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Rassemblement de soutien aux luttes devant l’ambassade de France au Brésil

22 octobre 2010

SOLIDARITÉ INTERNATIONALE AVEC LES GRÈVES EN FRANCE

Environ 200 personnes, représentant différentes organisations syndicales et populaires brésiliennes, ont fait une manifestation de solidarité et de soutien à la lutte des travailleurs et de la jeunesse de France pour le retrait du projet du gouvernement de Sarkozy qui attaque le droit à la retraite dans ce pays.

Dans la matinée, environ 2000 personnes issues d’organisations de tout le pays ont fait une manifestation devant le Ministère du travail et de l’emploi, pour défendre la liberté et l’autonomie syndicales et contre les attaques subies par ANDES-SN (Syndicat national des enseignants de l’enseignement supérieur au Brésil).

Dans l’après-midi, des étudiants et des représentants de différentes organisations se sont dirigés vers l’ambassade française, où a été remis un document en solidarité avec la lutte des travailleurs et des jeunes, et où nous exigeons l’arrêt immédiat de la répression, ainsi que le retrait du projet d’attaque contre les retraites.

Nous sommes convaincus que la victoire des travailleurs et des jeunes français à l’heure actuelle renforce la lutte de tous les travailleurs dans le monde entier contre les tentatives de faire payer la crise impérialiste internationale par les travailleurs et les secteurs exploités et opprimés.

Nous ne paierons pas pour l’orgie de spéculation internationale.

Toute action d’unité et de solidarité que nous pouvons développer en ce moment, alors que le gouvernement français maintient l’intransigeance et augmente la répression pour tenter de vaincre la mobilisation, est décisive.

Nous appelons toutes les organisations ouvrières et mouvements sociaux à multiplier les actions de soutien et de solidarité, conformément à leur réalité spécifique, et cela particulièrement en Europe, où des batailles avec le même contenu se déroulent dans pratiquement tous les pays.

CSP – Conlutas


Voir aussi:

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Message de solidarité de Conlutas (Brésil)

20 octobre 2010

SOLIDARITÉ INTERNATIONALE AVEC LES GRÈVES EN FRANCE

Tout notre appui à la lutte des travailleurs et de la jeunesse française

Retrait immédiat du projet contre les retraites !

Le dernier mois, à 6 reprises, des millions de travailleurs français sont descendus dans les rues dans des manifestations contre le projet de remise en cause des retraites du gouvernement Sarkozy. Dans les manifestations de la dernière semaine, la jeunesse avec les organisations étudiantes s’est jointe aux mobilisations et grèves dans toute la France ; comme plusieurs secteurs de la classe des travailleurs , comme ceux des raffineries, ils cherchent à aider par leur exemple le comment garantir la défaite de Sarkozy et de son projet en paralysant tout le pays.

L’attaque de Sarkozy contre les travailleurs français est l’expression de la politique des gouvernements capitalistes du monde entier qui consiste à faire retomber sur le dos des travailleurs et de la jeunesse les coûts de la crise économique impérialiste.

La crise qui surgit en 2008, ayant comme centre les États-Unis, s’exprime maintenant de manière brutale dans tout le continent européen. Dans tous les pays d’Europe, la politique dictée par l’ Union Européenne représente une attaque contre les travailleurs et leurs droits sociaux et du travail conquis au cours de décades de lutte. La Grèce, l’ Espagne, le Portugal, la France, l’ Angleterre, l’ Italie , les pays de l’ Est européens ont déjà annoncé des mesures avec leurs particularités, mais qui vont toutes dans le même sens : des milliards d’euros dégagés par les gouvernements en faveur des banques et les grandes entreprises seront payés avec les emplois , les salaires et les droits des travailleurs.

