plus stricte lecture de l’islam comme base de leur projet politique. Nous tenterons plus loin d’analyser de façon plus détaillée ce courant, avec leurs différences, et aussi leurs points communs. Il est à noter que ce courant, avec des organisations comme l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France), des théoriciens comme Tarik Ramadan, tente aussi de s’implanter dans l’immigration « d’origine musulmane » d’Europe en général, et dans la classe ouvrière immigrée en particulier. Dans la période actuelle, marquée par une offensive de la bourgeoisie et une position au mieux défensive du prolétariat, il n’est en effet pas étonnant que les idées réactionnaires gagnent du terrain, et ce dans tous les pays (il n’y a qu’à voir la montée du racisme, de la xénophobie, des superstitions en tout genre dans les pays impérialistes). Ce qui, par contre, est plus étonnant, c’est que des groupes d’extrême-gauche, se revendiquant du marxisme[2] ou de l’anarchisme, ont une certaine indulgence pour les réactionnaires islamistes, pouvant aller jusqu’à les soutenir au nom de « l’anti-impérialisme » ou de « l’anti-racisme ».

L’islam politique, un courant réactionnaire anti-communiste

L’Islam politique est une nébuleuse hétéroclite de groupes et de partis politico-religieux. On y trouve autant des chiites que des sunnites, des partis légaux et légalistes et des groupes armés, des organisations anti-américaines et d’autres pro-américaines, certaines organisations, comme le Hezbollah, au service des intérêts de la Syrie, d’autres financés par l’Iran ou par l’Arabie Saoudite. Dans des pays comme l’Irak ou l’Afghanistan, on trouve des islamistes à la fois dans les gouvernements fantoches au service de l’impérialisme et dans la guérilla qui combat l’impérialisme. En Algérie, les rivalités entre le GIA et le FIS se sont transformées en conflit armé entre ces deux groupes. Bref, les divisions et sous-divisions sont nombreuses au sein de cette mouvance. Pourtant, en plus de leur base idéologique, la lecture la plus stricte possible du Coran et de la Sunna comme fondement politique, il y a d’autres similitudes entre ces groupes. Dans un texte datant de 1992, le groupe féministe palestinien Al-Fanar[3] décrivait comme suit les « assertions fondamentales du fondamentalisme » :

« 1. La crise de la société arabe – qui, par nature, est islamique (selon les fondamentalistes) et qui constitue même “une société naturellement islamique” – est née du fait que la société s’est distanciée des commandements divins de l’Islam et que ses élites ont été infectées par un Jahaliyah d’origine occidentale. On pense généralement que le terme Jahaliyah fait référence à la période pré-islamique. En fait, ce terme ne renvoie pas à une période historique spécifique, mais plutôt à un contexte où la société est régie par des lois “faites par l’homme” et non par les lois divines.

2. La société arabe ne peut être sauvée que par la lutte pour un Etat islamique, dont les peuples arabes seront les éléments de base ; un Etat où la Sharia, (loi islamique) sera la seule loi, interprétée par l’Ulimah Suprême, non par un gouvernement laïque.

3. La démocratie, l’égalité, la libération nationale, le socialisme et le communisme sont les agents de “l’impérialisme culturel” dont l’objectif est de détruire l’Islam, pour faire régner la Jahaliyah matérialiste, hédoniste et individualiste.

4. Tous les mouvements qui adhèrent aux principes ci-dessus (démocratie, etc.) sont les ennemis de l’Islam et donc, également, de la société arabe. Selon les fondamentalistes, la preuve en est que des musulmans comme des membres d’autres communautés collaborent dans ces mouvements. La lutte pour le triomphe de ces valeurs est corrompue et vile et doit être combattue.

5. Le comble de la corruption occidentale, selon les fondamentalistes, est le féminisme et le mouvement de libération des femmes, qui allient des valeurs égalitaires et démocratiques et les appliquent aux femmes. Les femmes qui sont actives dans ces mouvements sont corrompues et licencieuses, et sont des renégates dont il est permis de verser le sang. En outre, tout ceci s’applique à toute personne qui les soutient.

Imprégné de ces assertions, le fondamentalisme œuvre à la préservation et au renforcement de la société patriarcale et de ses institutions ; et plus spécifiquement de la famille patriarcale, qui constitue l’unité de base de l’ordre social patriarcal “sur la propriété privée”. Cette relation transparait clairement dans les revendications démagogiques du fondamentalisme qui, d’une part, prône l’égalité et veut que les gens se satisfassent de peu, et d’autre part, prône la charité et veut que les riches assistent les pauvres. En d’autres termes, faire la charité remplacera la nécessité de transformer l’ordre social existant. »

Ces « assertions fondamentales du fondamentalisme » peuvent en effet définir l’ensemble des organisations se réclamant de l’Islam politique, qu’elles soient liées ou opposées à l’impérialisme. Et c’est ainsi que, partout où l’Islam politique a une influence, il emploie les méthodes les plus violentes à l’encontre du mouvement ouvrier, des communistes, des libres-penseurs et plus largement des progressistes. Dès leurs origines, les Frères Musulmans considèrent le « communisme international » comme un de leur principaux ennemis, et cet anti-communisme des islamistes ne s’est jamais démenti. En janvier 1995, le GIA publie un communiqué où il demande, en échange de la fin de la guerre, du gouvernement algérien de « bannir tous les partis communistes et athées comme preuve de la volonté du pouvoir de combattre les ennemis de Dieu[4] », parlant des mouvements nationalistes palestiniens, le Hamas précise dans sa charte qu’il « les encourage tant qu’ils ne prêtent pas allégeance aux communistes de l’Est et aux Croisés de l’Occident [5]», sans parler, plus récemment, des multiples fatwas de la prétendue « résistance » irakienne condamnant de nombreux militants communistes ouvriers à mort, fatwas malheureusement suivis d’effets. Reprenant les thèses de l’antisémitisme raciste classique, le Hamas comme d’autres groupes de l’Islam politique, considère que « les Juifs » seraient derrière la Révolution Française ou la Révolution d’Octobre 1917. D’ailleurs, il convient de rappeler que même lorsqu’ils s’en prennent à l’impérialisme, les groupes de l’Islam politique, comme n’importe quelle fraction bourgeoise et réactionnaire, préfèreront toujours une alliance avec l’impérialisme que le socialisme. Lors de l’insurrection ouvrière de 1991 en Irak, on a pu assister à une « sainte alliance » des islamistes, des baasistes, des nationalistes kurdes et de l’impérialisme contre le prolétariat. L’Arabie Saoudite, pays où règne l’islamisme le plus obscurantiste et qui finance de nombreux groupes islamiques de par le monde, a toujours été un des allié de l’impérialisme américain, et il ne faut pas oublier que le réseau Al-Quaïda et les Talibans ont été formés et financés par les USA lorsqu’il s’agissait de combattre l’Armée Rouge en Afghanistan.

En 1980, Giscard d’Estaing ne s’est pas trompé lorsqu’il expliquait : « Pour combattre le communisme nous devons lui opposer une idéologie. A l’Ouest, nous n’avons rien. C’est pourquoi nous devons appuyer l’islam ». De l’appui à la religion, cet opium du peuple, au soutien aux courants fondamentalistes de l’Islam politique, il n’y a qu’un pas, que les dirigeants impérialistes ne se sont pas gênés de franchir : et si le soutien des USA aux Talibans en Afghanistan est connu, on peut rappeler que l’Etat d’Israël a favorisé le développement du Hamas au milieu des années 70. « « Les associations islamiques et l’université recevaient tous les encouragements du gouvernement militaire  » en charge de l’administration de la Cisjordanie et de Gaza, écrivait en octobre 1987, l’hebdomadaire israélien, Koteret Rashit, cité par le Monde du 18 novembre 1987, ajoutant qu’elles  » étaient autorisées à faire venir de l’argent de l’étranger « . Les islamistes créent des orphelinats et des dispensaires, mettent en place un réseau scolaire, des ateliers de confections pour l’emploi des femmes, et dispensent une aide financière aux plus démunis. Et en 1978, ils créent une  » université islamique  » à Gaza. Koteret Rashit ajoutait :  » Le gouvernement militaire était convaincu que ces activités affaibliraient l’OLP et les organisations de gauche à Gaza.  » Fin 1992, on comptait six cents mosquées dans Gaza. Et c’est ainsi, grâce au Mossad, que les islamistes ont tissé leur toile, à l’ombre d’une répression impitoyable frappant les militants du Fatah et de la gauche palestinienne » [6].

L’antiféminisme, ciment de l’islam politique

Il existe un autre point d’accord fondamental des différents courants de l’islam politique, point sur lequel il base l’essentiel de son action et de sa propagande, qu’il s’agisse des factions islamistes pro- ou anti-américaines, c’est sa haine des femmes. C’est ainsi que Al-Fanar explique : « Le mouvement fondamentaliste rejette le nationalisme tout en participant à la lutte pour la libération nationale ; abhorre la démocratie tout en étant en faveur des élections ; rejette le principe d’égalité nationale tout en utilisant le même principe quand les masses luttent pour y accéder ; condamne le luxe tout en finançant ses journaux par la publicité de biens de consommation occidentaux tels que voitures de luxe, sous-vêtements masculins, etc. ; déteste le sport comme “valeurs occidentales barbares” tout en formant des équipes de football islamiques. Cependant, la question de la libération et de l’égalité des femmes est la seule sur laquelle le mouvement islamique n’est pas prêt du tout à faire de compromis. Sans hésiter ni transiger, le mouvement met en œuvre son affirmation selon laquelle le statut accordé aux femmes dans l’Islam est le plus correct et le meilleur (à condition “qu’elles sachent se tenir à leur place”). Pour les fondamentalistes, le mouvement de libération des femmes est l’ennemi central, parce que toute la société patriarcale, dont le fondamentalisme défend l’existence, repose sur l’oppression des femmes. »

