Fouchère (1899-1979)

Berthe Fouchère

FOUCHERE_Berthe

Institutrice, militante syndicaliste et socialiste dans la Nièvre, elle est suspendue de ses fonctions et poursuivie en janvier 1923 pour deux articles de novembre 19 et d’avril 1922, articles dirigés contre la loi de 1921 réprimant toute propagande anticonceptionnelle, puis exclue de l’enseignement. Réintégrée dans l’enseignement en 1925 dans l’Oise, Elle fut déléguée à plusieurs congrès nationaux de la SFIO, notamment à Mulhouse en 1935, à Paris en 1936 et à Marseille en juillet 1937 où elle défendit la motion Marceau Pivert réclamant un « Front populaire de combat » et condamnant la participation socialiste au cabinet Chautemps. Elle ne rejoint toutefois pas le PSOP. Elle ne quittera la SFIO que pour le Parti socialiste autonome puis le PSU dont elle est la candidate aux élections législatives de 1960 dans la circonscription de Creil. Elle retourne au PS en 1971.

TEXTES:

Voir aussi: sa notice dans le Maitron.

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2 Réponses to “Fouchère (1899-1979)”

  1. Le Comité d’Action Socialiste pour l’Espagne en 1937 « La Bataille socialiste Says:

    […] Colette AUDRY, BEAUREPAIRE, DE BOTON, COLLINET, Berthe FOUCHERE, FOURRIER, D. GUERIN, Jean LONGUET, Édouard SERRE, SCHMIRER, THIRION, WEIL-CURIEL, Jean ZYROMSKI, […]

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  2. lucien Says:

    Extrait d’un discours de François Mitterrand à Marseille en mai 1979 (L’Unité, 11-05-1979 ):

    Il y a quelques jours, j’étais dans un petit cimetière de la région parisienne à Creil. J’assistais, avec mes camarades socialistes, aux obsèques de Berthe Fouchère. C’était une femme de quatre-vingt-un ans, militante dans la fédération socialiste de l’Oise. Je la connaissais bien, parce qu’elle était originaire de la Nièvre, où elle passait ses vacances. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Berthe Fouchère, institutrice de vingt-quatre ans, avait été révoquée parce qu’elle avait écrit des articles contre la loi de 1920, laquelle interdisait toute publicité sur la contraception. Toute sa vie a été affectée par cet acte initial. Car elle a attendu vingt ans pour être réintégrée. Les lois d’amnistie qui réintégraient les syndicalistes ou les travailleurs marqués par les luttes sociales intervenaient tous les deux, cinq ou dix ans. Pour ceux-là, la société passait l’éponge. Pas pour Berthe Fouchère. Les droits des femmes, des articles écrits sans grande audience, c’était attentatoire à l’équilibre de la société ! La contraception: quelle offense ! Berthe Fouchère dut travailler à l’étranger, en Roumanie, en Algérie, avant d’être réinsérée et de devenir ce témoin de l’héroïsme discret, tranquille, persévérant. Une femme engagée non pour la cause des femmes, mais dans la lutte pour les droits de l’espèce humaine. J’avais beaucoup de tristesse, car j’aimais beaucoup cette vieille femme alerte et courageuse. Mais, mes camarades de Creil l’ont ressenti aussi, il y avait une sorte d’allégresse et de sérénité dans ce cimetière. On avait le sentiment d’un message accompli. Cet humble corps, cette humble femme, cette humble vie et cet acte lumineux : écrire quelques lignes dans une revue peu lue et qui sera le sacrifice d’une vie professionnelle à l’époque d’un nationalisme le plus nataliste, au lendemain d’un grand drame où la société tout entière s’était conjuguée pour ne voir dans les femmes que des reproductrices à son service. Eh bien, voilà : Berthe Fouchère ne sera plus jamais comme les autres. Combien de femmes ont été ainsi, des militantes ayant le pressentiment qu’elles étalent encore avant l’aube des temps nouveaux et que, cependant, elles étaient les ouvrières de ces temps-là. J’aurais pu citer des exemples plus illustres, tous présents dans les mémoires. Ils retracent tous l’histoire de la lutte des femmes. Et permettent de remarquer que ces femmes-là ont généralement pu mener leur combat parce que, révoltées contre la société dominante, elles annonçaient le socialisme, ou bien l’incarnaient. Ce n’est pas que tous les socialistes furent féministes. Ce serait une erreur historique de le dire. Mais les féministes ne pouvaient qu’être tournées vers les idées nouvelles, vers le socialisme, et généralement y adhérer. Pour aller un peu plus loin. Pour conquérir sur le terrain révolutionnaire ce que l’on appelle aujourd’hui les droits de la femme et que l’on pourrait tout simplement ramener au combat permanent des révolutionnaires pour le droit à la vie. Socialisme et féminisme sont intimement liés. Je dirais qu’ils devraient être — si les socialistes le comprenaient mieux — indissociables.

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