Les travailleurs ont démontré leur disposition à la lutte: le premier semestre les grèves générales du peuple grec montrèrent le chemin de la lutte, de la résistance. Des manifestations et grèves ont eu lieu dans plusieurs pays. En ce moment le centre de la résistance est en France avec les mobilisations de millions et des grèves qui pointent vers la nécessité d’arrêter tout le pays jusqu’à la défaite du Gouvernement Sarkozy. Notre tâche est d’ entourer de solidarité les mobilisations des travailleurs et de la jeunesse françaises; et de chercher à construire l’ unité entre tout le processus des luttes et des mobilisations qui se déroulent en ce moment en Europe.

Les manifestations et grèves ont eu lieu dans plusieurs pays, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, la République Tchèque et tant d’autres. L’unité des mobilisations et la solidarité sont le chemin pour renforcer la lutte et en même temps pour combattre la xénophobie et le racisme. Les responsables de la crise ne sont pas les immigrés ou n’importe quel autre secteur de notre classe. Mais au contraire, les grands capitalistes et leurs gouvernements.

Les attaques contre les salariés, les emplois, les droits sociaux et du travail ont lieu dans le monde entier. La victoire des travailleurs français et européens renforce la lutte et la résistance que nous mènerons dans tous les pays pour que le prix de la crise économique impérialiste soit payée par les banquiers et le grands patronat et non par la jeunesse et les travailleurs.

Vive le lutte des travailleurs et de la jeunesse française.

Construire l’ unité et la solidarité internationale des luttes et de la résistance.

Que les riches payent pour la crise.

Coordenação Nacional da CSP Conlutas – Brasil
Sarzedo – Minas Gerais
17 de outubro de 2010

L’industrialisation du Brésil au début du XX° siècle

21 décembre 2007

Article paru dans les Annales en 1966.

Vista do bairro do Brás, em São Paulo, na década de 1920. Destaque para a fábrica de Francesco Matarazzo

Industrialisation du Brésil.1

L’industrialisation du Brésil et plus particulièrement de l’Etat de Sao Paulo commence dès la fin du XIXe siècle avec l’essor de la culture du café et la construction d’un réseau ferroviaire, lorsque l’abolition de l’esclavage et l’afflux d’immigrants font apparaître, en même temps que la main-œuvre, un marché intérieur suffisant pour que naissent les premières industries (textiles, alimentaires, etc.). Déjà des hommes d’État s’ouvrent à l’idée de faire dépasser au Brésil la phase d’une production de type colo­nial : des tarifs protectionnistes sont édictés pour favoriser l’essor industriel.