Une encyclopédie entière ne suffirait pas à résumer tous les crimes commis, dans tous les pays, par les militants islamistes contre les femmes. En Palestine, le Hamas a, dés ses origines, promis le retour des femmes au foyer, lancé des campagnes pour imposer le port du hidjab, s’oppose à toute tentative d’améliorer la condition des femmes, et désigne les militantes féministes comme « occidentalisées, soutenues par des organisations occidentales dans le but de détruire la nation islamique basée sur la cellule familiale, par l’incitation à la débauche et à la révolte »[7]. Et aux mots d’ordre anti-féministes s’ajoutent les actes de terreur, comme l’a encore montré récemment l’exécution de Yousra par des assassins du Hamas à Gaza en avril 2005. Et si on a parlé de ce crime à l’époque, il ne s’agit pas d’un cas isolé, les islamistes constitue des « polices des mœurs » dans différentes localités de la Bande de Gaza et de Cisjordanie. En Algérie, le FIS comme le GIA ont fait des femmes leur cible prioritaire, terrorisant celles qui refusaient la prison du hidjab, puis violant et assassinant des milliers de femmes. Les chefs de guerre islamistes, si puritains qu’ils soient lorsqu’il s’agit de la sexualité des femmes, rédigent des fatwas favorisant le viol. Ainsi, en septembre 1997, l’émir du GIA publie une fatwa indiquant « Au nom d’Allah le Miséricordieux, la femme vous appartient quand l’Emir vous l’a donnée. Faites en ce que vous voulez. Elle est jarya (esclave)[8]. » Et en Irak, lors du congrès des Moudjahidines qui s’est tenu à Falluja le 20 octobre 2004, Abdulla Al-Janabi et le Conseil islamique de Falluja ont publié une fatwa décrétant que les Moudjahidines doivent violer les filles dès l’âge 10 ans, avant qu’elles ne le soient par les Américains ! Pour ce qui est de l’Irak, on peut noter que les deux courants antagonistes de l’Islam politique, ceux qui collaborent avec l’occupation et ceux qui participent à la prétendue « résistance », ont un au moins un point commun, celui d’être favorables à l’oppression des femmes. Alors que les « résistants » assassinent des femmes parce qu’elles refusent de s’enfermer sous le hidjab, parce qu’elles veulent travailler, étudier et montrent une certaine indépendance face au pouvoir patriarcal, les islamistes pro-américains cherchent à imposer une constitution basée sur la Charria. Comme l’écrit Yanar Mohammed, présidente de l’Organisation pour la Liberté des Femmes d’Irak : « L’ébauche de constitution mentionne dans son article 14, l’abrogation de la loi actuelle et se borne à renvoyer aux lois sur la famille, en complément de la charria islamique et des autres codes religieux en Irak. En d’autres termes, elle rend les femmes vulnérables à toutes les formes d’inégalités et de discriminations sociales, et fait d’elles des citoyennes de seconde zone, des moitiés d’êtres humains. [9]» Et dans le Nord-Ouest du Pakistan, une coalition de partis islamistes au pouvoir ont cessé de s’en prendre aux USA, tout en interdisant par exemple aux femmes de se présenter à des examens où le jury serait masculin.

On notera que sur la question des femmes, les islamistes européens ne disent pas autre chose que leurs comparses du Maghreb ou du Machrek. C’est ainsi que le conseil européen des fatwas et de la recherche a publié aux éditions Tawhid en 2002, ses « Avis juridiques concernant les musulmans d’Europe »[10] où l’on peut lire : « L’époux a le droit d’interdire à sa femme de rendre visite à une femme précise, musulmane ou non, s’il craint que cela porte tort ou préjudice à son épouse ou à ses enfants, ou à sa vie conjugale [11]» ou « Cette pudeur est une qualité louable aussi bien chez les hommes que chez les femmes, mais elle l’est encore davantage chez la femme et plus conforme à sa nature féminine. C’est cela qui fait que, généralement, elle ne prend pas l’initiative d’adresser la parole aux hommes qui lui sont étrangers, (…) L’important est de savoir que la Loi n’interdit pas qu’une femme parle avec un homme ou vice-versa en cas de besoin, si les propos restent dans les limites du licite et conformes à ses normes. [12]»

On pourrait encore ajouter des exemples du caractères profondément antiféministe, et même plus largement anti-femmes (est-il nécessaire de reprendre les exemples des législations saoudienne, iranienne ou afghane ?), de l’islam politique, et on pourrait aussi développer d’autres thématiques réactionnaires de cette mouvance. Car bien entendu, cette mouvance est profondément homophobe, antisémite, et le concept même d’unité de l’ouma (la communauté des croyants), comme toutes les idéologies a-classistes, rejette toute autonomie de la classe ouvrière. Cependant, l’antiféminisme est le plus important ciment idéologique de l’islam politique.

Courant hétéroclite, où l’on trouve à la fois l’expression de la frustration de petits-bourgeois et de couches populaires face à la domination impérialiste et à la corruption des Etats en place, le soutien d’Etat bourgeois existants (comme la Syrie dans le cas du Hezbollah), de l’Iran et même de régimes féodaux (Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis), le refus du « progrès » vu comme une forme de « colonialisme » et donc la défense des traditions les plus moyen-ageuses, tantôt allié, tantôt opposé à l’impérialisme occidental, habillant sous un discours apparemment « révolutionnaires » des conceptions réactionnaires, mouvement de masse dans certains pays, disposant de partis, de groupes armés, d’organisations de bienfaisance et de réseaux divers, cette mouvance n’est pas sans rappeler le fascisme. Nous n’y voyons qu’une seule différence fondamentale : en Europe, le fascisme fit son apparition au cœur même des pays impérialistes, alors que l’Islam politique se développe dans des pas dominés. Nous ne répondrons donc pas à la question de savoir si le terme fascisme, ou fascisme vert, s’applique véritablement ou non à l’islam politique[13], mais il convient d’avoir à l’esprit les similitudes entre ces deux mouvances. Et si la mouvance islamiste en soi forme un tout hétéroclite, chacun des groupes s’en revendiquant est lui même un fourre-tout d’aspirations et d’intérêts parfois contradictoires. Si on y trouve les intérêts de certains Etats, de cliques dominantes féodales, de fractions bourgeoises, ainsi que de chefs de guerre, ces différents groupes arrivent à exploiter les frustrations de classes populaires pour avoir une audience de masse. Or, respectueux de la propriété privée et de leurs riches financeurs, les groupes islamistes ne peuvent apporter aux masses une amélioration de leurs conditions de vie, d’où la nécessité d’offrir à leur base d’évacuer leurs frustrations en s’en prenant aux femmes. En ce sens, les groupes islamistes peuvent, selon les intérêts de leurs financeurs et les ambitions de leurs chefs, accepter tous les retournements de veste, des Talibans dit « modérés » peuvent s’allier avec l’impérialisme américain, mais il y a un point de leur programme qui ne changera jamais, leur antiféminisme, leur mépris des femmes. En ce sens, l’antiféminisme joue pour l’islam politique le même rôle de ciment qu’a joué l’antisémitisme dans le nazisme.

Du colonialisme à l’indépendance

L’argument principal des islamistes contre les militantes féministes est de les accuser d’être « occidentalisées, soutenues par des organisations occidentales dans le but de détruire la nation islamique basée sur la cellule familiale », en gros qu’elles seraient une sorte de cheval de Troie de l’impérialisme ou du colonialisme. Or, le colonialisme, justement, n’a jamais brisé ou même cherché de briser les rapports d’oppression patriarcaux dans les pays dominés. En Algérie par exemple, le colonialisme français n’a jamais aboli la polygamie, la répudiation ou plus largement le droit islamique et traditionnel appliqué avant la colonisation. On notera d’ailleurs que des lois du statut personnel particulières continuent de s’appliquer dans les DOM-TOM, comme l’application d’un droit local musulman à Mayotte ou d’un droit coutumier en Nouvelle-Calédonie pour les « indigènes », ou pour des femmes immigrée, comme le démontre la convention franco-marocaine de 1981 qui stipule que « la référence à la loi de l’un des deux Etats s’entend de la loi interne à cet Etat à l’exclusion du droit international privé » (art. 3). Autrement dit, une femme marocaine en France se verra régie, en cas de conflit familial, de conflit de filiation, par le code de statut personnel marocain. En Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, l’occupation israélienne a certes imposé de nombreuses restrictions de mouvement à la population palestinienne, mais n’a en rien remis en cause les lois discriminatoires à l’encontre des femmes issues du droit jordanien ou égyptien. En Afghanistan, l’occupation américaine n’empêche pas que les violences contre les femmes restent courantes, ni même les lapidations (en mai 2005, une femme de 29 ans a été condamnée à mort par un tribunal et lapidée dans le district d’Urgu pour adultère[14]) et ne parlons même pas de l’Irak où s’est avec la bénédiction de l’impérialisme que se met en place une constitution contre les femmes. Aussi, tout comme des chefs de guerre islamistes peuvent très bien pactiser avec l’impérialisme, ce dernier n’a jamais fait avancer d’un iota la situation des femmes dans les pays dominés.

Bien sûr, le ciment antiféministe, tout comme la base politico-religieuse, de l’Islam politique n’a pu trouver un écho dans les pays de culture musulmane que parce que ces sociétés sont restées patriarcales et religieuses. L’Islam, en soi, n’est pas plus réactionnaire ou antiféministe que les autres religions, pas plus intolérant que le christianisme et le judaïsme par exemple. En Turquie, avec la révolution nationaliste-bourgeoise menée sur les ruines de l’Empire Ottoman, Atatürk a fait de l’Etat turc un Etat laïque et a apporté des avancées quant aux droits des femmes. Les femmes turques ont ainsi eu le droit de vote en 1934, soit dix ans avant les femmes françaises. Dans les pays arabes, au contraire, les mouvements de libération nationale de l’après-guerre n’ont, nul part, imposé la laïcité et encore moins l’égalité entre hommes et femmes. Magida Salman, dans son texte « Les femmes arabes » affirme que : « La division du monde arabe par les pouvoirs impérialistes européens ont conduit à l’émergence d’une conscience nationaliste, dont l’élément central était le désir de réaffirmer l’unité arabe détruite par les “Occidentaux”. Cette conscience s’est manifestée par un attachement aux éléments unificateurs précédents la division : la langue, les coutumes et la religion vécue comme tradition culturelle. L’Islam devenait ainsi une composante de la conscience nationaliste bourgeoise. La femme arabe a souffert de cette réaction qui a eu pour effet de limiter les transformations qui auraient pu se produire dans sa condition par le contact avec la société européenne et par la lutte des peuples pour la libération du joug impérialiste européen. [15]»

Ainsi, si le colonialisme n’a pas fait avancer la condition des femmes, il en est de même des mouvements de libération nationale. Magida Salman explique bien cette situation en analysant la base sociale des mouvements de libération nationale du monde arabe aux lendemains de la deuxième guerre mondiale. « Ces mouvements sont venus au pouvoir soit par des putschs organisés par de jeunes officiers militaires soit par l’action de partis politiques essentiellement formés par la petite bourgeoisie. Les régimes bourgeois établis par les luttes et les mouvements anti-impérialistes dans le monde arabe, étaient souvent obligés de prendre des mesures radicales contre l’intransigeance impérialiste. Ils étaient obligés ainsi de s’appuyer non seulement sur la petite bourgeoisie urbaine mais également sur la paysannerie et la classe ouvrière voire, dans une certaine mesure, de mobiliser les ouvriers et les paysans. Mais il était également nécessaire de s’assurer que la radicalisation et la mobilisation populaires n’accentueraient pas la lutte des classes, que le soulèvement populaire pourrait être circonscrit dans des limites compatibles avec le maintien du mode de production capitaliste. La formule permettant de parvenir à cet équilibre délicat était bien choisie : le socialisme islamique. En d’autres mots, le socialisme pour les masses, l’Islam pour la survie du capitalisme. » En ce sens, le maintien de la religion comme idéologie d’Etat avec, comme corollaire, l’oppression patriarcale sur les femmes, était une nécessité pour la petite-bourgeoisie nationaliste afin de maintenir l’exploitation capitaliste. Et pour ce qui est de l’Algérie, on peut rappeler quelles furent les positions de ce « socialisme islamique » (qui bien sûr n’a de socialiste que le nom) par rapport à l’émancipation des femmes : en 1967, le journal officiel « el-Moujahid » expliquait : « notre socialisme repose sur les piliers de l’Islam et non sur l’émancipation féminine avec son maquillage, ses coiffures et ses produits de beauté, qui ouvre la voie à des passions débridées nuisibles à l’humanité ». En 1965, la revue « el-Jaish » se demandait : « qu’adviendrait-il de la virilité et de la gloire algérienne, de la nature nationale arabo-islamique de notre dynamique jeunesse, comment nos jeunes gens se sentiraient-ils, s’ils voyaient leurs sœurs aux bras d’étrangers qui sont leurs ennemis et les ennemis de la nation arabe toute entière ? ».

Cette référence à l’islam et aux « valeurs traditionnelles » continue d’ailleurs toujours d’être utilisée par les Etats du monde arabe pour appeler à « l’unité nationale » face aux risques d’explosions sociales. Tout comme en France et plus largement en Europe occidentale, les politiciens font appel à la démagogie raciste contre les immigrés, les Etats du monde « arabo-musulman » utilisent une démagogie religieuse, antiféministe ou homophobe. L’arrestation de 52 homosexuels égyptiens dans la nuit du 11 au 12 mai 2001, a ainsi permis de créer une sorte d’union sacrée contre l’homosexualité, le pouvoir faisant d’ailleurs quasiment passé ces arrestations pour une « action anti-impérialiste ». Le journal Al-Maasa, proche du pouvoir, indiquait ainsi que ces homosexuels auraient « importé leurs idées perverses d’un groupe européen ». Et un journaliste égyptien, Rose al Youssef, va jusqu’à écrire « Israël est fortement impliqué dans l’affaire ».

Comme on le voit, les courants de l’islam politique ne sont souvent, comme bien souvent pour les mouvances d’extrême-droite, qu’une radicalisation de l’idéologie dominante. Dans des Etats qui considèrent que la charria est un des piliers du droit, les islamistes demandent l’application la plus stricte et la plus sanglante de ce droit, dans des sociétés patriarcales, les islamistes revendiquent la défense de ces structures sociales et le renforcement de cette oppression.

Un colonialisme à peine voilé ?

Si l’extrême-gauche occidentale a eu tout à fait raison de lutter contre le colonialisme, pendant la guerre d’Algérie par exemple, certains groupes, par contre, ont sombré dans l’opportunisme à l’encontre des mouvements de libération nationale. C’est ainsi que, dans certaines publications marxistes ou anarchistes, non seulement les limites du nationalisme n’ont pas été dénoncées, mais ces mouvements petits-bourgeois par nature ont été repeints en rouge. Le tiers-mondisme, à la mode dans les années 70, a même théorisé que les mouvements de libération nationale remplaceraient le prolétariat mondial comme moteur de la transformation sociale. On trouve toujours cet aspect par exemple vis-à-vis du mouvement national palestinien, les critiques vis-à-vis de l’OLP étant toujours généralement mal-vue dans l’extrême-gauche occidentale. Et pourtant ! L’OLP qui commence la plupart de ses déclarations officielles par « Au nom de Dieu, le clément, le miséricordieux », n’est pas d’une nature différente que les autres mouvements de libération nationale. Il ne s’agit pas ici de développer une critique des mouvements de libération nationale en-soit, mais on peut simplement rappeler que tous ces mouvements, en se basant justement sur « l’unité nationale » (y compris les courants se revendiquant du « marxisme », comme les maoïstes et leur théorie du « bloc des quatre classes [16]»), non seulement sont a-classistes et visent à l’unité du prolétariat avec une couche de la bourgeoisie, mais qu’également, contrairement au mouvement ouvrier révolutionnaire[17], ne cherchent pas à combattre les préjugés racistes, chauvins ou sexistes, au sein du peuple.

En affirmant, « Vos épouses sont pour vous un champ de labour ; allez à vos champs comme [et quand] vous le voulez »[18], le Coran fait une analogie entre la femme et la terre, analogie que l’on retrouve dans la plupart des mouvements nationalistes, y compris bien sûr en Europe. Les femmes tondues à la Libération en France parce qu’elles étaient soupçonnées d’avoir couché avec un Allemand ou les viols collectifs par les soldats serbes en Bosnie-Herzégovine proviennent de la même logique. Le corps de la femme ne lui appartient pas, mais il est la propriété de la patrie. Aussi, si le colonialisme n’a pas brisé les structures patriarcales et tribales, les hommes ont renforcé leur pouvoir sur les femmes, le justifiant au nom de la défense de « l’honneur de la patrie ». Ainsi, lorsque le Hamas a commencé sa campagne, d’abord dans la Bande de Gaza, puis en Cisjordanie, pour imposer le port du hidjab aux femmes, la Direction Nationale Unifiée du Soulèvement a attendu plus d’un an et demi pour dénoncer les violences commises par les islamistes[19] à l’encontre des femmes. Pire encore, des graffitis signés du Fatah s’associaient à la campagne du Hamas pour voiler les Palestiniennes. De la même façon, ni l’OLP, ni les composantes dites « de gauche » du nationalisme palestinien, n’ont lancé de campagnes d’ampleur pour lutter contre les crimes dits « d’honneur » ou contre les violences conjugales.

Le marxisme, a, depuis ses origines, considéré que la lutte du prolétariat contre le capitalisme, abolissant l’ordre des choses existant, visait à construire une société nouvelle, le communisme, où serait également brisé l’oppression patriarcale. Et, en Europe, la quasi-totalité des organisations d’extrême-gauche disent soutenir les mouvements féministes et dénoncent régulièrement le sexisme ou le machisme de la société française dans leurs publications, certaines disposent même de secrétariats ou de commissions « femmes ». Forts des apports de Marx, Engels, Clara Zetkin, Alexandra Kollontaï, d’autres classiques du marxisme et du mouvement féministe des années 70, on pourrait espérer que l’ensemble de l’extrême-gauche se dresse du côté des femmes nées «musulmanes» contre l’islam politique. Bien sûr, des organisations comme Lutte Ouvrière ou la Fédération Anarchiste n’ont eu aucune ambiguïté sur cette question. Mais d’autres, par contre, ont une attitude bienveillante vis-à-vis de l’Islam politique, en particulier vis-à-vis du Hamas ou de la prétendue « résistance » irakienne au nom de « l’anti-impérialisme ». Le courant qui théorise le plus cette bienveillance avec l’islam politique, est celui représenté en Grande-Bretagne par le SWP (Socialist Workers Party). C’est ce courant qui, lors de la guerre civile en Algérie, avait lancé le mot d’ordre « Avec l’Etat jamais, avec les islamistes parfois », qui, avec les réactionnaires de la Ligue Arabe Européenne, a organisé le 27 mars 2004 une manifestation commémorative en l’honneur du cheik Ahmed Yassin, fondateur du Hamas liquidé cinq jours plus tôt par l’armée israélienne[20] à Amsterdam, ou qui influence en France les Jeunesses Communistes Révolutionnaires et une tendance minoritaire de la LCR qui ont manifesté avec des organisations islamistes pour le « droit de porter le hidjab ». Et au-delà de ce courant clairement identifiable[21], on trouve des militants et même des militantes, marxistes, anarchistes ou féministes, qui ne voient rien de scandaleux à ce qu’un Tarik Ramadan soit invité à un Forum Social et refusent de combattre clairement l’oppression patriarcale que subissent les femmes « nées musulmanes » et les groupes de l’Islam politique. Le plus souvent, il ne s’agit que d’un refus par omission. Par rapport à la Palestine par exemple, qui fait couler tant d’encre dans la presse d’extrême-gauche, combien de lignes dénoncent la situation des femmes dans ce pays ? Il existe pourtant plusieurs organisations féministes en Palestine, mais il n’en est que rarement question dans les publications marxistes ou libertaires. Pire, il arrive que des militants, par ailleurs progressistes lorsqu’il s’agit des femmes en France, considèrent que dénoncer les crimes du Hamas ou les meurtres « d’honneur » serait « faire le jeu du sionisme ». Tout comme, à une autre époque, dénoncer les procès de Moscou serait « faire le jeu de l’impérialisme » ?

