2005 Lettre à la CWO [Buick]

Publié sous le titre  Letter from SP dans Revolutionary Perspectives, 06-2005.

Dans votre dernier numéro (n° 34) vous publiez une lettre critiquant le Parti socialiste de Grande-Bretagne et son journal  le Socialiste Standard … Son argumentation semble être que, puisque que «le pouvoir politique est en définitive fondée sur son consentement» (c’est le cas), lorsque la classe ouvrière retire son consentement à la domination capitaliste, le capitalisme  touchera à sa fin, que le Parlement soit gagné ou pas ou qu’il existe encore. Logiquement, il en  va ainsi. Mais la position SPGB est qu’une fois que ce consentement est retiré, la question se pose de savoir quelle est la meilleure façon d’en finir avec le capitalisme avec un minimum d’effusion de sang et de perturbation de la production et de la vie sociale? Le SPGB répond que dans les pays où des institutions politiques stables existent, c’est en organisant à leur prise en charge (ainsi qu’on le fera pour la gestion de la production). D’autres voies sont envisageables: en ignorant l’État, une grève générale, la désobéissance civile, l’insurrection armée (comme l’ont proposés particulièrement les anarchistes). Le SPGB rejette ce qui se fonde avant tout sur un risque de « guerre civile sanglante » , ce qui ne semble pas être du goût de votre correspondant. Celui-ci ne comprend pas la position du SPGB, dont il n’a jamais été  membre, caricaturant une position qui considérerait qu’on ne peut aller au socialisme que par le Parlement. En fait la position du SPGB est que dans les pays capitalistes développés le recours aux institutions politiques est la meilleure option (quoiqu’elle ne soit pas la seul possible), et qu’au cas où (comme dans certains pays capitalistes moins développés) ce n’est pas possible, et bien une autre méthode devra être utilisée. Comme tous ceux qui ont été au SPGB le savent, nous avons toujours soutenu le vieux slogan chartiste: « paisiblement si on peut, de force s’il le faut« . De même votre correspondant (et de fait vous aussi dans votre introduction à sa lettre) conclut que le SPGB affirmerait que la propagande et l’éducation socialistes sont essentielles à l’émergence d’une conscience socialiste de masse, que le SPGB affirmerait que c’est la seule méthode en la matière. On ne peut pas suivre ces propos. Si c’était le cas, il vous appliquerait la même remarque quand page 24 vous dites sur cette question: « Ce sera la tâche des membres du futur parti de réaliser l’éducation la plus massive possible des travailleurs engagés dans la lutte ». Le SPGB serait quant à lui d’accord avec ce propos. La conscience socialiste émerge d’une interaction entre la classe ouvrière mécontente en lutte mais intégrée au capitalisme, et la propagande des idées socialistes qui leur permet d’y voir plus clair. Personne, parmi ceux qui se reconnaissent quelque affiliation avec les idées de Marx, ne pourrait prétendre le contraire.  Le SPGB ne le fait pas. Mais n’évoquer Marx, qui dans les années 1840 pensait (à tort, Engels et lui l’admirent plus tard) que la révolution bourgeoise dans des pays comme l’Allemagne serait  rapidement suivie d’une révolution prolétarienne, que pour soutenir l’émergence du socialisme en termes de guerre civile… c’est oublier que par la suite le même Marx a soutenu que les travailleurs devaient utiliser le vote et le Parlement. L’anti-parlementarisme est une position anarchiste, non marxiste.

AB

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