Entre 1885 et 1905, le nombre d’ouvriers employés dans les fabriques textiles passe de 3.177 à 39.159 et s’élève à 55.000 en 1910, En 1907, il y a 151 841 ouvriers dans tout le Brésil. Dès 1910 Sao Paulo dépasse Rio par le nombre de ses établissements industriels et l’importance de sa population ouvrière.
La première guerre mondiale permet à l’industrialisation du Brésil de s’accélérer : le nombre des établissements industriels qui était de 3 258 en 1907 s’élève à 13 336 en 1920 ; à cette date, l’industrie brésilienne emploie 275 512 ouvriers.
Mais malgré la formation de sociétés anonymes — il en existe 89 en 1920 — l’industrie brésilienne est encore constituée par de petits établissements qui n’emploient qu’un nombre réduit de personnes — une vingtaine en moyenne dans chaque entreprise. Avec l’afflux des capitaux américains, et les progrès de l’électrification, les fabriques se sont modernisées : en 1920, 47, 2 % de l’énergie qu’elles utilisent est électrique. La nature de la production a cependant peu changé depuis le début du siècle. Ce sont toujours les industries alimentaires et textiles qui viennent largement en tête.
Les entrepreneurs sont presque toujours des immigrants — italiens, portugais, libanais, syriens — qui se sont établis à leur compte et ont prospéré après avoir d’abord travaillé comme ouvriers.
La classe ouvrière a des origines plus diverses. Si les esclaves libérés en 1888 n’ont fourni qu’un très faible contingent d’ouvriers industriels, beaucoup d’anciens artisans se sont intégrés au prolétariat. Mais ce sont surtout les immigrants, dont plus de la moitié s’est établi dans l’État de Sao Paulo, qui ont formé la classe ouvrière brésilienne. En 1901, sur 50 000 ouvriers résidant à Sao Paulo, 90 % sont d’origine italienne.
Logés dans des immeubles surpeuplés construits à la périphérie des villes et parfois aussi dans des baraques bâties au voisinage des usines, les ouvriers ne bénéficient d’aucune législation limitant la toute puissance du patronat. Des enfants de 8 à 9 ans sont astreints à 10 et 11 h de présence dans les fabriques. Le plus souvent les ouvriers travaillent 9 h par jour et 6 h le dimanche. Les milieux patronaux et gouvernementaux considèrent les revendications ouvrières — la journée de 8 h, la réglementation du travail des femmes et des enfants, l’institution d’assurances contre les accidents du travail — comme inspirées par des meneurs anarchistes et n’y répondent que par la répression policière.
Malgré les tracasseries de la police, des organisations ouvrières se sont pourtant constituées. Ce sont des ligues, des cercles, des syndicats, des chorales, des troupes théâtrales, des sociétés de musique influencées par des anarchistes et des socialistes souvent d’origine italienne.
La presse ouvrière est apparue dès le XIXe siècle — en 1845 une publication fouriériste est éditée à Rio — mais les journaux qui s’adressent au prolétariat et qui sont souvent édités en plusieurs langues pour atteindre les immigrants récents, se font plus nombreux et se diffusent plus largement dans les premières années du xxe siècle. L’un d’eux, « L’Avanti », fondé par des socialistes italiens, atteindra un tirage de plusieurs milliers d’exem­plaires. Les journaux anarchistes, se heurtent à plus de difficultés en raison de la répression particulièrement sévère qui frappe tout ce qui se réclame de cette idéologie.
Entre 1901 et 1917, la longueur excessive du travail et l’insuffisance des salaires provoquent des grèves qui sont la plupart du temps limitées à une usine. Cependant en 1907, une grève des cheminots s’étend à presque toutes les compagnies ferroviaires de la région de Sao Paulo.
Au cours de la première guerre mondiale le mécontentement des travailleurs s’étend et s’aggrave. Tandis, en effet, que la journée de travail est toujours aussi longue, les salaires ont baissé dans des proportions étonnantes. A l’usine de lainage Rodolfo Crespi à Sao Paulo, les salaires qui variaient entre 300 et 200 milreis avant la guerre, sont tombés à 100 et même à 90 milreis en 1917.
C’est cette grave détérioration de leur niveau de vie qui est à l’origine de la grève quasi générale qui, de mai à juillet 1917, paralyse l’État de Sao Paulo, et contraint le patronat et l’État à passer un compromis avec les organisations ouvrières. Les travailleurs qui réclamaient la liberté de s’associer, la journée de 8 heures, la réglementation du travail des femmes et des enfants, une augmentation des salaires — 35 % pour les plus bas, 5 % pour les plus élevés — et la libération de leurs camarades emprisonnés au cours de la grève, n’obtiendront pas entière satisfaction. Le 14 juillet 1917 les ouvriers de la fabrique Crespi, qui étaient les premiers entrés en lutte, reprennent le travail contre la promesse d’une augmentation de 20 % de la rémunération du travail nocturne et de 15 % de celle du travail diurne. La fin de la grève Crespi entraînera un déclin rapide du mouvement.
Par son ampleur — il y eut jusqu’à 80 000 grévistes dans le pays — la grève de 1917 a renforcé la combativité des travailleurs et fait prendre conscience aux classes dirigeantes de l’existence d’une question ouvrière. Mais il faudra néanmoins attendre jusqu’en 1930 pour qu’il y ait au Brésil une législation sociale effectivement appliquée.

Pierre Souyri

1. Maria Luisa Marcilio, « Industrialisation et mouvement ouvrier à Sao Paulo au début du xxe siècle », Le Mouvement social, n° 53, oct.-déc. 65, pp. 111-129.

La grève Crespi de 1917