Ainsi, pour l’Irak, le Comité International de la Quatrième Internationale par exemple s’en prend à Lutte Ouvrière en ces termes : « tandis que la montée de la résistance plongeait les gouvernements de Washington et de Londres dans une crise sévère, LO dénonça une des figures symboliques de cette résistance, l’imam chiite Moqtada al Sadr ». Comment ne pas s’étonner que des trotskistes puissent être choqués que l’on dénonce un ennemi de la classe ouvrière comme Moqtada Al Sadr ! Al Sadr fait massacrer des femmes uniquement parce qu’elles sont femmes, et il ne faudrait pas le dénoncer parce qu’il serait une des figure symbolique de la résistance ?!? Et alors que des groupes qui se réclament du marxisme glorifie la prétendue résistance, ils oublient qu’il existe dans ce pays un courant communiste révolutionnaire, le Parti Communiste Ouvrier d’Irak, qui défend une ligne de classe, internationaliste et féministe. Il est clair, bien sûr, que chaque organisation ou militant peut formuler des critiques par rapport à la ligne du PCOI, le débat et la confrontation de points de vue, la polémique même, étant une tradition dans le mouvement ouvrier révolutionnaire[22]. Par contre, il est scandaleux de discuter des positions du PCOI en les mettant sur le même plan que celles de la prétendue « résistance », ce qui signifie mettre sur le même plan une organisation ouvrière, des camarades, et des ennemis de la classe ouvrière ! Que l’on puisse critiquer le PCOI est une chose, mais il en est une autre, lorsque des militants communistes, des militants ouvriers, des frères et des sœurs de classe, se font assassiner par des militants islamistes, de critiquer le soi-disant « sectarisme » des premiers et de soutenir la « résistance » des seconds ! Ces considérations devraient être la plus élémentaire solidarité de classe, et pourtant, plusieurs organisations progressistes ou même révolutionnaires de France ont refusé une intervention de Houzan Mahmoud, présidente de l’Organisation pour la Liberté des Femmes d’Irak et militante du PCOI, lors du meeting contre la guerre du 20 mars 2004, craignant que son discours féministe ne s’en prennent de façon trop virulente aux assassins de l’Islam politique !

Si, lors de la décolonisation, on pouvait croire que des camarades se laissaient éblouir par le discours vaguement socialiste des mouvement de libération nationale, même un aveugle peut voir le caractère profondément réactionnaire, anti-communiste et anti-féministe de l’Islam politique. Certains camarades pensent peut-être que la libération nationale serait, en Palestine ou en Irak, la « première étape », nécessitant la plus grande unité, pour permettre, ensuite d’aborder d’autres questions comme la libération des femmes. En 1979 déjà, lors de la révolution iranienne, une fraction non-négligeable de l’extrême-gauche iranienne considérait que Khomeini représenterait une « petite-bourgeoisie progressiste » et qu’il fallait donc le soutenir. Et pourtant, tout le monde sait aujourd’hui ce que signifie le régime des mollahs pour les progressistes, les femmes et les ouvriers d’Iran. Faudrait-il espérer le même sort pour les femmes, les ouvriers et les progressistes d’Irak ou de Palestine ?

Les crimes commis par l’islam politique, en Algérie, en Iran, en Irak, au Pakistan, en Palestine et ailleurs, hurlent la nécessité de refuser toute alliance, même « tactique », « provisoire » ou « critique » avec la mouvance fondamentaliste. A moins de considérer que la lutte des classes ne serait valable qu’en Occident ? Que le féminisme serait un luxe réservé aux pays impérialistes ? Pourquoi les femmes « nées musulmanes » n’auraient-elles pas les mêmes droits que les femmes « nées européennes » ? Faut-il « déconstruire le genre » en Europe et accepter l’apartheid sexiste ailleurs, et pourquoi pas, au nom d’un relativisme réactionnaire, l’accepter même ici pour les filles issues de l’immigration ?

Dans son très beau texte, « Féministes, je vous écris d’Alger »[23], répondant aux féministes qui, en France, manifestaient pour le port le hidjab, Wassyla Tamzali demande : « la peur de stigmatiser le christianisme n’a pas arrêté la lutte des féministes, pour la conquête essentielle du droit à l’avortement et de la liberté de disposer de son corps. On touchait là à un dogme beaucoup plus sérieux et avéré que le voile dans l’islam. Alors, ce qui est bon pour une religion ne l’est pas pour l’autre ? La gauche, une certaine gauche, les féministes, certaines féministes, par leur attitude, nous poussent à croire que ce qui touche à l’islam est en dehors de la pensée. Peut-on dire que ce qui conduit la pensée féministe en général n’est pas bon pour ce qui concerne les femmes dites musulmanes ? ».

Bien sûr, l’extrême-gauche se doit de lutter contre l’occupation de l’Irak, de la Palestine ou de l’Afghanistan, bien sûr, les révolutionnaires doivent se mobiliser contre l’impérialisme, et en premier lieu contre l’impérialisme français[24], mais sans oublier que nous menons une lutte générale, pour le communisme, pour l’émancipation de l’humanité, ce qui implique une lutte contre l’islam politique. Ceux qui maintiennent qu’il y aurait des différences entre les revendications à défendre pour les droits des femmes en Europe et dans les pays dominés ont non seulement une vision coloniale du monde (comme si une femme, sous prétexte qu’elle serait arabe, n’aurait pas les mêmes aspirations à être libre et traitée en être humain qu’une autre !), mais, en se montrant conciliant avec des groupes islamistes, servent « d’idiots utiles » à des courants fascisants et tournent ainsi le dos à l’émancipation de l’humanité qui ne pourra se faire sans briser l’oppression que subit plus de la moitié de la population mondiale.

Septembre 2005

PS : Deux petites réflexions sur les gauchistes suivistes par rapport à l’Islam politique :

– On entend parfois que le PCOI ne « ferait rien contre l’occupation ». Critique sans fondement, le PCOI organise les travailleurs, constitue des syndicats, contribue à l’organisation des femmes, chasse les islamistes des quartiers ouvriers, etc. etc. Ce travail quotidien d’organisation du prolétariat et de la société civile apparaît peut-être moins « excitant » d’un point de vue médiatique qu’une guérilla armée, fut-elle réactionnaire, moins viril ?

– Lors de la guerre en Yougoslavie ou des exactions de l’armée françaises en Côte d’Ivoire, toutes les organisations d’extrême-gauche, ou presque, ont, à juste titre, dénoncé le racisme de Milosevic et de Gbagbo tout en dénonçant l’impérialisme. Personne n’a considéré que face à l’impérialisme, il fallait soutenir Gbagbo ou Milosevic comme c’est le cas de la prétendue résistance irakienne ou du Hamas en Palestine. Est-ce parce que finalement, si le racisme est fermement condamné, le sexisme, lui, reste vu comme un « mal acceptable » ?

Comme quoi, même en France, y compris dans des milieux qui se veulent progresistes, le féminisme reste une nécessité.

[1] Ce terme, généralement utilisé, est critiquable, à la fois parce qu’il englobe d’un côté de nombreux peuples non-arabes (turcs, kurdes, perses, pakistanais, kabyles…) et de l’autre des minorités non-musulmanes (druzes, arabes chrétiens, zoroastriens, etc.) sans parler des athées de ces pays.

[2] Par marxisme, nous désignons bien entendu uniquement les organisations se réclamant ds oppositions de gauche au stalinisme, et non pas ceux qui défendent la contre-révolution bureaucratique ou ses variantes chinoise ou albanaise.

[3] Al-Fanar « A propos du fondamentalisme dans notre pays ».

[4] Source : L’Humanité, 16 janvier 1995

[5] Article 25 de la charte du Hamas

[6] Hassane Zerrouky, « Hamas, le produit du Mossad », « L’Humanité », 14 décembre 2001

[7] Voir Islah Jad, « Les Palestiniennes face aux mouvements islamistes », décembre 2004.

[8] Cité par Martine Gozlan, « Le sexe d’Allah », Editions Le live de Poche, Paris 2004.

[9] Yanar Mohammed, « Une constitution inhumaine pour les femmes », 23 juillet 2005.

[10] Ouvrage préfacé par Tarik Ramadan que certains, au sein du mouvement alter-mondialiste, continuent de considérer comme un progressiste !

[11] Fatwa numéro 32.

[12] Fatwa numéro 36.

[13] Sur cette question, voir le texte de Sivayes Azeri (Parti Communiste Ouvrier d’Iran), « Les groupes de la résistance religieuse irakienne sont-ils fascistes ? »

[14] Source : Amnesty International

[15] Magida Salman, « Les Femmes Arabes », Décembre 1997, Femmes Sous Lois Musulmanes

[16] Théorie maoïste selon laquelle le moteur de la transformation de la société serait « le bloc des quatre classes » (prolétariat, paysannerie, petite-bourgeoisie et bourgeoisie nationale)… Théorie qui est bien entendu une négation du marxisme !

[17] Des décennies de contre-révolution stalinienne et son influence sur le mouvement ouvrier peuvent laisser penser le contraire. Et pourtant ! En 1917, une des premières mesures du gouvernement soviétique, dans un pays arriéré comme la Russie, fut de dépénaliser l’homosexualité !

[18] Le Coran, sourate 2, La vache

[19] Voir Remma Hamami, « Les femmes, le hidjab et l’Intifada ».

[20] Voir De Fabel van de illegaal, mai/juin 2004, « Cheikh Yassin, un « héros » et un « exemple » ? » :

[21] Pour une critique des positions de ce courant, voir « Lutte de Classe » n°84, « Quand une partie de l’extrême-gauche fait la cour aux islamistes »

[22] Rosa Luxemburg, par exemple, ne s’est pas privée de critiquer la stratégie des bolcheviks, mais elle l’a fait en camarade, affirmant en même temps son entière solidarité avec les communistes russes face à la réaction.

[23] http://www.prochoix.org/pages.action/laicite/tamzali.html

[24] Se mobiliser prioritairement contre l’impérialisme américain, par exemple, ce qui est le cas de certains groupes gauchistes, revient souvent, dans les faits à se retrouver à la remorque de l’impérialisme français.

