2009-05 Déclaration des ouvriers iraniens

Le 1er Mai est la journée de solidarité de la classe ouvrière et un jour de lutte des travailleurs autour du monde contre le pouvoir oppressif du capitalisme et l’expression de leurs désirs d’un monde libéré de l’oppression et de l’exploitation.

Cette année la classe ouvrière célèbre le Premier Mai alors que le système capitaliste mondial s’embourbe dans une crise économique de plus en plus dévastatrice et lutte pour se libérer de ce marasme par tous les moyens possibles.

La crise économique actuelle a démontré l’incapacité du système capitaliste de surmonter ses problèmes, et il n’a pas trouvé d’autres solutions que de transférer le poids de la crise sur les épaules de la classe ouvrière dans le monde entier. Cela témoigne du fait qu’après la chute du bloc de l’Est et la déclaration de la fin de l’Histoire par le monde capitaliste décadent, il ne reste pas d’autre alternative à la classe ouvrière et au monde civilisé que de se libérer des inhumaines relations de production capitalistes.

L’actuelle crise financière et ses conséquences dévastatrices pour la classe ouvrière du monde entier étend son spectre sinistre sur la vie quotidienne des travailleurs iraniens. Mais les injustices dont ils souffrent ne sont que la conséquence du pouvoir de la classe capitaliste iranienne.

Les injustices imposées à la classe ouvrière iranienne, sont, entre autres :

– Des salaires qui poussent les travailleurs sous le seuil de pauvreté ;
– La multiplication des licenciements ;
– Le refus de payer les salaires pendant des mois ;
– L’imposition par les compagnies de contrats de travail précaires et temporaires ;
– L’emprisonnement et la flagellation (1) de travailleurs afin d’empêcher la désobéissance et la résistance ;
– L’absence de contrats de travail justes et légaux.

Tout cela ce ne sont pas des problèmes qui sont apparus en Iran avec la nouvelle vague de la crise économique. De telles injustices existent en Iran depuis de nombreuses années et la crise est chaque année plus profonde. Nous ne devons pas rester silencieux devant de telles pratiques inhumaines et détestables, et nous ne devons pas les laisser violer encore plus nos droits qu’ils ne le font déjà. Nous sommes les principaux producteurs de la richesse de la société, et nous considérons de notre plein droit de vivre selon les meilleurs niveaux de vie.

Nous méritons un niveau de vie décent et nous nous assurerons que nous réglerons ces problèmes en formant des syndicats indépendants de l’influence du gouvernement et des compagnies, et par notre solidarité continue.

Aussi, nous, travailleurs, considérons les revendications suivantes comme étant le programme minimum qui doit s’appliquer immédiatement :

1.Sécurité de l’emploi pour tous les travailleurs et abolition des contrats temporaires, précaires ou nouvellement formulés.

2. Nous considérons que le salaire minimum (2) mis en place par le Haut Conseil du Travail n’est que l’imposition d’une mort graduelle pour des millions de familles ouvrières, et nous insistons sur l’augmentation immédiate du salaire minimum sur la base des revendications légitimes des travailleurs, élaborées par les véritables représentants des travailleurs et leurs syndicats indépendants.

3. La formation de syndicats ouvriers indépendants, le droit de grève, la liberté de se rassembler et la liberté d’expression sont nos droits légitimes, et ces revendications doivent être garanties de façon inconditionnelle et sont les droits inaliénables de tous les travailleurs.

4. Les salaires impayés des travailleurs doivent être immédiatement versés. Le non-paiement des salaires doit être dorénavant considéré comme un délit, poursuivi par les cours de justice et le paiement des salaires imposé.

5. Il faut mettre fin aux licenciements de travailleurs sous différents prétextes et tous ceux qui ont été licenciés ou qui arrivent nouvellement sur le marché du travail doivent bénéficier d’une garantie d’emploi leur offrant un niveau de vie décent.

6. Nous demandons l’égalité des droits entre les hommes et les femmes dans tous les aspects de la vie économique et sociale et nous demandons l’abolition de toutes les lois discriminatoires actuelles.

7. Nous demandons des retraites décentes pour tous les retraités et condamnons toutes les pratiques discriminatoires dans le versement des retraites (3).

8. Nous soutenons fermement les revendications avancées par les enseignants, infirmières et autres cols blancs qui travaillent dur, et nous nous considérons nous mêmes comme leurs alliés dans leurs luttes. Nous demandons aussi la révocation de la condamnation à mort de Farzad Kamangar (4).

9. Comme les ouvriers saisonniers et du bâtiment sont privés des droits à une nécessaire assurance sociale, nous soutenons leur lutte pour acquérir leurs droits humanitaires et une vie décente.

10.Le capitalisme est la force principale derrière le travail des enfants. Nous demandons que tous les enfants, quelque soit leur genre, leur ethnie ou leur religion, ait la possibilité de bénéficier des mêmes possibilités en matière d’éducation, de santé et d’hygiène.

11. Nous demandons la libération de tous les travailleurs incarcérés, dont Mansour Osanloo5 et Ebrahim Madadi, et la révocation de tous les jugements rendus contre eux, et que soit mis fin aux arrestations et aux intimidations à l’encontre de travailleurs.

12.Nous prononçons fermement notre soutien aux mouvements amoureux de la liberté et revendiquant l’égalité comme le mouvement étudiant et le mouvement des femmes et condamnons les arrestations et la détention de leurs militant(e)s.

13. Nous faisons partie du mouvement international de la classe ouvrière et en tant que tel, nous condamnons les expulsions aléatoires et la double exploitation et le double harcèlement des Afghans et d’autres travailleurs immigrés en Iran.

14.Si nous sommes reconnaissant envers le soutien de la classe ouvrière internationale avec nos luttes en Iran, nous sommes également les alliés et solidaires de toutes ses luttes contre les difficultés imposées par le système capitaliste.

15. Le Premier Mai doit être un jour férié en Iran et il faut révoquer et mettre fin à toutes les interdictions de célébrer le Premier Mai.

Vive le Premier Mai !

Vive la solidarité internationale de la classe ouvrière !

Téhéran, 1 Mai 2009

  • Comité du Premier Mai
  • Syndicat des Travailleurs de la Compagnie de Bus Vahed de Téhéran et de la Banlieue
  • Syndicat des Travailleurs de Haft Tapeh Sugar Plantations.
  • Syndicat Libre des Ouvriers d’Iran
  • Comité de Fondation du Syndicat des Peintres en Bâtiment et des Travailleurs de la Décoration
  • Conseil de Collaboration des Organisations et Militants Ouvriers
  • Comité de Coordination pour la Formation d’Organisations Ouvrières
  • Comité pour la Mise en Place d’Organisations Libres de Travailleurs
  • Conseil des Femmes
  • Centre pour les Droits des Travailleurs en Iran
Publicités

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :