1948 Manifeste du MSUD aux travailleurs de France

Le Mouvement socialiste unitaire et démocratique a été fondé en janvier 1948 par des militants de la « Bataille socialiste » exclus de la S.F.I.O. pour avoir élevé une protestation publique contre le vote de la loi super-scélérate antigrève, par le groupe parlementaire.

Le Mouvement socialiste unitaire et démocratique entend regrouper tous les socialistes demeurés fidèles aux vieilles traditions révolutionnaires du socialisme français.

La S.F.I.O. s’est exclue du socialisme.

La S.F.I.O. a définitivement cessé d’être un parti de lutte des classes. Par sa collaboration avec les partis de la bourgeoisie, la S.F.I.O. trahit les intérêts de la classe ouvrière.

La S.F.I.O. s’est engagée tout entière, derrière Léon Blum, dans l’aventure de la III° Force. Alliée au M.R.P., parti clérical, elle a abandonné la laïcité.

La S.F.I.O. a renié ses propres statuts qui lui assignent comme but et comme raison d’être la « transofmration de la société capitaliste en une société collectiviste ou communiste ».

La S.F.I.O. s’est associée aux mesures législatives les plus réactionnaires, notamment les projets Mayer, qui renforcent l’hégémonie du capitalisme, ruinent les classes moyennes et précipitent le prolétariat dans une misère affreuse. La S.F.I.O. porte la responsabilité de la criminelle scission syndicale. C’est le ministre S.F.I.O. du Travail, Daniel Mayer, qui a doté la nouvelle centrale Force ouvrière de 40 millions, pour lutter contre la C.G.T.

La S.F.I.O. a soutenu au Parlement l’abominable politique coloniale mise en oeuvre par Marius Moutet. Le groupe parlementaire a voté les crédits de la guerre d’Indochine et approuvé la sanglante répression qui s’est abattue sur le peuple malgache.

La S.F.I.O. mène une politique internationale, qui, sous le couvert d’un pseudo-pacifisme, ne sert en réalité que les intérêts de l’impérialisme américain et contribue ainsi, non à écarter, mais à rapprocher l’éventualité d’une troisième guerre mondiale.

Ainsi, par son attitude toute de faiblesse, de trahison et de faillite, la S.F.I.O. prépare la voie de la réaction gaulliste.

Il faut refaire un véritable Parti socialiste.

Aucun redressement de la S.F.I.O. par la base n’est possible. Les dirigeants ont tué toute démocratie véritable à l’intérieur du parti. Les décisions des Congrès sont lettres mortes. C’est ainsi que Ramadier, alors qu’il était président du Conseil, s’est refusé à appliquer comme programme de gouvernement les mesures de salut public adoptées par le Congrès de Lyon. Non seulement aucune sanction n’a été prise contre ramadier, mais encore il a été soutenu par le Comité directeur et approuvé à l’Assemblée par le secrétaire général de la S.F.I.O. Guy Mollet.

Pour faire revivre le socialisme, il faut donc refaire un véritable Parti socialiste, fidèle à la Charte d’unité de 1905, fidèle au programme socialiste tel qu’il fut élaboré par des hommes comme Jules Guesde, Jean Jaurès, Edouard Vaillant.

Le Mouvement socialiste unitaire et démocratique se donne pour tâche de préparer ce nouveau parti.

Largement ouvert à tous ceux qui se réclament de la doctrine marxiste, il entreprend de regrouper, section par section, fédération par fédération, les militants qui ont quitté la S.F.I.O. écoeurés par ses reniements, ou qui, bien que socialistes, refusent d’y adhérer parce qu’il ne traduit plus leur idéal. Ce regroupement opéré, le programme et les statuts du nouveau Parti socialiste seront établis démocratiquement par un congrès souverain.

Unitaires et démocrates

Mais dès à présent, dans son action quotidienne, le m.S.U.D. entend pratiquer avec les grandes organisations les plus représentatives de la classe ouvrière et, en premier lieu avec la C.G.T. et le Parti communiste français, une unité d’action loyale.

Nous pouvons être séparés de nos camarades communistes par une divergence d’appréciation sur la façon de faire fonctionner une véritable démocratie à l’intérieur du mouvement ouvrier et d’assurer la liberté d’expression de ses différen,tes nuances. Mais le but final que poursuit le socialisme ne diffère en rien de celui que poursuit le communisme.

C’est pour réaliser ce but final, l’émancipation totale du prolétariat, que nous nous affirmons unitaires. La classe ouvrière française ne retrouvera sa cohésion et toute sa force qu’en retrouvant son unité politique. C’est pourquoi tous nos efforts tendront à recréer entre socialistes et communistes un climat de fraternité et de confiance.

Nous sommes persuadés que des millions de travailleurs des villes et des campagnes, d’artisans, pensent comme nous. NOus les appelons à nos côtés. Nous leur demandons d’adhérer au M.S.U.D. et de nous apporter leur concours pour refaire un grand Parti socialiste, rénové, revenu aux sources du socialisme français.

Travailleurs, venez avec nous.

Pour un véritable socialisme de lutte de classe, rejoignez le Mouvement Socialiste Unitaire et Démocratique.

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