Une Réponse to “2005-09 Contre l’Islam politique : La libération des femmes n’est pas un luxe réservé aux pays riches”

  1. fabiennemelmi Says:

    2005-09 Contro l’islam politico: La liberazione delle donne non è un lusso riservato ai paesi ricchi
    par Fabienne Michèle Melmi, dimanche 6 novembre 2011, 17:19
    Dal Magreb al Medio Oriente, dal Caucaso al Pakistan, il mondo detto « arabo-musulmano[1] » deve fare fronte alla ascesa del cosiddetto Islam politico, integralismo o fondamentalismo. Utilizzeremo qui il termine di islam politico, termine che definisce meglio, secondo noi, questa corrente eteroclita. Difatti, il punto comune di tutti questi gruppi o partiti, che siano FIS o GIA in Algeria, Hamas o Jihad Islamico in Palestina, Hezbollah in Libano, Talebani in Afghanistan, ecc… è che si basano sulla più rigorosa lettura dell’islam come base del loro progetto politico. Tenteremo poi di analizzare in modo più dettagliato questa corrente, con le loro differenze, ed anche i loro punti comuni. Va notato che questa corrente, con organizzazioni come l’UOIF, (Unione delle Organizzazioni Islamiche della Francia), dei teorici come Tarik Ramadan, tenta anche di stabilirsi nell’immigrazione « di origine musulmana » europea in generale, e nella classe operaia immigrata in particolare. Nel periodo attuale, caratterizzato da un’offensiva della borghesia ed una migliore posizione difensiva del proletariato, non è davvero sorprendente che le idee reazionarie stiano guadagnando terreno, e ciò sta avvenendo in tutti i paesi, (basta vedere l’aumento del razzismo, della xenofobia, delle superstizioni in ogni genere nei paesi imperialisti) . Quello che, invece, è più sorprendente, è che i gruppi di estrema-sinistra, rivendicandosi dal marxismo [2] o dall’anarchismo, hanno una certa indulgenza verso i reazionari islamisti, potendo arrivare perfino a sostenerli in nome dell’ « anti-imperialismo » o dell' »anti-razzismo. »

    L’islam politico, una corrente reazionaria anti-comunista

    L’islam politico è una nebulosa eteroclita di gruppi e di partiti politico-religiosi. Ci troviamo sia sciiti che sunniti, dei partiti legali e legalistici e dei gruppi armati, delle organizzazioni anti-americane ed altre pro-americane, certe organizzazioni, come Hezbollah, al servizio degli interessi della Siria, altri finanziati dall’Iran o dall’Arabia Saudita. Nei paesi come l’Iraq o l’Afghanistan, troviamo degli islamisti in governi fantoccio al servizio dell’imperialismo e, allo stesso tempo, nella guerriglia che combatte l’imperialismo. In Algeria, le rivalità tra il GIA e il FIS si sono trasformate in conflitto armato tra questi due gruppi. In breve, le divisioni e sotto-divisioni sono numerose in seno a questa instabilità. Tuttavia, in più della loro base ideologica, la lettura la più rigorosa possibile del Corano e della Sunna come fondamento politico, ci sono altre similitudini tra questi gruppi. In un testo risalente al 1992, il gruppo femminista palestinese Al-Fanar[3] descriveva come segue le « asserzioni fondamentali del fondamentalismo »:

    « 1. la crisi della società araba -che, per natura, è islamica (secondo i fondamentalisti), e che costituisce anche « una società naturalmente islamica »- è nata dal fatto che la società ha preso le distanze dai comandamenti divini dell’islam e che le sue élite sono state infettate da un Jahaliyah di origine occidentale. Si ritiene generalmente che il termine Jahaliyah si riferisce al periodo pre-islamico. In effetti, questo termine non rinvia ad un periodo storico specifico, ma piuttosto ad un contesto in cui la società è retta da leggi « fatte dall’uomo » e non da leggi divine.

    2. la società araba può essere salvata solo con la lotta per uno Stato islamico, di cui i popoli arabi saranno gli elementi di base; uno Stato dove la Sharia, (legge islamica) sarà l’unica legge, interpretata dall’Ulimah Supremo,e non da un governo laico.

    3. la democrazia, l’uguaglianza, la liberazione nazionale, il socialismo ed il comunismo sono gli agenti dell’ « imperialismo culturale », il cui obiettivo è di distruggere l’islam, per far regnare il materialismo, edonista ed individualista Jahaliyah.

    4. tutti i movimenti che aderiscono ai suddetti principi (democrazia, ecc.) sono i nemici dell’islam e quindi anche della società araba. Secondo i fondamentalisti, la prova ne è che, dei musulmani, cosi come dei membri di altre comunità, collaborano in questi movimenti. La lotta per il trionfo di questi valori è corrotta e vile e deve essere combattuta.

    5. il colmo della corruzione occidentale, secondo i fondamentalisti, è il femminismo ed il movimento di liberazione delle donne che alleano dei valori egualitarii e democratici e li applicano alle donne. Le donne che sono attive in questi movimenti sono corrotte e licenziose, e sono delle rinnegate di cui è permesso versare il sangue. Inoltre, tutto questo si applica a chiunque li sostiene.

    Forte di queste affermazioni, il fondamentalismo opera per la preservazione ed il rafforzamento della società patriarcale e delle sue istituzioni; e più specificamente della famiglia patriarcale, che costituisce l’unità di base dell’ordine sociale patriarcale « sulla proprietà privata ». Questa relazione traspare chiaramente nelle rivendicazioni demagogiche del fondamentalismo che, da una parte esalta l’uguaglianza e vuole che le persone si accontentino di poco, e d’altra parte esalta la carità e vuole che i ricchi aiutino i poveri. In altri termini, fare la carità sostituirà la necessità di trasformare l’ordine sociale esistente. »

    Queste « asserzioni fondamentali del fondamentalismo » possono difatti definire l’insieme delle organizzazioni che si pretendono dell’islam politico, che siano legate o in opposizione all’imperialismo. Ed è così che, laddove l’islam politico ha un’influenza, usa i metodi più violenti contro il movimento operaio, i comunisti, i liberi pensatori e più generalmente i progressisti. Fin dalle loro origini, i Fratelli musulmani considerano il « comunismo internazionale » come uno dei loro principali nemici, e questo anti-comunismo degli islamici non si è mai smentito . Nel gennaio 1995, il GIA pubblica un comunicato in cui chiede, in cambio della fine della guerra, al governo algerino di « bandire tutti i partiti comunisti ed atei come prova della volontà del potere di combattere i nemici di Dio[4] », riferendosi ai movimenti nazionalisti palestinesi, Hamas stabilisce nel suo statuto che « li incoraggia affinché non siano fedeli sudditi dei comunisti dell’Est e dei Crociati dell’Occidente [5] », senza parlare, più recentemente, dei numerosi fatwas della pretesa « resistenza » irachena, che condannano numerosi militanti comunisti operai a morte, fatwas purtroppo seguiti di effetti. Riprendendo le tesi del classico antisemitismo razzista , Hamas, come altri gruppi dell’islam politico, sostiene che ci sarebbero »gli ebrei” dietro la
    Rivoluzione francese o la Rivoluzione di ottobre 1917. Inoltre, va ricordato che, anche quando attaccano l’imperialismo, i gruppi dell’islam politico, come qualsiasi frazione borghese e reazionaria, preferiscono sempre un’alleanza con l’imperialismo che con il socialismo. Durante l’insurrezione operaia di 1991 in Iraq, si è potuto assistere ad una « santa alleanza » degli islamici, dei baathisti, dei nazionalisti curdi e dell’imperialismo contro il proletariato. L’Arabia Saudita, paese in cui regna l’islamismo il più oscurantista, e che finanzia numerosi gruppi islamisti nel mondo, è sempre stata un’alleata dell’imperialismo americano, e non dobbiamo dimenticare che la rete Al-Qaeda ed i Talibani sono stati formati e finanziati dagli USA quando si trattava di combattere l’Armata Rossa in Afghanistan.

    Nel 1980, Giscard d’Estaing aveva ragione quando spiegava: « Per combattere il comunismo, dobbiamo opporgli un’ideologia. In Occidente, non abbiamo niente. Ecco perché dobbiamo appoggiare l’islam ». Dall’appoggio alla religione, questo oppio del popolo, al sostegno delle correnti fondamentaliste dell’islam politico, c’è solo un passo, che i dirigenti imperialisti non si sono preoccupati di superare: e, se il sostegno degli USA ai Talebani in Afghanistan è noto, possiamo ricordare che, nella metà degli anni 70, lo stato d’Israele ha incoraggiato lo sviluppo di Hamas . « Le associazioni islamiche e l’università ricevevano tutti gli incoraggiamenti del governo militare » incaricato dell’amministrazione della Cisgiordania e di Gaza, scriveva nell’ottobre 1987, il settimanale israeliano, Koteret Rashit, riportato da Le Monde il 18 novembre 1987, aggiungendo che » erano autorizzate a far venire del denaro dall’estero « . Gli islamisti creano degli orfanotrofi e dei dispensari, organizzano una rete scolastica, delle fabbriche di confezione di vestiti per il lavoro femminile, e dispensano un aiuto finanziario ai più bisognosi. E nel 1978, creano una » università islamica » a Gaza. Koteret Rashit aggiungeva:  » Il governo militare era convinto che queste attività avrebbero indebolito l’OLP e le organizzazioni di sinistra a Gaza.  » Fine 1992, si contavano 600 moschee in Gaza. Ed è così, grazie al Mossad, che gli islamisti hanno tessuto la loro tela, all’ombra di una spietata repressione, colpendo i militanti del Fatah e della sinistra palestinese » [6].

