2008 Manifester… jusqu’à quand ? [Démocratie socialiste]

Tract.

Manifester, manifester, encore manifester, toujours manifester… Il est vrai que les motifs de grogne, de mécontentement ou de colère ne manquent pas… mais ils ne manquaient pas non plus aux générations qui nous ont précédées. Or, à combien de manifestations, de grèves plus ou moins générales, d’occupations d’usines, de lycées et de facs, de pétitions, etc., nous et nos aïeux avons déjà participé sans que la situation des salariés et de leurs enfants ait fondamentalement changé.

Face aux problèmes créés par le capitalisme, les partis dits socialistes ou sociaux-démocrates, créés il y a plus de cent ans, tentèrent d’« humaniser » ce système par des réformes afin de « faire quelque chose maintenant » en faveur de ses victimes – les salariés – qui, il est vrai, en avaient bien besoin, et cela, « en attendant » d’établir le socialisme, considéré comme objectif à plus long terme.

Le problème, c’est que, plus d’un siècle plus tard, les partis qui n’ont plus de « socialiste » ou de « social-démocrate » que le nom – puisque le socialisme a disparu de leur horizon -, essaient toujours de « faire quelque chose maintenant » sous prétexte de « réalisme ».
Or, non seulement, les problèmes d’il y a cent ans existent toujours ; non seulement ce ne sont pas les partis « socialistes » qui ont « humanisé » le capitalisme, mais c’est le capitalisme qui a « déshumanisé » les partis « socialistes » ; non seulement le socialisme a disparu de leur horizon; mais, en outre, les «conquêtes» de ces partis sont sans cesse remises en cause par le premier gouvernement « libéral » venu… quand ce n’est pas par ces mêmes partis « socialistes ». Quelle meilleure preuve de l’inanité, de la futilité des réformes que la permanence de problèmes qui existaient déjà il y a cent ans et plus ?

Ne doutons pas que si le réformisme continue à être l’option dominante… pour ne pas dire la seule, chez les salariés, qui représentent, ne l’oublions pas, l’immense majorité de la population (courtisés qu’ils sont pour cette raison même par leurs pires ennemis à chaque échéance électorale), il faudra encore, dans un siècle et plus, « faire quelque chose maintenant » en leur faveur pour remédier aux problèmes dont ils continueront à être victimes, et qui n’auront toujours .pas été résolus pour la simple raison qu’ils sont intrinsèques au système actuel.

En effet, qu’on l’appelle « économie de marché », « libéralisme économique », « libre entreprise » ou qu’on emploie tout autre euphémisme, le capitalisme reste le capitalisme, c’est-à-dire un système de société basé sur le monopole des moyens de production et de distribution des richesses sociales – les moyens d’existence de la société -par une petite minorité parasite – les détenteurs de capitaux, ou classe capitaliste – au profit de laquelle ils sont inévitablement gérés… par des salariés !

Aussi, comment concevoir un capitalisme qui fonctionne autrement que dans l’intérêt des capitalistes ? Comment ce monopole ne pouvait-il déboucher sur le despotisme économique de la classe capitaliste et, par conséquent, sur l’esclavage salarié ? Or, tous les partis politiques actuels, qu’ils soient de gauche ou de droite, d’extrême gauche ou d’extrême droite, proposent des réformes du capitalisme qui ne touchent pas à la propriété privée capitaliste, œuvrant par là, volontairement ou non, à la perpétuation de la cause des problèmes sociaux.

Voilà pourquoi, aucune réforme, si avantageuse soit-elle pour les salariés, chômeurs, lycéens, étudiants et leurs familles ; aucune manifestation, si bien suivie soit-elle ; aucune consigne de vote, si massive soit-elle, pour ou contre tel parti capitaliste quel qu’il soit (même affublé d’un masque «socialiste»), ne résoudra les problèmes auxquels nous sommes confrontés.

En effet, aucune mesure, aucune réforme, aucune rustine, n’ont pu (et ne le pourront d’ailleurs jamais) subordonner la propriété privée capitaliste à l’intérêt général et, donc, changer quoi que ce soit à la position de soumission de la majorité salariée aux intérêts égoïstes de la minorité possédante.

Si ce système avait pu être « humanisé » ; si le chômage avait pu être éliminé en réduisant le temps de travail ; si les SDF avaient pu être logés dans les logements vides ; si les 12 millions d’enfants qui meurent de faim chaque année dans le monde avaient pu être alimentés avec les tonnes de nourriture qui sont détruites tous les ans ; si la violence et les guerres avaient pu être arrêtées pour sauver des victimes qui, dans leur majorité, n’aspirent qu’à vivre en paix, ce ne sont ni les motifs ni les tentatives ni les moyens ni l’argent qui ont manqué.

Pour en finir avec les problèmes qui nous accablent, ce n’est pas d’une augmentation du SMIC, d’une réduction du temps de travail, d’une réforme de l’école ou de la sécurité sociale, ou de toute autre mesure utopique et inefficace, telle l’« interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits », ou l’interdiction de « tout licenciement collectif aux grandes entreprises sous peine de réquisition, c’est-à-dire d’expropriation sans rachat ni indemnité ». Bien avant qu’un candidat porteur de cette revendication eût été élu, les actionnaires des entreprises visées les auraient délocalisées, mettant ainsi sur la paille des centaines de milliers de salariés.

Instruits des erreurs passées, et soucieux de ne pas les reproduire, les socialistes proposent donc, comme seule solution réaliste et immédiate, l’instauration de la propriété sociale (d’où le nom de socialisme) des moyens d’existence de la société, de manière à assurer leur gestion par (et, donc, dans l’intérêt de) la collectivité tout entière.

2 Réponses to “2008 Manifester… jusqu’à quand ? [Démocratie socialiste]”

  1. Neues aus den Archiven der radikalen (und nicht so radikalen) Linken « Entdinglichung Says:

    […] (1977) * Démocratie socialiste: Liberté ou capitalisme ? (2008) * Démocratie socialiste: Manifester… jusqu’à quand ? (2008) * Adam Buick: PCF and the Dictatorship of the proletariat (1976) * William Morris: Où en […]

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  2. Poumisceral « Poumista Says:

    […] (1977) * Démocratie socialiste: Liberté ou capitalisme ? (2008) * Démocratie socialiste: Manifester… jusqu’à quand ? (2008) * Adam Buick: PCF and the Dictatorship of the proletariat (1976) * William Morris: Où en […]

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