2007-05 Quel avenir pour les salariés?

Tract distribué en France du Mouvement socialiste mondial

Avant le 2nd tour des élections présidentielles 2007, le MEDEF, organisation caritative bien connue, avait annoncé qu’il ne donnerait pas de consignes de vote en faveur des deux candidats restants, ces derniers « étant favorables à l’économie de marché », c-à-d. pour appeler les choses par le nom, au capitalisme. Une façon comme une autre d’affirmer qu’entre l’UMP et le PS, c’est bonnet blanc et blanc bonnet ; ce que tout salarié ayant connu des gouvernements des deux bords ne peut que confirmer.

La veille, et à sa façon, Arlette Laguiller ne disait pas autre chose lorsqu’elle déclarait : « Aussi bien Ségolène Royal que Sarkozy sont dans le camp du capital, dans le camp des spéculateurs, des exploiteurs et des licencieurs et en sont de bons et loyaux serviteurs » (22 avril 2007). Quel salarié quelque peu lucide ne peut être d’accord ?

Mais alors que, en toute logique, le patronat votait pour ses représentants, les candidats de la « gauche de la gauche » appelèrent à voter pour un « candidat du capital » !? Comment s’étonner que l’immense majorité des salariés soit complètement déboussolée ?

Qu’on l’appelle « économie de marché », « libéralisme économique », « libre entreprise » ou qu’on emploie tout autre euphémisme, le système social sous lequel nous vivons est le capitalisme. Sous celui-ci, les moyens de production et de distribution des richesses sociales – les moyens d’existence de la société – sont la propriété exclusive d’une minorité parasite dominante – les détenteurs de capitaux ou classe capitaliste – au profit de laquelle ils sont inévitablement gérés (par des salariés !).

La santé, le bien-être de l’ensemble de la population sont sacrifiés lorsqu’ils mettent en danger le profit égoïste de cette minorité possédante. D’ailleurs, qui n’a entendu parler du veau aux hormones, de la vache folle, de la pollution des mers et des rivières, du réchauffement climatique, de la destruction de la couche d’ozone, des plans dits « sociaux », etc. ?

La gauche « anti-libérale » critique ce système mais ne propose que des réformes qui permettent, intentionnellement ou non, de le perpétuer. Tenter d’aménager ce système en faveur des salariés, d’en adoucir les effets, en un mot, de l’« humaniser », c’est demander à un tigre de brouter du gazon.

Nous ne mettons pas en doute la sincérité de la majorité des candidats et militants de cette gauche radicale, mais nous mettons sérieusement en doute l’efficacité de leurs propositions.

Depuis plus d’un siècle que les réformistes ont eu la possibilité d’en finir avec les problèmes du capitalisme (chômage, précarité, pauvreté, insécurité, pénurie de logements ici, malnutrition, famine, guerre ailleurs), et en dépit de l’infinité de gouvernements de toutes tendances qui se sont succédés dans le monde au cours du 20ème siècle, non seulement ces problèmes n’ont pas disparu, mais ils se sont aggravés et d’autres, dont on a déjà parlé, sont venus se greffer. En outre, les réformes si difficilement obtenues sont remises en cause par le premier gouvernement « libéral » venu (recul de l’âge de la retraite, diminution des indemnités de chômage, déremboursements de la sécurité sociale, etc.), en attendant la remise en cause de la semaine de 35 heures et autres gâteries.

Pour en finir avec les problèmes qui nous accablent, ce n’est pas d’une augmentation du SMIC ou de toute autre mesure humanitaire dont nous avons besoin, pas plus que de mesures utopiques et inefficaces, telle l’« interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits » (José Bové et L.C.R.) ou, dit autrement, l’interdiction de « tout licenciement collectif aux grandes entreprises sous peine de réquisition, c’est-à-dire d’expropriation sans rachat ni indemnité » (Arlette Laguiller). Bien avant qu’un candidat porteur de cette revendication eût passé la porte de l’Élysée, les actionnaires et propriétaires des entreprises visées les auraient délocalisées, mettant ainsi sur la paille des centaines de milliers de salariés.