    L’antifemminismo, cemento dell’islam politico

    Esiste un altro punto di accordo fondamentale tra le differenti correnti dell’islam politico, punto sul quale basa l’essenziale della sua azione e della sua propaganda, che siano fazioni islamiste filo o anti americane, è il suo odio per le donne. E’ così che Al-Fanar spiega: « Il movimento fondamentalista rigetta il nazionalismo anche partecipando alla lotta per la liberazione nazionale; odia la democrazia pure essendo in favore delle elezioni; rigetta il principio di uguaglianza nazionale pure utilizzando lo stesso principio quando le masse lottano per accedervì; condanna il lusso pure finanziando i suoi giornali con la pubblicità di beni di consumo occidentali, come automobili di lusso, indumenti intimi maschili, ecc.; detesta lo sport come « valori occidentali barbari » pur formando delle squadre di calcio islamiche. Tuttavia, la questione della liberazione e dell’uguaglianza delle donne è l’unica sulla quale il movimento islamico non è assolutamente pronto a fare compromessi. Senza esitare né transigere, il movimento mette in atto la sua tesi secondo la quale lo statuto accordato alle donne nell’islam è più corretto ed il migliore, (a condizione « che sappiano rimanere al loro posto »). Per i fondamentalisti, il movimento di liberazione delle donne è il nemico centrale, perché tutta la società patriarcale, di cui il fondamentalismo difende l’esistenza, si basa sull’oppressione delle donne. »
    Non basterebbe un intera enciclopedia a riassumere tutti i crimini commessi, in tutti i paesi, da militanti islamisti contro le donne. In Palestina, Hamas ha, dalle sue origini, promesso il ritorno delle donne a casa, lanciato delle campagne per imporre l’uso del hidjab, si oppone ad ogni tentativo per migliorare la condizione delle donne, e designa le militanti femministe come « occidentalizzate, sostenute dalle organizzazioni occidentali allo scopo di distruggere la nazione islamica basata sulla cellula familiare, per incitamento alla dissolutezza ed alla rivolta » [7]. E agli slogan anti-femminista si sono aggiunti gli atti di terrore, come dimostra la recente esecuzione di Yousra eseguita dagli assassini di Hamas, a Gaza nell’aprile 2005. E se si è parlato di questo crimine all’epoca, non si tratta di un caso isolato, gli islamisti costituiscono delle « polizie del buoncostume » in varie località della Banda di Gaza e della Cisgiordania. In Algeria, il FIS e il GIA hanno fatto delle donne il loro bersaglio prioritario, terrorizzando quelle che rifiutavano l’obbligo dell’ hidjab, violando ed assassinando migliaia di donne. I Signori islamisti della guerra, così puritani quando si tratta della sessualità delle donne, redigono delle fatwas che favoriscono lo stupro. Così, nel settembre 1997, l’emiro del GIA pubblica un fatwa che indica « Al nome di Allah il Misericordioso, la donna vi appartiene quando l’emiro ve l’ha data. Fate di lei ciò che volete. È « jarya » (schiava)[8]. » Ed in Iraq, durante il congresso dei Mujaheddin, che si è tenuto a Falluja il 20 ottobre 2004, Abdulla Al-Janabi ed il Consiglio islamico di Falluja hanno pubblicato un fatwa che decreta che i Mujaheddin possono violare le ragazze fin dall’età di 10 anni, prima che siano violate dagli americani! Per quanto riguarda l’Iraq, si può notare che le due correnti antagoniste dell’islam politico, coloro che collaborano con l’occupazione e coloro che partecipano alla pretesa « resistenza », hanno almeno un punto in comune, quello di essere favorevoli all’oppressione delle donne. Mentre i « resistenti » assassinano delle donne perché rifiutano di nascondersi sotto il hidjab, perché vogliono lavorare, studiare e dimostrano una certa indipendenza davanti al potere patriarcale, gli islamisti filoamericani cercano di imporre una costituzione basata sulla Sharia. Come lo scrive Yanar Mohammed, presidentessa dell’Organizzazione per la Libertà delle Donne dell’Iraq: « L’abbozzo di costituzione menziona nel suo articolo 14, l’abrogazione della legge attuale e si limita a rinviare alle leggi sulla famiglia, in complemento alla Sharia islamica ed altri codici religiosi in Iraq. In altri termini, rende le donne vulnerabili a tutte le forme di disuguaglianze e di discriminazioni sociali, e fa di loro delle cittadine di seconda classe, dei mezzi esseri umani. [9] » e nel Nord-Ovest del Pakistan, una coalizione di partiti islamisti al potere ha smesso di prendersela con gli USA, pure vietando per esempio alle donne di presentarsi ad esami dove la giuria sarebbe maschile.

    Si noterà che sulla questione delle donne, gli islamisti europei dicono la stessa cosa dei loro accoliti del Magreb o del Machrek. Ed è così che il consiglio europeo delle fatwas e della ricerca ha pubblicato alle edizioni Tawhid nel 2002, i suoi « Pareri giuridici che riguardano i musulmani dell’Europa » [10] dove si può leggere: « Lo sposo ha il diritto di vietare alla sua donna di rendere visita ad una donna precisa, musulmana o no, se teme che ciò rechi torto o danno alla sua sposa o ai suoi bambini, o alla sua vita coniugale [11] » o « Questo pudore è una qualità lodevole sia negli uomini che nelle donne, ma lo è ancora di più nella donna ed è più conforme alla sua natura femminile. È per questo motivo che, generalmente, non prende l’iniziativa di rivolgere la parola agli uomini che non conosce (…) L’importante è di sapere che la Legge non vieta ad una donna di parlare con un uomo o viceversa in caso di bisogno, se i propositi restano nei limiti del lecito e conformi alle sue norme. [12] »

    Potremmo ancora aggiungere altri esempi dal carattere profondamente antifemminista, e anche più generalmente anti-donne, (è necessario riprendere gli esempi delle legislazioni saudite, iraniane o afgane?), dell’islam politico, e potremmo sviluppare anche altre tematiche reazionarie di questo movimento. Perché questo movimento è ovviamente profondamente omofobo, antisemita, ed il concetto stesso di unità della Ouma, (la comunità dei credenti) rigetta ogni autonomia della classe operaia. Tuttavia, l’antifemminismo è il più importante cemento ideologico dell’islam politico.

    Movimento eteroclito, dove troviamo al tempo stesso l’espressione della frustrazione dei piccoli-borghesi e del popolo davanti alla dominazione imperialista ed alla corruzione degli Stati , il sostegno di stati borghesi esistenti, (come la Siria nel caso di Hezbollah), dell’Iran e anche di regimi feudali (Arabia Saudita, Emirati arabi Uniti), il rifiuto del « progresso » visto come una forma di « colonialismo » e dunque la difesa delle tradizioni le più medievali, talvolta alleato, talvolta opposto all’imperialismo occidentale, vestendo sotto un discorso apparentemente « rivoluzionario » delle concezioni reazionarie, movimento di massa in certi paesi, disponendo di partiti, di gruppi armati, di organizzazioni di beneficenza e di reti diverse, questo movimento ricorda il fascismo. Ci vediamo una sola differenza fondamentale: in Europa, il fascismo fece la sua apparizione nel cuore stesso dei paesi imperialisti, mentre l’islam politico si sviluppa in paesi dominati. Non risponderemo dunque alla domanda di sapere se il termine fascismo, o fascismo verde, si applica veramente o no all’islam politico[13], ma conviene tenere in mente le similitudini tra questi due movimenti. E se la corrente islamica forma in sé un insieme eterogeneo », ciascuno dei gruppi che lo rivendicano è lui stesso un guazzabuglio di idee ed interessi contraddittori. Se ci troviamo gli interessi di certi Stati, di cricche dominanti feudali, di frazioni borghesi, così come dei « Signori » della guerra, questi gruppi sono in grado di sfruttare le frustrazioni delle classi popolari per avere un pubblico di massa. Ora, rispettosi della proprietà privata e dei loro ricchi finanziatori, i gruppi islamisti non possono portare un miglioramento delle loro condizioni di vita alle masse , da lì la necessità di offrire alla loro base la possibilità di sfogare le loro frustrazioni prendendosela con le donne. In questo senso, i gruppi islamisti possono, secondo gli interessi dei loro finanziatori e le ambizioni dei loro capi, accettare tutti i cambiamenti di opinioni, dei Talebani detti « moderati » possono allearsi con l’imperialismo americano, ma c’è un punto del loro programma che non cambierà mai, il loro antifemminismo, il loro disprezzo delle donne. In questo senso, l’antifemminismo svolge per l’islam politico lo stesso ruolo di cemento che hanno svolto l’antisemitismo nel nazismo.

    Dal colonialismo all’indipendenza

    L’argomento principale degli islamisti contro le militanti femministe è di accusarle di essere « occidentalizzate, sostenute dalle organizzazioni occidentali allo scopo di distruggere la nazione islamica basata sulla cellula familiare », ossia che sarebbero una sorta di cavallo di Troia dell’imperialismo o del colonialismo. Ora, il colonialismo, giustamente, non ha mai rotto e neanche tentato di rompere i rapporti di oppressione patriarcale nei paesi dominati. In Algeria ad esempio, il colonialismo francese non ha mai abolito la poligamia, il ripudio o più largamente il diritto islamico e tradizionale applicato prima della colonizzazione. Si noterà del resto che le leggi dello statuto riguardanti la persona continuano ad essere applicate nei DOM-TOM, come l’applicazione di un diritto locale musulmano a Mayotte o di un diritto consuetudinario in Nuova Caledonia per gli « indigeni », o per le donne immigrate, come dimostra la convenzione franco-marocchina del 1981 che stipula che « il riferimento alla legge di uno dei due Stati s’intende della legge interna a questo Stato all’esclusione del diritto internazionale privato », (art. 3). Detto diversamente, una donna marocchina in Francia si vedrà sottomessa, in caso di conflitto familiare, di conflitto di filiazione, al codice di statuto personale marocchino. In Cisgiordania e nella Striscia di Gaza, l’occupazione israeliana ha certo imposto numerose restrizioni di movimento alla popolazione palestinese, ma non ha per niente rimesso in causa le leggi discriminatorie contro le donne generate dal diritto giordano o egiziano. In Afghanistan, l’occupazione americana non impedisce che le violenze contro le donne restino frequenti, nemmeno le lapidazioni, (nel maggio 2005, nel distretto di Urgu, una donna di 29 anni è stata condannata a morte da un tribunale e lapidata per adulterio [14]) per non parlare dell’Iraq dove, con la benedizione dell’imperialismo, si organizza una costituzione contro le donne. Quindi, come i « Signori » della guerra islamica possono patteggiare molto bene con l’imperialismo, questo ultimo non ha fatto mai progredire di un passo la situazione delle donne nei paesi dominati.