Par définition, le capitalisme ne peut fonctionner que dans l’intérêt des capitalistes. Une constatation s’impose donc : aucun aménagement, aucune mesure, aucune réforme, n’ont pu (et ne le pourront d’ailleurs jamais) subordonner la propriété privée capitaliste à l’intérêt général et, donc, changer quoi que ce soit à la position de soumission de la majorité salariée aux intérêts égoïstes de la minorité possédante.

Instruits des erreurs passées, et soucieux de ne pas les reproduire, les socialistes proposent, comme seule solution réaliste et immédiate, l’instauration de la propriété sociale (d’où le nom de socialisme) des moyens d’existence de la société, de manière à assurer leur gestion par (et, donc, dans l’intérêt de) la collectivité tout entière.

Nous lançons donc un appel à tous les salariés conscients de la gravité de la situation actuelle et désireux, non pas de la rafistoler, mais d’y mettre un terme. Nous espérons qu’il sera entendu.

OBJECTIF

L’établissement d’un système de société basé sur la propriété commune et le contrôle démocratique des moyens et instruments de production et de distribution par et dans l’intérêt de la communauté tout entière.

DÉCLARATION DE PRINCIPES

1. La société, telle qu’elle est actuellement constituée, est fondée sur la possession des moyens d’existence (terre, usines, chemins de fer, etc.) par la classe capitaliste ou dominante qui tient ainsi asservie la classe travailleuse, dont le travail seul produit toutes les richesses.

2. Il en résulte dans la société un conflit d’intérêts qui se manifeste par une lutte de classes entre ceux qui possèdent mais ne produisent pas et ceux qui produisent mais ne possèdent pas.

3. Seule l’émancipation de la classe travailleuse du joug de la classe dominante fera disparaître cet antagonisme, et ce, par la conversion en propriété commune de la société des moyens de production et de distribution et leur contrôle démocratique par la population tout entière.

4. Puisque, dans l’ordre de l’évolution sociale, la classe travailleuse est la dernière classe à gagner sa liberté, l’émancipation de la classe travailleuse impliquera l’émancipation de l’humanité tout entière, sans distinction de race ou de sexe.

5. Cette émancipation doit être l’œuvre de la classe travailleuse elle-même.

6. Puisque la machine gouvernementale, y compris les forces armées de la nation, n’existe que pour conserver le monopole de la classe capitaliste sur les richesses enlevées aux travailleurs, la classe travailleuse doit s’organiser consciemment et politiquement en vue de la conquête des pouvoirs gouvernementaux, tant nationaux que locaux, afin que cette machine, forces armées comprises, puisse être convertie d’un instrument d’oppression en l’agent d’émancipation et d’abolition des privilèges aristocratiques et ploutocratiques.

7. Puisque tous les partis politiques ne sont que l’expression d’intérêts de classe, et étant donné que l’intérêt de la classe travailleuse est diamétralement opposé aux intérêts de toutes les sections de la classe dominante, le parti qui a pour but l’émancipation de la classe travailleuse doit s’opposer à tout autre parti.

8. Un parti socialiste digne de ce nom doit donc entrer dans le champ de l’action politique, déterminé à mener la lutte contre tous les autres partis politiques, qu’ils prétendent agir au nom des travailleurs ou qu’ils soient ouvertement capitalistes, et invite les membres de la classe travailleuse de ce pays à le rejoindre dans le but de mettre rapidement un terme au système qui les prive des fruits de leur travail et afin que la pauvreté cède la place au bien-être, le privilège à l’égalité et l’asservissement à la liberté.

Démocratie socialiste

http://www.democratie-socialiste.net/

Mouvement Socialiste Mondial http://www.worldsocialism.org/othlang.php

Parti Socialiste du Canada http://www.worldsocialism.org/canada/

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Une Réponse to “2007-05 Quel avenir pour les salariés?”

  1. Liberté ou capitalisme ? « La Bataille socialiste Says:

    […] 2007-05 Quel avenir pour les salariés? (tract) […]

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