    Ovviamente, il cemento antifemminista, cosi come la base politico-religiosa, dell’islam politico ha potuto trovare un’eco nei paesi di cultura musulmana solo perché queste società sono rimaste patriarcali e religiose. L’islam, in sé, non è più reazionario o antifemminista delle altre religioni, per esempio non è più intollerante del cristianesimo e il giudaismo . In Turchia, con la rivoluzione nazionalista-borghese condotta sulle rovine dell’impero ottomano, Atatürk ha fatto dello stato turco un Stato laico e ha permesso dei progressi in quanto ai diritti delle donne. Le donne turche hanno avuto così il diritto di voto nel 1934, ossia dieci anni prima delle donne francesi. Nei paesi arabi, invece, i movimenti di liberazione nazionale del dopoguerra non hanno, da nessuna parte, imposto la laicità ed ancora meno l’uguaglianza tra uomini e donne. Magida Salman, nel suo testo « Le donne arabe » afferma che: « La divisione del mondo arabo, ad opera dei poteri imperialisti europei, ha condotto all’uscita di una coscienza nazionalista, di cui l’elemento centrale era il desiderio di riaffermare l’unità araba distrutta dagli « Occidentali ». Questa coscienza si è manifestata per un attaccamento agli elementi unificatori precedenti la divisione: la lingua, i costumi e la religione vissuta come tradizione culturale. L’islam diventava così un componente della coscienza nazionalista borghese. La donna araba ha sofferto di questa reazione, che ha avuto l’ effetto di limitare le trasformazioni che si sarebbero potute produrre nella sua condizione, per il contatto con la società europea e per la lotta dei popoli per la liberazione del giogo imperialista europeo. [15] »

    Così, se il colonialismo non ha fatto progredire la condizione delle donne, è la stessa cosa per i movimenti di liberazione nazionale. Magida Salman spiega bene questa situazione, analizzando la base sociale dei movimenti di liberazione nazionale del mondo arabo all’ indomani della seconda guerra mondiale. « Questi movimenti sono arrivati al potere sia grazie a colpi di stato organizzati dai giovani ufficiali militari sia per l’azione di partiti
    politici essenzialmente formati dalla piccola borghesia. I regimi borghesi stabiliti dalle lotte ed i movimenti anti-imperialisti nel mondo arabo, erano spesso obbligati a prendere delle misure radicali contro l’intransigenza imperialista. Erano obbligati così ad appoggiarsi non solo sulla piccola borghesia urbana ma anche sulla classe contadina e addirittura la classe operaia , in una certa misura, a mobilitare gli operai ed i contadini. Ma era anche necessario assicurarsi che la radicalizzazione e la mobilitazione popolare non accentuasse la lotta delle classi, che il sollevamento popolare potresse essere circoscritto nei limiti compatibili col mantenimento del metodo di produzione capitalista. La formula permettendo di giungere a questo equilibrio delicato era scelta molto bene: il socialismo islamico. In altre parole, il socialismo per le masse, l’islam per la sopravvivenza del capitalismo.  » In questo senso, il mantenimento della religione come ideologia di stato con, come corollario, l’oppressione patriarcale sulle donne, era una necessità per la piccola-borghesia nazionalista, per mantenere lo sfruttamento capitalista. E per quanto riguarda l’Algeria, possiamo ricordare quali furono le posizioni di questo « socialismo islamico », (che ovviamente di socialista ha solo il nome), rispetto all’emancipazione delle donne,: nel 1967, la gazzetta ufficiale « el-Moujahid » spiegava: il « nostro socialismo riposa sui pilastri dell’islam e non sull’emancipazione femminile col suo trucco, le sue pettinature ed i suoi prodotti di bellezza che apre la via alle passioni nocive all’umanità ». Nel 1965, la rivista « el-Jaish » si chiedeva: « che cosa accadrebbe della virilità e della gloria algerina, della natura nazionale arabo-islamica della nostra dinamica gioventù, come i nostri giovani si sentirebbero vedendo le loro sorelle abbracciate a degli stranieri, che sono i loro nemici ed i nemici dell’intera nazione araba? . »

    Del resto questo riferimento all’islam ed ai « valori tradizionali » continua sempre ad essere utilizzato dagli Stati del mondo arabo per chiamare all’unità nazionale » davanti ai rischi di esplosioni sociali. Cosi come in Francia e più generalmente in Europa occidentale, i politici fanno appello alla demagogia razzista contro gli immigrati, gli Stati del mondo « arabo-musulmano » utilizzano una demagogia religiosa, antifemminista o omofoba. L’arresto di 52 omosessuali egiziani nella notte del 11 al 12 maggio 2001, ha permesso così di creare un tipo di unione sacra contro l’omosessualità, facendo del resto quasi passare questi arresti per una « azione anti-imperialista ». Il giornale Al-Maasa, vicino al potere, indicava così che questi omosessuali avrebbero « importato le loro idee perverse da un gruppo europeo ». Ed un giornalista egiziano, Rose al Youssef, scrisse « Israele è fortemente coinvolto nell’affare. »

    Come possiamo vedere, le correnti dell’islam politico non sono , come spesso è il caso per i movimenti di estrema destra, che una radicalizzazione dell’ideologia dominante. Negli Stati che considerano che la sharia è uno dei pilastri del diritto, gli islamisti chiedono l’applicazione la più rigorosa e la più sanguinosa di questo diritto, nelle società patriarcali, gli islamisti rivendicano la difesa di queste strutture sociali ed il rafforzamento di questa oppressione.

    Un colonialismo appena velato?

    Se l’estrema-sinistra occidentale ha avuto assolutamente ragione di lottare contro il colonialismo, durante la guerra dell’Algeria per esempio, certi gruppi, invece, sono sprofondati nell’opportunismo contro i movimenti di liberazione nazionale. Ed è così che, in certe pubblicazioni marxiste o anarchiche, non solo i limiti del nazionalismo non sono stati denunciati, ma questi movimenti piccolo-borghesi per natura sono stati ridipinti di rosso. Il terzomondismo, alla moda negli anni 70, ha persino teorizzato che i movimenti di liberazione nazionale sostituirebbero il proletariato mondiale come motore della trasformazione sociale. Troviamo sempre, per esempio, questo aspetto riguardo al movimento nazionale palestinese, le critiche nei confronti dell’OLP essendo generalmente sempre mal viste dall’estrema-sinistra occidentale. E tuttavia! L’OLP che comincia la maggior parte delle sue dichiarazioni ufficiali per « Al nome di Dio, il clemente, il misericordioso », non è di natura diversa dagli altri movimenti di liberazione nazionale. Non si tratta qui di sviluppare una critica dei movimenti di liberazione nazionale in sé, ma possiamo semplicemente ricordare che tutti questi movimenti, basandosi proprio su « l’unità nazionale », (ivi compreso le correnti che si rivendicano dal « marxismo », come i maoisti e la loro teoria del « blocco delle quattro classi [16] »), non solo sono classisti e mirano all’unità del proletariato con uno strato della borghesia, ma che , contrariamente al movimento operaio rivoluzionario[17], non cercano di combattere i pregiudizi razzisti, sciovinisti o sessisti, tra il popolo.

    Affermando  » le vostre spose sono per voi un campo da arare; andate ai vostri campi come [e quando] lo volete » [18], il Corano fa un’analogia tra la donna e la terra, analogia che si ritrova nella maggior parte dei movimenti nazionalisti, ovviamente anche in Europa. Le donne rasate in Francia dopo la Liberazione, in quanto sospettate di avere avuto rapporti sessuali con dei tedeschi o gli stupri collettivi commessi dai soldati serbi in Bosnia-Erzegovina, provengono dalla stessa logica. Il corpo della donna non gli appartiene, ma è la proprietà della patria. Quindi, se il colonialismo non ha rotto le strutture patriarcali e tribali, gli uomini hanno rinforzato il loro potere sulle donne, giustificandolo in nome della difesa dell’ « onore della patria ». Così, quando Hamas ha cominciato la sua campagna, prima nella Striscia di Gaza, poi in Cisgiordania, per imporre l’uso dell’ hidjab alle donne, la « Direzione Nazionale Unificata della Rivolta » ha aspettato più di un anno e mezzo per denunciare le violenze commesse dagli islamisti[19] contro le donne. Peggio ancora, dei graffiti, rivendicati dal Fatah, si associavano alla campagna di Hamas per velare le palestinesi. Allo stesso modo, né l’OLP, né i componenti detti « di sinistra » del nazionalismo palestinese, hanno lanciato campagne importanti per lottare contro i crimini detti « di onore » o contro le violenze coniugali.
    Il marxismo, ha, dalle sue origini, considerato che la lotta del proletariato contro il capitalismo, abolendo l’ordine esistente delle cose , mirava a costruire una società nuova, il comunismo, dove sarebbe stata rotta anche l’oppressione patriarcale. E, in Europa, la quasi-totalità delle organizzazioni di estrema-sinistra dicono di sostenere i movimenti femministi e denunciano regolarmente il sessismo o il maschilismo della società francese nelle loro pubblicazioni, certe dispongono anche di segreterie o di commissioni  » donne. » Forti degli apporti di Marx, Engels, Clara Zetkin, Alessandra Kollontaï e altri classici del marxismo e del movimento femminista degli anni 70, si potrebbe sperare che l’insieme dell’estrema-sinistra prenda posizione a favore delle donne nate « musulmane » contro l’islam politico. Certamente, delle organizzazioni come Lutte Ouvrière o la Federation Anarchiste non hanno avuto nessuna ambiguità su questo punto. Ma altre, invece, hanno un atteggiamento premuroso nei confronti dell’islam politico, in particolare nei confronti di Hamas o della pretesa  » resistenza » irachena in nome dell’anti-imperialismo. » La corrente che teorizza di più questa
    benevolenza con l’islam politico, è quella rappresentata in Gran Bretagna dal SWP, (Socialist Workers Party). È questa corrente che, all’epoca della guerra civile in Algeria, aveva lanciato la parole d’ordine  » Con lo stato mai, con gli islamisti talvolta » che, con i reazionari della Lega Araba Europea, ha organizzato il 27 marzo 2004 una manifestazione commemorativa in onore dello sceicco Ahmed Yassin, fondatore di Hamas liquidato cinque giorni prima dall’esercito israéliano[20 ] ad Amsterdam, o che influenza in Francia le “Jeunesses Communistes Révolutionnaires” ed una tendenza minoritaria della LCR che hanno manifestato con le organizzazioni islamiste per il  » diritto di portare il hidjab. » Ed al di là di questa corrente chiaramente identificabile[21], troviamo dei militanti e anche delle militanti, marxisti, anarchici o femministi, che non vedono niente di scandaloso se un Tarik Ramadan viene invitato ad un Forum Sociale e rifiutano di combattere chiaramente l’oppressione patriarcale che subiscono le donne  » nate musulmane » ed i gruppi dell’islam politico. Spesso, si tratta solamente di un rifiuto per omissione. Rispetto alla Palestina per esempio, che fa colare cosi tanto inchiostro nella stampa di estrema-sinistra, quante linee denunciano la situazione delle donne in questo paese? Esistono tuttavia parecchie organizzazioni femministe in Palestina, ma se ne parla raramente nelle pubblicazioni marxiste o libertarie. Peggio, capita che dei militanti, peraltro progressisti quando si tratta delle donne in Francia, considerano che denunciare i crimini di Hamas o gli omicidi  » di onore » sarebbe  » fare il gioco del sionismo. » cosi come, ad un’altra epoca, denunciare i processi di Mosca sarebbe stato come  » fare il gioco dell’imperialismo » ?
    Così, per l’Iraq, il Comitato Internazionale della Quarta Internazionale per esempio se la prende con Lutte Ouvrière in questi termini:  » mentre la salita della resistenza immergeva i governi di Washington e di Londra in una crisi severa, Lutte Ouvrière denunciò una delle figure simboliche di questa resistenza, l’iman sciita Moqtada al Sadr. » Come non stupirsi che i trotskisti possano essere urtati se si denuncia un nemico della classe operaia come Moqtada Al Sadr! Al Sadr fa massacrare delle donne unicamente perché sono donne , e non si dovrebbe denunciarlo perché rappresenterebbe una delle figure simboliche della resistenza?!? E mentre dei gruppi che si pretendono marxisti glorificano la pretesa resistenza, dimenticano che esiste in questo paese una corrente comunista rivoluzionaria, il Partito Comunista Operaio dell’Iraq che difende una linea di classe, internazionalista e femminista. È chiaro, ovviamente, che ogni organizzazione o militante può formulare delle critiche rispetto alla linea del PCOI, il dibattito ed il confronto di punti di vista diversi, anche la polemica, essendo una tradizione nel movimento operaio rivoluzionario[22]. Invece, è scandaloso discutere delle posizioni del PCOI mettendoli sullo stesso piano di quelle della pretesa  » resistenza », il che significa mettere sullo stesso piano un’organizzazione operaia, dei compagni, e dei nemici della classe operaia! Che si possa criticare il PCOI è una cosa, ma è una altra cosa quando dei militanti comunisti, dei militanti operai, dei fratelli e delle sorelle di classe, vengono assassinati da militanti islamisti , criticare il sedicente “settarismo » dei primi e sostenere la » resistenza » dei secondi! Queste considerazioni dovrebbero essere la più elementare solidarietà di classe, e tuttavia, parecchie organizzazioni progressiste o anche rivoluzionarie francesi hanno rifiutato un intervento di Houzan Mahmoud, presidentessa dell’organizzazione per la Libertà delle Donne dell’Iraq e militante del PCOI, durante un meeting contro la guerra del 20 marzo 2004, temendo che il suo discorso femminista fosse troppo virulente riguardo agli assassini dell’islam politico!

    Se, durante la decolonizzazione, potevamo pensare che i compagni si lasciavano abbagliare dal discorso vagamente socialista del movimento di liberazione nazionale, anche un cieco può vedere il carattere profondamente reazionario, anti-comunista ed anti-femminista dell’islam politico. Certi compagni pensano forse che la liberazione nazionale sarebbe, in Palestina o in Iraq, la  » prima tappa », necessitando la più grande unità, per permettere poi di abbordare altre questioni come la liberazione delle donne. Già nel 1979 , all’epoca della rivoluzione iraniana, una frazione no-trascurabile dell’estrema-sinistra iraniana considerava che Khomeini rappresentasse una  » piccola-borghesia progressista » e che bisognava dunque sostenerlo. E tuttavia, tutti oggi sanno ciò che significa il regime dei mullah per i progressisti, le donne e gli operai dell’Iran. Dovremo sperare la stessa sorte per le donne, gli operai ed i progressisti dell’Iraq o della Palestina?

    I crimini commessi dall’islam politico, in Algeria, in Iran, in Iraq, in Pakistan, in Palestina ed altrove, urlano la necessità di rifiutare ogni alleanza, anche  » tattica »,  » provvisoria » o  » critica » con l’instabilità fondamentalista. A meno di considerare che la lotta delle classi sarebbe valida solamente in Occidente? Che il femminismo sarebbe un lusso riservato ai paesi imperialisti? Perché le donne  » nate musulmane » non avrebbero gli stessi diritti delle donne  » nate europee » ? Occorre  » smontare il genere » in Europa ed accettare altrove l’apartheid sessista, e perché non, al nome di un relativismo reazionario, accettarlo anche qui per le ragazze generate dall’immigrazione?
    Nel suo bellissimo testo,  » Femministe, vi scrivo di Algeri » [23], rispondendo alle femministe che, in Francia, manifestavano per l’uso dell’ hidjab, Wassyla Tamzali chiede:  » la paura di stigmatizzare il cristianesimo non ha fermato la lotta delle femministe, per la conquista essenziale del diritto all’aborto e della libertà di disporre del proprio corpo. Si toccava un dogma molto più serio ed accertato che il velo nell’islam. Allora, ciò che va bene per una religione non va bene per l’altra? La sinistra, una certa sinistra, le femministe, certe femministe, per il loro atteggiamento, ci spingono a credere che ciò che tocca all’islam è fuori dal pensiero. Possiamo dire che ciò che conduce in generale il pensiero femminista non va bene per ciò che riguarda le donne dette musulmane? . »

    Certamente, l’estrema-sinistra ha il dovere di lottare contro l’occupazione dell’Iraq, della Palestina o dell’Afghanistan, i rivoluzionari devono mobilitarsi contro l’imperialismo, ed in primo luogo contro l’imperialismo francese[24], ma senza dimenticare che conduciamo una lotta generale, per il comunismo, per l’emancipazione dell’umanità, il che implica una lotta contro l’islam politico. Quelli che sostengono che ci sarebbero delle differenze tra le rivendicazioni per difendere i diritti delle donne in Europa e nei paesi dominati hanno non solo una visione coloniale del mondo, (come se una donna, perché araba, non avesse le stesse aspirazioni ad essere libera e trattata come ogni altro essere umano!), ma, mostrandosi conciliante coi gruppi islamisti, servono da « utili idioti  » ai movimenti fascisti e girano così le spalle all’emancipazione dell’umanità che non potrà farsi senza rompere l’oppressione che subisce più della metà della popolazione mondiale.
    Settembre 2005 – Testo di Yasmina, sito della Campagna Internazionale contro i Crimini d’Onore (ICAHK)

    PS: Due piccole riflessioni sui sinistroidi passivi rispetto all’islam politico :

    Si sente talvolta dire che il PCOI non  » farebbe niente contro l’occupazione. » Critica senza fondamento, il PCOI organizza i lavoratori, costituisce dei sindacati, contribuisce all’organizzazione delle donne, caccia gli islamisti dai quartieri operai, ecc… Questo lavoro quotidiano di organizzazione del proletariato e della società civile appare. forse meno  » eccitante » da un punto di vista mediatico che una guerriglia armata, anche se reazionaria, meno virile?

    – Durante la guerra in Iugoslavia o le estorsioni dell’esercito francese in Costa d’Avorio, tutte le organizzazioni di estrema-sinistra, o quasi, hanno, giustamente, denunciato il razzismo di Milosevic e di Gbagbo, pure denunciando l’imperialismo. Nessuno ha considerato che di fronte all’imperialismo, bisognava sostenere Gbagbo o Milosevic, come è il caso della pretesa resistenza irachena o di Hamas in Palestina. È perché finalmente, se il razzismo è fermamente condannato, il sessismo, lui, resta visto come un  » male accettabile » ?
    Anche in Francia, ivi compreso nei gruppi che si credono progressisti, il femminismo resta una necessità.

    [1] questo termine, generalmente utilizzato, è criticabile, al tempo stesso perché ingloba da un lato numerosi popoli non-arabi (turchi, curdi, persiani, pakistani, cabili)e dall’altro lato delle minorità non musulmane ( druzi, arabi cristiani, zoroastriani, ecc) senza parlare degli atei di questi paesi

    [2] per marxismo, designiamo ovviamente unicamente le organizzazioni che si vogliono di opposizioni di sinistra allo stalinismo, e non quelle che difendono la controrivoluzione burocratica o le sue varianti cinesi o albanesi.

    [3] Al-Fanar  » A proposito del fondamentalismo nel nostro paese. »

    [4] fonte: L’humanité, 16 gennaio 1995

    [5] articolo 25 della carta del Hamas

    [6] Hassane Zerrouky,  » Hamas, il prodotto del Mossad »,  » L’humanité », 14 dicembre 2001

    [7] vedere Islah Jad,  » I palestinesi di fronte ai movimenti islamisti », dicembre,2004.

    [8] citato da Martine Gozlan,  » Il sesso di Allah », Edizioni Le live de Poche, Paris 2004.

    [9] Yanar Mohammed,  » Una costituzione disumana per le donne », 23 luglio,2005.

    [10] lavoro prefazionato da Tarik Ramadan che certi, in seno al movimento alter-mondialiste, continuano di considerare come un progressista!

    [11] Fatwa numero32.

    [12] Fatwa numero36.

    [13] su questo punto , vedere il testo di Sivayes Azeri, Partito Comunista Operaio dell’Iran,  » I gruppi della resistenza religiosa irachena sono fascisti?  »

    [14] fonte: Amnesty International

    [15] Magida Salman,  » Le donne arabe », Dicembre 1997, Donne sotto Leggi musulmane

    [16] teoria maoista secondo la quale il motore della trasformazione della società sarebbe  » il blocco delle quattro classi » (proletariato, classe contadina, piccola borghesia e borghesia nazionale,
    Teoria che è ovviamente una negazione del marxismo!

    [17] dei decenni di controrivoluzione stalinista e la sua influenza sul movimento operaio possono lasciare pensare il contrario. E tuttavia! In 1917, una delle prime misure del governo sovietico, in un paese arretrato come la Russia, fu di depenalizzare l’omosessualità!

    [18] il Corano, sourate 2, La mucca,

    [19] vedere Remma Hamami,  » Le donne, l’hidjab e l’Intifada. »

    [20] vedere De Fabel van de illegaal, mai/juin 2004,  » Sceicco Yassin, un  » eroe » ed un  » esempio » ?  » :

    [21] per una critica delle posizioni di questa corrente, vedere  » Lutte di Classe » n°84,  » Quando una parte dell’estrema-sinistra corteggia gli islamisti »

    [22] Rosa Luxemburg, per esempio, non si è privata di criticare la strategia dei bolscevichi, ma l’ha fatto in compagna, affermando allo stesso tempo la sua intera solidarietà ai comunisti russi di fronte alla reazione.

    [23] http://www.prochoix.org/pages.action/laicite/tamzali.html

    [24] mobilitarsi in priorità contro l’imperialismo americano, per esempio, il che è il caso di certi gruppi sinistroidi, nei fatti corrisponde spesso a ritrovarsi al rimorchio dell’imperialismo francese.

    Fonte: https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/2005-09-contre-lislam-politique-la-liberation-des-femmes-nest-pas-un-luxe-reserve-aux-pays-riches/

    Traduzione: Fabienne Melmi

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